Les hôtels de La Mecque occupés à seulement 30%

Les Saoudiens et les expatriés ont l’habitude de passer les dix derniers jours du mois sacré à La Mecque pour prier, mais la plupart ont mis cette tradition de côté depuis le début de la pandémie. (Photo, Shutterstock)
Les Saoudiens et les expatriés ont l’habitude de passer les dix derniers jours du mois sacré à La Mecque pour prier, mais la plupart ont mis cette tradition de côté depuis le début de la pandémie. (Photo, Shutterstock)
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Publié le Vendredi 07 mai 2021

Les hôtels de La Mecque occupés à seulement 30%

  • Le secteur hôtelier aura besoin d’au moins quatre ans pour se remettre de la crise actuelle
  • «L’ampleur et l’impact de la pandémie ont causé l’annulation des offres proposées par les hôtels au cours des 10 derniers jours du ramadan»

DJEDDAH/LA MECQUE : Le taux d’occupation au début du mois sacré du ramadan variait entre 10% et 20%, alors qu’au cours de la seconde moitié, il oscille entre 30% et 38%, déclare Rayan ben Osama Filali, président du Comité hôtelier, affilié à la Chambre de commerce et d’industrie de La Mecque.

M. Filali confie que, pour la première fois, une augmentation relativement modérée des prix a été observée au cours des derniers jours du ramadan. Un événement sans précédent, car les prix augmentent souvent de 300% au cours des 10 derniers jours du ramadan, par rapport au reste du mois.

«L’ampleur et l’impact de la pandémie ont causé l’annulation des offres proposées par les hôtels au cours des 10 derniers jours du ramadan», note M. Filali. Que seul un petit pourcentage d’hôtels puisse opérer normalement «montre l’ampleur des dommages causés dans le secteur par le coronavirus à l’origine de la Covid-19, et qui a perturbé l’ensemble du système, provoquant des pertes qui risquent de jeter une ombre sur les années à venir».

Le président du Comité hôtelier mentionne que la pandémie a directement perturbé le dynamisme du secteur hôtelier, l’un des secteurs du marché les plus productifs, stimulants et créateurs d’emplois.

Il a également indiqué que seuls 26 hôtels de la région centrale de La Mecque sont opérationnels en cette période de ramadan et que les prix moyens ont chuté de 55%.

La Mecque est le centre névralgique hôtelier de de l’Arabie saoudite, et représente à elle seule plus de 64% du secteur. Ce dernier, selon M. Filali, aura besoin d’au moins quatre ans pour se remettre de la crise actuelle.

Par ailleurs, il note que les conséquences économiques sur les 1 200 hôtels sont extrêmes et que la majorité des hôtels ont complètement suspendu leurs activités, fermant leurs portes et renvoyant des milliers d’employés chez eux.

«Ces employés attendent toujours la réouverture des hôtels après la fin de la pandémie ou après l’achèvement de la campagne d’inoculation de toute la communauté», ajoute-t-il.

Selon M. Filali, le secteur hôtelier génère des rendements financiers considérables pour tous les pays du monde. La capitale sacrée dépend essentiellement de la permanence de ce secteur qui crée des milliers d’emplois chaque année.

M. Filali estime que ce secteur devait connaître une forte expansion, mais que le virus menace l’industrie, malgré les efforts des dirigeants saoudiens pour maintenir les salaires de leurs employés pendant plusieurs mois, grâce au programme d’assurance chômage «Saned».

«Le faible nombre de réservations, le volume opérationnel élevé et le coût de la nourriture ont paralysé le secteur du tourisme, ce qui a poussé de nombreux hôtels à suspendre leurs activités jusqu’à la fin de la pandémie», explique M. Filali.

Bassam Khanfar, directeur général de l’hôtel Shaza Makkah, confie à Arab News que plus de 17 000 chambres sont vides en raison de la pandémie.

Il estime qu’une reprise progressive des activités et du pouvoir d’achat doit être prise en compte afin que le secteur puisse se rétablir avec le moins de pertes possibles.

De plus, il précise que le prix moyen d’une chambre durant les vingt premiers jours du ramadan était de SAR 1 300 (287 euros), pour passer ensuite à SAR 1 900 (420 euros) durant les dix derniers jours du mois sacré.

L’hôtel de M. Khanfar propose une réduction de 50% aux professionnels de la santé en reconnaissance des efforts considérables qu’ils ont déployés dans la lutte contre le virus ; efforts qui se reflètent dans les performances du Royaume dans sa lutte contre la pandémie.

Les Saoudiens et les expatriés ont l’habitude de passer les dix derniers jours du mois sacré à La Mecque pour prier, mais la plupart ont mis cette tradition de côté depuis le début de la pandémie.

«Avant la pandémie, je tenais à effectuer l’Omra au cours des dix derniers jours de chaque ramadan, en particulier la 27ième nuit, celle où Laylat Al-Qadr (la Nuit du Destin) est censée avoir eu lieu», raconte Ahmed Al-Ghamdi, propriétaire d’un café à Djeddah, à Arab News.

Il ajoute qu’avant la Covid-19, la Grande Mosquée accueillait des centaines de milliers de fidèles pendant les 10 derniers jours du ramadan.

«Malheureusement, je ne peux pas pratiquer l’Omra cette fois-ci parce que je n’ai pas encore reçu la première dose du vaccin, malgré toutes mes tentatives. Mais c’est normal, car des millions de personnes tentent de s’inscrire pour le recevoir», mentionne-t-il.

L’ami de M. Al-Ghamdi, Salem ben Saleh, officier de l’armée à la retraite, indique avoir eu la chance de recevoir la première dose, et qu’il prévoit d’effectuer le pèlerinage dans les prochains jours.

«Effectuer l’Omra au cours des dix derniers jours du ramadan fait partie de mes traditions depuis plus de 30 ans », confie M. Saleh à Arab News.

Pour lui, pratiquer l’Omra pendant le ramadan équivaut à un Hajj, comme le dit le Prophète Mahomet.

«Le sentiment que vous éprouvez pendant et après avoir accompli l’Omra pendant le ramadan est indescriptible», ajoute M. Saleh.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com