Les longues journées de Napoléon à Sainte-Hélène, thème d'une exposition en Belgique

Un savoyard présente le 07 décembre 2004 à l'hôtel des ventes drouot à paris, le brouillon du manuscrit des mémoires de l'empereur napoléon 1er rédigés pendant son exil sur l'île britannique de sainte-hélène (1815-21) (Photo, AFP)
Un savoyard présente le 07 décembre 2004 à l'hôtel des ventes drouot à paris, le brouillon du manuscrit des mémoires de l'empereur napoléon 1er rédigés pendant son exil sur l'île britannique de sainte-hélène (1815-21) (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 06 mai 2021

Les longues journées de Napoléon à Sainte-Hélène, thème d'une exposition en Belgique

  • Baptisée «De Waterloo à Sainte-Hélène, la naissance d'une légende», l'exposition s'est ouverte mercredi, jour du bicentenaire de sa mort, le 5 mai 1821
  • La plupart des objets personnels exposés au Mémorial de Waterloo, sur la commune de Braine-l'Alleud, viennent  «directement» du domaine et n'ont jamais été présentés ailleurs, assurent les organisateurs

BRAINE-L’ALLEUD: Sa baignoire en cuivre, ses tenues d'intérieur, ses boules de billard: une exposition en Belgique dévoile une facette moins connue de Napoléon, celle d'un empereur déchu qui doit lutter contre l'ennui lors de son exil forcé sur l'île de Saint-Hélène. 

Baptisée « De Waterloo à Sainte-Hélène, la naissance d'une légende », l'exposition s'est ouverte mercredi, jour du bicentenaire de sa mort, le 5 mai 1821, sur ce micro territoire britannique perdu en plein Atlantique sud. 

Elle se tient jusqu'en octobre au Mémorial de la bataille de Waterloo, au sud de Bruxelles, haut lieu de mémoire en Belgique pour célébrer celui qui régna aussi un temps sur le pays (les anciens « Pays-Bas du Sud », devenus le royaume de Belgique en 1830). 

Lettres, jeux, vêtements, vaisselle et autres objets personnels: l'exposition laisse imaginer ce que fut le quotidien de Napoléon sur l'île où il vécut les six dernières années de sa vie, surveillé de près par un bataillon de soldats anglais. 

« Ce quotidien à Sainte-Hélène, c'était le chaînon manquant entre la défaite de Waterloo en 1815, que tout le monde connaît, et le moment de sa mort », fait valoir le commissaire de l'exposition, l'historien français David Chanteranne, lors d'une visite de presse. 

Un décès entouré de soupçons qui lui vaudra au total « cinq autopsies », d'après l'historien. Il explique que les Anglais voulaient vérifier les conclusions initiales du médecin personnel de l'empereur, le chirurgien corse François Antommarchi. 

Napoléon, qui meurt à 51 ans des suites d'un ulcère à l'estomac, était malade depuis plusieurs années, une situation qui a contribué à assombrir encore davantage son humeur à Sainte-Hélène. 

Jardinier-paysagiste 

Quand Antommarchi arrive à son chevet en 1819 il le trouve déprimé et l'incite à mettre le nez dehors pour « faire de l'exercice ». C'est ainsi que l'ancien chef militaire se mue en jardinier-paysagiste, raconte M. Chanteranne. 

Les jardins autour de la maison de Longwood à Sainte-Hélène ont été « dessinés par Napoléon en personne », vante aujourd'hui la Fondation éponyme en présentant ce domaine de 16 hectares devenu au milieu du XIXe la propriété de l'Etat français. 

La plupart des objets personnels exposés au Mémorial de Waterloo, sur la commune de Braine-l'Alleud, viennent  « directement » du domaine et n'ont jamais été présentés ailleurs, assurent les organisateurs.  

Parmi eux: cette baignoire en cuivre foncé dans laquelle Napoléon passait « entre une heure et une heure et demie par jour », « chaque après-midi à partir de 14H00 », soulignent-ils. 

