Nouvelle lourde perte pour Air France-KLM au 1er trimestre

Un avion de la compagnie aérienne française Air France / AFP
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Publié le Jeudi 06 mai 2021

Nouvelle lourde perte pour Air France-KLM au 1er trimestre

  • La pandémie a fait perdre 7,1 milliards d'euros au groupe en 2020
  • Air France-KLM a été recapitalisé le mois dernier avec l'aide de l'Etat français, qui a doublé sa participation de 14,3% à 28,6%.

PARIS : Air France-KLM a subi une nouvelle lourde perte de 1,5 milliard d'euros au premier trimestre, dans un "environnement toujours difficile" pour le secteur aérien accablé par la crise sanitaire, a annoncé jeudi le groupe franco-néerlandais.

Les restrictions persistantes aux déplacements ont eu pour conséquence une chute de 73,4% du nombre de passagers et de 57% du chiffre d'affaires par rapport au premier trimestre 2020, et le début du second trimestre "ne montre pas d'amélioration notable" de l'activité, a indiqué le directeur financier, Frédéric Gagey lors d'une conférence de presse téléphonique. Il a espéré un "redémarrage" au cours de l'été.

Air France-KLM a été recapitalisé le mois dernier avec l'aide de l'Etat français, qui a doublé sa participation de 14,3% à 28,6%.

La nouvelle chute du trafic passagers du premier trimestre 2021 par rapport à la même période de 2020 traduit la poursuite des fermetures de frontières face à la pandémie de Covid-19.

Air France-KLM, qui exploite en temps normal un important réseau long-courrier comme ses concurrents Lufthansa et IAG (British Airways, Iberia), y est très vulnérable.

"On ne peut pas dire que la situation épidémique à ce stade, en tout cas au niveau international, se soit vraiment améliorée, même si on voit ici ou là des premiers chiffres qui montrent que les campagnes de vaccination commencent à produire leurs effets", a constaté M. Gagey.

Le groupe, dont les compagnies (Air France, KLM et Transavia) ont déployé au premier trimestre 48% de leurs capacités (en sièges-kilomètres disponibles) de la même période de 2019, soit avant la pandémie, va légèrement les augmenter au second trimestre, à 50%.

Au troisième trimestre, qui inclut la cruciale période estivale, "le groupe prévoit une capacité en sièges-kilomètres disponibles comprise entre 55% et 65% par rapport à 2019", a détaillé Air France-KLM dans son communiqué.

Malgré l'avancée des campagnes de vaccination, en particulier aux Etats-Unis, en Israël et en Europe, "on n'est pas encore dans une situation où chacun voyage librement, il faudra évidemment encore de nombreux mois avant d'arriver à une situation qu'on pourrait comparer à celle de 2019", a souligné M. Gagey.

La pandémie a fait perdre 7,1 milliards d'euros au groupe en 2020.

L'opération d'aide conclue le 21 avril s'est traduite par la conversion en quasi-fonds propres de trois milliards d'euros de prêts octroyés par l'Etat français au début de la crise. Air France-KLM avait bouclé deux jours plus tôt une augmentation de capital d'un peu plus d'un milliard d'euros, dont 593 millions apportés par l'Etat français.

Le groupe avait vu fin mars sa dette nette s'aggraver de 1,5 milliard d'euros par rapport à fin décembre, à 12,5 milliards, mais l'opération d'avril va l'alléger de quatre milliards, a ajouté M. Gagey.


Des salariés de TAP Air Portugal manifestent à Lisbonne

Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État (Photo, AFP).
Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État (Photo, AFP).
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  • Des pilotes de TAP avaient déjà manifesté début août afin de s'opposer aux coupes salariales, prévues dans le plan de restructuration
  • Le plan de sauvetage de TAP prévoit notamment des baisses de 25% pour les salaires supérieurs à 1 410 euros jusqu'en 2025

LISBONNE: Des centaines de salariés de TAP Air Portugal ont manifesté mardi à Lisbonne contre les "erreurs" de gestion qui compromettent, selon eux, le succès du plan de restructuration de la compagnie aérienne renationalisée en 2020 à la suite de la crise sanitaire.

