L'accord avec LREM en Paca, risque mortifère pour LR avant 2022

Le président français Emmanuel Macron, le député du parti de droite Les Républicains Eric Ciotti et le maire de Nice Christian Estrosi. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron, le député du parti de droite Les Républicains Eric Ciotti et le maire de Nice Christian Estrosi. (AFP)
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Publié le Dimanche 02 mai 2021

L'accord avec LREM en Paca, risque mortifère pour LR avant 2022

  • «Coup de poignard dans le dos», «OPA»... : les réactions exaspérées n'ont pas tardé après l'annonce par Jean Castex d'un retrait de la liste LREM au profit de Renaud Muselier dans la région Paca
  • Conséquence immédiate: Renaud Muselier «ne pourra pas bénéficier de l’investiture LR», a affirmé dans un communiqué le président de LR Christian Jacob

PARIS : Les Républicains, impuissants à empêcher une alliance avec les macronistes pour les régionales en Paca, doivent trouver la parade pour empêcher un brouillage des lignes potentiellement dévastateur à l'approche de 2022.

"Coup de poignard dans le dos", "OPA"... : les réactions exaspérées n'ont pas tardé après l'annonce par Jean Castex d'un retrait de la liste LREM au profit de Renaud Muselier dans la région Paca. 

Conséquence immédiate: Renaud Muselier "ne pourra pas bénéficier de l’investiture LR", a affirmé dans un communiqué le président de LR Christian Jacob.

"Pas de compromissions avec le macronisme qui affaiblit la France comme jamais", a abondé le numéro 2 du parti Guillaume Peltier, à deux jours d'un comité stratégique de LR.

Une sanction saluée par le président de la commission d'investiture de LR Eric Ciotti, selon qui M. Muselier est "désormais à la tête de la liste de la République en Marche".

"Muselier fait une erreur. Avec En marche il ne gagnera pas", a affirmé sur BFMTV le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand, candidat déclaré à la présidentielle, en fustigeant un accord "irresponsable" qui "nous amènera au déshonneur et à la défaite".

Défaite car, affirme à l'AFP le député du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont, avec cet accord "il n'y a plus de réserves de voix pour le deuxième tour. Des électeurs LR ne vont pas aller voter, ou voter RN. Je suis sûr que la région est perdue maintenant".

Conserver les régions est un enjeu majeur pour la droite qui, battue aux deux dernières présidentielles, se targue de garder une forte implantation locale.

Le RN s'est aussitôt engouffré dans la brèche, son numéro 2 Jordan Bardella lançant sur Twitter: "chers militants, élus et sympathisants LR, allez-vous laisser Emmanuel Macron présider votre commission d’investiture?". 

Pour Sébastien Chenu, candidat RN dans les Hauts-de-France, "c'est officiel, voter Xavier Bertrand et Les Républicains aux régionales, c'est voter En Marche".

L'alliance en Paca fera-t-elle tache d'huile? "Je ne crois pas", a affirmé sur Radio J le patron des députés LR Damien Abad, en assurant que "Nicolas Forissier en région Centre, Nicolas Florian en Nouvelle Aquitaine, Jean Rottner dans le Grand Est partiront sous leurs propres couleurs".

"Nous détruire" 

Pour la droite, l'enjeu est plus large à l'approche de la présidentielle, car "ce mariage signerait la fin d’une alternative crédible à En marche", selon le député LR du Vaucluse Julien Aubert. 

D'autant que, souligne M. Dumont, la forme de l'annonce d'alliance a été "catastrophique". "On aurait pu faire du 'damage control' si Muselier avait dit +je fais un accord mais je refuse de prendre Mme Cluzel+... là c'est le Premier ministre qui l'annonce dans le JDD! Muselier est l'otage de la stratégie de communication du gouvernement".

Il y a un "but caché de simplement nous détruire", selon le député LR de Moselle Fabien Di Filippo.

Côté LREM, Christophe Castaner notamment justifie le rapprochement par "le risque RN très élevé" pour la région.

Cette alliance intervient alors qu'un autre accord a fait des vagues en Bourgogne-Franche-Comté, où Gilles Platret (LR) a confié la tête de sa liste départementale dans la Nièvre à Pascal Lepetit, responsable des fédérations régionales de Debout la France et ancien membre du Front national.

"Pour incarner une alternative à la présidentielle, la droite doit défendre ses propres idées. Si aux régionales on crée la confusion, la collusion, ça hypothèque une partie de nos chances à la présidentielle", estime M. Abad.

Les Républicains avaient solennellement affirmé en septembre qu'il n'y aurait aux régionales "aucune alliance avec les partis de la majorité présidentielle ni avec les extrêmes".

Certains élus considérés comme "macron-compatibles" avaient cependant contesté cette position, notamment le maire LR de Nice Christian Estrosi (à qui Renaud Muselier a succédé à la tête de la région), partisan du "dépassement", ou celui de Toulon Hubert Falco, tenant du "rassemblement".

"Il y a aussi dans cette affaire de l'accord souterrain pour la présidentielle", soupire un élu pour qui "il faut taper du poing sur la table".


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.