La Russie suspend les bureaux de l'opposant Navalny

Des militants d'Amnesty International manifestent devant l'ambassade de Russie à Berlin, le 24 avril 2021, pour demander la libération d'Alexei Navalny. (Photo, AFP)
Des militants d'Amnesty International manifestent devant l'ambassade de Russie à Berlin, le 24 avril 2021, pour demander la libération d'Alexei Navalny. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 27 avril 2021

La Russie suspend les bureaux de l'opposant Navalny

  • Navalny a mis un terme vendredi, après 24 jours, à sa grève de la faim en détention face à l'aggravation de son état de santé
  • Macron a fait part lundi de sa «grave préoccupation sur l'état de santé» de l'opposant russe, lors d'un entretien avec Poutine

MOSCOU: Le Parquet de Moscou a suspendu lundi les activités des dizaines de bureaux de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny, dont les organisations sont menacées d'être déclarées «extrémistes» et interdites au même titre que des groupes terroristes.

L'infatigable militant anticorruption de 44 ans et ennemi juré de Vladimir Poutine a mis un terme vendredi, après 24 jours, à sa grève de la faim en détention face à l'aggravation de son état de santé.

Alors qu'il doit désormais reprendre progressivement une alimentation, le président français Emmanuel Macron a fait part lundi de sa «grave préoccupation sur l'état de santé de Navalny», lors d'un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine.

Parallèlement, le Parquet de Moscou a annoncé dans un communiqué qu'il avait suspendu les activités des 37 bureaux d'Alexeï Navalny en Russie, en attendant la décision du procès pour «extrémisme» visant ces structures.

«Attaque cynique»

Dans le cadre de ce procès, une première audience préliminaire à huis clos a eu lundi et une autre est prévue jeudi, a dit le tribunal municipal de Moscou. 

Si les structures de M. Navalny sont reconnues en Russie comme «extrémistes», elles se retrouveraient dans la même catégorie que les groupes jihadistes Etat islamique et Al-Qaïda.

Le Parquet moscovite a précisé avoir fait une demande de suspension du Fonds de lutte contre la corruption (FBK), l'organisation phare de M. Navalny, à l'origine de ses enquêtes retentissantes sur le train de vie des élites russes.

«Ils hurlent tout simplement : nous avons peur de vos activités, nous avons peur de vos manifestations, nous avons peur de vos consignes de vote», a commenté sur Twitter Ivan Jdanov, le directeur du FBK.

L'Allemagne, qui exige comme de nombreuses autres capitales occidentales la libération de M. Navalny, a condamné une décision «incompatible avec les principes de l'État de droit».

Pour sa part, l'ONG Amnesty International a affirmé qu'il s'agissait «d'une attaque cynique à l'audace et l'ampleur sans précèdent». «L'objectif est clair : réduire à néant le mouvement d'Alexeï Navalny pendant qu'il croupit en prison». 

Le bureau moscovite de M. Navalny a de son côté regretté sur Telegram ne plus pouvoir travailler comme précédemment du fait de cette décision.

«Cela serait trop dangereux pour nos employés et pour nos partisans», a-t-il poursuivi, en promettant qu'il continuera à lutter contre la corruption et le Kremlin.

Menace de prison

Le Parquet russe a demandé mi-avril de qualifier les organisations liées à Alexeï Navalny d'«extrémistes», ce qui ferait encourir aux collaborateurs et aux partisans de l'opposant de lourdes peines de prison.

Le Parquet accuse ces structures de chercher à «créer les conditions de la déstabilisation de la situation sociale et sociopolitique» en Russie, «sous couvert de slogans libéraux».

«Les objectifs réels de leurs activités sont de créer les conditions d'un changement des fondements de l'ordre constitutionnel, y compris en utilisant le scénario de la “révolution de couleur”», une allusion aux bouleversements politiques survenus dans d'autres ex-républiques soviétiques, avait estimé le Parquet le 16 avril.

Le terme d'«extrémisme» a une acception très large dans la loi russe, permettant aux autorités de lutter à la fois contre des organisations d'opposition, des groupes racistes ou terroristes, ou encore des mouvements religieux tels que les Témoins de Jéhovah.

Le FBK de M. Navalny a réalisé en janvier son enquête la plus remarquée en accusant Vladimir Poutine d'être le bénéficiaire d'un «palais» pharaonique sur les rives de la mer Noire. La vidéo a été vue plus de 116 millions de fois sur YouTube et a forcé le président russe à démentir en personne cette allégation.

