L'UE s'attaque à la concurrence déloyale des entreprises chinoises

Les vice-présidents de la Commission européenne, Margrethe Vestager (au centre) et Valdis Dombrovskis, et le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton (à droite), lors d'une conférence de presse sur la stratégie industrielle européenne à Bruxelles, en Belgique, le 5 mai 2021 (Photo, AFP)
Les vice-présidents de la Commission européenne, Margrethe Vestager (au centre) et Valdis Dombrovskis, et le commissaire européen chargé du marché intérieur, Thierry Breton (à droite), lors d'une conférence de presse sur la stratégie industrielle européenne à Bruxelles, en Belgique, le 5 mai 2021 (Photo, AFP)
La vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, lors d'une conférence de presse conjointe sur la stratégie industrielle européenne à Bruxelles, en Belgique, le 5 mai 2021 (Photo, AFP)
La vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, lors d'une conférence de presse conjointe sur la stratégie industrielle européenne à Bruxelles, en Belgique, le 5 mai 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 05 mai 2021

L'UE s'attaque à la concurrence déloyale des entreprises chinoises

  • Ce texte s'inscrit dans le cadre d'un durcissement de l'Europe vis-à-vis de Pékin, son deuxième partenaire commercial après les États-Unis, avec qui elle s'efforce de maintenir un équilibre économique et diplomatique
  • La chancelière allemande Angela Merkel a défendu cet accord, qu'elle a qualifié d'«initiative très importante» 

BRUXELLES: Bruxelles a proposé mercredi de s'octroyer de nouveaux pouvoirs pour limiter les incursions dans l'UE des entreprises étrangères soutenues par l'État, une réponse européenne à la montée en puissance de la Chine. 

Avec cette proposition, la Commission européenne entend se donner les moyens de bloquer une acquisition ou l'accès à un marché public si une entreprise étrangère est trop lourdement subventionnée. 

« L'ouverture du marché unique est notre principal atout, mais elle doit s'accompagner d'une certaine équité », a expliqué la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager. 

La Danoise souligne que la législation en vigueur permet à l'UE de contrôler les aides accordées par les Etats membres, mais pas celles allouées par des pays tiers, ce qui crée des distorsions de concurrence. 

Ce texte s'inscrit dans le cadre d'un durcissement de l'Europe vis-à-vis de Pékin, son deuxième partenaire commercial après les États-Unis, avec qui elle s'efforce de maintenir un équilibre économique et diplomatique. 

D'un côté, l'Allemagne souhaite garder des liens avec cette destination privilégiée pour ses exportations; de l'autre, certains États membres s'inquiètent de la concurrence déloyale d'entreprises chinoises largement subventionnées par le régime communiste. 

La tension entre les deux blocs est aussi politique: l'UE a imposé des sanctions contre la Chine, accusée de violations des droits de l'Homme dans la région du Xinjiang. Celle-ci a répliqué en sanctionnant divers parlementaires européens, des universitaires et le think-tank allemand MERICS. 

Selon la législation présentée mercredi, une entreprise étrangère qui cherche à acquérir une société européenne au chiffre d'affaires annuel supérieur à 500 millions d'euros devra notifier la Commission de « toute contribution financière reçue d'un pouvoir public d'un pays tiers ». 

Il en irait de même pour un groupe candidat à un grand marché public de l'UE, comme dans le rail ou les télécommunications, d'une valeur supérieure à 250 millions d'euros. 

Dans le cas contraire, la Commission pourrait infliger des amendes. 

Bruxelles prévoit aussi d'ouvrir des enquêtes de sa propre initiative dans les autres cas de figure. 

Secteurs stratégiques 

En cas de distorsion de concurrence, l'exécutif européen pourrait réclamer des mesures correctives, comme des cessions, et même interdire une concentration ou l'attribution d'un marché public. 

Les prêts à taux zéro, un traitement fiscal préférentiel ou tout simplement des subventions directes pourraient faire partie des aides considérées comme faussant la concurrence. 

La proposition, qui doit maintenant être examinée par le Parlement européen et les Etats membres, a été qualifié de « pas dans la bonne direction » par l'organisation patronale européenne BusinessEurope. 

