Méditerranée orientale: médiation allemande entre Athènes et Ankara

Le navire de recherche sismique "Oruc Reis" escorté par d'autres navires turcs. (Ministère turc de la Défense/AFP)
Le navire de recherche sismique "Oruc Reis" escorté par d'autres navires turcs. (Ministère turc de la Défense/AFP)
Short Url
Publié le Lundi 24 août 2020

Méditerranée orientale: médiation allemande entre Athènes et Ankara

  • « Il est nécessaire que l'Allemagne reste en dialogue avec les deux parties » car « l'objectif est que la Grèce et la Turquie résolvent leurs différends directement l'une avec l'autre », a déclaré lundi à la presse le porte-parole du gouvernement allemand
  • Mardi, le Heiko Maas, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, doit se rendre dans les deux capitales

BERLIN: Le chef de la diplomatie allemande se rendra mardi à Athènes puis à Ankara afin d'apaiser les tensions entre la Grèce et la Turquie dont les recherches d'hydrocarbures menées unilatéralement ont provoqué une crise régionale.

« Il est nécessaire que l'Allemagne reste en dialogue avec les deux parties » car « l'objectif est que la Grèce et la Turquie résolvent leurs différends directement l'une avec l'autre », a déclaré lundi à la presse le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert.

« Ces efforts (de médiation) sont et restent nécessaires » pour parvenir à une désescalade et « trouver une solution aux tensions », a de son côté expliqué le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Christofer Burger.

Mardi, son ministre de tutelle Heiko Maas, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, doit ainsi se rendre dans les deux capitales.

Il rencontrera notamment son homologue grec Nikos Dendias mais également le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis avant de s'entretenir avec le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu.

Des craintes justifiées?

« Nous craignons que les tensions continuent à peser sur les relations entre la Turquie et l'UE et qu'une nouvelle escalade ne soit lourde de conséquences », a ajouté M. Burger.

Interrogé sur la visite à Athènes du ministre allemand lors d'un point de presse lundi, le porte-parole du gouvernement grec Stelios Petsas a indiqué que toute initiative entreprise par l'Allemagne, en tant que grande puissance en Europe « aura une importance particulière ».

« Mais il faut que ses interlocuteurs soient fiables. Il faut que la Turquie prouve sa crédibilité », a estimé Stelios Petsas.

La découverte ces dernières années d'importants gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l'appétit des pays riverains et suscité des tensions entre Ankara et Athènes, qui se disputent certaines zones maritimes.

Signe de la volatilité de la situation, un navire grec et un navire turc sont entrés en collision la semaine dernière dans une zone revendiquée par Athènes où Ankara a déployé des bâtiments de guerre, selon une source militaire grecque.

Craignant d'être exclu du partage des immenses réserves de gaz naturel de la région, Ankara a ainsi déployé le 10 août des bâtiments de guerre dans une zone revendiquée par la Grèce, provoquant l'inquiétude de l'Europe.

Dimanche, Ankara a décidé de prolonger la présence de son bâtiment sismique Oruç Reis dans cette zone pour quatre jours, soit jusqu'au 27 août.

Athènes a riposté de son côté en émettant une notice maritime (Navtex) du 25 août au 27 dans cette zone pour effectuer un exercice militaire d'entraînement conjoint avec l'aviation des Emirats arabes. Cet exercice s'inscrit dans « le cadre de la coopération des ministères de la Défense et des Affaires étrangères des deux pays », a indiqué vendredi une source militaire grecque.


Un tanker touché par «des projectiles inconnus» au large des Emirats 

Short Url
  • "Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé
  • L'agence n'a pas précisé la provenance du navire

DUBAI: Un tanker a été touché par des "projectiles inconnus" dans le détroit d'Ormuz au large des Emirats arabes unis, sans faire de victime, a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO lundi.

"L'UKMTO a reçu des informations faisant état d'un incident survenu à 78 milles nautiques (145 km, ndlr) au nord de Fujaïrah, aux Émirats arabes unis", a annoncé l'agence sur X précisant que l'incident avait été signalé dimanche vers 19H40 GMT.

"Un tanker a signalé avoir été touché par des projectiles non identifiés", indique l'agence ajoutant que tous les membres d'équipage sont sains et saufs et qu'aucun impact environnemental n'a été signalé.

L'agence n'a pas précisé la provenance du navire.

Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps de paix un cinquième du pétrole et du gaz naturel mondiaux, est en grande partie bloqué depuis le début des frappes israélo-américaines contre l'Iran le 28 février.

Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que la marine américaine allait commencer lundi à escorter des navires bloqués de pays tiers à travers le détroit d'Ormuz dans le cadre du Project Freedom ("Projet Liberté"), qui a été dénoncé par les autorités iraniennes.

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.