A Paris les restaurateurs s'arrangent un peu avec les règles pour rouvrir

La réouverture est très encadrée afin de garantir la sécurité mais aussi la cohabitation avec le voisinage, mais les règles pas toujours respectées. (Photo, AFP)
La réouverture est très encadrée afin de garantir la sécurité mais aussi la cohabitation avec le voisinage, mais les règles pas toujours respectées. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 23 mai 2021

A Paris les restaurateurs s'arrangent un peu avec les règles pour rouvrir

  • A partir du 1er juillet, les terrasses éphémères seront soumises à une demande d'autorisation en vertu d'une nouvelle charte municipale
  • «J'ai 25 employés et une perte de deux millions d'euros sur l'année. On veut juste travailler aujourd'hui, donc on dialogue sans opposition»

PARIS: "Trottoir trop réduit par les tables, trop de personnes regroupées": dans le quartier animé d'Oberkampf à Paris, les violations, mineures ou plus graves, aux règles des terrasses éphémères apparaissent à tous les coins de rue, mais lors d'une visite samedi après-midi, la médiatrice de la ville a préféré ne pas sanctionner.

Le gérant d'un bar restaurant épinglé, la Place Verte, concède quelques manquements. "On essaie de faire au mieux avec intelligence", "mais je ne peux pas non plus demander à tous mes clients s'ils ont fait un PCR", ironise-t-il après le passage des agents de sécurité et de médiation de la Ville de Paris, qu'a accompagnés quelques heures une journaliste.

"J'ai 25 employés et une perte de deux millions d'euros sur l'année. On veut juste travailler aujourd'hui, donc on dialogue sans opposition", explique le patron affairé derrière son bar pour servir la vingtaine de clients en terrasse.

Il lui est reproché une table de huit personnes: "on les a séparées en deux tables de quatre et écartées", poursuit-il. Les averses glaçantes ont aussi poussé les clients sous le auvent, où ils se retrouvent un peu trop serrés.

Mais "ce n'est pas naturel pour un barman de faire la police", défend le président du syndicat patronal des indépendants de l'hôtellerie restauration, Pascal Mousset, invité à cette tournée de la brigade. "C'est parfois compliqué de faire partir les gens à 21h".

«Déjà cool d'être ouvert»

Pas plus de six par table, gestes barrière, jauge à 50% de la capacité originale des restaurants, fermeture 21h pour l'instant, une terrasse installée sur des places de parking ou sur le trottoir en laissant un passage pour les piétons et un système d'évacuation si le caniveau est bouché, mais sans toit, ni fixation au sol et ne dépassant pas 1m30 de haut...

La réouverture est très encadrée afin de garantir la sécurité mais aussi la cohabitation avec le voisinage, mais les règles pas toujours respectées.

"On reste dans de l'éphémère et on garde une vision de la rue", rappelle Olivia Polski, adjointe à la maire de Paris en charge du commerce. D'ailleurs son oeil de lynx a repéré que la terrasse où Emmanuel Macron a pris son café mercredi ne semblait pas aux normes, à cause d'une paroi extérieure visiblement trop haute…

A la Mercerie, un autre bar de la rue Oberkampf, "c'est déjà cool d'être ouvert donc on accepte les règles et on fait attention", sourit l'un des serveurs, Ben, adossé au mur en attendant les rares clients qui ont bravé le mauvais temps pour s'offrir quelques bières à l'abri de ses parasols.

Plus de réglementation à venir

"Aujourd'hui on ne fait que de la pédagogie et de la prévention", telle est la consigne donnée aux agents. Rappeler les règles pour éviter les plaintes du voisinage, avant une verbalisation qui n'est pas encore d'actualité. 

Mais cela ne saurait tarder. Adel Djaali, le patron du 31 Street Burgers, a reçu samedi son deuxième avertissement concernant ses tables qui empiètent trop sur le trottoir, déjà étroit.

Au premier déconfinement, les agents l'avaient autorisé à s'étaler devant son fast-food et même à mettre quelques tables sur le trottoir d'en face. Cette fois-ci il va falloir retirer des couverts sous peine d'une amende de 500 euros, voire une fermeture administrative.