Le texte ne vise pas officiellement à contrer un pays en particulier, mais des sources européennes conviennent que les préoccupations concernant la Chine sont au cœur de sa rédaction. 

Il est présenté peu de temps après l'accord surprise sur les investissements conclu fin 2020 entre Bruxelles et Pékin, après des années de blocage, qui doit encore être ratifié. 

Le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a déclaré mardi que les « efforts » de ses services pour cela avaient été « suspendus ». « Dans la situation actuelle (...) l'environnement n'est pas propice à la ratification de l'accord », a-t-il affirmé. 

La chancelière allemande Angela Merkel a cependant défendu mercredi cet accord, qu'elle a qualifié d'« initiative très importante » malgré « toutes les difficultés qui vont certainement apparaître en ce qui concerne la ratification ». 

Bruxelles a également publié mercredi une mise à jour de sa stratégie industrielle pour aider l'UE à réduire sa dépendance vis à vis de l'étranger et en particulier la Chine. 

Le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton, a souligné que l'UE avait été « trop naïve » dans son approche de certains secteurs stratégiques comme les puces électroniques, essentiellement produites en Asie. 

La pandémie a appris à l'UE que « le partenaire d'hier ne pouvait pas être le partenaire d'aujourd'hui », a souligné le Français. 

La Commission étudie les moyens de renforcer l'indépendance européenne dans plusieurs secteurs comme la 5G, l'hydrogène et éventuellement les lanceurs spatiaux et l'aviation à émissions nulles. 


France–Émirats arabes unis : vers une co-construction stratégique des industries de demain

De gauche à droite : Louis Margueritte, CEO de Business France, et Axel Baroux, Directeur Proche & Moyen-Orient de Business France (photo fournie).
De gauche à droite : Louis Margueritte, CEO de Business France, et Axel Baroux, Directeur Proche & Moyen-Orient de Business France (photo fournie).
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  • Le partenariat France–Émirats s’oriente vers une logique de co-construction industrielle, portée par l’IA, l’énergie, les infrastructures et les technologies avancées
  • Business France veut « passer d’une logique d’opportunités à une logique de transformation », notamment via Vision Golfe 2026

DUBAÏ: La relation économique entre la France et les Émirats arabes unis entre dans une nouvelle phase, plus stratégique et tournée vers la co-construction des industries de demain. C’est le message porté par Louis Margueritte, CEO de Business France, à l’occasion de sa visite dans le pays.

Selon lui, plusieurs secteurs structurent désormais cette dynamique bilatérale. Il souligne en particulier que « les industries avancées et les partenariats industriels, portés notamment par les initiatives locales, offrent de fortes opportunités de coopération ». À cela s’ajoutent les énergies et la transition énergétique, incluant la décarbonation et les modèles circulaires, ainsi que les technologies de pointe comme l’intelligence artificielle.

Les chaînes d’approvisionnement, la logistique et la résilience des infrastructures complètent ce socle stratégique, tandis que des secteurs comme la santé, les infrastructures, le tourisme et les services à forte valeur ajoutée continuent de soutenir la présence française aux Émirats.

La robustesse de la présence économique française repose sur un partenariat bilatéral structuré autour de la confiance et de la stabilité. Dans un environnement international incertain, les Émirats conservent une forte attractivité grâce à leur prévisibilité réglementaire, leur connectivité et leur capacité d’adaptation.

Pour Louis Margueritte, cette stabilité est un facteur clé de confiance : elle encourage les entreprises françaises à poursuivre et renforcer leurs investissements dans la région. Aujourd’hui, plus de 600 entreprises françaises sont implantées aux Émirats, couvrant des secteurs stratégiques comme l’énergie, la santé, les infrastructures, les technologies et les services.

Le dirigeant résume cette évolution en soulignant que « les Émirats ne sont plus seulement perçus comme un marché à fort potentiel, mais comme un véritable partenaire stratégique dans les grandes transformations économiques mondiales ».

Face aux mutations du commerce mondial, Business France adapte son action autour de trois priorités majeures : renforcer les partenariats d’investissement, accompagner les entreprises dans les secteurs liés aux grandes transitions économiques, et accélérer les connexions entre acteurs français et partenaires locaux.

