Biden face à des républicains sous l'emprise de Trump et de ses théories du complot

Le leader de la minorité républicaine au Congrès, Mitch McConnell (à droite), dans le métro privé du Capitole: McConnell était un des premiers à critiquer la position de Trump sur le résultat de la présidentielle. (Photo, AFP)
Le leader de la minorité républicaine au Congrès, Mitch McConnell (à droite), dans le métro privé du Capitole: McConnell était un des premiers à critiquer la position de Trump sur le résultat de la présidentielle. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 12 mai 2021

Biden face à des républicains sous l'emprise de Trump et de ses théories du complot

  • 55% des partisans du Parti républicain pensent que la défaite de Trump en novembre est le résultat d'une élection truquée
  • Les élections de 2022 aiguisent les appétits des républicains, mais rien ne permet d'affirmer qu’avec ses 36 années au Sénat, Biden pourra sortir en « rassembleur »

WASHINGTON : Il multiplie les rencontres avec ses opposants: à la Maison Blanche, par vidéo ou sur le tarmac d'un aéroport.

Mais quelles que soient ses intentions - et ses calculs politiques - le président américain Joe Biden est dans une situation singulière.

Il est confronté à un parti républicain au garde-à-vous derrière Donald Trump et qui embrasse ses théories du complot, dont celle affirmant que le démocrate ne serait pas un président légitime.

« C'est vraiment sans précédent », estime Capri Cafaro, enseignante à l'American University et ancienne élue démocrate de l'Ohio.

« Dans l'histoire moderne, il est difficile de penser à un cas de figure qui s'approche ne serait-ce qu'un tout petit peu de celui-ci ».

Toute la semaine, Joe Biden, qui veut faire passer au Congrès ses gigantesques plans d'investissement, va multiplier les appels à l'unité.

Mardi, il rencontre - par écrans interposés - des gouverneurs des deux bords.

Mercredi, il accueille à la Maison Blanche les quatre leaders du Congrès: Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre, Chuck Schumer, président démocrate du Sénat, Kevin McCarthy, chef des républicains à la Chambre, et Mitch McConnell, chef des républicains au Sénat.

« Ils auront un échange pour identifier les possibles convergences sur la façon de travailler ensemble et apporter des réponses concrètes aux défis auxquels sont confrontées les familles américaines », a indiqué un responsable de la Maison Blanche.

Mais Joe Biden s'adressera aux responsables d'un parti dont 55% des partisans (selon le dernier sondage Reuters/Ipsos) pensent que la défaite de Donald Trump en novembre est le résultat d'une élection truquée.

Le fait qu'il n'existe pas l'ombre d'une preuve à l'appui de ces accusations ne change rien: ce que Biden appelle « le grand mensonge » fait partie intégrante du discours républicain.

Joe Biden lui-même pensait que les choses seraient différentes une fois Donald Trump parti de Washington.

« Vous verrez que la plupart de mes amis républicains auront une révélation soudaine », avait-il prédit.

 

« Culte de la personnalité »

Mais depuis son luxueux club de Mar-a-Lago, en Floride, le magnat de l'immobilier reste le personnage central - et redouté - du « Grand Old Party ».

Affirmer clairement que l'élection n'a pas été truquée, c'est, pour un élu républicain, s'exposer à ses foudres. Et, avec le jeu des primaires, risquer de perdre la nomination du parti à la prochaine échéance.

Liz Cheney, l'une des rares parlementaires de son parti à lui avoir tenu tête, dénonçant « un culte de la personnalité dangereux et anti-démocratique », s'apprête à perdre son poste de numéro trois des républicains à la Chambre des représentants.

Or c'est Kevin McCarthy - l'un des quatre ténors qui seront reçus mercredi dans le Bureau ovale - qui sera à la baguette pour cette punition publique.

Un ex-président revanchard et les théories du complot sur le scrutin du 3 novembre ne sont pas, loin s'en faut, les seuls obstacles auxquels Joe Biden est confronté dans sa volonté affichée de « rassembler l'Amérique ». Il doit aussi gérer son propre parti.

Sur les trois premiers mois de son mandat, il a réussi à maintenir l'unité de la famille démocrate dans un contexte de pandémie propice à l'union sacrée.

Mais au moment où les négociations rentrent dans le dur sur ses projets d'investissements massifs de plus de 4000 milliards de dollars, les tensions deviennent palpables.

Certains sénateurs démocrates au profil centriste tels que Joe Manchin ont déjà exprimé des réserves. Ce dernier, qui dispose d'un pouvoir de négociation considérable, sachant que les démocrates n'auraient plus la majorité s'il faisait défection, a été reçu lundi par Joe Biden.

A moyen terme, les élections de mi-mandat de 2022, qui aiguisent les appétits des républicains qui rêvent de reprendre le contrôle de la Chambre et du Sénat, ne vont pas arranger les choses.

La Maison Blanche met inlassablement en avant la longue expérience de Joe Biden.

« Il y a peu de gens à Washington qui ont autant d'expérience que Joe Biden », surenchérit Capri Cafaro.

Mais rien ne permet d'affirmer que ses 36 années au Sénat lui permettront de sortir en « rassembleur » de cette séquence atypique de l'histoire politique américaine.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.