L'Italie remporte l'Eurovision 2021 avec un titre rock and roll

L'Italien Maneskin se produit lors de la finale de la 65e édition du Concours Eurovision de la chanson 2021, au centre des congrès Ahoy de Rotterdam, le 22 mai 2021 / AFP
L'Italien Maneskin se produit lors de la finale de la 65e édition du Concours Eurovision de la chanson 2021, au centre des congrès Ahoy de Rotterdam, le 22 mai 2021 / AFP
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Publié le Dimanche 23 mai 2021

L'Italie remporte l'Eurovision 2021 avec un titre rock and roll

  • Des milliers de fans, emblématiques de ce concours haut en couleur, agitant traditionnellement des drapeaux de pays devant les caméras de télévision, étaient privés du déplacement à cause des restrictions de voyage liées au Covid-19
  • C'est la troisième victoire de l'Italie dans ce concours d'ordinaire peu prisé des artistes revendiquant les influences des «rock bands» aux origines

ROTTERDAM : "Le rock and roll ne meurt jamais" : l'Italie, qui caracolait en tête des favoris, a remporté le concours musical Eurovision 2021, devant la France et la Suisse, grâce à la performance puissante des rockeurs du groupe Måneskin.

L'Eurovision était de retour devant un public restreint à Rotterdam, aux Pays-Bas, après avoir été annulé pour la première fois de son histoire l'an dernier à cause de la pandémie.

Avec son titre "Voilà", Barbara Pravi n'a pas réussi à mettre fin à 44 ans de disette côté français. Elle échoue de justesse à la deuxième place, suivie par la Suisse.

Vêtus de cuir et bouillonnant d'énergie, les Italiens ont ravi la victoire à l'issue d'un show garni de paillettes et d'extravagance, à l'issue pleine de suspense.

"Nous voulons juste dire à toute l'Europe, au monde entier, que le rock and roll ne meurt jamais", a lâché Damiano David, le chanteur du groupe italien, au moment de recevoir le trophée.

Les conditions sanitaires ont forcé l'événement, suivi chaque année par plusieurs millions de téléspectateurs, à se réinventer après son annulation en 2020. 

"Nous pensons que tout l'événement a été un soulagement" pour les Européens après une année placée sous le signe de la pandémie, a déclaré le groupe italien lors d'une conférence de presse après la victoire.

"Nous sommes vraiment reconnaissants d'avoir eu la chance de faire partie de cet énorme événement. C'était vraiment incroyable", a-t-il ajouté.

Des milliers de fans, emblématiques de ce concours haut en couleur, agitant traditionnellement des drapeaux de pays devant les caméras de télévision, étaient privés du déplacement à cause des restrictions de voyage liées au Covid-19.

Quelque 3.500 spectateurs, testés au préalable, ont été autorisés à assister aux demi-finales, à la finale et aux six répétitions générales. Cela représente 20% de la capacité de la salle de spectacle Ahoy Arena de Rotterdam.

«Rock bands»

Le groupe Måneskin, composé d'une fille et de trois garçons, nés avec le siècle et biberonnés aux rifs saturés du rock, professe de faire du neuf avec du vieux.

C'est la troisième victoire de l'Italie dans ce concours d'ordinaire peu prisé des artistes revendiquant les influences des "rock bands" aux origines.

Måneskin signifie "Clair de lune" en danois, langue maternelle de la bassiste du groupe, Victoria De Angelis.

Le titre qu'ils présentaient au concours de l'Eurovision, "Zitti e buoni", leur a permis de remporter en 2021 le grand prix de la 71è édition du festival de la chanson de San Remo.

Entre Noir Désir, Nirvana et Placebo, la formation aux influences pop, reggae et funk a été fondée en 2016 à Rome par De Angelis, Damiano David (chant), Thomas Raggi (guitare) et Ethan Torchio (batterie), alors tous encore adolescents.

"Notre groupe est une translation de la musique du passé dans la modernité. Il y a tant de groupes, mais peu qui restent. Comme inspirations esthétiques, nous avons à l'esprit les Rolling Stones, les Doors", confiait en 2017 Damiano David au magazine "Diva e Donna".

Ils accèdent à la notoriété en participant en 2017 à l'émission X Factor avec un titre inédit, "Chosen", qui leur permet de signer leur premier contrat professionnel avec Sony. L'EP homonyme est double disque de platine.

Ils sortent ensuite plusieurs singles remarqués, "Morirò da re" (2018), "Fear for Nobody" (2019) "Vent'anni" (2020), ainsi que deux albums, "Il ballo della vita" (2018) et "Teatro d'ira  vol. I" (2021).

En 2018, le single "Torna a casa" devient quintuple disque de platine et comptabilise près de 110 millions de vues sur YouTube.

«Bulle spéciale»

Pendant toute la compétition, les candidats à l'Eurovision ont été enfermés dans une "bulle spéciale" et testés quotidiennement.

Malgré cela, des cas de Covid-19 ont été signalés parmi plusieurs délégations, dont celle de l'Islande, qui a été contrainte de rester à l'hôtel et participer grâce à des vidéos enregistrées.

Le lauréat de la précédente édition a aussi été privé du show. Le Néerlandais Duncan Laurence devait chanter sa ballade victorieuse "Arcade" sur scène pendant la finale, mais un test positif au Covid-19 l'en a privé.

Fidèle à la tradition, l'édition 2021 comportait aussi son lot de chansons détonnantes interprétées par des personnages extravagants, des artistes représentant une minorité ou désireux de transmettre un message au public.

La chanson chypriote racontait l'histoire d'une femme tombant amoureuse du diable, tandis que le titre féministe de la chanteuse russe d'origine tadjike Manija a été fustigé par des conservateurs en Russie. 


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.