Vaccins: l'UE proposera à l'OMC une alternative à la levée des brevets

Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, s'adresse au Parlement européen à Bruxelles le 19 mai 2021 / AFP
Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, s'adresse au Parlement européen à Bruxelles le 19 mai 2021 / AFP
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Publié le Mercredi 19 mai 2021

Vaccins: l'UE proposera à l'OMC une alternative à la levée des brevets

  • La Commission soumettra «bientôt» à l'OMC une «proposition» pour «faciliter les échanges et mettre de l'ordre dans les restrictions d'exportation» des pays producteurs
  • Concernant une levée indiscriminée des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins, encouragée par les Etats-Unis, les Vingt-Sept ont déjà exprimé leur scepticisme

BRUXELLES : L'UE sera "constructive" à l'OMC pour évaluer une levée des brevets de vaccins anti-Covid, voulue par Washington, mais proposera d'abord des mesures permettant d'augmenter rapidement la production, a affirmé mercredi la Commission européenne, avant un débat où les eurodéputés ont affiché leurs divisions.

"Accélérer la production et partager les vaccins fabriqués plus largement et plus rapidement à un coût accessible, c'est la seule solution efficace pour combattre cette pandémie partout", a déclaré le vice-président de l'exécutif européen, Valdis Dombrovskis.

La Commission soumettra "bientôt" à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) une "proposition" pour "faciliter les échanges et mettre de l'ordre dans les restrictions d'exportation" des pays producteurs, a-t-il dit au Parlement européen, dans une pique contre les Etats-Unis --grand producteur de vaccins n'ayant exporté pratiquement aucune dose.

L'UE proposera d'"étendre la production, en obtenant des garanties des laboratoires" et "de clarifier et faciliter les flexibilités" des règles régissant la propriété intellectuelle pour permettre des "licences obligatoires" -- octroyées par une autorité nationale, encadrées et assorties d'une indemnisation financière pour le détenteur du brevet.

Concernant une levée indiscriminée des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins, encouragée par les Etats-Unis, les Vingt-Sept ont déjà exprimé leur scepticisme, en soulignant la longueur des transferts de savoir-faire industriel.

"L'UE est prête à s'engager de manière constructive pour regarder à quel point ces propositions (d'une levée des brevets) contribueraient aux objectifs" d'augmentation de l'offre, a cependant commenté M. Dombrovskis.

La nouvelle directrice générale de l'OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, était mercredi à Bruxelles. "Nous allons travailler ensemble pour trouver des solutions pragmatiques et efficaces", a annoncé sur Twitter la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, après l'avoir reçue.

De leur côté, les eurodéputés ont exprimé des avis contrastés.

"La proposition (du président américain Joe) Biden n'apporte pas de réponse en temps utile, immédiatement, car la levée des brevets est un processus long et complexe, qui suppose la formation d'ingénieurs, l'installation de chaînes de montages...", a taclé Dacian Ciolos (Renew, libéraux).

"Les licences obligatoires peuvent être un moyen seulement si cela se fait par coopération. Si un chef cuisinier français publie ses recettes sur internet, cela ne transformera pas tous les internautes en chefs", a abondé Peter Liese (PPE, droite).

Son collègue Geoffroy Didier a jugé l'idée américaine "hypocrite, illusoire et contre-productive". "Il n'y a rien de plus égoïste que d'apparaître généreux lorsqu'on s'est servi en premier", a-t-il critiqué.

A l'inverse, S&D (sociaux-démocrates), Verts et GUE/NGL (gauche radicale) ont appelé Bruxelles à soutenir l'initiative de Washington à l'OMC.

"L'idée de maintenir les monopoles de laboratoires pendant la pandémie résulte inévitablement en des millions de morts qui auraient pu être évitées", a affirmé Iratxe Garcia Perez (S&D), arguant du précédant des traitements contre le VIH.


Afghanistan: les talibans lancent un programme contre le chômage et la faim

Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse dans la capitale (Photo, AFP)
Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse dans la capitale (Photo, AFP)
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  • Le programme, qui fournira des emplois à 40 000 hommes à Kaboul, doit également démarrer dans plusieurs autres villes
  • L'Afghanistan, ravagé par la pauvreté et la sécheresse, son économie en lambeaux, s'apprête à affronter un rude hiver, alors que peu de familles sont équipées pour y faire face

KABOUL: Le gouvernement taliban au pouvoir en Afghanistan a lancé dimanche un programme d'aide consistant à donner du blé en échange de travaux à des dizaines de milliers d'hommes pour lutter contre la faim à travers le pays.  
Le programme, qui fournira des emplois à 40 000 hommes à Kaboul, doit également démarrer dans plusieurs autres villes, a indiqué Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse dans la capitale.  
« C'est une étape importante dans la lutte contre le chômage », a-t-il déclaré, précisant que les participants devront « travailler dur ».  
Le programme doit durer deux mois, avec 11 600 tonnes de blé distribuées comme salaires dans la capitale et 55 000 dans d'autres grandes villes du pays comme Herat, Jalalabad ou Kandahar.  
A Kaboul, les participants devront par exemple creuser des canaux et des tranchées pour récupérer l'eau et la neige afin de lutter contre le manque d'eau. 
M. Mujahid et d'autres responsables, dont le ministre de l'Agriculture, Abdul Rahman Rashid, et le maire de Kaboul Hamdullah Numani, ont coupé un ruban rose et creusé un petit fossé lors d'une cérémonie d'inauguration à Rish Khor, une zone rurale de la capitale. 
L'Afghanistan, ravagé par la pauvreté et la sécheresse, son économie en lambeaux, s'apprête à affronter un rude hiver, alors que peu de familles sont équipées pour y faire face. 


