France: le déficit budgétaire s'envole vers un nouveau record en 2021

Le gouvernement doit présenter le 2 juin un projet de loi de finances rectificative (PLFR) comprenant 15 milliards d'euros de mesures d'urgence supplémentaires avaient annoncé Olivier Dussopt et le ministre de l’Économie Bruno Le Maire dans un entretien aux Echos jeudi. (Photo, AFP)
Le gouvernement doit présenter le 2 juin un projet de loi de finances rectificative (PLFR) comprenant 15 milliards d'euros de mesures d'urgence supplémentaires avaient annoncé Olivier Dussopt et le ministre de l’Économie Bruno Le Maire dans un entretien aux Echos jeudi. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

France: le déficit budgétaire s'envole vers un nouveau record en 2021

  • Le déficit budgétaire devrait atteindre «environ 220 milliards d'euros» cette année, soit près de 47 milliards de plus que ce qui avait été budgété en loi de finances initiale
  • Cette aggravation de plus de 20% de l'estimation de déficit pour 2021 est «la conséquence des mesures de soutien que nous continuons à prendre pour accompagner au mieux la reprise»

PARIS: Le déficit du budget de l’État en France va atteindre en 2021 un nouveau record après celui de 2020, en raison des dépenses massives engagées pour soutenir la reprise de l'économie affaiblie par l'épidémie de Covid-19.

Le déficit budgétaire devrait atteindre "environ 220 milliards d'euros" cette année, soit près de 47 milliards de plus que ce qui avait été budgété en loi de finances initiale, a déclaré samedi le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt.

Cette aggravation de plus de 20% de l'estimation de déficit pour 2021 est "la conséquence des mesures de soutien que nous continuons à prendre pour accompagner au mieux la reprise", selon le ministre.

Le gouvernement doit présenter le 2 juin un projet de loi de finances rectificative (PLFR) comprenant 15 milliards d'euros de mesures d'urgence supplémentaires, qui serviront notamment au financement de l'activité partielle et à des aides ciblées pour les entreprises en difficulté, avaient détaillé Olivier Dussopt et le ministre de l’Économie Bruno Le Maire dans un entretien aux Echos jeudi.

De nouveaux dispositifs d'aide aux entreprises en très grande difficulté ou d'allègement fiscaux pour les sociétés doivent aussi être présentés à l'occasion du PLFR. 

Par ailleurs, la croissance n'a finalement pas été au rendez-vous au premier trimestre en France, selon les chiffres publiés par l'Insee vendredi, avec un recul du produit intérieur brut (PIB) de 0,1%, alors qu'une première évaluation avait fait état d'une hausse de 0,4%. 

Face à ce contretemps, le gouvernement continue à miser sur une forte accélération de l'activité au second semestre et maintient son objectif de croissance à 5% pour 2021.

Remontée des taux 

Mais les nouvelles dépenses vont l'amener à emprunter davantage dans un contexte de remontée des taux d'intérêt, actuellement entre 0,2% et 0,3%, alors qu'il pouvait encore s'endetter à taux négatifs l'an dernier, ce qui va alourdir la facture de la dette.

"Nous avons été prévoyants lors de la l'élaboration de la loi de finances pour 2021. Certains nous avaient reproché d'être trop prudents en matière de taux. Le mouvement (à la hausse des taux) qu'on connaît aujourd'hui montre que nous avons eu raison", a néanmoins assuré sur Europe 1 Olivier Dussopt.

La trajectoire de réduction des dépenses de l’État voulue par Emmanuel Macron en début de quinquennat est en tout cas mise entre parenthèses.

Bercy avait initialement prévu de réduire le déficit de l’État à 173,3 milliards d'euros en 2021, contre 182 milliards en 2020, année marquée par un effondrement brutal de l'activité au printemps, lors du premier confinement.

La crise du Covid-19 a déjà plus que doublé en 2020 le déficit de l'Etat par rapport à 2019 (85,7 milliards), année elle-même marquée par une augmentation imprévue des dépenses liée à la crise sociale des gilets jaunes, après une année de déficit contenu à 66 milliards en 2018.

Le déficit public, qui comprend outre le déficit du budget de l’État celui de la Sécurité sociale et des collectivités locales, était lui prévu initialement à 8,5% du PIB pour 2021, mais avait déjà été révisé à la hausse, à 9%, début avril.

Jeudi, Bruno Le Maire a prévenu que ce chiffre serait encore supérieur, mais Bercy n'était pas encore en mesure de fournir de chiffrage précis samedi.

Le creusement du déficit public devrait enfin creuser davantage la dette publique, qui s'est envolée l'an dernier à 115,7% du PIB. Le ministre de l’Économie tablait en avril sur une progression à 118% pour cette année.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.