Des élections palestiniennes crédibles sont «cruciales» pour la paix et l'unité, affirme l'ONU

Tor Wennesland, coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient. (Photo, AFP)
Tor Wennesland, coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 23 avril 2021

Des élections palestiniennes crédibles sont «cruciales» pour la paix et l'unité, affirme l'ONU

  • «Ces élections devraient également ouvrir la voie à l'unification de Gaza et de la Cisjordanie sous une seule autorité nationale légitime»
  • La pandémie de la Covid-19 continue de faire planer «une redoutable menace» sur tous les territoires palestiniens occupés

NEW YORK: Le succès de l'organisation d'élections palestiniennes crédibles le 22 mai est une étape cruciale vers l'unité et la garantie de la légitimité des institutions nationales, a déclaré jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU.

Tor Wennesland, le coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, a déclaré aux membres du conseil que les élections, ainsi que les efforts israéliens pour former un gouvernement de coalition, auront une «implication importante sur les perspectives d'avancement de la paix dans les mois à venir». Il a appelé la communauté internationale à apporter son soutien.

«Les espoirs concernant la tenue d'élections en Palestine sont élevées et viennent après une longue attente de près de 15 ans… un nombre croissant de jeunes vont participer à façonner leur avenir politique, et auront la possibilité de voter pour la première fois», affirme Wennesland.

«Ces élections devraient également ouvrir la voie à l'unification de Gaza et de la Cisjordanie sous une seule autorité nationale légitime, ce qui serait une étape importante vers la réconciliation et pourrait faire progresser la paix au Moyen-Orient».

Wennesland a de plus félicité la Commission électorale centrale palestinienne pour son «professionnalisme et son intégrité qui renforcent la confiance dans le processus électoral», soulignant en particulier les efforts du comité de manière à créer un environnement de vote sûr pendant la pandémie.

Il a également insisté sur l'importance du rôle des observateurs électoraux qui assurent le respect du scrutin.

«Toutes les parties doivent œuvrer dans le but de protéger le droit des Palestiniens partout en Cisjordanie occupée, en particulier Jérusalem-Est et Gaza, à participer à des élections palestiniennes crédibles et inclusives, ainsi qu'à se présenter aux élections sans aucune intimidation», affirme Wennesland.

Il a exhorté toutes les personnes impliquées dans le processus «à s'abstenir de toute arrestation, détention ou interrogatoire fondé sur la liberté d'opinion, d'expression ou d'association».

La pandémie de la Covid-19 continue de faire planer «une redoutable menace» sur tous les territoires palestiniens occupés, et aggrave davantage une situation sociale et économique déjà désastreuse, signale Wennesland. Il a par ailleurs appelé à intensifier les efforts de vaccination et à mettre à disposition plus de doses de vaccins pour les palestiniens.

L'administration Biden a annoncé ce mois-ci son intention de reprendre le financement américain de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), interrompu en août 2018 par le président Donald Trump. Wennesland a salué la décision de Washington et a appelé tous les membres de l'ONU à s'engager de nouveau à soutenir l'agence, dont «les services ne sont pas seulement une bouée de sauvetage pour des millions de réfugiés palestiniens, mais sont également essentiels pour maintenir la stabilité dans toute la région».

L'envoyé a en outre réitéré son appel à Israël pour qu'il mette un terme à la démolition et à la saisie des propriétés palestiniennes afin de permettre au peuple palestinien «de développer ses communautés».

Dénonçant la «violence quotidienne» qui a entraîné davantage d'arrestations, de blessés et de morts, Wennesland a appelé toutes les parties «à désamorcer les tensions et à maintenir le calme».

 «J’insiste que tous les auteurs de violence doivent être tenus pour responsables et rapidement traduits en justice. Je réaffirme que les forces de sécurité israéliennes doivent faire preuve de la plus grande retenue, et qu’elles ne doivent utiliser la force meurtrière que lorsque cela est absolument inévitable afin de protéger les vies humaines.

«Une attention particulière doit être portée à la protection des enfants contre toute forme de violence. En outre, le lancement aveugle de roquettes vers les centres de population israéliens viole le droit international, et doit cesser immédiatement».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran doit «conclure un accord» avec les Etats-Unis, estime un ex-chef de la diplomatie iranienne

L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif. (AFP)
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  • L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit"
  • Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui"

PARIS: L'Iran doit "conclure un accord" avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, en faisant des concessions sur son programme nucléaire et en rouvrant le stratégique détroit d'Ormuz, a a suggéré dans une tribune l'ancien chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

L'ex-ministre des Affaires étrangères entre 2013 et 2021, un des architectes de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, n'a plus de rôle officiel au sein du gouvernement, mais c'est la première fois depuis le déclenchement de la guerre par l'offensive militaire américano-israélienne le 28 février qu'une figure de haut rang en Iran se positionne publiquement en faveur d'un accord de paix.

L'Iran, pour éviter davantage de pertes civiles, "devrait tirer parti de sa position dominante non pas pour poursuivre les combats, mais pour proclamer la victoire et conclure un accord qui mette à la fois fin à ce conflit et empêche qu'un nouveau ne survienne", a écrit le diplomate dans une tribune publiée jeudi soir par la revue américaine Foreign Affairs.

Téhéran "devrait proposer de limiter son programme nucléaire et de rouvrir le détroit d'Ormuz en échange de la levée de toutes les sanctions - un accord que Washington aurait refusé par le passé, mais qu'il pourrait accepter aujourd'hui", a-t-il écrit.

