Prière de fin du ramadan: les rassemblements dans les stades pas autorisés

Vue de la mosquée de Paris. (Photo, AFP)
Vue de la mosquée de Paris. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 08 mai 2021

Prière de fin du ramadan: les rassemblements dans les stades pas autorisés

  • En 2020, quelques municipalités avaient autorisé les musulmans à se rassembler dans des stades, en plein air, pour la prière de l'Aïd el-Fitr
  • « Je peux comprendre qu'il y ait une volonté de ne pas encourager les rassemblements », a réagi Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman

PARIS : Le ministère de l'Intérieur a demandé à ses services de veiller à ce que les rassemblements dans les stades ou les salles communales ne soient pas autorisés pour la prière de fin du ramadan le 13 mai, en raison du contexte sanitaire.

En 2020, quelques municipalités, notamment en Ile-de-France, avaient autorisé les musulmans à se rassembler dans des stades, en plein air, pour la prière de l'Aïd el-Fitr, la « fête de la rupture du jeûne ».

« La mise à disposition d'établissement recevant du public ne saurait être envisagée », une mesure « qui concerne l'ensemble des établissements sportifs, qu'ils soient couverts ou de plein air », indique une note d'instruction d'un préfet envoyée aux mairies de son département, dont l'AFP s'est procuré une copie.

« Je peux comprendre qu'il y ait une volonté de ne pas encourager les rassemblements », a réagi Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman auprès de l'AFP après avoir, la semaine dernière appelé les mosquées « à se rapprocher de leurs municipalités afin de pouvoir célébrer la prière de l’Aïd dans des espaces ouverts ».

M. Moussaoui a invité les mosquées suffisamment grandes pour respecter les consignes sanitaires à multiplier les offices dans la journée de jeudi.

Le mois de jeûne du ramadan a débuté le 13 avril et doit se terminer le 13 mai.

 


Aux assises, la famille d'Adama Traoré fait bloc autour de son frère Bagui

Assa Traoré à l’issue de l’audience au tribunal de Pontoise, le 21 juin (Photo, AFP).
Assa Traoré à l’issue de l’audience au tribunal de Pontoise, le 21 juin (Photo, AFP).
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  • Cinq personnes comparaissent aux assises du Val-d'Oise pour des tirs d'armes à feu au cours des affrontements de rue il y a cinq ans à une trentaine de kilomètres au nord de Paris
  • Bangui Traoré, 29 ans est suspecté d'avoir organisé des attaques contre les forces de l'ordre dans les heures et jours suivant la mort d'Adama, son «jumeau» de cœur

PONTOISE: Au deuxième jour du procès des émeutes qui ont suivi la mort d'Adama Traoré en 2016, la famille de la victime a fait bloc mardi à la barre autour de son frère Bagui, donneur d'ordres présumé des violences urbaines, en dénonçant un « acharnement » contre lui.

Cinq personnes comparaissent aux assises du Val-d'Oise pour des tirs d'armes à feu au cours des affrontements de rue il y a cinq ans dans les communes mitoyennes de Persan et Beaumont-sur-Oise, à une trentaine de kilomètres au nord de Paris.

La cour d'assises présidée par l'ancien juge antiterroriste Marc Trévidic a vu défiler à la barre mardi après-midi à Pontoise une partie du clan Traoré, qui a clamé l'innocence de Bagui. 

L'homme de 29 ans est suspecté d'avoir organisé des attaques contre les forces de l'ordre dans les heures et jours suivant la mort d'Adama, son « jumeau » de cœur.

Les émeutes, « ça a pété à Beaumont, à Persan, à Champagne, à Bruyères (des villes voisines, ndlr). Mon frère ne pouvait pas être partout, il était à la maison avec moi », a affirmé Lassana Traoré, un des grands frères de la famille, en décrivant une atmosphère de « guerre » sur place.

En apprenant la mort de son petit frère le 19 juillet 2016, ce responsable de ressources humaines à Bordeaux a sauté dans sa voiture et s'est précipité à Beaumont-sur-Oise, où est basée la fratrie Traoré, pour assumer les responsabilités de chef de famille.

Écoutes téléphoniques

Avec Bagui incarcéré depuis 2016, notamment pour d'autres condamnations, « ça fait maintenant cinq ans qu'on vit un drame familial, qu'on vit un peu un acharnement », dénonce ce grand quadragénaire longiligne, appelant le jury à se détacher du casier judiciaire chargé de son frère.

« Je ne comprends pas pourquoi une telle accusation », s'étonne également Maïmouna, la concubine de Bagui, rencontrée dans l'avion qui le ramenait du Mali après les funérailles d'Adama. Même ligne inflexible du côté de sa mère Hatouma : « Bagui n'a rien fait ». 

Face à ces dénégations en bloc, une avocate des parties civiles exhibe face à la mère Hatouma la retranscription d'une conversation téléphonique en soninké, une langue malienne, entre elle et sa fille Assa à l'automne 2016.

« Il ne faut pas que les enfants aillent au commissariat, ils sont capables de mettre des armes dans la voiture », y déclare notamment la mère de Bagui, dans cette discussion où il est également question d' « affaires à déplacer » se trouvant « dans une marmite derrière le lavabo ».

« C'est faux, je n'ai jamais dit ça ! », rétorque Hatouma, qui blâme une mauvaise traduction en français et des propos sortis de leur contexte.

L'audition de la sœur Assa Traoré, devenue depuis la mort de son petite frère une célèbre militante antiraciste, était initialement prévue en fin de journée mardi. Mais en raison de l'heure tardive, son passage à la barre a été reporté à mercredi matin.

