Erdogan qualifie les affirmations du chef mafieux de «complot contre la Turquie»

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’adresse aux membres de son parti, l’AKP, lors d’une réunion au Parlement à Ankara. (Reuters)
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’adresse aux membres de son parti, l’AKP, lors d’une réunion au Parlement à Ankara. (Reuters)
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Publié le Jeudi 27 mai 2021

Erdogan qualifie les affirmations du chef mafieux de «complot contre la Turquie»

  • Le chef mafieux, condamné par la justice turque, Sedat Peker a fait des déclarations fracassantes à l’égard de certaines personnalités du parti au pouvoir, notamment des allégations de corruption, de trafic de drogue et de dissimulation de meurtre
  • Les vidéos diffusées sur YouTube, qui ont suscité des millions de vues, ont amené l’opposition à demander la démission du ministre de l’Intérieur, et les procureurs à enquêter sur les allégations de Peker

ANKARA: Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré mercredi qu’une série d’allégations graves faites contre des membres de son entourage par un patron de la mafia en fuite était un complot contre la Turquie.

Il a juré de neutraliser les gangs criminels.

Dans une série de vidéos publiées sur les réseaux sociaux ces dernières semaines, le chef mafieux Sedat Peker, condamné par la justice turque, a fait des déclarations fracassantes à l’égard de certaines personnalités du parti au pouvoir, notamment des accusations de corruption, de trafic de drogue et de dissimulation de meurtre – rappelant les liens étroits entre de hauts responsables et le monde souterrain. 

Peker, qui résiderait actuellement à Dubaï, n’a jusqu’à présent pas fourni de preuves pour étayer ses accusations. Ces dernières visaient le ministre de l’Intérieur Suleyman Soylu, le fils de l’ancien Premier ministre Binali Yildirim, et un ancien ministre de l’Intérieur condamné ainsi que son fils, législateur du parti au pouvoir d’Erdogan.

Les vidéos diffusées sur YouTube, qui ont suscité des millions de vues, ont amené l’opposition à demander la démission de Soylu, et les procureurs à enquêter sur les allégations de Peker.

Rompant un silence de plusieurs semaines sur cette affaire, Erdogan sort de l’ombre en la décrivant comme une «opération sournoise» visant le pays et son mandat.

«Nous allons dévoiler ces stratagèmes, ces manigances. Personne ne devrait douter que nous déjoueront cette opération sournoise », a déclaré Erdogan, dans une allocution aux membres de son parti au pouvoir.

«Nous poursuivons les membres de gangs criminels partout dans le monde. Nous ne laisserons pas ces criminels en paix tant que nous ne les aurons pas ramenés dans le pays pour y être remis à la justice », a-t-il déclaré.

Dans sa dernière vidéo publiée dimanche, le chef mafieux âgé de 49 ans, qui a déjà été incarcéré sur le territoire turc comme en dehors, a affirmé que le fils de Binali Yildirim, Erkam, s’était rendu au Venezuela pour un repérage d’éventuelles routes de contrebande. L’ex-président du Parlement a fermement nié l’allégation, insistant sur le fait que son fils, qui possède une compagnie maritime, s’était rendu à Caracas dans le cadre d’une mission humanitaire distribuant des kits de test relatifs à la Covid-19 et des masques. 

Dans la vidéo, le malfrat a également affirmé avoir eu une relation étroite avec le ministre de l’Intérieur Soylu, qui lui aurait fourni un détail d’une haute importance et lui aurait demandé de mener une enquête concernant son groupe. Peker a également affirmé que Soylu avait sollicité son aide pour tenter d’assommer de neutraliser un groupe rival au sein du parti au pouvoir, dirigé par le gendre d’Erdogan. Soylu a nié les allégations dans des interviews télévisées et a déposé une plainte au pénal contre Peker. 

Erdogan a déclaré mercredi qu’il soutenait fermement Soylu et Yildirim.

Ahmet Davutoglu, ancien allié d’Erdogan et Premier ministre de 2014 à 2016, aujourd’hui à la tête d’un parti d’opposition, a appelé à une enquête parlementaire sur ces allégations en remettant en question le soutien du président à Soylu.

«Si le président Tayyip Erdogan croit en l’innocence de Soylu, il aurait dû le dire dès le début, et non après vingt-cinq jours», a lancé Davutoglu.

D’autres propos de Peker ont visé l’ancien ministre de l’Intérieur Mehmet Agar et son fils Tolga, un parlementaire du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir. Peker a affirmé que Tolga Agar était impliqué dans la mort suspecte d’une jeune Kazakhe, Yeldana Kaharman,  étudiante en journalisme qui l’avait interviewé la veille et dont la mort avait été maquillée en suicide à la suite d’un prétendu viol. Le député rejette l’accusation.

Dans des accusations continues contre la famille Agar, le chef mafieux a déclaré que Mehmet Agar était à l’origine d’une série de meurtres politiques dans les années 1990. Selon Peker, Mehmet Agar s’était également approprié illégalement une marina de la station balnéaire haut de gamme de Yalikavak en mer Égée appartenant à un homme d’affaires turco-azéri. Agar a rétorqué qu’il avait empêché la marina de tomber entre les mains de gangs criminels.

