Von der Leyen: «Je me suis sentie blessée en tant que femme et en tant qu'Européenne»

Un incident protocolaire a eu lieu lors de la réunion des chefs européens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan le 6 avril dernier. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait été placée sur un divan, tandis que Charles Michel, représentant des Etats membres de l'UE, et le président Erdogan prenaient place dans les deux seuls fauteuils disponibles. (Photo, AFP)
Un incident protocolaire a eu lieu lors de la réunion des chefs européens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan le 6 avril dernier. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait été placée sur un divan, tandis que Charles Michel, représentant des Etats membres de l'UE, et le président Erdogan prenaient place dans les deux seuls fauteuils disponibles. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 27 avril 2021

Von der Leyen: «Je me suis sentie blessée en tant que femme et en tant qu'Européenne»

  • La présidente de la Commission a demandé aux dirigeants européens d'exiger de la Turquie le respect des droits des femmes comme « préalable à la reprise des relations » avec Ankara
  • Ursula von der Leyen a lié cet incident avec la décision du président Erdogan de retirer la Turquie de la Convention d'Istanbul sur les Droits de la Femme, qualifiée de «signal terrible»

BRUXELLES: La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a demandé lundi aux dirigeants européens d'exiger de la Turquie le respect des droits des femmes comme « préalable à la reprise des relations » avec Ankara, après l'incident protocolaire dont elle a été victime.  

« Je suis la première femme présidente de la Commission européenne et je souhaite être traitée comme présidente de la Commission. A Ankara, cela n'a pas été le cas et c'est arrivé parce que je suis une femme », a-t-elle soutenu lors d'un débat au Parlement européen sur l'incident protocolaire lors de la réunion avec le président turc Recep Tayyip Erdogan le 6 avril.  

« Je me suis sentie blessée et je me suis sentie seule en tant que femme et en tant qu'Européenne », a-t-elle lancé à l'adresse du président du Conseil Européen Charles Michel, accusé de ne pas avoir réagi.  

La présidente de la Commission avait été placée sur un divan, tandis que Charles Michel, représentant des Etats membres de l'UE, et le président Erdogan prenaient place dans les deux seuls fauteuils disponibles.  

Ursula von der Leyen a lié cet incident avec la décision du président Erdogan de retirer la Turquie de la Convention d'Istanbul, qualifiée de « signal terrible ».  

La présidente de la Commission européenne a appelé à cette occasion les Etats membres de l'UE à ratifier cette convention, car « les violences faites aux femmes et aux enfants sont un crime et il doit être puni ».  

« Le respect des droits des femmes doit être un préalable à la reprise du dialogue avec la Turquie, mais il est loin d'être le seul préalable », a-t-elle affirmé.  

Les dirigeants de l'UE doivent décider lors d'un sommet en juin les suites à donner à la relation avec la Turquie.  

Le président du Conseil a rappelé que la reprise des relations avec Ankara sera progressive et réversible. « La coopération sera difficile à envisager si les mesures négatives doivent se poursuivre dans ces domaines », a-t-il averti.  

Le comportement de Charles Michel à Ankara a été sévèrement jugé lors du débat. Mais les élus ont également manifesté leur préoccupation devant l'antagonisme entre les présidents de deux institutions.  

« La mission à Ankara devait être un message de force. Elle a été celui de la faiblesse », a déploré l'Allemand Manfred Weber, le chef du groupe du Parti Populaire européen (droite pro-européenne). 

« La préséance ne m'intéresse pas », a pour sa part lancé l'eurodéputée libérale française Nathalie Loiseau (Renew), dénonçant les violations des droits humains commises en Turquie et les actions « inamicales » d'Ankara vis-à-vis des membre de l'UE.  

« L'Europe ne doit pas se demander où elle doit s'asseoir, mais comment se tenir debout », a-t-elle affirmé. 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Short Url
  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.