L’objectif est de « passer d’une logique d’opportunités à une logique de transformation, avec des projets structurants, des partenariats durables et une création de valeur partagée sur le long terme ».

Dans cette approche, les économies du Golfe ne sont plus abordées de manière fragmentée, mais comme un écosystème interconnecté nécessitant une compréhension fine des dynamiques locales.

Le forum Vision Golfe 2026 s’inscrit pleinement dans cette stratégie. Organisé les 18 et 19 juin 2026 à Paris sous le haut patronage du Président Emmanuel Macron, l’événement vise à renforcer les liens économiques entre la France et les pays du Golfe.

Pour Louis Margueritte, la force du forum réside dans la qualité des interactions : « nous sélectionnons soigneusement les participants afin de garantir que décideurs publics, investisseurs, dirigeants et grands acteurs économiques puissent rencontrer les bons interlocuteurs, au bon niveau ».

Au-delà des conférences, Vision Golfe facilite des rendez-vous B2B et offre un environnement propice à la signature de contrats, au lancement de partenariats public-privé et au développement de collaborations industrielles concrètes.

Il insiste également sur la dimension expérientielle de l’événement : les échanges se poursuivent dans plusieurs lieux institutionnels emblématiques tels que Bercy, le Quai d’Orsay, le Sénat ou encore le Palais Galliera, favorisant des relations plus durables et stratégiques.

Les échanges commerciaux entre la France et les Émirats atteignent 10,8 milliards d’euros en 2025 (+27%), tandis que ceux avec l’ensemble du CCG s’élèvent à 24,9 milliards d’euros. Mais la relation ne se limite plus au commerce.

Elle évolue vers une coopération structurante fondée sur l’innovation, la durabilité et le capital humain. L’intelligence artificielle, la transition énergétique, la gestion de l’eau et la sécurité alimentaire deviennent des axes centraux, tout comme la formation et le développement des compétences.

Cette transformation traduit une ambition commune : construire des solutions partagées et renforcer une coopération de long terme.


Paris accueillera la Coupe du monde d'esport 2026

 L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris. C'est la première fois que l'événement se déroulera en dehors de Riyad. (Fourni)
L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris. C'est la première fois que l'événement se déroulera en dehors de Riyad. (Fourni)
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  • C'est la première fois que l'événement se tient en dehors de l'Arabie saoudite
  • La Coupe du monde d'esport a connu une croissance rapide depuis son lancement en Arabie saoudite, attirant une audience mondiale de plus de 750 millions de téléspectateurs en 2025, selon les organisateurs

RIYAD: L'Esports Foundation a annoncé mercredi que l'édition 2026 de la Coupe du monde d'esport se tiendrait à Paris, pour la première fois en dehors de Riyad.

Le tournoi se déroulera du 6 juillet au 23 août et devrait rassembler plus de 2 000 joueurs et 200 clubs de plus de 100 pays.

L'Esports Foundation a déclaré que cette décision reflétait une stratégie à long terme visant à étendre le tournoi à l'échelle internationale par le biais d'une rotation des villes hôtes, tout en maintenant Riyad comme lieu d'accueil de la compétition.

La décision d'organiser l'événement 2026 à Paris fait suite à ce que les organisateurs ont décrit comme un long processus d'évaluation et a été prise "à la lumière de la situation régionale actuelle".

Ralf Reichert, PDG de l'Esports Foundation, a déclaré : Riyad a contribué à faire de la Coupe du monde d'esport un phénomène mondial", ajoutant : "Riyad est la patrie de la Coupe du monde d'esport : "Riyad est le siège d'EWC et l'un des principaux centres mondiaux de l'esport.


Ralf Reichert (G), PDG de l'Esports Foundation, s'entretient avec le président français Emmanuel Macron. (Fourni)
Les organisateurs ont déclaré que la capitale française avait été choisie en raison de son profil sportif mondial et du soutien local important qu'elle apporte aux sports électroniques et aux événements de jeu.

