Bélarus: réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU mercredi

le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York le 21 septembre 2017 / AFP
le Conseil de sécurité des Nations Unies à New York le 21 septembre 2017 / AFP
Short Url
Publié le Mardi 25 mai 2021

Bélarus: réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU mercredi

  • Des diplomates ont jugé peu probable que le Conseil de sécurité de l'ONU puisse s'entendre lors de cette réunion sur une déclaration commune
  • L'isolement international du Bélarus grandissait mardi avec l'entrée en vigueur de restrictions contre son espace aérien, en représailles contre le régime d'Alexandre Loukachenko accusé du détournement d'avion

NATIONS-UNIES: Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mercredi en milieu de journée une réunion informelle d'urgence à huis clos sur le Bélarus, accusé d'avoir détourné dimanche un avion de ligne européen pour arrêter un opposant à bord, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques.

"Nous tiendrons une (réunion) demain" mercredi, a indiqué à l'AFP un diplomate, une information confirmée par deux autres sources diplomatiques. Cette session qui devrait être virtuelle a été demandée par la France, l'Irlande et l'Estonie, ont précisé des diplomates.

Ces deux derniers pays sont membres non permanents actuellement du Conseil de sécurité, la France en étant l'un des cinq membres permanents.

Interrogés par l'AFP, des diplomates ont jugé peu probable que le Conseil de sécurité de l'ONU puisse s'entendre lors de cette réunion sur une déclaration commune. Soutien sans faille du Belarus, la Russie devrait s'y opposer, a prédit l'un d'eux s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Avion détourné: RSF porte plainte contre Loukachenko en Lituanie

L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a annoncé mardi avoir déposé plainte en Lituanie contre le président bélarusse Alexandre Loukachenko pour "détournement à des fins terroristes", suite au déroutement d'un avion de ligne européen et l'arrestation d'un journaliste d'opposition qui se trouvait à  bord.

RSF a porté plainte dans un courrier adressé au bureau du procureur général à Vilnius, dont l'AFP a pu consulter une copie.

L'association de défense de la liberté de la presse, basée en France et présente dans une quinzaine de pays, demande par cette initiative l'ouverture d'"une enquête pénale pour +détournement à des fins terroristes+ contre Alexandre Loukachenko" et toute autre personne qui pourrait être identifiée, a-t-elle précisé dans un communiqué.

Dans cette plainte de six pages, RSF assure que le déroutement du vol Ryanair Athènes-Vilnius "commis par les forces biélorusses" dimanche, a été effectué "à l'instigation directe et évidente d'Alexandre Loukachenko".

Pour l'organisation, la thèse de "l'alerte à la bombe", avancée par Minsk pour justifier le déroutement de l'avion, était une "une fausse alerte, utilisée par le régime bélarusse pour forcer l'avion à atterrir dans le but d'arrêter le journaliste" Roman Protassevitch.

"Nous avons décidé de déposer plainte contre Alexandre Loukachenko lui-même, car il est l'instigateur direct de cet acte de détournement à des fins terroristes, et ce terme n'est pas excessif", a affirmé le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, cité dans le communiqué. 

Le Bélarus, dirigé depuis 1994 par Alexandre Loukachenko, décidé à se maintenir au pouvoir malgré la forte opposition qu'il affronte depuis août 2020, a perdu encore cinq places (158e sur 180) au classement mondial de la liberté de la presse 2021 établi par RSF.

L'isolement international du Bélarus grandissait mardi avec l'entrée en vigueur de restrictions contre son espace aérien, en représailles contre le régime d'Alexandre Loukachenko accusé du détournement d'avion.

Les autorités bélarusses avaient envoyé dimanche des chasseurs dans le ciel afin de "recommander" à un vol commercial de la compagnie irlandaise Ryanair reliant Athènes à Vilnius d'atterrir à Minsk, arguant une alerte à la bombe attribuée au mouvement islamiste palestinien Hamas. 

Mais à l'arrivée, aucune bombe n'avait été trouvée et deux passagers - Roman Protassevitch, un journaliste bélarusse d'opposition âgé de 26 ans et sa compagne russe, Sofia Sapéga - avaient été arrêtés, suscitant une vaste réprobation internationale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

Short Url
  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

Short Url
  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Short Url
  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.