L'histoire retient qu'outre ses maux d'estomac l'ancien consul souffrait depuis la Révolution de problèmes cutanés, nécessitant « des bains chauds, quasi bouillants ». 

L'habitude de longues séances dans l'eau se renforça durant son lointain exil, au point que certains proches étaient conviés autour de la baignoire pour « des entretiens interminables », est-il aussi indiqué. 

L'exposition montre une paire de bas en soie, un long chemisier blanc et un soulier en cuir souple ayant appartenu à Napoléon, comme si sa tenue de sortie de bain attendait encore l'ex-empereur... Bien loin de l'image de l'homme en bottes, veste militaire et bicorne qui a été la plus immortalisée.   

Après sa mort, Napoléon a été enterré au fond d'une vallée à Sainte-Hélène, où son corps est resté près de vingt ans, jusqu'à son transfert aux Invalides à Paris en 1840. 


Les lauréats couronnés à la clôture du quatrième Festival du cinéma du Golfe à Riyad

Le quatrième Festival du Cinema des pays du Golf    s’est achevé à Riyad, la capitale saoudienne. (SPA)
Le quatrième Festival du Cinema des pays du Golf s’est achevé à Riyad, la capitale saoudienne. (SPA)
Le quatrième Festival du Cinema des pays du Golf    s’est achevé à Riyad, la capitale saoudienne. (SPA)
Le quatrième Festival du Cinema des pays du Golf s’est achevé à Riyad, la capitale saoudienne. (SPA)
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  • Les lauréats ont été couronnés le dernier jour du quatrième Festival du cinéma du Golfe à Riyad, samedi, lors d’une cérémonie
  • Cette année, le festival a accueilli 29 films, trois ateliers de formation et six séminaires culturels.

RIYAD : Les lauréats ont été couronnés le dernier jour du quatrième Festival du cinéma du Golfe à Riyad, samedi, lors d’une cérémonie à laquelle ont participé d’éminents noms artistiques et cinématographiques, a rapporté l’agence de presse saoudienne.

Les lauréats ont été nominés par un jury dirigé par Ibrahim Al-Hasawi d’Arabie saoudite, qui a été rejoint par Bassam Al-Thawadi de Bahreïn, Rawda Al-Thani du Qatar, Khaled Amin du Koweït, Nujoom Al-Ghanem des Émirats arabes unis et Ibrahim Al-Zadjali d’Oman.

« Hajjan », un drame de passage à l’âge adulte qui se déroule en Arabie saoudite sur deux frères qui se battent pour sauver leur chameau préféré avec Omar Al-Atawi et Abdulmohsen Alnemr, a remporté le prix du meilleur long métrage.

Il a également remporté le prix de la meilleure photographie, avec Jerry Fassbender reconnu pour son travail sur le film. Al-Atawi a remporté le prix du meilleur acteur pour son rôle.
Le prix de la meilleure actrice a été remis à la Bahreïnie Maryam Zeman pour son rôle dans le film « My Word ».

Le prix du meilleur court métrage a été décerné à Clouds, un film lourdement incliné sur un veuf et un ancien combattant qui sont forcés d’équilibrer leur propre morale avec les attentes de la société dans le sud d’Oman, réalisé par Muzna Almusafer.

Le prix du meilleur film documentaire a été remis à Mansoor Al-Dhaheri pour son exposition sur le changement climatique « Swimming 62 ».

Ziad Al-Hussein a remporté deux prix, dont celui du meilleur réalisateur, pour son film « Shiabni Hani ».

Le prix de la meilleure bande originale a été décerné à Khaled Al-Kammar pour sa musique qui a figuré dans le film « Hawjan », une version moderne de l’ancienne mythologie arabe djinn, qui a également ouvert la dernière édition du Festival de la mer Rouge l’année dernière.

Le Gulf Cinema Festival s’est tenu sous le patronage du ministre saoudien de la Culture, le prince Badr bin Abdullah bin Farhan, qui est également président du conseil d’administration de la Commission du cinéma, qui a organisé l’événement.

Cette année, le festival a accueilli 29 films, trois ateliers de formation et six séminaires culturels.

