Vols vers Moscou annulés: les pays souverains sur l'utilisation de leur espace aérien

Une vue du terminal F de l'aéroport Sheremetyevo de Moscou. (Photo, AFP)
Une vue du terminal F de l'aéroport Sheremetyevo de Moscou. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 28 mai 2021

Vols vers Moscou annulés: les pays souverains sur l'utilisation de leur espace aérien

  • « C'est au pays lui-même de déterminer si un espace aérien peut être utilisé ou pas par des appareils civils », explique l'Eurocontrol
  • Les autorités russes n’acceptent toujours pas les modifications de plans de vol présentées par les compagnies aériennes pour pouvoir contourner l'espace aérien du Bélarus

PARIS : Les pays sont souverains sur l'utilisation de leur espace aérien, rappelle l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, alors que des liaisons vers Moscou ont été annulées faute d'accord des autorités russes à de nouveaux plans de vol, selon des compagnies européennes.

« C'est au pays lui-même de déterminer si un espace aérien peut être utilisé ou pas par des appareils civils », explique cet organisme, Eurocontrol. Les pays « ont le pouvoir de fermer toute ou partie de leur espace aérien ». 

Les règles présidant au trafic aérien et aux droits de survol ont été mises au premier plan depuis qu'un appareil de Ryanair reliant Athènes à Vilnius a été intercepté dimanche et forcé de se poser à Minsk, où un opposant au régime d'Alexandre Loukachenko a été débarqué et arrêté.

En réaction, plusieurs pays européens et l'Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) ont déconseillé d'emprunter l'espace aérien bélarusse, tandis que certains pays dont la France ont fermé leur espace à la compagnie nationale Belavia.

Les Etats « peuvent interdire aux appareils immatriculés dans leur pays de voler dans un espace aérien spécifique. Ils peuvent aussi interdire à certaines compagnies ou appareils immatriculés dans d'autres pays d'atterrir, de décoller et de survoler leur propre pays », développe Eurocontrol.

De même source, le nombre de vols allant vers l'espace aérien bélarusse depuis la zone européenne, et inversement, a chuté d'un tiers mercredi sur une semaine.

« Le mercredi 26 mai, 261 vols ont décollé, atterri (au Bélarus) ou traversé l'espace aérien contrôlé par Minsk », a précisé Eurocontrol en réponse à une demande de l'AFP: « c'est 118 vols de moins que le même jour de la semaine précédente ».

Le « silence radio » de Moscou

Par ailleurs, deux vols en provenance de capitales de l'UE vers Moscou ont été annulés - un Air France Paris-Moscou mercredi et un Austrian Airlines Vienne-Moscou jeudi. 

La compagnie autrichienne a indiqué qu'elle n'avait pas reçu le feu vert de la Russie pour un changement d'itinéraire destiné à éviter l'espace aérien du Bélarus, tandis qu'Air France a évoqué « des raisons opérationnelles liées au contournement de l'espace aérien biélorusse nécessitant une nouvelle autorisation de la part des autorités russes pour entrer sur leur territoire ».

Le syndicat des pilotes français SNPL a confirmé jeudi que les compagnies doivent, « pour pouvoir continuer à opérer certains vols, construire des routes alternatives à celles passant par l'espace aérien du Bélarus initialement prévues et autorisées. Elles ont demandé, selon une procédure classique habituelle, des modifications de plans de vol notamment aux autorités russes pour pouvoir assurer les vols entre la France et la Russie ».

« Mais, alors qu'habituellement les réponses à ce type de demandes de modifications sont instantanément acceptées, là depuis deux jours, c'est silence radio... ces vols ont donc dû être annulés, faute d'autorisation formelle de survol de l'espace aérien russe », ajoute le SNPL, qui se disant « plus que surpris » d'un tel « manque de réactivité » de Moscou et espérant « qu'une situation normale sera rapidement rétablie ».

Sollicité jeudi par l'AFP, le ministère russe des Transports a indiqué qu'il ne ferait « pas de commentaire pour l'instant ».

Sans se prononcer sur ces cas, Eurocontrol fait remarquer que les vols entre l'Europe et la Russie « ont la permission d'utiliser des couloirs aériens définis. Si une compagnie veut changer ces trajets, il faut qu'il y ait eu un accord préalable entre la compagnie concernée et la Russie ».

En revanche, pour les vols long-courrier, qui ne feraient que survoler une partie du territoire russe, cette règle « ne s'applique pas à l'identique (...) pour prendre en compte les vents » en altitude qui peuvent conduire les pilotes à modifier leur trajectoire, explique encore Eurocontrol.

Air France, de son côté, a souligné avoir pu exploiter ces derniers jours des vols entre Paris et Saint-Pétersbourg, qui ne nécessitaient pas de changement de plan de vol car passant déjà à l'ouest du territoire bélarusse.

 


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.