Les révélations de Peker ont soulevé des inquiétudes quant à la possibilité que perdurent ainsi des liens entre les représentants de l’État et les gangs criminels. Pour beaucoup, ils apparaissent comme un sombre rappel des années 1990, lorsque la Turquie fut secouée par un scandale déclenché par un accident de voiture, dans l’ouest du pays, qui avait tué un chef de la police et un tueur à gages mafieux recherché, et blessé un membre du Parlement turc – tous dans le même véhicule –, révélant des liens louches entre des responsables étatiques et la pègre.

On pense que Peker a fui la Turquie l’année dernière après avoir eu vent d’une opération contre son groupe.

On ne sait pas pourquoi le patron de la mafia – qui a soutenu Erdogan en organisant des rassemblements politiques en sa faveur et en menaçant ses adversaires – s’est retourné contre le gouvernement.

Peker affirme qu’il a été contraint de s’exprimer après que sa femme et ses deux filles auraient été maltraitées lors d’une descente de police à leur domicile.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com

 


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.


Le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz remonte

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer. (AFP)
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  • Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin
  • Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février

LONDRES: Le trafic dans le détroit d’Ormuz a légèrement augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit au Moyen-Orient, après avoir atteint un plus bas en temps de guerre.

Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont traversé cette voie maritime stratégique entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin.

Cela représente une forte hausse par rapport à la semaine précédente, lorsque seulement 19 navires avaient franchi le détroit — le chiffre hebdomadaire le plus bas depuis les premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février.

La télévision d’État iranienne a indiqué vendredi que les Gardiens de la Révolution autorisaient davantage de navires à transiter par le détroit, après avoir rapporté la veille que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à passer.

Malgré cette hausse, les traversées de la semaine dernière restent globalement conformes aux moyennes observées en temps de guerre. Depuis le 1er mars, Kpler a recensé 663 navires de marchandises transitant par le détroit, soit une moyenne de 55 par semaine.

Environ la moitié des pétroliers ayant traversé la semaine dernière transportaient des liquides. Parmi eux figuraient trois superpétroliers, vraisemblablement à destination de la Chine, d’Oman et du Japon.

Les données de Kpler montrent également que 15 vraquiers de matières premières sèches et 16 méthaniers de gaz de pétrole liquéfié (GPL) ont franchi le détroit la semaine dernière. Un seul méthanier de gaz naturel liquéfié transportant du gaz qatari vers le Pakistan a traversé, le 12 mai. Cela porte à huit le nombre total de traversées de méthaniers GNL depuis le début de la guerre.

En temps de paix, le détroit d’Ormuz assure le transit d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de GNL, ainsi que d’autres matières premières majeures, dont les engrais.

L’Iran a répété à plusieurs reprises que le trafic maritime dans ce couloir ne "reviendrait pas à son niveau d’avant-guerre".

Lundi, Téhéran a annoncé la création d’un nouvel organisme chargé de superviser le détroit et de faire payer des droits de passage aux navires, ce que l’Iran aurait commencé à faire dès le début de la guerre.

Des responsables iraniens ont déclaré jeudi que des navires chinois avaient été autorisés à transiter, après un ralentissement constaté la semaine précédente.

Selon Kpler, seuls trois navires de marchandises liés à la Chine par leur pavillon, leur propriétaire ou leur cargaison ont franchi le détroit la semaine dernière. Deux navires battant pavillon de Hong Kong ont également transité et se dirigeaient vers Oman et les Émirats arabes unis.

Les données ne donnent toutefois pas nécessairement une image complète, les navires ne déclarant pas toujours leur destination finale au moment de la traversée.

Depuis le début de la guerre, le trafic dans le détroit dépend de la nationalité, l’Iran ayant indiqué le 10 mai que les pays respectant les sanctions américaines contre la République islamique rencontreraient des difficultés pour traverser.

Depuis le début du conflit, la Chine et l’Inde figurent parmi les destinations ou points de départ non situés dans le Golfe les plus fréquemment signalés pour les navires de marchandises empruntant le détroit.

Parmi les autres destinations hors Golfe mentionnées dans les données de Kpler figurent le Brésil, le Pakistan, la Thaïlande et la Malaisie, tandis que relativement peu de navires déclarent des pays occidentaux comme destination.

Le contrôle exercé par l’Iran sur le détroit d’Ormuz demeure l’un des enjeux centraux des négociations avec les États-Unis, qui n’ont toujours pas débouché.


Les Emirats disent que les drones ayant ciblé la centrale nucléaire provenaient d'Irak

Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak
  • "Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien"

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont déclaré mardi que les drones ayant pris pour cible une centrale nucléaire dimanche provenaient d'Irak, où des groupes soutenus par l'Iran mènent des attaques contre la région du Golfe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Dans le cadre de l'enquête en cours sur l'attaque flagrante contre la centrale nucléaire de Barakah le 17 mai 2026, le suivi et la surveillance techniques ont confirmé que les trois drones (...) provenaient tous du territoire irakien", a affirmé le ministère de la Défense émirati dans un communiqué.