Plus de 70 membres des forces de l'ordre sont parties civiles dans ce procès prévu pour durer trois semaines. Poursuivis principalement pour tentatives de meurtre en bande organisée, les accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité.

Le verdict est attendu autour du 8 juillet.


Bolloré condamné pour procédure abusive contre un journaliste: un troisième procès ordonné

Vincent Bolloré, président du groupe éponyme (Photo, AFP).
Vincent Bolloré, président du groupe éponyme (Photo, AFP).
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  • Bolloré avait porté plainte contre Benoît Collombat et Florence Sultan, ancienne directrice des éditions Calmann-Lévy, pour un passage de l'ouvrage collectif «Informer n'est pas un délit»
  • Collombat y décrivait les poursuites engagées par le groupe Bolloré pour des extraits d'un long reportage diffusé en 2009

PARIS: La Cour de cassation a ordonné mardi la tenue d'un troisième procès au civil concernant les poursuites en diffamation intentées par Bolloré contre un journaliste de France Inter, après deux condamnations du groupe pour procédure abusive.

Bolloré avait porté plainte contre Benoît Collombat et Florence Sultan, ancienne directrice des éditions Calmann-Lévy, pour un passage de l'ouvrage collectif « Informer n'est pas un délit ».

Ce texte, rédigé par Collombat et publié en 2015 aux côtés d'écrits d'autres journalistes, assimilait la stratégie du groupe Bolloré contre les médias à des « filets dérivants ».

Collombat y décrivait les poursuites engagées par le groupe pour des extraits d'un long reportage diffusé en 2009 sur France Inter et intitulé  « Cameroun, l'empire noir de Vincent Bolloré ». 

Ces poursuites avaient abouti à une condamnation de la radio et de son journaliste en 2010, pour diffamation.

Dans la procédure contre le livre, cette fois, le tribunal correctionnel de Paris avait relaxé en 2019 le journaliste et l'éditrice, condamnant le groupe pour procédure abusive. 

Bolloré avait fait appel et la cour s'était prononcée uniquement sur le plan civil, la relaxe des prévenus étant définitive.

Elle avait confirmé, en 2020, cette condamnation pour « abus de constitution de partie civile », estimant que la société devait verser 9 000 euros de dommages et intérêts à Collombat et 1 000 euros à Sultan.

Le groupe avait ensuite formé un pourvoi en cassation et, mardi, la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire a annulé cette dernière décision et ordonné un nouveau procès à la cour d'appel de Paris, autrement composée.

La Cour de cassation a estimé que la cour d'appel n'avait pas étudié toutes les « allégations » ou « imputations » potentiellement diffamatoires contenues dans les propos poursuivis par Bolloré.

Le milliardaire Vincent Bolloré et son groupe, coutumiers des procédures à l'encontre de journalistes ou de médias, ont déjà été condamnés pour « procédure abusive » dans plusieurs autres dossiers.


Bygmalion: fin du procès sur les dépenses excessives de la campagne Sarkozy en 2012, jugement le 30 septembre

Nicolas Sarkozy, ex-président français (Photo, AFP).
Nicolas Sarkozy, ex-président français (Photo, AFP).
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  • Alors que le parquet a requis un an d'emprisonnement, dont six mois avec sursis, à l'encontre de Sarkozy, son avocate, Me Gesche Le Fur, a plaidé mardi la relaxe de son client
  • L'ex-chef de l'Etat, qui ne s'est présenté au tribunal qu'à l'occasion de son interrogatoire, est jugé depuis le 20 mai aux côtés de 13 autres prévenus

PARIS: Le procès de Nicolas Sarkozy et de 13 autres prévenus dans l'affaire des dépenses excessives de la campagne présidentielle de l'ex-chef de l'Etat en 2012 s'est achevé mardi soir et le tribunal correctionnel de Paris a mis sa décision en délibéré au 30 septembre à 10H00.

Alors que le parquet a requis un an d'emprisonnement, dont six mois avec sursis, à l'encontre de Sarkozy, son avocate, Me Gesche Le Fur, a plaidé mardi la relaxe de son client.

« Il n'a signé aucun devis, il n'a signé aucune facture, il a accepté toutes les restrictions qu'on lui a demandées. Il est loin d'être un candidat hystérique, insatiable. Il est respectueux des valeurs de la justice », a plaidé l'avocate, qui remplaçait le conseil « historique » de Sarkozy, Me Thierry Herzog, souffrant.

L'ex-chef de l'Etat, qui ne s'est présenté au tribunal qu'à l'occasion de son interrogatoire, est jugé depuis le 20 mai aux côtés de 13 autres prévenus, ex-cadres de l'UMP et de la société Bygmalion, membres de son équipe de campagne ou experts-comptables.

Il est poursuivi uniquement pour « financement illégal de campagne électorale ». Il encourt un de prison et 3 750 euros d'amende.

L'enquête a démontré que les comptes de la campagne présidentielle de 2012 avaient dépassé d'une vingtaine de millions d'euros le plafond légal autorisé, via un système de fausses factures.

Les co-prévenus de Sarkozy sont jugés, à des degrés divers, pour « escroquerie », « usage de faux » ou « abus de confiance ».

Le parquet a requis contre eux des peines allant de dix-huit mois à quatre ans d'emprisonnement avec sursis et des amendes allant jusqu'à 150 000 euros.

En mars, Nicolas Sarkozy était devenu le premier ex-président de la Ve République à être condamné à de l'emprisonnement ferme (trois ans dont un ferme), pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite « des écoutes ».