Deux journalistes français bientôt jugés pour «chantage» sur le roi du Maroc

Le roi du Maroc Mohammed VI. (Photo, AFP)
Le roi du Maroc Mohammed VI. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 20 mai 2021

Deux journalistes français bientôt jugés pour «chantage» sur le roi du Maroc

  • Eric Laurent et Catherine Graciet avaient été interpellés juste après avoir scellé une transaction de deux millions d'euros avec un émissaire du roi
  • Les journalistes français menaçaient de publier des révélations embarrassantes sur la monarchie marocaine

PARIS : Ils avaient été interpellés juste après avoir scellé une transaction de deux millions d'euros pour ne pas publier des révélations embarrassantes sur la monarchie du Maroc : les journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet seront jugés à Paris en correctionnelle pour « chantage » sur le roi Mohammed VI.

Près de six ans après le début de l'affaire, des juges d'instruction parisiens ont ordonné un procès pour « chantage » pour les deux journalistes, auteurs en 2012 d'un précédent ouvrage sur le monarque chérifien, « Le roi prédateur ».

Les magistrats ont en revanche abandonné les poursuites pour « extorsion de fonds par menace », selon leur ordonnance de 11 pages datée du 2 février, consultée par l'AFP.

Cette rocambolesque affaire avait éclaté à l'été 2015. Eric Laurent et Catherine Graciet avaient signé quelques mois auparavant un second contrat d'édition avec Le Seuil, ayant de nouveau pour sujet la famille royale du Maroc.

Le 23 juillet, Eric Laurent contactait le secrétariat particulier du roi du Maroc en vue d'obtenir un rendez-vous, finalement organisé le 11 août avec un émissaire de la monarchie, l'avocat marocain Hicham Naciri.

Lors de cette rencontre, M. Laurent, ancien reporter de Radio France et du Figaro Magazine, annonçait la publication prochaine d'un second ouvrage sur Mohammed VI, contenant des informations potentiellement embarrassantes pour la monarchie.

Mais les versions divergent ensuite : selon le journaliste, c'est l'émissaire qui lui a proposé un accord financier en vue de la non-publication de l'ouvrage. 

Le Royaume, défendu au cours de la procédure par Eric Dupond-Moretti, aujourd'hui ministre de la Justice, assure que la proposition émanait du journaliste, qui réclamait trois millions d'euros.

Le 20 août, le Maroc déposait plainte à Paris et une enquête était ouverte.

Deux autres rencontres suivaient, le 21 et le 27 août, au cours desquelles la somme négociée était ramenée à deux millions d'euros.

Absente lors des précédentes entrevues, Catherine Graciet s'était présentée le 27 août avec Eric Laurent au rendez-vous. Elle avait alors confirmé à Me Naciri soutenir la démarche de son confrère.

« Même longueur d'ondes »  

« Je suis d'accord avec les modalités qu'Eric a énoncées. Y a pas de soucis avec ça, nous sommes sur la même longueur d'onde", avait-elle affirmé à son interlocuteur, selon la retranscription de l'enregistrement audio de cet entretien.

Les deux journalistes s'étaient vus ensuite remettre deux enveloppes renfermant chacune 40 000 euros en coupures, le tout sous la surveillance discrète de la police, qui les avait interpellés alors qu'ils quittaient les lieux.

L'émissaire du roi avait enregistré en cachette chacune des rencontres, avant d'en remettre une copie aux enquêteurs.

Ces enregistrements clandestins, jugés comme étant « illégaux » par la défense des deux journalistes car réalisés alors même qu'une enquête avait été ouverte, ont été au cœur d'une bataille procédurale durant l'enquête. La Cour de cassation a finalement débouté les deux journalistes en novembre 2017.

Dans leur ordonnance, les juges estiment qu' « en termes voilés, déguisés sous des réticences, Eric Laurent (...) a menacé Mohammed VI, la famille royale et le Royaume du Maroc de révéler des informations de nature à porter gravement atteinte à la réputation de la famille royale et à déstabiliser le régime en place, pour obtenir le versement (...) d'une somme d'argent disproportionnée et injustifiée ». 

« Comme trop souvent l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel est un copier-coller du réquisitoire », ont réagi Me William Bourdon et Me Bertrand Repolt, avocats de M. Laurent. « Depuis l'origine, une mécanique judiciaire s'est mise en route avec tapage et orchestration, sans aucun fondement factuel. Eric Laurent devra être relaxé du chef de chantage », ont-ils ajouté.

« Mme Graciet se réjouit de pouvoir enfin s'expliquer devant un tribunal après une instruction n'ayant démontré aucune participation directe de ma cliente au moindre chantage », a déclaré de son côté Me Eric Moutet, fustigeant une « démonstration lapidaire et laborieuse soutenue par des éléments indirects et très fragiles ».

Me Antoine Vey, avocat du Royaume avec Me Ralph Boussier, s'est félicité de la décision des magistrats qui « démontre un comportement extrêmement préoccupant qu'il reviendra au tribunal de qualifier ».

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.