Début avril, un tribunal russe a par ailleurs condamné à deux ans de prison ferme un collaborateur de M. Navalny, Pavel Zelensky, pour la publication de deux tweets critiquant avec virulence les autorités, et jugés «extrémistes».

Les locaux des bureaux de M. Navalny et les domiciles de ses collaborateurs ont fait souvent l'objet de perquisitions ces dernières années, l'opposition dénonçant un acharnement destiné à la faire taire.


Washington abat un drone iranien mais les discussions restent programmées

L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
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  • Un avion américain a abattu un drone iranien près d’un porte-avions dans la mer d’Arabie, tandis que des incidents impliquant des navires ont ravivé les tensions entre Washington et Téhéran
  • Malgré ces incidents, les discussions entre les États-Unis et l’Iran restent prévues, avec des efforts diplomatiques intensifs menés par des pays médiateurs de la région

WASHINGTON: Un avion furtif américain a abattu mardi un drone iranien qui s'était approché d'un porte-avions américain dans la mer d'Arabie, mais les discussions prévues en fin de semaine entre les deux pays sont maintenues selon la Maison Blanche.

Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s'efforcent de réduire les tensions.

Dans ce contexte fébrile, deux incidents se sont produits mardi dans les eaux du Moyen-Orient.

Un avion de combat du porte-avions Abraham Lincoln a abattu le drone "en état de légitime défense et pour protéger le porte-avions et le personnel à bord", a expliqué le porte-parole du commandement américain pour la région (Centcom), le capitaine Tim Hawkins.

Ce navire a récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l'ennemi iranien au moment où celui-ci étouffait les manifestations et à qui il veut arracher un accord sur le nucléaire.

Le Centcom a également confirmé que deux bateaux armés iraniens et un drone s'étaient approchés "à grande vitesse" d'un pétrolier sous pavillon américain, le Stena Imperative, et "menaçaient de l'aborder et le saisir".

Un destroyer américain a porté assistance au pétrolier, avec le soutien de l'armée de l'air, et l'a escorté hors de danger, selon la même source.

L'agence de presse iranienne Fars avait auparavant indiqué qu'un navire, entré "illégalement" dans le détroit d'Ormuz et "dans les eaux territoriales iraniennes", avait été "averti" et avait "immédiatement quitté la zone.

Téhéran a récemment menacé de bloquer le détroit, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, en cas d'attaque américaine.

- Efforts "très intenses" -

Malgré ces incidents, les pourparlers "restent programmés pour l'instant", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, alors que ces derniers jours, les deux pays ont semblé vouloir donner une chance à la diplomatie.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour des négociations directes avec les Etats-Unis, rejetant néanmoins toutes "demandes déraisonnables".

Une source arabe proche du dossier a indiqué à l'AFP que ces discussions auraient "probablement" lieu vendredi, en Turquie.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a toutefois souligné que si des pourparlers étaient bien prévus "dans les prochains jours", la date et le lieu précis faisaient toujours l'objet de "consultations".

"Tant la Turquie que Oman et d'autres pays de la région se sont montrés disposés à accueillir les pourparlers", a relevé le ministère, relayé par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Si le dialogue aboutit, "super". Mais dans le cas contraire, "de mauvaises choses se produiraient probablement", a prévenu le président Trump.

Abbas Araghchi a multiplié mardi les consultations avec ses homologues de la région. Il s'est entretenu successivement avec ses homologues du Qatar, de la Turquie, d'Oman et du Koweït.

Les efforts diplomatiques se "poursuivent de manière très intense", a affirmé le Qatar.

Quant à l'émissaire américain Steve Witkoff, il a rencontré à Jérusalem le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui l'a mis en garde, l'Iran ayant selon lui "prouvé de manière répétée que l'on ne pouvait pas faire confiance à ses promesses".

- Nucléaire -

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accentuées après le mouvement de contestation iranien, déclenché par des manifestations contre le coût de la vie.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées et a pu confirmer 6.872 morts, en grande majorité des manifestants.

Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.

Mardi, Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser à mettre fin à la "répression" de Téhéran, "avant de "traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes".

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

Des négociations avec les Etats-Unis s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Abbas Araghchi a indiqué dimanche sur CNN qu'un accord était "possible" mais dit attendre une levée des sanctions contre son pays, qui a exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.