La Coupe du monde d'esport a connu une croissance rapide depuis son lancement en Arabie saoudite, attirant une audience mondiale de plus de 750 millions de téléspectateurs en 2025, selon les organisateurs.

L'édition de l'année dernière a généré plus de 350 millions d'heures de visionnage et a été diffusée sur 28 plateformes par 97 partenaires dans 35 langues, touchant des téléspectateurs dans 140 pays.

La compétition de 2026 comprendra 24 matchs répartis en 25 tournois, et les joueurs se disputeront une cagnotte de plus de 75 millions de dollars.

De plus amples informations sur le site de Paris devraient être annoncées dans les semaines à venir.


Financement du terrorisme: les pays n'ont pas d'autre choix que de collaborer, affirme la présidente du Gafi

"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris. (AFP)
"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris. (AFP)
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  • Le Gafi (Groupe d'action financière, basé à Paris) est un organisme international qui élabore des normes et coordonne l'action des États pour prévenir et combattre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme
  • Mme de Anda Madrazo fait ces déclarations alors que la coopération internationale et les approches multilatérales ont du plomb dans l'aile du fait du durcissement des postures des grandes puissances, notamment les Etats-Unis de Donald Trump

PARIS: Les pays ne peuvent pas se permettre de ne pas collaborer entre eux pour lutter contre le financement du terrorisme, a déclaré mardi à l'AFP la présidente du Gafi, organisme international chargé de coordonner ce combat.

"Les terroristes ne respectent aucune frontière. Ils n'ont aucune limite. Les pays ne peuvent donc pas se permettre le luxe de ne pas travailler ensemble. Nous devons coopérer", a déclaré Elisa de Anda Madrazo juste avant une réunion internationale de lutte contre le financement du terrorisme, en marge de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris.

Le Gafi (Groupe d'action financière, basé à Paris) est un organisme international qui élabore des normes et coordonne l'action des États pour prévenir et combattre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, notamment en évaluant les systèmes nationaux et en recommandant des mesures de contrôle.

Mme de Anda Madrazo fait ces déclarations alors que la coopération internationale et les approches multilatérales ont du plomb dans l'aile du fait du durcissement des postures des grandes puissances, notamment les Etats-Unis de Donald Trump, la Russie et la Chine.

"Nous devons coopérer. Nous devons échanger des informations. Prenez par exemple la France et les Jeux olympiques de 2024: plusieurs attaques terroristes ont été déjouées et stoppées grâce au renseignement financier. Nous savons donc que cela fonctionne et que cela peut dissuader les attaques. Nous n'avons pas le luxe d'arrêter", a-t-elle déclaré.

Lors de sa prise de parole au début de la réunion, le Secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent a réaffirmé que les Etats-Unis devaient être soutenus dans leur politique de sanctions contre l'Iran, un sujet qui n'est que marginalement lié à la lutte contre le financement du terrorisme, selon l'Elysée.

Lors de cette 5e conférence "No money for terror", qui réunit plusieurs dizaines de délégations, l'objectif est de "continuer à travailler pour être capable de faire face aux innovations, adapter les méthodes, les outils, partager les bonnes pratiques", selon la présidence française.

Les services de renseignement constatent un éclatement de la menace terroriste, notamment jihadiste, dans un environnement marqué d'une part par l'affaiblissement des deux grandes centrales, Al-Qaida et l'organisation de l'Etat islamique, au profit de leurs franchises territoriales, et d'autre part, par la montée en puissance de la menace intérieure, émanant de personnes isolées qui n'agissent pas nécessairement en lien avec des donneurs d'ordre en amont.

Les circuits de financement ont aussi évolué. "Le panorama que nous avons aujourd'hui est complètement différent de celui de 2018, lorsque cette conférence a commencé. À l'époque, tout était plus centralisé", rappelle Mme de Anda Madrazo.

"Aujourd'hui, nous avons de multiples cellules et une plus grande décentralisation. Mais les outils ont aussi changé. Nous avons désormais les actifs virtuels, la numérisation et une économie dont l'architecture est différente. Et la combinaison des mécanismes traditionnels et des nouvelles technologies constitue effectivement un défi".