Crise sanitaire: le «quoi qu'il en coûte» difficile à débrancher

Une rue commerçante bondée de Bordeaux le 19 mai 2021, alors que des cafés, des restaurants et d'autres entreprises ont rouvert leurs portes. (Photo, AFP)
Une rue commerçante bondée de Bordeaux le 19 mai 2021, alors que des cafés, des restaurants et d'autres entreprises ont rouvert leurs portes. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 28 mai 2021

Crise sanitaire: le «quoi qu'il en coûte» difficile à débrancher

  • Le projet de loi de finances rectificative comprendra 15,5 milliards d'euros supplémentaires pour financer les aides d'urgence mises en place dans les premières semaines de la crise
  • Conséquence de la prolongation de ces mesures d'aides, le déficit public, annoncé pour l'instant autour de 9% cette année, sera « supérieur » à ce chiffre, a prévenu Bruno Le Maire

PARIS: Avec une reprise seulement progressive de l'activité, le gouvernement est de nouveau contraint de recharger les dispositifs d'aides d'urgence à l'économie, faisant inexorablement grimper le coût de la crise sanitaire même s'il promet la fin prochaine du « quoi qu'il en coûte ».

Le projet de loi de finances rectificative (PLFR), qui sera présenté le 2 juin en conseil des ministres, comprendra 15,5 milliards d'euros supplémentaires pour financer les aides d'urgence mises en place l'an dernier dans les premières semaines de la crise, a annoncé le ministère de l’Économie.

Dans le détail, quelque 6,5 milliards d'euros permettront de financer l'activité partielle, 4 milliards d'euros financeront des exonérations de charges et 3,5 milliards d'euros le fonds de solidarité.

Ajoutés au 7,2 milliards d'euros déjà rallongés début mai, dont 6,7 milliards pour le fonds de solidarité, et aux enveloppes prévues avant cela, au total le gouvernement aura budgété environ 43 milliards d'euros pour ces principaux dispositifs d'urgence pour 2021.

L'an dernier, l’État avait dépensé près de 42 milliards d'euros via la mission d'urgence liée à la crise du Covid-19, selon la Cour des comptes. 

Et c'est sans parler du front strictement sanitaire. La persistance de l'épidémie et la campagne de vaccination devraient aussi finalement engendrer « entre 9 et 10 milliards d'euros » de dépenses de santé, contre 4,3 milliards inscrits dans le budget de la Sécurité sociale, a estimé mercredi son directeur Franck von Lennep.

Mais à Bercy, on reste optimiste: ces aides « doivent traduire notre transition vers un soutien ciblé pour les entreprises ayant connu les plus grandes difficultés », comme celle du secteur du tourisme, a prévenu le ministre délégué aux Comptes publics Olivier Dussopt dans un entretien aux Échos publié jeudi.

« Nous sommes arrivés à ce moment de la sortie du quoi qu'il en coûte, mais nous le faisons progressivement », a assuré jeudi matin sur France Inter le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Car malgré le gonflement des enveloppes, le montant des aides va progressivement se réduire, à mesure que les restrictions sanitaires sont levées et que l'activité reprend en conséquence.

Le fonds de solidarité est notamment censé s'éteindre progressivement à la fin août, sous réserve de la poursuite de l'amélioration de la situation sanitaire.

Le recours au chômage partiel, lui, devrait basculer petit à petit vers le dispositif d'activité partielle de longue durée mis sur pied l'an dernier.

Mais Bruno le Maire reste prudent, promettant « d'ici la fin du mois d'août (...) un point définitif sur la situation du monde économique » pour voir « quelles sont les toutes dernières aides qu'il faudra maintenir ».

Le ministre compte sur le rebond de l'économie grâce au déconfinement pour doper la croissance. Les premiers indicateurs sont de fait encourageants, avec un moral des ménages et une confiance des entreprises qui s'améliorent nettement en mai.

Déficit supérieur à 9%

Conséquence de la prolongation de ces mesures d'aides, le déficit public, annoncé pour l'instant autour de 9% cette année, sera « supérieur » à ce chiffre, a prévenu Bruno Le Maire, et la dette publique atteindra "environ 118% du PIB". D'autant que d'autres dépenses vont aussi intégrer le PLFR.

