A San Francisco, Singapour ou Paris, l'envie de travailler davantage chez soi à l'avenir

Un homme participe à une vidéoconférence alors qu'il travaille à domicile, le 14 mai 2020 à Vertou (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 04 mai 2021

A San Francisco, Singapour ou Paris, l'envie de travailler davantage chez soi à l'avenir

  • Pour 85% des personnes interrogées, le travail à domicile fera demain de plus en plus partie intégrante de la vie professionnelle
  • La plupart des personnes interrogées admettent avoir du mal à maintenir un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle

PARIS: La crise de la Covid-19 a révolutionné les modes de travail et à San Francisco comme à Amsterdam, Londres, Singapour ou Paris, nombre de travailleurs se projettent dans un avenir où ils travailleront davantage de chez eux, mais sans perdre le contact avec l'entreprise, selon une enquête internationale présentée mardi. 

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Une femme travaille à domicile, le 14 mai 2020 à Vertou (Photo, AFP)

Cette enquête a été réalisée pour Actineo, observatoire de la qualité de vie au travail créé en 2005 par l'Ameublement français dans ces cinq grandes métropoles ou groupes d'agglomérations: Grand Paris (12 millions de personnes), Grand Londres (9,3 millions de personnes), Amsterdam-Rotterdam-La Haye (7,5 millions de personnes), San Francisco-Seattle (11,2 millions de personnes) et Singapour (5,7 millions de personnes) auprès d'environ 3 000 salariés et indépendants en janvier et février, représentatifs des différents secteurs d'activité, classes d'âge et tailles des entreprises. 

Pour 85% des personnes interrogées, le travail à domicile fera demain de plus en plus partie intégrante de la vie professionnelle, qu'elles aient ou non une expérience préalable, et l'idéal serait « deux ou trois jours par semaine ». 

Environ 24% d'entre elles souhaitent même travailler à temps complet de leur domicile, un mode de travail qu'elles estiment « bien perçu et encouragé » par leur employeur à 67% (Paris 59%), et même « très encouragé » selon 24% des répondants (San Francisco/Seattle 32%). 

Les principaux freins au télétravail, outre des tâches qui ne s'y prêtent pas (26%), sont un employeur qui y serait peu favorable pour 29% des répondants (Paris 36%, Singapour 36%).  

D'autres ne souhaitent pas recourir au télétravail pour mettre fin à la porosité vie privée/vie professionnelle et à l'ingérence de leur vie professionnelle dans leur sphère privée (22%, 27% parmi les 19-29 ans). 

La plupart des personnes interrogées admettent avoir du mal à maintenir un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle ou ne possèdent pas d'équipement adéquat ou d'espace suffisant à domicile.  

Alors que 83% des répondants ont travaillé à domicile au moins un jour par semaine pendant la crise sanitaire du Covid-19 contre 21% avant, beaucoup souhaitent néanmoins continuer de venir au bureau pour les échanges informels avec les collègues et la convivialité (41%) ou pour bénéficier d'un espace réservé au travail qui sépare clairement de la vie privée (39% en moyenne, San Francisco/Seattle 47%, Singapour 45%).  

En moyenne, les répondants travaillent depuis leur domicile une journée de plus qu'avant la crise sanitaire. À noter le cas de Londres qui est passé de 2,1 à 3,6 jours de télétravail par semaine. Désormais, 42% des Londoniens travaillent depuis chez eux cinq jours entiers, selon l'enquête. 

Plus de la moitié des travailleurs interrogés (56%) estiment que demain, la manière de travailler et l'espace de travail « seront un peu différents ». Environ 18% pensent qu'ils redeviendront exactement « ce qu'ils étaient avant » la crise sanitaire (en particulier à San Francisco/Seattle), et 20% que le monde du travail « sera radicalement différent » (notamment à Londres).  


Le Bitcoin chute après le rapport Binance et l’annonce de la position de Tesla

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  • Le bitcoin est tombé à 45 700 dollars, son taux le plus bas depuis le 1er mars, puis s'est stabilisé à 49 312 dollars sur les marchés asiatiques vendredi matin
  • La plus grande cryptomonnaie du monde a chuté de 17% mercredi à la suite des déclarations d'Elon Musk

NEW YORK / LONDRES / TOKYO: Le Bitcoin est tombé jeudi à son plus bas niveau depuis plus de dix semaines, après qu'une enquête réglementaire sur l'échange de cryptomonnaie Binance a mis sous pression le chef de Tesla Inc., Elon Musk, qui a changé de position par rapport à  la monnaie numérique.

Bloomberg a rapporté jeudi que, dans le cadre de l'enquête Binance, le département américain de la Justice et l'Internal Revenue Service ont recherché des informations auprès de personnes ayant un aperçu de ses activités.