Abdullah Al-Qahtani, PDG de la commission, a déclaré dans un discours lors de la cérémonie que le festival incarnait un engagement à soutenir le secteur cinématographique dans la région et à jeter des ponts pour la coopération cinématographique entre les pays du Golfe.

Il a remercié le prince Badr pour son parrainage et son soutien au festival et au secteur cinématographique en Arabie saoudite, ainsi qu’au secrétariat général du Conseil de coopération du Golfe.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 


Arab News remporte 4 prix au 59e concours de la Society of Publication Designers

Le jury a reçu cette année des milliers de candidatures du monde entier. (Source SPD)
Le jury a reçu cette année des milliers de candidatures du monde entier. (Source SPD)
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  • Les prix décernés pour l'impression, le numérique, les infographies et les illustrations témoignent du talent et du dévouement des équipes de conception et de rédaction
  • Le reportage d'Arab News intitulé « « The Kingdom vs. Captagon » a été récompensé dans les deux catégories « Custom Feature » et « Single Page ».

LONDRES : Arab News, le principal quotidien anglophone du Moyen-Orient, a remporté quatre prix Merit Winner lors du concours de la Society of Publication Designers de cette année.

Le reportage d'Arab News intitulé « « The Kingdom vs. Captagon » a été récompensé dans les deux catégories « Custom Feature » et « Single Page ».

Les deux autres prix ont été décernés à « Onions' tears and inflation fears » dans la catégorie Feature Opener et à « Guide to Hajj » dans la catégorie Infographic, récompensée pour sa visualisation exceptionnelle des données.

« Nous sommes extrêmement fiers d'avoir remporté quatre prix lors du prestigieux concours SPD de cette année », a déclaré Omar Nashashibi, responsable de la conception chez Arab News.

« Le fait de remporter des prix dans les domaines de l'impression, du numérique, de l'infographie et de l'illustration témoigne du talent et du dévouement des équipes de conception et de rédaction d'Arab News dans la création d'un contenu attrayant pour nos lecteurs ».

Depuis 1965, les prix annuels du SPD encouragent et célèbrent l'excellence en matière de conception éditoriale, de photographie et d'illustration, tant dans le domaine de la presse écrite que dans celui du numérique. Cette année, le jury du concours a reçu des milliers de candidatures du monde entier. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


A Carpentras, en Provence, une bibliothèque-musée unique ouvre grand les portes du savoir

Des livres dans la Bibliothèque-musée Inguimbertine Carpentras dans l'ancien Hôtel-Dieu de Carpentras, à Carpentras, dans le sud de la France, le 19 avril 2024 (Photo, AFP).
Des livres dans la Bibliothèque-musée Inguimbertine Carpentras dans l'ancien Hôtel-Dieu de Carpentras, à Carpentras, dans le sud de la France, le 19 avril 2024 (Photo, AFP).
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  • Aujourd'hui, un public nombreux et divers fréquente déjà la médiathèque de l'Inguimbertine avec plus de 130.000 visiteurs en 2023.
  • Le fonds de l'Inguimbertine compte près de 100.000 livres papier ou numérique en prêt pour le grand public

CARPENTRAS: Une bibliothèque-musée unique en France, l'Inguimbertine, a ouvert ce week-end à Carpentras, en Provence, offrant une immersion dans un monde où dialoguent livres et tableaux, jeux vidéos et manuscrits du Moyen-Age, dans un majestueux bâtiment du 18e siècle.

"Nous avons cherché à croiser les savoirs, +donner à lire+ dans le musée et +donner à voir+ dans la bibliothèque+", expliquent notamment les architectes de l'Atelier Novembre qui ont piloté l'aménagement de cette institution dans l'ancien hôtel-Dieu de cette ville du Sud de la France.

De la précieuse stèle antique de Taba, découverte à Memphis en Egypte et prêtée quelques mois au British Museum, à des manuscrits rares, comme une Bible vaudoise sur un parchemin illuminé dont seuls sept exemplaires existent au monde, en passant par des tableaux persans, la richesse des collections "est considérée hors échelle pour une ville d'un peu plus de 30.000 habitants", remarque le directeur du musée, Jean-Yves Baudouy.

