Les réfugiés rohingyas de Bhasan Char passent leur premier Aïd Al-Fitr «isolés»

Des Rohingyas assis à bord d’un bateau lors de leur déplacement vers l’île de Bhasan Char près de Chattogram, au Bangladesh, le 4 décembre 2020. (Photo, Reuters)
Des Rohingyas assis à bord d’un bateau lors de leur déplacement vers l’île de Bhasan Char près de Chattogram, au Bangladesh, le 4 décembre 2020. (Photo, Reuters)
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Publié le Samedi 15 mai 2021

Les réfugiés rohingyas de Bhasan Char passent leur premier Aïd Al-Fitr «isolés»

  • Des familles reçoivent une aide alimentaire et de nouveaux vêtements à l’approche de la fin du Ramadan, dans un contexte de restrictions sanitaires
  • La plupart des personnes relocalisées sur la nouvelle île ont laissé leurs amis et leurs proches dans 34 camps à Cox’s Bazar, qui abrite plus d’un million de réfugiés rohingyas

DHAKA : Les réfugiés rohingyas de Bhasan Char passent leur premier Aïd Al-Fitr, jeudi 13 mai, « isolés », loin de leurs proches.

La plupart des personnes relocalisées sur la nouvelle île ont laissé leurs amis et leurs proches dans 34 camps à Cox’s Bazar, qui abrite plus d’un million de réfugiés rohingyas.

Le Bangladesh a commencé à la fin de l’année dernière à relocaliser les réfugiés, 18 000 à ce jour, à Bhasan Char, à quelque 63 km du continent, en expliquant que cela permettrait de réduire la pression sur les camps encombrés de Cox’s Bazar.

« Nous célébrons l’Aïd différemment cette année, loin de nos amis et de nos proches. D’habitude, nous nous réunissons avec nos proches les jours de l’Aïd », raconte Abdur Rahman, réfugié rohingya âgé de 37 ans, à Arab News.

« En cette occasion spéciale, mes amis et mes proches ne sont pas autour de moi. Je me sens parfois isolé ».

« Le téléphone portable est le seul moyen de communication pour nous, mais il n’est pas toujours abordable », indique M. Rahman.

Une autre réfugiée, Morium Begum, 29 ans, mentionne que les festivités de l’Aïd à Cox’s Bazar manquent à ses enfants.

« Mes enfants avaient l’habitude de visiter leurs amis et de se rendre aux foires de l’Aïd durant cette période à Cox’s Bazar. Mais ici, ils n’ont pas d’amis », confie Mme Begum à Arab News.

« Le confinement actuel dû au coronavirus a probablement contribué davantage à notre isolement. Sinon, les autorités auraient pu autoriser certaines foires de l’Aïd pour les enfants », ajoute-t-elle.

Mohammed Hossain, 19 ans, raconte que l’Aïd était une nouvelle expérience pour lui. « Le champ de la congrégation  est préparé avec des tentes de fortune et décoré de manière appropriée, ce qui a créé des festivités sur l’île », dit-il à Arab News. « Je n’ai jamais vu ce genre de disposition lorsque je me trouvais dans les camps de réfugiés de Cox’s Bazar ».

À l’occasion de l’Aïd Al-Fitr, les autorités ont fourni une aide alimentaire spéciale aux réfugiés de l’île.

« Un paquet de nourriture contenant des vermicelles, du lait en poudre, du sucre, de l’huile alimentaire, du riz, des lentilles, des épices, etc. a été fourni à l’occasion de la fête », précise Moazzam Hossain, de la Commission bangladaise d’aide aux réfugiés et de rapatriement.

« Toutes les familles ont reçu cette aide en fonction de leur taille et de leurs besoins », explique-t-il, ajoutant que 5 000 nouveaux vêtements ont également été distribués aux enfants rohingyas.

Pour maintenir la distanciation sociale et respecter les recommandations sanitaires et sécuritaires, les autorités ont organisé trois congrégations distinctes pour l’Aïd sur l’île.

« Depuis le début de l’exode des Rohingyas en 2017, c’est la première fois que les réfugiés de l’île ont eu l’occasion de célébrer la fête dans un environnement confortable, à l’abri des menaces de glissement de terrain, des intempéries et de l’environnement très encombré des camps de réfugiés de Cox’s Bazar », ajoute M. Hossain.

Les services sanitaires d’urgence sont également disponibles pendant l’Aïd, et huit responsables sanitaires du gouvernement sont actuellement en poste sur l’île, mentionne-t-il.

L’ONU et les organismes d’aide internationaux n’ont pas encore commencé leurs opérations d’aide sur l’île.

Actuellement, plus de 40 ONG locales fournissent une aide humanitaire aux réfugiés relocalisés.

« Ici, les réfugiés dépendent entièrement de l’aide humanitaire, car il n’y a pas d’autre source d’aide sur l’île », indique Saiful Islam Chowdhury, directeur général de Pulse Bangladesh Society, à Arab News.

« Nous avons évalué les besoins de chacune des familles et fourni une aide appropriée, afin que toutes puissent profiter du festival », ajoute-t-il.

 

Ce texte est la traduction d’un texte paru sur arabnews.com


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.