Le Bitcoin est tombé à 45 700 dollars (1 dollar = 0,83 euro), son niveau le plus bas depuis le 1er mars, puis s'est stabilisé vendredi matin à 49 312 dollars sur le marché en Asie.

La plus grande cryptomonnaie du monde a chuté de 17% mercredi lorsque Musk a annoncé que Tesla, pour des raisons liées à l’environnement, cesserait d'accepter la cryptomonnaie en paiement de ses voitures électriques.

«Les questions environnementales sont un sujet incroyablement sensible en ce moment, et la décision de Tesla pourrait servir de réveil aux entreprises et aux consommateurs qui utilisent le bitcoin et qui n’ont jusqu'à présent pas pris en compte son empreinte carbone», déclare Laith Khalaf, analyste chez AJ Bell.

Le Bitcoin reste environ 70% plus élevé pour l'année et plus de 1 000% supérieur à son niveau de 3 850 dollars de 2020.

Binance n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire. Une de ses porte-parole a déclaré à Bloomberg que la société ne fait pas de commentaires spécifiques, mais qu'elle prend ses obligations légales au sérieux et collabore avec des régulateurs.


La compagnie métallurgique saoudienne Jafco Steel renforce sa présence en Tunisie

Un ouvrier de l'usine franco-tunisienne "ALTRAD", spécialisée dans la fabrication d'échafaudages, est aux commandes d'une machine le 08 décembre 2001 à Borj Sedrya dans la banlieue de Tunis. Photo d'illustration FETHI BELAID / AFP
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  • Après l’Algérie, la compagnie métallurgique saoudienne Jafco Group prend une participation dans l’entreprise tunisienne Les Industries Métallurgiques du Sud
  • Au cours des cinq dernières années, les investissements saoudiens en Tunisie se sont élevés à 52,5 millions de dinars. Parmi eux, on trouve 7 nouveaux projets et 32 extensions d’activités

TUNIS: On n’avait pas entendu parler d’un investissement saoudien en Tunisie depuis longtemps. C’est chose faite. En effet, Jafco Group, un groupe saoudien, vient d’entrer au capital de la société tunisienne Les Industries métallurgiques du Sud, qui opère dans le même secteur que lui: la sidérurgie. Cette prise de participation s’est faite à travers une augmentation du capital en numéraire, originellement de 880 000 dinars tunisiens (1 dinar = 0,30 euro), et porté à 4 872 000 dinars. Une augmentation réservée à Mohamed Javid Mohamed Ibrahim, propriétaire de Jafco Group. Cet investissement est son deuxième au Maghreb.

Jafco Group est déjà présent en Algérie à travers la SPA Société El Djazira de fabrication d’acier, créée en 2016. Bâti autour de Jafco Steel, son navire amiral créé en 1990, le groupe, compte une autre société en Arabie saoudite (Jafco Billets), et a réalisé ses premiers investissements à l’étranger dans la région du Golfe. Il dispose également d’une filiale à Bahreïn (Mohamed Javeed & Partners for Building material WLL), et de deux autres aux Émirats arabes unis (EAU), Ismail Ebrahim et Building Material Trading LLC, à Dubaï.

Vingtième au classement des investisseurs étrangers en Tunisie, la société figure dans le top 5 arabe avec un stock de 653 millions de dinars, loin derrière les principaux leaders, les EAU (6,09 milliards de dinars), le Qatar (3,1 milliards de dinars) et la Libye (944 millions de dinars).

Pourtant, ce n’est pas la volonté d’en faire plus qui manque aux deux parties. Lors de sa visite en décembre 2015 en Arabie Saoudite, le défunt président Béji Caïd Essebsi avait incité les hommes d’affaires saoudiens à investir en Tunisie, et il avait promis de «faire en sorte de lever les obstacles» auxquels ils pourraient se heurter.

Le Conseil d’affaires tuniso-saoudien et un forum tuniso-saoudien des affaires ont eux aussi fait l’amer constat de la faible présence des Saoudiens en Tunisie, respectivement en janvier 2018 et mars 2019, à Tunis. Ils ont décidé d’œuvrer à attirer plus d’investissements saoudiens dans le pays. Mais depuis, ces derniers n’ont pas beaucoup augmenté.

Selon les statistiques de la Foreign Investment Promotion Agency (Fipa), au cours des cinq dernières années, les investissements saoudiens en Tunisie se sont élevés à 52,5 millions de dinars. Parmi eux, on trouve seulement 7 nouveaux projets et 32 extensions d’activités déjà installées. La pandémie de Covid-19 et, fort probablement, l’instabilité gouvernementale en Tunisie depuis plus deux ans, y sont sans nul doute pour quelque chose. En plus, bien sûr, des problèmes qu’y rencontrent tous les investisseurs, et ils sont nombreux.

 


Pourquoi le bitcoin consomme-t-il une énergie de «dingue»?