Celui-ci comprendra une rallonge de 600 millions d'euros pour le fonds de transition dédié à faciliter les besoins de financement des entreprises viables en sortie de crise, le portant ainsi à 3 milliards d'euros. 

Il intègrera également un déplafonnement des montants de report en arrière des déficits fiscaux de 2020 (carry-back), un dispositif comptable qui permet à une entreprise de réduire le montant de son impôt et qui était jusqu'ici plafonné à 1 million d'euros.

Bruno Le Maire détaillera aussi mardi avec le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, la future procédure de restructuration simplifiée des dettes des entreprises.

Ce collectif budgétaire intégrera également des annonces récentes du gouvernement, comme les 700 millions d'euros alloués au maintien des places d'hébergement d'urgence, 300 millions d'euros pour les indemnisations des agriculteurs touchés par le gel, 100 millions d'euros pour le « Pass'Sport » à destination des jeunes.

« Ces nouvelles dépenses seront compensées, dès le PLFR, par de moindres dépenses ailleurs », a toutefois précisé Olivier Dussopt.

 


Mégafeu en Gironde: le feu «toujours stabilisé» avant le retour de la chaleur

La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme. (AFP)
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  • Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles
  • La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi

BORDEAUX: La hausse attendue des températures fait craindre une nouvelle aggravation du mégafeu qui a déjà ravagé 42.000 hectares en Gironde, "toujours stabilisé" mardi matin après une nuit calme.

La nuit a été marquée par la lutte contre plusieurs reprises de feu au nord du Porge et dans la partie nord du Cap-Ferret, mais celles-ci "sont sous contrôle", selon la préfecture, qui souligne que "la surface brûlée n'a pas évolué".

Le département, qui passera en vigilance jaune canicule à midi, surveille températures et vents: Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C dans les terres mardi, accompagnées d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.

Dans un point de situation lundi à 22H30, la préfète a souligné que la journée devrait également être marquée par "une baisse de l'hygrométrie". La situation "reste très imprévisible", a-t-elle alors assuré.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

La Gironde et les Landes, département qui passera également en vigilance jaune canicule mardi midi, s'apprêtent à vivre selon Météo-France une "nouvelle vague de chaleur", avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C mercredi et des vents un peu moins forts mais plus secs.

"On doit tenir" 

"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir", a lancé lundi le président de la République, Emmanuel Macron, dans la salle de crise du centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis). "On reste unis et on se bat pour gagner la bataille partout", a-t-il dit en délivrant dans la soirée une bonne nouvelle: le feu est désormais "fixé" dans les Landes.

En Gironde également, la journée de lundi  a été "favorable, comme espéré par les pompiers", s'est réjoui le Sdis auprès de l'AFP. Dans l'ensemble, les départs de feux ont été "contenus".

Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, le 22 juillet, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.

Dans un camping du Grand Crohot, en Gironde, jouets des enfants sur le sol, bières sur la table, tentes ouvertes et serviettes de plage encore étendues... tout témoigne de la rapidité et de la panique avec lesquelles tous ont dû quitter les lieux.

Le feu n'étant pas fixé en Gironde, aucun retour des évacués n'y est envisageable à ce stade et les activités des colonies de vacances sont suspendues dans ce département touristique.

La préfète a en outre annoncé lundi soir l'interdiction des manifestations sportives et culturelles, tout comme les activités nautiques et la navigation sur le lac de Cazaux-Sanguinet.

Comme lundi, aucun TGV ne circule au sud de Bordeaux mardi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 est fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne.

"Vague de solidarité" 

Au total, plus de 116.000 hectares - nouveau record après 2022 - ont été parcourus par les incendies en France depuis début 2026, a indiqué le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure a annoncé que les assureurs prendraient en charge les frais de relogement des personnes évacuées à cause des incendies de Gironde, des Landes et du Var.

Une "vague de solidarité", saluée par la préfète Sophie Brocas, a par ailleurs permis de libérer les pompiers volontaires dans les entreprises. Agriculteurs et particuliers prêtent aussi main-forte.

"On est partis à 4H30 ce matin du Lot-et-Garonne. On cherche à aider. Je suis chasseur et je veux garder la nature comme elle est", a expliqué lundi à l'AFP Christopher Bonnefond, 25 ans, agriculteur venu avec quatre collègues.

Juste au sud, l'incendie dans les Landes est donc fixé après avoir brûlé 3.600 hectares et 198 bâtiments.

