L'économie US a encore «un long chemin à parcourir», avertit Biden

Joe Biden relève que le pays comptait toujours «8 millions d'emplois de moins qu'avant la pandémie». (Photo, AFP)
Joe Biden relève que le pays comptait toujours «8 millions d'emplois de moins qu'avant la pandémie». (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 08 mai 2021

L'économie US a encore «un long chemin à parcourir», avertit Biden

  • Seulement 266 000 emplois ont été créés en avril, très loin du million attendu
  • «Nous sommes encore en train de sortir d'un effondrement économique», a souligné Joe Biden

WASHINGTON: Joe Biden a de nouveau plaidé vendredi en faveur de ses gigantesques plans d'investissements pour relancer l'emploi aux Etats-Unis, l'euphorie attendue n'ayant pas eu lieu en avril, malgré la reprise de l'économie.

Seulement 266 000 emplois ont été créés en avril, très loin du million attendu. Le taux de chômage est même remonté pour la première fois en près d'un an, à 6,1% (+0,1 point), a annoncé le département du Travail.

«Nous sommes encore en train de sortir d'un effondrement économique», a souligné Joe Biden depuis la Maison Blanche, en relevant que le pays comptait toujours «8 millions d'emplois de moins qu'avant la pandémie».

Cela conforte le président américain dans l'idée qu'il faut absolument investir au cours de la prochaine décennie près de 4 000 milliards de dollars --dont plus de 2 000 milliards dans les infrastructures-- pour créer des emplois, notamment pour les travailleurs les moins qualifiés.

«Les actions que nous prenons sont vitales (...) Nos efforts commencent à porter. Mais la pente est raide», a-t-il averti.

L'opposition républicaine a, elle, immédiatement vu dans ces chiffres de l'emploi «un message clair pour dire que les mesures politiques de Joe Biden ne fonctionnent pas», selon le compte Twitter du groupe des sénateurs républicains.

Pour eux, la raison est à chercher du côté des allocations chômage, dont la durée a été étendue jusqu'à fin août et le montant relevé de 300 dollars par semaine, ce qui «pousse plus les gens à rester chez eux qu'à travailler», ont-ils vilipendé.

Cela «montre clairement que payer les gens pour qu'ils ne travaillent pas freine ce qui devrait être un marché de l'emploi plus solide», a également vilipendé la puissante Chambre de commerce américaine.

Répit inhabituel

Faux, rétorque l'administration Biden. «Je ne pense pas que les allocations chômage soient vraiment le facteur», a ainsi souligné la secrétaire au Trésor Janet Yellen.

Cependant, «les entreprises nous disent qu'elles ont de la difficulté à embaucher», et «il est évident qu'il y a des gens qui ne sont pas prêts ou pas en mesure de retourner travailler», a-t-elle reconnu.

Beaucoup de chômeurs utilisent en effet le répit inhabituel offert par ces allocations pour prendre leur temps et trouver un emploi plus satisfaisant, comme un poste permettant le télétravail, selon des économistes.

Janet Yellen a elle pointé du doigt les «obstacles à la participation au marché du travail», notamment le problème de garde d'enfants, avec des écoles pas entièrement rouvertes, ou de garde de membres de la famille plus âgés. Et la peur de contracter la Covid reste présente.

Les employeurs tentent d'attirer des recrues avec des salaires plus élevés. La hausse, dans le secteur privé, a été de 3% au premier trimestre sur un an, selon le département du Travail.

L'Etat du Montana (nord-ouest) offre lui 1 200 dollars aux chômeurs qui acceptent un emploi.

Les allocations chômage étendues «devraient expirer en septembre, mais peut-être que les gens pensent que les emplois seront tout aussi faciles à trouver que maintenant, alors pourquoi prendre un emploi aujourd'hui?», note Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics.

«Je pense que nous pourrons atteindre le plein emploi l'année prochaine», a répété Janet Yellen.

Les loisirs reprennent vie

L'activité économique américaine reprend en effet de la vigueur à mesure que la population est vaccinée.

Près d'un Américain sur trois l'est désormais entièrement, et les portes-monnaie de nombreux ménages sont bien remplis grâce aux aides versées par le gouvernement et après une année sans abonnement en salle de sport, ni voyages à l'étranger.

Les entreprises des secteurs de l'hôtellerie, des loisirs, des services, qui avaient été terrassées par la pandémie, reprennent vie, créant 375 000 emplois à elles seules en avril.

