Ceuta: l'Espagne appelle le Maroc au respect des frontières

Environ un millier de migrants mineurs se trouvaient par ailleurs encore lundi dans l'enclave espagnole de Ceuta, selon les autorités espagnoles. (Photo, AFP)
Environ un millier de migrants mineurs se trouvaient par ailleurs encore lundi dans l'enclave espagnole de Ceuta, selon les autorités espagnoles. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 25 mai 2021

Ceuta: l'Espagne appelle le Maroc au respect des frontières

  • La brusque arrivée de ces milliers de migrants dans l'enclave «provoqué une crise sans précédent ces dernières années entre l'Union européenne et le Maroc»
  • «Entre 8 000 et 9 000» migrants, un chiffre sans précédent, étaient entrés en début de semaine dernière à Ceuta

MADRID: L'Espagne a appelé lundi le Maroc à respecter leurs frontières communes après l'entrée la semaine dernière de plus de 8.000 migrants dans l'enclave de Ceuta, dont un millier de mineurs qui s'y trouvent encore selon les autorités.

La brusque arrivée de ces milliers de migrants dans l'enclave, rendue possible par la passivité des contrôles frontaliers côté marocain, a "provoqué une crise sans précédent ces dernières années entre l'Union européenne et le Maroc", a déploré le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors d'un sommet européen à Bruxelles.

"La relation entre l'UE et le Maroc, entre l'Espagne et le Maroc, est stratégique (...) mais elle doit reposer sur deux piliers fondamentaux", a-t-il déclaré dans des propos retransmis par les chaînes espagnoles. 

"Le premier est la confiance et le second est le respect, en l'occurrence, le respect des frontières de l'Europe, des frontières de l'Espagne à Ceuta et Melilla", deux villes espagnoles enclavées sur la côté méditerranéenne du Maroc, selon lui.

"Nous devons toujours rappeler au Maroc qu'il n'a pas de meilleur ou de plus grand allié au sein de l'UE que l'Espagne pour défendre les intérêts stratégiques qui comptent pour lui", a insisté M. Sanchez.

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Affrontements avec la police

La tension reste vive à Ceuta même, où quelque 300 personnes ont manifesté lundi à l'extérieur d'un hôtel où le chef de file du parti d'extrême droite Vox, Santiago Abascal, avait organisé un rassemblement lundi. 

Initialement prévu en ville, le meeting de M. Abascal, connu pour ses prises de positions anti-immigration, avait été annulé par la délégation du gouvernement espagnol à Ceuta, et a finalement eu lieu à l'intérieur de l'hôtel. 

"Ce n'était pas le moment d'envenimer encore la situation" à Ceuta, a justifié la délégation.

Les manifestants ont lancé des pierres, accusant M. Abascal d'être un "provocateur" alors qu'il tentait de quitter l'hôtel par la porte de derrière, provoquant des affrontements avec la police. 

"Plusieurs policiers ont été blessés, deux personnes ont été arrêtées, il y a eu des dégâts causés sur des voitures de police et du mobilier urbain", a indiqué un porte-parole de la délégation.

Environ un millier de migrants mineurs se trouvaient par ailleurs encore lundi dans l'enclave espagnole de Ceuta, selon les autorités espagnoles.

Ces mineurs non accompagnés errent dans les rues ou sont hébergés dans des centres gérés par les autorités locales, qui doivent étudier chaque cas pour décider d'un renvoi vers le Maroc ou d'un maintien en Espagne.

Un porte-parole du ministère espagnol de l'Intérieur a estimé à "autour de mille" le nombre de ces mineurs. Il a rappelé qu'"entre 8 000 et 9 000" migrants, un chiffre sans précédent, étaient entrés en début de semaine dernière à Ceuta.

Pour leur part, les autorités de Ceuta avaient même évoqué le chiffre de 10 000 personnes. La ville a une population d'environ 85 000 habitants.

Quelque 7 500 personnes ont été renvoyées vers le Maroc, a déclaré ce porte-parole de l'Intérieur. Mais il n'a pas précisé combien de mineurs étaient déjà repartis pour le Maroc. Plusieurs ONG ont rappelé que des mineurs ne pouvaient pas être refoulés sans un examen préalable détaillé de leur situation.

Deux migrants étaient morts par noyade en tentant de rallier Ceuta, alors qu'un jeune Marocain qui avait tenté de se pendre vendredi avait été sauvé de justesse.

Par ailleurs, un mineur a subi dimanche une fracture de la jambe, a annoncé la police espagnole dans un communiqué.

Rabat est furieux après Madrid depuis l'arrivée le mois dernier en Espagne, pour y être soigné, du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, ennemi juré du Maroc.

Sur ce sujet, le ministre espagnol de la Justice, Juan Carlos Campo, a estimé lundi lors d'un forum économique que la crise avec le Maroc était en voie de résolution.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.