Des pilotes, des techniciens de maintenance ou encore des membres d'équipage, majoritairement en uniforme, ont défilé en silence jusqu'au ministère des Infrastructures qui a la tutelle des transports.

"Nous sommes des salariés mais également des contribuables", "les licenciements chez TAP reviennent cher": pouvait-on lire sur les pancartes brandies par un millier de manifestants, selon les organisateurs, qui ont participé à ce mouvement à l'appel de trois syndicats.

"Nous demandons au ministre de reconnaître" les "erreurs de gestion" de TAP, a déclaré Tiago Faria Lopes, président du syndicat des pilotes de l'aviation civile (SPAC).

Les syndicats reprochent notamment à la compagnie de "gaspiller les recettes" générées par la reprise du trafic aérien cet été en faisant notamment appel à des prestataires externes, après un plan de départs ayant entraîné une pénurie de personnel et de nombreuses annulations cet été.

Des pilotes de TAP avaient déjà manifesté début août afin de s'opposer aux coupes salariales, prévues dans le plan de restructuration, qu'ils estiment supérieures à celles des autres salariés de la compagnie.

Le plan de sauvetage de TAP prévoit notamment des baisses de 25% pour les salaires supérieurs à 1 410 euros jusqu'en 2025, ainsi qu'une réduction de la flotte de TAP et la cession de créneaux de décollage et d'atterrissage.

"Sans cet effort, nous n'aurions pas obtenu le feu vert de la commission européenne pour le plan de restructuration qui a permis de sauver TAP", a estimé la direction du transporteur portugais, rappelant que les syndicats avaient validé cet accord.

Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État, qui va injecter 3,2 milliards d'euros au total, en échange d'un plan de restructuration imposé par Bruxelles.

Alors que ce plan est "mis en œuvre avec succès", le ministère des Infrastructures a appelé mardi les salariés "au sens des responsabilités" afin de transformer TAP en une compagnie "rentable".


Le fonds souverain saoudien acquiert des actions dans Alphabet, Zoom et Microsoft

Le PIF se place actuellement au cinquième rang des plus grands fonds souverains du monde; ses actifs sont évalués à 620 milliards de dollars. (Shutterstock)
Le PIF se place actuellement au cinquième rang des plus grands fonds souverains du monde; ses actifs sont évalués à 620 milliards de dollars. (Shutterstock)
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  • Le PIF de l'Arabie saoudite a acquis des actions chez JPMorgan (3,9 millions d'actions) et BlackRock (741 693 actions)
  • Le Fonds d'investissement saoudien est également l'actionnaire majoritaire de la société Lucid Motors, dont le siège social se situe en Californie

RIYAD: Le Public Investment Fund (PIF), en l’occurrence le fonds souverain saoudien, a acquis des actions auprès des entreprises Alphabet, Zoom Video et Microsoft. Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une sélection plus large d'actions américaines, et porte à quelque 40,8 milliards de dollars les investissements du fonds souverain saoudien au cours du deuxième trimestre.

Selon une déclaration de la US Securities and Exchange Commission (l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, NDLR), le PIF a acheté 213 000 actions de classe A dans Alphabet, 4,7 millions d'actions de classe A dans Zoom et 1,8 million d'actions dans Microsoft.

Le PIF de l'Arabie saoudite a par ailleurs acquis des actions chez JPMorgan (3,9 millions d'actions) et BlackRock (741 693 actions).

Le PIF a acquis également 6,3 millions d'actions dans Starbucks et d'autres actions encore notamment dans les sociétés suivantes: Adobe Systems, Advanced Micro Devices, Salesforce, Home Depot, Costco, Freeport-McMoRan, Datadog et NextEra Energy.

Fort de ses 620 milliards de dollars (1 dollar = 0,98 euro) d'actifs, le PIF occupe une place centrale dans la stratégie de l'Arabie saoudite visant à transformer l'économie en développant de nouveaux secteurs et en élargissant les sources de revenus au-delà du pétrole.

