Des cortèges sont partis de différents quartiers de la capitale Khartoum et dans plusieurs villes du Soudan aux cris de «Le peuple a choisi les civils»
La nouvelle entente entre le général Burhane et M. Hamdok a été qualifiée de «trahison» voire de «retour à l'ancien régime» militaro-islamiste de Béchir, par les manifestants qui continuent de protester
Le Soudan accueille près de 1,2 million de réfugiés et de demandeurs d'asile principalement venus pour 68% d'entre eux du Soudan du Sud voisin, qui a fait sécession en 2011
Le pays manque depuis des décennies d'infrastructures, peine à tirer profit de ses millions d'hectares de terres agricoles et a perdu avec la sécession du Soudan du Sud le pétrole du sous-sol
Selon M. Burhane, l'accord de transition conclu en août 2019 «comprend une clause claire disant que tous les participants à la transition ne seront pas autorisés de participer à la période qui suivra»
Le 21 novembre, le général Burhane a signé un accord permettant au Premier ministre civil Abdallah Hamdok, évincé par les militaires le jour du putsch, de retrouver son poste
Ces violences ont eu lieu aux abords du palais présidentiel, l'ancien QG du dictateur Omar el-Béchir renversé par l'armée sous la pression d'une révolte populaire en 2019
De nouveau mardi à Khartoum, des milliers de manifestants scandaient «pas de partenariat, pas de négociation» ou «que les militaires rentrent dans leurs casernes»
L'armée soudanaise a annoncé que six soldats avaient été tués dans la région d'Al-Fashaga, après l'attaque selon elle de groupes armées et de milices liées à l'armée éthiopienne
Cette zone avait été le théâtre de heurts meurtriers l'an dernier qui, selon le communiqué de l'armée, avaient fait 90 morts au sein des troupes soudanaises
La décision d’Al-Burhan intervient une semaine après que ce dernier a signé un accord qui autorise le rétablissement du Premier ministre, Abdallah Hamdok
M. Al-Burhan s'est entretenu avec l'envoyée de l'Union européenne pour la Corne de l'Afrique, Annette Weber
Plusieurs politiciens de renom sont toujours en détention
Ayman Nimir, ancien gouverneur de l'État de Khartoum, et Maher Abouljokh, membre du groupe de travail anti-corruption, ont eux aussi été libérés samedi
Les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes sur des manifestants dans la banlieue de Khartoum
«Je manifeste contre l'accord entre Burhane et Hamdok parce qu'il barre la route à un gouvernement uniquement civil alors que, nous, on ne veut pas de militaires en politique», explique Souheir Hamadenni