"L'Iran devrait également être prêt à accepter un pacte de non-agression avec les Etats-Unis, par lequel les deux pays s'engageraient à ne plus s'attaquer à l'avenir", a encore proposé Mohammad Javad Zarif. Il a aussi évoqué des "échanges économiques" entre les deux pays qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de quatre décennies.

Cette tribune a été publiée dans la revue américaine quelques heures après que Donald Trump a menacé mercredi d'intensifier ses frappes et de renvoyer l'Iran "à l'âge de pierre".

"En tant qu'Iranien, indigné par l'agression irresponsable et les insultes grossières de Donald Trump (...) je suis partagé quant à la publication de ce plan de paix dans Foreign Affairs. Je suis néanmoins convaincu que la guerre doit prendre fin à des conditions compatibles avec les intérêts nationaux iraniens", s'est justifié vendredi sur le réseau social X l'ancien chef de la diplomatie.


Le Royaume-Uni déploie un système anti-drones au Koweït

Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne. (AFP)
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  • "Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique
  • Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement

LONDRES: Le Royaume-Uni a déployé au Koweït le système anti-drones Rapid Sentry, tandis que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a condamné vendredi une attaque de drone nocturne "irresponsable" contre une raffinerie de pétrole koweïtienne.

"Le régiment de la RAF a déployé au Koweït son système anti-drones Rapid Sentry, d'une grande efficacité", a annoncé jeudi la Royal Air Force britannique.

Il s'agit d'un système de défense aérienne terrestre qui, selon le ministre britannique de la Défense, John Healey, avait été "testé au combat" la semaine dernière, lors de l'annonce initiale du plan de déploiement.

"Le Premier ministre a commencé par condamner l'attaque de drone nocturne irresponsable contre une raffinerie de pétrole koweïtienne", a indiqué Downing Street dans un compte rendu de l'entretien téléphonique entre M. Starmer et le prince héritier du Koweït.

"Ils ont discuté du déploiement du système de défense aérienne britannique Rapid Sentry au Koweït, qui protégera le personnel et les intérêts koweïtiens et britanniques dans la région, tout en évitant une escalade du conflit", a ajouté le communiqué de Downing Street.

Les pays du Golfe, dont le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, ont été entraînés dans la guerre au Moyen-Orient, visés par des frappes iraniennes en représailles aux attaques lancées par les États-Unis et Israël le 28 février.


Les églises de Dubaï passent les messes de Pâques en ligne pour des raisons de sécurité

Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
Traditionnellement, la Semaine Sainte est rythmée par des prières communautaires, de grandes réunions familiales et des célébrations religieuses en vue de Pâques. (Photo AFP)
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  • Les églises de Dubaï annoncent un passage en ligne des messes pendant le week-end de Pâques pour des raisons de sécurité

DUBAÏ : Les églises aux Émirats arabes unis ont annoncé une fermeture temporaire pendant Pâques en raison de préoccupations liées à la sécurité dans un contexte de tensions régionales.

Les églises, dont l’église catholique St. Mary, l’église catholique St. Francis of Assisi et la cathédrale orthodoxe St. Thomas, ont indiqué qu’elles resteraient fermées suite à une directive du gouvernement et que les offices du Vendredi saint seraient diffusés en ligne via leurs chaînes officielles.

« Les paroissiens sont priés de ne pas se rendre dans les locaux de l’église, dans l’intérêt de la sécurité et du bien-être de la communauté », indique l’annonce.

Cette décision représente un changement majeur pour les communautés chrétiennes, particulièrement pendant l’une des périodes les plus sacrées de l’année.

Traditionnellement, la Semaine Sainte est remplie de prières communautaires, de grandes réunions familiales et de célébrations religieuses menant à Pâques.

Sandra Sabbagh, résidente de Dubaï, a déclaré que la Semaine Sainte est l’un des moments les plus attendus de l’année.

« Nous jeûnons pendant presque cinq semaines, et cette semaine est considérée comme très importante pendant notre période de jeûne. Donc oui, c’est décevant. Nous l’attendons depuis le tout début du Carême », a-t-elle expliqué, ajoutant que cette période est habituellement consacrée à se rassembler à l’église avec d’autres.

« Bien sûr, nous sommes attristés, mais en même temps, le gouvernement n’aurait pas pris une telle décision si ce n’était pas pour le bien des gens et leur sécurité. Et bien sûr, nous soutenons ces décisions. Je prie pour que la paix revienne bientôt, que nous puissions traverser cette situation, et que les gens puissent revenir à une vie sûre et paisible, comme nous en avons l’habitude dans ce pays », a-t-elle ajouté.

Bien que les messes diffusées en direct permettent aux fidèles de maintenir un lien spirituel depuis chez eux, beaucoup estiment que l’absence de participation physique rend les célébrations incomplètes, mais ils comprennent l’importance de respecter les règles gouvernementales.

Rachel Henry, résidente de Dubaï, a déclaré que, même si ne pas pouvoir se rendre à l’église est décevant, elle est reconnaissante que la technologie permette à la communauté de se rassembler virtuellement pour le culte.

« Grâce à la technologie et tout, nous pouvons assister en ligne. Donc, le même sentiment de participation est là, mais la perte de ne pas être physiquement présente à l’église se fait toujours ressentir », a-t-elle dit.

« Nous réalisons que tout cela est pour notre sécurité et notre bien-être, et nous souhaitons respecter les règles », a-t-elle ajouté.

Depuis le 28 février, les Émirats arabes unis sont sous attaque de missiles et drones iraniens. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com