Un employé inspecte l'équipement informatique utilisé pour le minage de cryptomonnaies au centre «Kriptounivers» (CryptoUniverse) lors d'une présentation du plus grand centre de minage de cryptomonnaies de Russie à Kirishi le 20 août 2018. (Photo, AFP)
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  • «Si le bitcoin était un pays il utiliserait la même quantité d'électricité par an que la Suisse»
  • Pour tenter de sortir de la consommation excessive d'énergie, une solution serait alors de passer du «proof of work» à un système moins énergivore

NEW YORK: Devenu l'un des oracles des cryptomonnaies, le patron de Tesla Elon Musk a fait trembler le cours du bitcoin en fustigeant mercredi son impact croissant sur l'environnement, jusqu'à poser des questions sur l'avenir de la devise virtuelle.

«L'utilisation d'énergie sur les derniers mois est dingue», a encore tweeté jeudi matin le milliardaire fantasque en partageant un graphique du Cambridge bitcoin electricity consumption index (CBECI).

Sur ce tableau figure l'évolution de la consommation d'électricité estimée de la devise virtuelle, en hausse quasi-constante depuis 2016 et en nette accélération depuis la fin 2020, sur une base annualisée. 

Elle est actuellement estimée à son plus haut historique, à 149 TWh (terawatt-heure).

«Si le bitcoin était un pays il utiliserait la même quantité d'électricité par an que la Suisse», décryptent les analystes de Deutsche Bank dans une note. 

À titre de comparaison, Google a consommé 12,2 TWh en 2019, et l'ensemble des centres de données dans le monde à l'exception de ceux qui minent du bitcoin, consomme environ 200 TWh, selon George Kamiya, analyste à l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Mais les choses se compliquent à la lecture de la fourchette haute des estimations du CBECI. La pente est bien plus verticale et pourrait s'envoler au-dessus de 500 TWh si les chasseurs de bitcoin, les «mineurs», utilisaient le matériel le plus énergivore, montre cet indice.

Le cours du bitcoin a plongé de 15%, à son plus bas depuis deux mois et demi, après l'annonce mercredi d'Elon Musk que Tesla n'accepterait plus le paiement de ses véhicules en bitcoin tant que son minage consommerait autant d'énergies fossiles, notamment le charbon. 

Les clients du constructeur, qui a aussi investi en février 1,5 milliard de dollars dans la devise virtuelle, pouvaient officiellement l'utiliser depuis fin mars. 

À l'origine de la consommation toujours plus effrénée d'énergie sur le marché du bitcoin, dont la capitalisation a dépassé les 1 000 milliards de dollars en début d'année avant de redescendre, il y a la juteuse récompense convoitée par ces mineurs, à grand renfort de centres de données dédiés. 

 

Équations complexes

Le code du bitcoin prévoit que les personnes qui participent au réseau, prouvent leur travail en résolvant des équations complexes, qui n'ont pas de rapport direct avec les transactions. En échange, ils reçoivent automatiquement une récompense en bitcoin toutes les dix minutes.

C'est un des principes fondateurs de la star des cryptomonnaies, créée en 2008, par un ou des anonymes qui voulaient une monnaie numérique décentralisée: la «proof of work» ou preuve de travail, qui vise à garantir l'intégrité du réseau.

À mesure que le cours du bitcoin augmente, l'intérêt pour le minage grandit lui aussi et la consommation d'électricité avec.

Ce qui n'est pas sans conséquence pour l'environnement: la revue scientifique Nature a publié le mois dernier une étude montrant que le minage de bitcoins en Chine, qui alimente près de 80% du commerce mondial de cryptomonnaies, risque de compromettre les objectifs climatiques du pays.

Dans ce pays, une partie du minage s'effectue grâce à du charbon particulièrement polluant, le lignite. 

Or pour disposer d'une énergie décarbonée dans le pays à même de permettre un minage massif en énergie renouvelable, il faudra attendre les environs de 2060, anticipe Bloomberg.

Concernant le minage, «de nombreuses personnes diront qu'une grande partie est renouvelable», expliquent les analystes de Deutsche Bank. «Or une part encore plus grosse ne l'est pas du tout!».

Pour tenter de sortir de la consommation excessive d'énergie, une solution serait alors de passer du «proof of work» à un système moins énergivore, qui permettrait d'éviter d'une partie des processeurs, une solution envisagée par la deuxième cryptomonnaie, l'ethereum. Mais difficile de voir le bitcoin adopter un tel changement, qui risquerait de rendre le réseau moins décentralisé et sécurisé.

«La décision de Tesla fait office de prise de conscience brutale pour les entreprises et les consommateurs possédant du bitcoin, et qui n'avaient jusque là pas fait attention à la facture écologique», souligne Laith Khalaf, analyste pour AJ Bell.

«Cela montre que l'adoption sur le long terme de cette monnaie par les entreprises, les consommateurs et les investisseurs est encore très incertaine».