Une stratégie à deux volets est poursuivie par le PIF: créer un portefeuille international d'investissements et investir au niveau local dans des projets qui réduiront la dépendance du Royaume vis-à-vis du pétrole.

Outre les entreprises susmentionnées, le Fonds d'investissement saoudien est également l'actionnaire majoritaire de la société Lucid Motors, dont le siège social se situe en Californie. Aujourd'hui, plus de 60% des parts de ce constructeur de véhicules électriques appartiennent au PIF.

Durant le premier trimestre de cette année, le PIF a réduit de 22% la part des actions qu'il détient sur le marché américain: celle-ci se chiffre à 43,6 milliards de dollars, contre 55,9 milliards de dollars un trimestre auparavant.

La US Securities and Exchange Commission a révélé dans un rapport publié à la fin du premier trimestre que le PIF a baissé sa participation dans trois sociétés: Visa Inc, Plug Power et Walmart.

Le fonds a en revanche augmenté sa participation dans Take-Two Interactive, PayPal, Alibaba et Farfetch Ltd.

Les données publiées par le Sovereign Wealth Fund Institute au mois d'avril révèlent que le PIF se classe actuellement au cinquième rang des fonds souverains les plus importants au monde; ses actifs représentent un total de 620 milliards de dollars. 

(Avec Reuters)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le gaz monte avec les craintes en Europe, le pétrole stable

Des tuyaux et des manomètres pour conduites de gaz à Open Grid Europe, l'un des plus grands opérateurs de réseau de transport de gaz d'Europe, à Werne, dans l'ouest de l'Allemagne (Photo, AFP).
Des tuyaux et des manomètres pour conduites de gaz à Open Grid Europe, l'un des plus grands opérateurs de réseau de transport de gaz d'Europe, à Werne, dans l'ouest de l'Allemagne (Photo, AFP).
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  • Historiquement, le prix du gaz n'a été plus élevé que lors de deux séances, début mars, quand les sanctions économiques contre la Russie après son invasion de l'Ukraine ont bouleversé le marché
  • Et l'impact de la crise énergétique semble désormais se profiler

LONDRES: Le prix du gaz grimpait mardi à son plus haut niveau en six mois en Europe où les inquiétudes sur l'approvisionnement énergétique s'intensifient, tandis que les cours du pétrole se stabilisaient.

Le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, prenait 4,72% à 230,50 euros le mégawattheure (MWh) vers 09H35 GMT (11H35 à Paris).

Historiquement, le prix du gaz n'a été plus élevé que lors de deux séances, début mars, quand les sanctions économiques contre la Russie après son invasion de l'Ukraine ont bouleversé le marché.

Et l'impact de la crise énergétique semble désormais se profiler: les factures de gaz vont augmenter en Allemagne.

Même si le gouvernement a promis lundi d'amortir le choc pour les plus modestes, à partir du 1er octobre, les importateurs pourront prélever 2,4 centimes de plus par kilowattheure (KWh) de gaz auprès des entreprises et des particuliers.

"Les gouvernements espèrent que de telles mesures suffiront à réduire la demande, et permettront à tout le continent de passer l'hiver", commentent les analystes de Deutsche Bank.

Très dépendante des importations de gaz russe, l'Allemagne est également confrontée à une sécheresse qui fait baisser le niveau du Rhin sous son niveau nécessaire au transport fluvial.

"Le niveau du Rhin est assez bas pour que les centrales à charbon, qui dépendent des barges pour leur amener le matériau de base, peinent à faire venir le carburant jusqu'à elles", commentent les analystes de UniCredit.

Du côté du pétrole, l'Union européenne (UE) a annoncé mardi qu'elle examinait la réponse de l'Iran à son compromis sur le dossier nucléaire, une étape cruciale qui pourrait marquer l'entrée de longues et difficiles négociations dans leur dernière ligne droite.

La perspective du retour des barils iraniens sur le marché a fait reculer les prix, d'autant que la faiblesse de l'économie mondiale promet une demande en berne.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre perdait 0,88% à 94,27 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre cédait quant à lui 0,53%, à 88,94 dollars.