Pire pour lui, à partir du 1er juillet, les terrasses éphémères seront soumises à une demande d'autorisation en vertu d'une nouvelle charte municipale. Adel Djaali semble désoeuvré: "c'est sûr qu'on va me refuser la terrasse, le trottoir est trop étroit, je ne sais pas comment je vais faire". 

Seul espoir, que les salles intérieures rouvrent, comme c'est prévu le 9 juin selon le calendrier gouvernemental, mais pour cela "il faut que tout le monde joue le jeu", estime Pascal Mousset, "sinon on n'ouvrira jamais et c'est toute la profession qui sera pénalisée".

Quant au "jeu" du couvre-feu, les agents de la ville ont un autre défi, la nuit venue: imposer aux restaurants de fermer à 21 heures, certains établissements de la capitale traînant visiblement depuis mercredi soir à fermer leurs portes à l'heure.


France: le projet de loi de « réparation » envers les « harkis » débattu au Sénat

La sous-ministre française de la Défense Geneviève Darrieussecq salue un enfant debout avec des vétérans Harki lors d'une cérémonie aux Invalides le 25 septembre 2018 à Paris.(AFP)
La sous-ministre française de la Défense Geneviève Darrieussecq salue un enfant debout avec des vétérans Harki lors d'une cérémonie aux Invalides le 25 septembre 2018 à Paris.(AFP)
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  • Une cinquantaine d'amendements seront examinés dans l'hémicycle
  • Jusqu'à 200.000 harkis avaient été recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant le conflit

PARIS : Le Sénat français débute mardi l'examen en première lecture du projet de loi visant à demander "pardon" et tenter de "réparer" les préjudices subis par les harkis et leurs familles, un texte jugé "insuffisant" par la majorité des sénateurs.

Près de soixante ans après la Guerre d'Algérie (1954-1962, près de 500.000 morts), il se veut la traduction législative d'un discours du président français Emmanuel Macron, qui, le 20 septembre, avait demandé "pardon" à ces Algériens ayant combattu aux côtés de l'armée française, mais qui furent "abandonnés" par la France.

"La Nation exprime la reconnaissance envers les harkis, les moghaznis et les personnels des diverses formations supplétives (...) qui ont servi la France en Algérie et qu'elle a abandonnés", stipule le projet de loi, auquel l'Assemblée nationale a donné un premier feu vert le 18 novembre.

Le texte reconnaît "les conditions indignes de l'accueil" réservé aux 90.000 harkis et à leurs familles, qui ont fui l'Algérie après l'indépendance en 1962. 

Près de la moitié d'entre eux ont été relégués dans des camps et des "hameaux de forestage", directement gérés par l'Etat.

Pour ceux-ci, le projet de loi prévoit "réparation" du préjudice avec, à la clef, une somme forfaitaire tenant compte de la durée du séjour dans ces structures. Le nombre de bénéficiaires potentiels est estimé par le gouvernement à 50.000, pour un coût global de 302 millions d'euros sur environ six ans.

En commission, les sénateurs ont précisé le texte pour s'assurer que "certaines prisons reconverties en lieux d'accueil pour rapatriés" puissent être intégrées dans la liste des structures éligibles au mécanisme de réparation.

Mais les critiques se cristallisent sur ceux qui ne sont pas inclus dans le champ de l'indemnisation, les quelque 40.000 rapatriés qui n'ont pas séjourné dans ces structures, mais dans des "cités urbaines", où il n'étaient pas privés de liberté de circulation, mais ont connu des conditions de vie précaires. 

Certains harkis considèrent ainsi, a relevé la rapporteure Marie-Pierre Richer, que le texte "crée une séparation entre ce que l'on appelle +les harkis des villes+ et les +harkis des camps+".

Une cinquantaine d'amendements seront examinés dans l'hémicycle.

Jusqu'à 200.000 harkis avaient été recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant le conflit.

Une journée d'hommage de la nation leur est consacrée chaque 25 septembre, depuis un décret de 2003.

"Je crois qu'il faut prendre ce texte non comme une fin en soi, mais comme une avancée de plus dans la reconnaissance de l'abandon des harkis", a déclaré la rapporteure Marie-Pierre Richer: "une avancée qui, loin d'être +solde de tout compte+, nous permet de poursuivre notre chemin commun, complexe, mais nécessaire, vers la réconciliation nationale et la transmission de la mémoire".