Depuis 20H lundi, "l'ensemble des habitants des communes de Sanguinet et de Parentis-en-Born" peuvent ainsi "réintégrer leur domicile", a annoncé le préfet des Landes, tout comme ceux du village aéronautique de Biscarrosse et les résidents d'un camping au nord de la ville. Soit, au total, 15.000 personnes.

Dans le Var, les reprises du feu du Gros Bessillon, qui ont mobilisé les pompiers lundi, au 7e jour de lutte contre cet incendie, ont été "circonscrites" lundi soir, a annoncé la préfecture.

Le feu est toujours en cours en Corse mais a été "fixé" dans les Hautes-Alpes après avoir parcouru 510 hectares.

Dans les Bouches-du-Rhône, un pompier volontaire de 38 ans est décédé lundi, après que le camion-citerne "dans lequel il circulait seul a fait une sortie de route" au nord d'Arles, a indiqué le Sdis 13.


L'Iran dit avoir convoqué l'ambassadeur français pour «ingérence»

L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne. (AFP)
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  • "Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences"
  • Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile"

TEHERAN: L'ambassadeur français en Iran, Pierre Cochard, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour "ingérence", a indiqué lundi ce dernier, après la détention de deux diplomates français en poste dans la capitale iranienne.

"Hier (dimanche), l'ambassadeur de France à Téhéran a été convoqué au ministère des Affaires étrangères, où il a été souligné que le gouvernement français devait cesser de telles actions et de telles ingérences dans les affaires intérieures de l'Iran sous des appellations trompeuses", a déclaré le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, lors d'un point de presse hebdomadaire.

Selon lui, les deux diplomates français ont mené des activités "qui n'étaient en aucun cas justifiées" et ont "interféré dans les affaires intérieures de l'Iran sous le prétexte de s'engager avec la société civile".

"Nous ne commentons pas les provocations iraniennes", a réagi lundi le Quai d'Orsay, selon qui "les faits sont clairs".

Le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait dénoncé "une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens" à l'encontre de deux diplomates, dont l'un avait été "molesté".

D'après le ministre français, les diplomates ont été "détenus sans raison pendant plusieurs heures" et "interrogés", en raison de leur mission de soutien à la société civile iranienne.

Le chargé d'affaires iranien en France avait été convoqué au Quai d'Orsay mardi dernier.

Les autorités iraniennes ont démenti l'agression, affirmant que les diplomates n'avaient été que "brièvement interrogés" par les services de sécurité, après avoir participé à une "réunion avec plusieurs personnes recherchées par les autorités".


Paris : trois femmes blessées dans une attaque au couteau, un suspect interpellé

n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
n homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. (AFP)
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  • L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris
  • "Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés

PARIS: Un homme suspecté d'avoir blessé trois femmes lundi à Paris à l'aide de deux couteaux de cuisine, dont deux grièvement, a ensuite été rapidement interpellé, a annoncé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

L'attaque s'est produite vers 11H30 porte de Clichy, au nord-ouest de la capitale, avait indiqué la préfecture de police de Paris.

"Trois victimes identifiées ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier", a précisé la PP, sans donner plus de détail sur l'état des blessés.

"Un individu muni de deux armes blanches a fait plusieurs blessés" et "a rapidement été interpellé", a-t-elle ajouté.

Selon le ministre de l'Intérieur, le suspect "a été interpellé par un policier de la préfecture de police hors service", dont il a salué "le courage".

"Aucune" des trois femmes blessées "ne voit son pronostic vital engagé", a déclaré Laurent Nuñez à la mi-journée, lors du compte-rendu du conseil des ministres.

"Deux d'entre elles sont quand même en urgence absolue, donc sont blessées assez gravement", a-t-il ajouté. L'une a été touchée aux lombaires, l'autre à l'abdomen, a-t-il précisé.

Une troisième femme a été blessée plus légèrement.

Les trois victimes sont "âgées de 19, 24 ans et 36 ans", a encore dit le ministre.

Le suspect "n'a donné qu'une identité déclarative" et "tient des propos incohérents", a poursuivi M. Nuñez, qui appelle à "rester très prudent sur les mobiles de cet acte extrêmement violent".

Le parquet national antiterroriste a indiqué à l'AFP être en observation à ce stade.