L'image de Gates ternie par des révélations de relation extraconjugale

Dans cette photo d'archive prise le 21 avril 2018, le coprésident de la Fondation Bill & Melinda Gates, Bill Gates, prend part à la discussion «Construire le capital humain: un projet pour le monde», organisée à Washington dans le cadre de réunions FMI/Banque mondiale. (Photo, AFP)
Dans cette photo d'archive prise le 21 avril 2018, le coprésident de la Fondation Bill & Melinda Gates, Bill Gates, prend part à la discussion «Construire le capital humain: un projet pour le monde», organisée à Washington dans le cadre de réunions FMI/Banque mondiale. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 18 mai 2021

L'image de Gates ternie par des révélations de relation extraconjugale

  • En vingt ans, la Fondation qu'il a créée avec sa femme est devenue l'organisation caritative privée la plus puissante au monde
  • Mais depuis 15 jours, les langues se délient et les révélations dépeignent un homme d'affaires avec des zones d'ombre

WASHINGTON: Liaisons extraconjugales et accusations de comportement inapproprié, l'ex-patron de Microsoft Bill Gates voit son image ternie par des révélations consécutives à son divorce.

Lorsqu'il annonce la fin de son mariage le 3 mai après 27 ans de vie commune avec Melinda, Bill Gates est une légende de l'informatique et un philanthrope de tout premier plan.

En vingt ans, la Fondation qu'il a créée avec sa femme est devenue l'organisation caritative privée la plus puissante au monde, ayant financé divers projets pour un total de 53,8 milliards de dollars.

À 65 ans, Bill Gates, à l'allure réservée, apparaît alors comme un homme très respecté.

Mais depuis 15 jours, les langues se délient et les révélations dépeignent un homme d'affaires avec des zones d'ombre.

Dimanche, le quotidien d'affaires Wall Street Journal a ainsi dévoilé que le départ définitif de Bill Gates de Microsoft, en mars 2020, serait en fait lié à une relation jugée «inappropriée» avec une employée au début des années 2000.

Dans une version officielle, Bill Gates, qui avait fondé Microsoft en 1975, avait quitté le conseil d'administration du groupe en 2020 pour se consacrer pleinement à sa fondation. Il n'était déjà plus directeur général depuis 2000.

Un porte-parole de Microsoft a confirmé à l'AFP que le groupe avait été saisi fin 2019 du fait que «Bill Gates a cherché à établir une relation intime avec une employée de l'entreprise en 2000», une ingénieure. 

«Un comité du conseil d'administration a examiné le problème, aidé par un cabinet d'avocats externe, pour mener une enquête approfondie», a-t-il ajouté.

L'ingénieure avait affirmé, dans une lettre, avoir entretenu une relation à caractère sexuel avec Bill Gates «pendant des années», détaille le WSJ, précisant que l'abandon des fonctions d'administrateur et le départ définitif du groupe avait eu lieu avant la fin de cette enquête.

Une autre porte-parole a toutefois maintenu auprès du WSJ que Bill Gates avait quitté Microsoft pour s'investir «à plein temps» dans sa Fondation.

Le quotidien financier affirme que les membres du conseil d'administration s'étaient par ailleurs enquis des liens entre M. Gates et le financier Jeffrey Epstein, inculpé d'abus sexuels sur des dizaines de mineures dans ses luxueuses résidences avant d'être retrouvé pendu dans sa cellule en août 2019.

 

«Comportement douteux»

La défense de Bill Gates a assuré qu'il s'agissait alors de relations dans le cadre de ses affaires philanthropiques qu'il avait «regrettées», souligne le quotidien.

Au-delà de cette affaire extra-conjugale et des soirées passées avec M. Epstein, le New York Times a publié lundi un long article reposant sur des témoignages de personnes sous couvert d'anonymat qui laissent entendre que «bien avant le divorce, Bill Gates était réputé pour son comportement douteux».

Le quotidien américain affirme que Bill Gates a contribué à étouffer une affaire de harcèlement sexuel dont son gestionnaire de portefeuilles Michael Larson se serait rendu coupable.

Selon deux personnes informées de ce dossier, Melinda Gates aurait d'ailleurs exprimé son désaccord en 2018 sur la manière dont ce dossier avait été géré par son mari, qui avait permis à M. Larson de rester en poste moyennant une transaction financière avec la victime présumée.

Le New York Times affirme aussi que «M. Gates poursuivait à l'occasion des femmes au bureau».

En 2006, par exemple, il aurait assisté à une présentation d'une employée de Microsoft. «M. Gates, qui était à l'époque président de la société, a quitté la réunion et a immédiatement envoyé un e-mail à la femme pour l'inviter à dîner, selon deux personnes proches de l'échange», indique le NYT.

Selon six employés actuels et anciens de Microsoft, la fondation et la société gérant la fortune des Gates ont déclaré que ces incidents, et d'autres plus récents, «ont parfois créé un environnement de travail inconfortable». 

Le NYT souligne néanmoins que «s'ils désapprouvaient le comportement de M. Gates, certains employés ne le considéraient pas comme un prédateur».

Pour Alicia Walker, professeur en sociologie à l'Université du Missouri, ces révélations ne devraient pas avoir un impact durable sur l'image de Bill Gates. 

Car si les Américains désapprouvent l'infidélité, «les gens ont tendance à négliger l'infidélité des hommes. C'est particulièrement le cas pour les hommes riches et puissants», a-t-elle commenté, renvoyant à l'infidélité de Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon. 


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.