Présidentielle: premier grand meeting de Pécresse le 13 février au Zénith

La candidate Les Républicains (LR) à la présidentielle, Valérie Pécresse (AFP)
La candidate Les Républicains (LR) à la présidentielle, Valérie Pécresse (AFP)
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  • La candidate LR s'était jusqu'à présent limitée à des salles plus petites en raison de l'épidémie de Covid-19
  • Le grand meeting initialement prévu porte de Versailles le 11 décembre, une semaine après son investiture par le congrès de LR, avait dû être annulé en raison de la crise sanitaire

PARIS: Valérie Pécresse tiendra son premier grand meeting de campagne le 13 février au Zénith à Paris, a indiqué son entourage mardi, confirmant une information du Figaro.

La candidate LR s'était jusqu'à présent limitée à des salles plus petites en raison de l'épidémie de Covid-19. 

Le grand meeting initialement prévu porte de Versailles le 11 décembre, une semaine après son investiture par le congrès de LR, avait dû être annulé en raison de la crise sanitaire.

Ce meeting au Zénith lui permettra de développer sa vision de la France et son projet pour la présidentielle, "l'ordre, la concorde et la liberté", selon Le Figaro.


Pour Darmanin, les propos du rappeur Gims sur l'islam ne sont pas «une bonne preuve d'assimilation»

Interprète des titres «Bella» ou «Sapé comme jamais», Gims est arrivé en France à l'âge de deux ans avec ses parents fuyant le Zaïre du président Mobutu Sese Seko. (Photo, AFP)
Interprète des titres «Bella» ou «Sapé comme jamais», Gims est arrivé en France à l'âge de deux ans avec ses parents fuyant le Zaïre du président Mobutu Sese Seko. (Photo, AFP)
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  • La star du rap congolaise, ayant vécu en France presque toute sa vie, avait annoncé redemander la nationalité française qui lui a été refusée
  • «Les services de l'Intérieur vont réétudier évidemment sa demande», a poursuivi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin

PARIS: Gérald Darmanin a laissé mardi peu d'espoir au rappeur Gims d'obtenir la nationalité française, en faisant valoir qu'elle était refusée « de manière générale aux tenants de l'islam rigoriste ». 

La star du rap congolaise, ayant vécu en France presque toute sa vie, avait annoncé redemander la nationalité française qui lui a été refusée. 

« Les services de l'Intérieur vont réétudier évidemment sa demande », a poursuivi le ministre de l'Intérieur sur France Inter. 

Mais, a-t-il enchaîné, « ne pas souhaiter la bonne année parce que ce ne serait pas conforme à ce que font les amis, les copains ou les frères de tel ou tel personnage aussi sacré soit-il, ce n'est pas une bonne preuve d'assimilation à la société française ». 

Le rappeur a présenté ses excuses dimanche dans le Journal du Dimanche pour une vidéo le 1er janvier où il appelait les musulmans à ne pas fêter la nouvelle année.  

« Cette vidéo, je la regrette totalement (...) Je ne voulais pas blesser les gens. La foi, ça relève de l'intime », a-t-il affirmé. 

Interprète des titres « Bella » ou « Sapé comme jamais », le chanteur est arrivé en France à l'âge de deux ans avec ses parents fuyant le Zaïre du président Mobutu Sese Seko.  

« Il me manque ‘le papier officiel’. Mais ça, ça ne dépend pas que de moi. Apparemment le refus est lié à un délit que j'aurais commis quand j'étais mineur. Mais mon casier est vierge », détaille le rappeur. 

Le quotidien Le Parisien, qui a publié une enquête sur Gims, présente toutefois une autre version. 

Sa première demande de naturalisation est déposée en 2013, mais « la procédure s'enlise ». Selon « un ancien ministre de l'Intérieur » interrogé par le journal, le refus finalement essuyé en 2017 est dû à « des défauts de paiement d'amendes pour des délits routiers et son incapacité à établir en France le centre de ses intérêts matériels », le chanteur résidant une bonne partie de l'année à Marrakech (Maroc). 

Gims aurait relancé sa demande en 2018, évoquant le sujet auprès de l'épouse du président Brigitte Macron, sans plus de succès, d'après Le Parisien.