Frappe aérienne éthiopienne dans l'ouest du Tigré, annonce le gouvernement

Des soldats des Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) marchent après avoir terminé leur entraînement sur le terrain de Dabat, à 70 kilomètres au nord-est de la ville de Gondar, en Éthiopie, le 14 septembre 2021. (Photo, AFP)
Des soldats des Forces de défense nationale éthiopiennes (ENDF) marchent après avoir terminé leur entraînement sur le terrain de Dabat, à 70 kilomètres au nord-est de la ville de Gondar, en Éthiopie, le 14 septembre 2021. (Photo, AFP)
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  • Il s'agit du septième bombardement aérien de l'armée fédérale sur le Tigré depuis le début de la semaine
  • Deux d'entre eux avaient touché lundi la capitale de la région, Mekele, une première depuis le début du conflit

 ADDIS ABEBA: L'aviation éthiopienne a lancé dimanche une nouvelle frappe au Tigré, cette fois dans l'ouest de cette région septentrionale en guerre, a annoncé une porte-parole du gouvernement.

"Aujourd'hui le front ouest (de Mai Tsebri) qui servait de centre d'entraînement et de poste de commandement au groupe terroriste TPLF a été visé par une frappe aérienne", a déclaré cette porte-parole, Selamawit Kassa, en référence au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Il s'agit du septième bombardement aérien de l'armée fédérale sur le Tigré depuis le début de la semaine. Deux d'entre eux avaient touché lundi la capitale de la région, Mekele, une première depuis le début du conflit il y a près d'un an, causant la mort de trois enfants et faisant plusieurs blessés, selon l'ONU.

Trois autres frappes ont touché la capitale régionale et une autre une cible à environ 80 km à l'ouest de la ville.

Une frappe sur Mekele vendredi a fait onze blessés et contraint un vol d'aide de l'ONU à rebrousser chemin vers Addis Abeba, selon des médecins et des sources humanitaires. L'ONU a dans la foulée décidé de suspendre ses deux vols par semaine vers le Tigré pour ses personnels humanitaires.

Après des mois de tensions, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale dans la région le 4 novembre 2020 pour en chasser les autorités régionales dissidentes issues du TPLF, qui a exercé le pouvoir en Ethiopie jusqu'en 2018.

Les forces fédérales avaient rapidement pris le contrôle de la majeure partie de la région, dont Mekele, tombée entre leurs mains fin novembre 2020.

Mais en juin, le TPLF a repris l'essentiel du Tigré puis a poursuivi son offensive dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar. L'intensification des combats a accentué une crise humanitaire qui frappe des centaines de milliers de personnes. 


Mali: l'ONU rencontre des acteurs de la transition pour un retour à un pouvoir civil

L'ambassadrice américaine, Linda Thomas-Greenfield. (Photo, AFP)
L'ambassadrice américaine, Linda Thomas-Greenfield. (Photo, AFP)
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  • La délégation codirigée par l'ambassadeur du Niger aux Nations unies, Abdou Abarry, et son homologue français Nicolas de Rivière, comprend notamment l'ambassadrice américaine, Linda Thomas-Greenfield
  • Elle a rencontré dimanche des représentants d'agences de l'ONU dans un hôtel de Bamako

BAMAKO: La délégation du Conseil de sécurité de l'ONU en visite au Mali rencontrait dimanche des acteurs de la transition vers un retour au pouvoir civil, après deux putschs en neuf mois dans ce pays en proie aux violences djihadistes et intercommunautaires.

Les autorités de transition maliennes affichent ouvertement leur volonté de reporter les élections présidentielle et législatives prévues le 27 février, dont la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) exige la tenue à la date fixée.

La délégation codirigée par l'ambassadeur du Niger aux Nations unies, Abdou Abarry, et son homologue français Nicolas de Rivière, comprend notamment l'ambassadrice américaine, Linda Thomas-Greenfield.

Elle a rencontré dimanche des représentants d'agences de l'ONU dans un hôtel de Bamako, sous surveillance sécuritaire renforcée, puis des représentants de la société civile, a constaté un journaliste de l'AFP.

Après des entretiens avec les représentants de groupes armés signataires d'un accord de paix conclu en 2015 sous médiation algérienne, elle devait être reçue par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga et le président de transition, le colonel Assimi Goïta.

"Nous sommes ici pour écouter les autorités de la transition et déterminer la meilleure manière de les soutenir dans leurs efforts pour réaliser cette transition", a déclaré samedi soir à la presse l'ambassadeur kényan, Martin Kimani, dont le pays assure la présidence du Conseil de sécurité.

"Nous sommes aussi venus avec un message clair sur la nécessité d'organiser les élections, d'appliquer l'accord de paix et de stabiliser le centre du Mali", principal foyer de violences, a-t-il ajouté.

Les ambassadeurs du Conseil de sécurité vont "dans la région soutenir les organisations régionales comme la Cédéao, insister sur le respect des délais électoraux et, si ce n'est pas possible, avoir au moins un calendrier réaliste", a expliqué un diplomate à l'ONU avant la visite.

Environ un millier de femmes membres de partis politiques opposés à une prorogation de la transition ont manifesté samedi à Bamako, selon un journaliste de l'AFP.

Après le Mali, la délégation du Conseil de sécurité se rendra dimanche au Niger voisin.