Morgan Large, une «petite journaliste» qui dérange l'agro-industrie bretonne

Morgan Large travaille depuis 20 ans sur les dessous du modèle agricole breton (Photo, AFP).
Morgan Large travaille depuis 20 ans sur les dessous du modèle agricole breton (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 01 mai 2021

Morgan Large, une «petite journaliste» qui dérange l'agro-industrie bretonne

  • Qui aurait pu croire qu'en France, en 2021, «une journaliste ait peur pour sa vie parce qu'elle fait son travail ?»
  • Les pressions directes sur cette femme de 49 ans ont commencé après la diffusion mi-novembre sur France 5 du documentaire «Bretagne, une terre sacrifiée»

ROSTRENEN: « Petite journaliste » d'une « petite radio », selon ses mots, Morgan Large travaille depuis 20 ans sur les dessous du modèle agricole breton. Projetée sur le devant de la scène depuis qu'une roue de sa voiture a été déboulonnée fin mars, elle défend plus que jamais la liberté d'informer.

« Qui a peur de Morgan Large ? », interroge un collage de rue à Glomel (Côtes-d'Armor), bourgade de 1 300 habitants où vit la journaliste dans un cadre bucolique. Qui aurait imaginé qu'une « animatrice technicienne de réalisation » de Radio Kreiz Breizh (RKB), radio associative de Centre-Bretagne, puisse déranger au point de devenir une cible et provoquer le soutien général des médias ?

Qui aurait pu croire qu'en France, en 2021, « une journaliste ait peur pour sa vie parce qu'elle fait son travail ? », répond l'intéressée, regard clair.

Les pressions directes sur cette femme de 49 ans ont commencé après la diffusion mi-novembre sur France 5 du documentaire « Bretagne, une terre sacrifiée », qui analyse les conséquences délétères sur l'environnement et la santé du modèle breton d'agriculture intensive. 

Portes de sa radio forcées, appels téléphoniques nocturnes, menaces, intoxication de sa chienne et enfin la voiture... « La vie de Morgan et de ses proches a été mise en danger, c'est un acte grave de malveillance qui aurait pu avoir des conséquences tragiques », résume Pavol Szalai, de l'ONG Reporters sans frontières. 

« Ce type d'acte est de nature très exceptionnelle en France mais il y a une tendance très inquiétante car Inès Léraud a également été victime de pressions en Bretagne avec sa BD ‘Algues vertes, l'histoire interdite’ et ses enquêtes sur l'entreprise Chéritel », poursuit-il. « Il y a un risque réel qu'une omerta s'installe et que les journalistes se censurent alors qu'ils enquêtent dans l'intérêt général ». 

Issue d'une famille de six enfants, avec des parents qui ont fait un retour à la nature en devenant producteurs de lait sans être issus du monde agricole, Morgan a travaillé dans l'éducation populaire avant d'être correspondante pour l'hebdomadaire local « Le Poher ».

En 2001, elle entre à RKB, et c'est le coup de foudre pour la radio. « Moi qui suis une vraie bête du dehors, je ramenais toutes les ambiances sonores, c'était génial », raconte cette fan d'équitation, mère de deux enfants.

« Faire bouger les lignes, ça expose »

« Comme je n'ai pas fait d'école de journalisme, au début je faisais plein d'erreurs. J'ai même censuré quelqu'un », poursuit cette bretonnante. 

« J'ai enregistré en ULM, ça m'est arrivé de refaire 100 km pour poser une question que j'avais oublié de poser, de m'embourber dans les landes avec des naturalistes... », raconte-t-elle en riant. Désireuse d'interviewer un chasseur, elle passe son permis de chasse, « certificat » pour qu'on ne la prenne « pas pour une écolo ».

Passionnée par les questions agricoles et environnementales, elle les aborde dans son émission « La petite lanterne ». Elle a vu « qu'en produisant pour un marché mondial, les agriculteurs ignorent de plus en plus où partent leurs produits ».

« Morgan m'impressionne par sa capacité à identifier les problèmes, à s'indigner pour de justes causes et à dire les choses publiquement, sans peur », salue Inès Léraud.

« S'il n'y avait pas des gens campés dans la recherche d'une vérité sur les choses, cette vérité ne surviendrait pas », renchérit Christian, un ami. « C'est une femme libre, qui a fait courageusement plein de choses tant sur le plan familial que professionnel. Elle fait bouger les lignes, c'est précieux, mais ça expose », ajoute-t-il.

A l'inverse, Georges Galardon, ancien président de Triskalia, entreprise condamnée pour avoir exposé ses salariés aux pesticides, stigmatise une journaliste « qui harcèle, menace et tape sur le monde agricole ». Elle dément.

« Je gêne quand je parle d'agriculture mais une agriculture à intrants n'est ni autonome ni économe. On produit pas cher mais à crédit sur la santé et l'environnement », analyse Morgan Large, qui a passé en 2010 un brevet de responsable d'exploitation agricole pour combler ses lacunes.

Elle n'incrimine jamais les agriculteurs qui font « très sincèrement leur travail », sont dans un système « imposé » et l'ont toujours « super bien accueillie ».

Accusée de militantisme écolo, elle répond qu'on peut « bien faire son métier tout en ayant des valeurs ». « Si je gêne, c'est que je touche à des sujets sensibles, raison de plus pour continuer ». 


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.