Mais ces gains ont été partiellement effacés par les pertes enregistrées dans les services aux entreprises, alors que le retour au bureau n'est pas encore d'actualité pour de nombreux cols blancs, ainsi que dans l'automobile, qui souffre de la pénurie mondiale de puces électroniques

Cela faisait également chuter le dollar, qui perdait 0,80% face à l'euro à 1,2162 dollar vers 18H50 GMT.

En mars et avril 2020, plus de 22 millions d'emplois avaient été détruits, sous l'effet des premières mesures de confinement.

Le taux de chômage était, lui, passé en deux mois de son plus bas niveau en 50 ans (3,5% en février) à un plus haut depuis la Grande dépression des années 30 (14,8% en avril).


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
Short Url
  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.

 


L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Lille a été choisie pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne (EUCA) en 2028, après avoir battu Rome et huit autres villes, renforçant le rôle stratégique de la France dans le commerce et la logistique européens
  • La ville bénéficiera d’une implantation à Euralille, au cœur des axes logistiques européens, avec environ 250 emplois prévus d’ici 2034, dans le cadre de la réforme du système douanier de l’UE

BRUXELLES: Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

"C'est le choix d'une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous", a salué le président français Emmanuel Macron, sur le réseau X.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale.

Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

- "Au carrefour de l'Europe" -

"Fier de cette victoire collective: élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, dans un message sur X.

"Ça montre aussi que la France n'est pas isolée en Europe, contrairement à ce que beaucoup disent ou souhaiteraient", a assuré à l'AFP Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Ce dernier y voit la preuve de "l'attractivité" de la région et des "atouts techniques clairs" de la candidature lilloise, laquelle avait tiré les leçons de 2017, lorsque la ville avait vu lui échapper l'Agence européenne du médicament, autrefois installée à Londres et transférée à Amsterdam après le Brexit.

Il salue aussi "un réel travail collectif" qui montre "l'influence et le rayonnement des Hauts-de-France".

"C'est un choix judicieux", a estimé aussi l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure.

"La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair: la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034.

Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures.

Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.


Le dollar remonte avec la perspective de troupes américaines au Moyen-Orient

Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026.  (AFP)
Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz
  • Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies

LONDRES: Le dollar profite mardi de la remontée des cours de l'énergie, après des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine va déployer des troupes supplémentaires au Moyen-Orient, douchant les espoirs de négociations évoquées la veille par Donald Trump.

Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine prenait 0,22% à l'euro, à 1,1587 dollar.

"L'optimisme prudent des marchés financiers, suscité par le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes par le président Trump, s'est dissipé durant la séance asiatique après la publication d'informations pessimistes", et "le dollar s'est apprécié", résume Carol Kong, analyste chez CBA.

Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies.

Par ailleurs, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont finalement été visées par des frappes israélo-américaines, a affirmé tôt mardi l'agence de presse Fars, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi être en pourparlers avec les Etats-Unis.

Lundi, la livre sterling avait gagné jusqu'à 1% face au dollar, et le rendement obligataire britannique à 10 ans a connu un nouveau sommet depuis 2008, à 5,12%, avant de retomber de concert.

Depuis, la devise britannique relâchait mardi 0,26% au billet vert, à 1,3396 dollar, et les taux d'emprunt se sont apaisés.

Les marchés, qui anticipaient la veille quatre hausses de taux de la Banque d'Angleterre cette année, tablent désormais sur entre deux et trois, d'après Bloomberg.

"Les conditions sont exceptionnellement difficiles à remplir pour que la Banque d'Angleterre relève son taux directeur, déjà en territoire restrictif", et au vu de données économiques faibles, estime en effet Chris Turner, analyste chez ING.

L'indice d'activité PMI au Royaume-Uni a faiblit en mars, à 51, contre 53,7 en février, et moins que les 52,8 projetés par le consensus des analystes sondés par Bloomberg, selon les chiffres publiés mardi par S&P Global.

Mercredi, sera dévoilée l'inflation en février dans le pays, qui ne capturera cependant pas les effets de la guerre.

Le prix d'une once d'or progressait aussi de 0,27%, à 4.419,40 dollars.

La veille, les cours des métaux précieux s'étaient brièvement effondrés, les investisseurs préférant engranger leurs bénéfices sur l'or et l'argent pour récupérer des liquidités, plus facilement mobilisables et accessibles.