Le fonds de l'Inguimbertine compte près de 100.000 livres papier ou numérique en prêt pour le grand public, mais aussi 1.200 tableaux, 500 statues et 3.400 manuscrits dont des centaines enluminés à la main.

Un trésor que cette ville doit à son passé d'Etat pontifical (du 13e au 18e siècle), où les papes résidèrent un temps, mais surtout à l'un de ses enfants, Malachie d'Inguimbert (1683-1757).

Ainé d'une famille nombreuse, il devient prêtre et part à Rome pendant 26 ans. Il entre au service d'un cardinal, qui deviendra le pape Clément XII. Nommé évêque dans sa ville natale, cet humaniste, convaincu que le savoir se transmet autant par l'image -dessins, tableaux-, que par l'écrit, ouvre au public sa bibliothèque-musée dès 1745.

Un air d'Italie 

Pour lui, une bibliothèque n'accueille pas uniquement des livres mais doit être "le temple des muses" (arts), un concept plus commun en Italie qu'en France. Il flotte d'ailleurs dans le musée actuel un air italien, car à l'époque, rappelle M. Baudouy, Carpentras et le Comtat Venaissin, cet Etat rattaché à Rome, "ont été une terre de transmission de la culture italienne vers la France".

Dans le nouveau musée situé dans l'ancien hôtel-Dieu, que d'Inguimbert fit construire pour soigner les pauvres, le visiteur, après avoir gravi l'escalier d'honneur, est replongé dans l'atmosphère de cette bibliothèque du 18e siècle.

Dans une salle à la lumière tamisée, les livres anciens tapissent les murs dans des caissons d'époque, ornés de tableaux. Les manuscrits précieux peuvent être feuilletés virtuellement.

Une partie de la collection des dessins d'animaux et des livres de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), astronome et scientifique provençal parmi les plus réputés de son époque en Europe, est aussi exposée. D'Inguimbert les avait achetés car l'homme d'église, dans l'esprit des Lumières, avait soif de connaissances dans tous les domaines.

Plus loin, les visiteurs découvrent les beaux livres de Casimir Barjavel, ex-maire de Carpentras au XIXe siècle, auteur également d'une importante donation. De précieux objets religieux juifs rappellent aussi l'importance de cette communauté dans cette cité connue pour sa synagogue rococo.

«Regarder encore et encore»

Une aile est consacrée aux beaux-arts, avec entre autres une insolite section comportant des copies d'oeuvres célèbres, encouragées à une époque par l'Etat français pour les faire connaître au public en région. Y est accrochée une copie de la Joconde envoyée "par le gouvernement de la République".

Mais l'originalité du lieu tient aussi à sa médiathèque multimédia au rez-de chaussée, ouverte depuis 2017. Outre les livres, albums musicaux et films, elle compte un piano à queue, des peintures et objets précieux. Ici, "le jeu vidéo côtoie des oeuvres d'art telle qu'un globe de Blaeu de 1622", conçu à Amsterdam, se réjouit le maire divers gauche Serge Andrieu.

Elu en 2020 face à l'extrême droite qui convoitait pourtant de longue date Carpentras, il mise sur un accès à la culture le plus large et démocratique possible pour lutter contre les inégalités sociales dans une région où les crises économiques ont imprimé leurs marques.

Aujourd'hui, un public nombreux et divers fréquente déjà la médiathèque de l'Inguimbertine avec plus de 130.000 visiteurs en 2023. Beaucoup se réjouissent de la nouvelle partie musée, qui finalise un projet à 36 millions d'euros entamé il y a 15 ans.

"C'est très beau, c'est contemporain et ça ramène aussi à des temps anciens; même quand les gens parlent, le lieu reste calme, donne du calme", témoigne Wassim Benhammadi, auto-entrepreneur de 19 ans.

Morjiane Bouhid, 20 ans, venue d'une ville voisine, s'émerveille: "la beauté des oeuvres me donne envie de regarder, encore et encore".