Des milliers de Soudanais dans la rue pour dire «Non au pouvoir militaire»

Depuis plusieurs jours, les militants appelaient à faire de jeudi la «journée des martyrs» avec de nouvelles manifestations contre les militaires et M. Hamdok qu'ils accusent de  «trahison». (Photo, AFP)
Depuis plusieurs jours, les militants appelaient à faire de jeudi la «journée des martyrs» avec de nouvelles manifestations contre les militaires et M. Hamdok qu'ils accusent de  «trahison». (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 25 novembre 2021

Des milliers de Soudanais dans la rue pour dire «Non au pouvoir militaire»

Depuis plusieurs jours, les militants appelaient à faire de jeudi la «journée des martyrs» avec de nouvelles manifestations contre les militaires et M. Hamdok qu'ils accusent de  «trahison». (Photo, AFP)
  • Les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes sur des manifestants dans la banlieue de Khartoum
  • «Je manifeste contre l'accord entre Burhane et Hamdok parce qu'il barre la route à un gouvernement uniquement civil alors que, nous, on ne veut pas de militaires en politique», explique Souheir Hamadenni

KHARTOUM: Des milliers de manifestants scandent jeudi « Non au pouvoir militaire » et réclament un véritable changement au Soudan où un accord vient de réinstaller le Premier ministre civil tout en renforçant la mainmise de l'armée après son putsch du 25 octobre.  

Alors que cette journée de mobilisation est un « test » selon l'ONU, pour le pouvoir qui tente de regagner les bonnes grâces de la communauté internationale, les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes sur des manifestants dans la banlieue de Khartoum, ainsi que dans le centre et l'ouest du pays, ont rapporté des témoins.  

Dimanche, le général Abdel Fattah al-Burhane, auteur du coup d'Etat, contentait en apparence les exigences de la communauté internationale en permettant à M. Hamdok, évincé par les militaires le jour du putsch, de retrouver son poste.  

Mais la rue dit ne pas vouloir d'un Premier ministre civil qui est selon elle complètement inféodé aux généraux, dont la répression depuis le coup d'Etat a déjà fait 42 morts et des centaines de blessés parmi les manifestants, selon un syndicat de médecins pro-démocratie.  

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Des milliers de manifestants scandent jeudi «Non au pouvoir militaire». (Photo, AFP)

« Réclamer justice »   

« Je manifeste contre l'accord entre Burhane et Hamdok parce qu'il barre la route à un gouvernement uniquement civil alors que, nous, on ne veut pas de militaires en politique », explique Souheir Hamadennil, une manifestante à Khartoum.   

Qoussaï Majdi, 19 ans, lui, dit être là pour « réclamer justice pour tous ceux qui ont été tués depuis le coup d'Etat de Burhane et de Hemedti », le surnom donné au général Mohammed Hamdane Daglo, chef des très redoutées Forces de soutien rapide, un groupe paramilitaire formé d'anciens miliciens accusés de « nettoyage ethnique » au Darfour, aujourd'hui numéro deux des autorités de transition.  

Depuis plusieurs jours, les militants appelaient à faire de jeudi la « journée des martyrs » avec de nouvelles manifestations contre les militaires et M. Hamdok qu'ils accusent de  « trahison ».  

« Le peuple veut la chute du régime », scandait jeudi une foule dans le centre de Khartoum, alors que des défilés avaient aussi lieu au Darfour (ouest), au Kordofan-Nord (centre) et à Wad Madani, au sud de Khartoum, ont rapporté des correspondants de l'AFP.  

Dans la banlieue nord de la capitale, les manifestants scandaient « Burhane, espèce de dégoûtant, ce sont les islamistes qui t'ont mis en avant », alors que les manifestants accusent le général Burhane d'être lié aux partisans de l'ancien régime, une dictature militaro-islamiste renversée en 2019.  

Comme en 2019 au Soudan et en 2011 dans différents pays arabes, des manifestants criaient à nouveau jeudi dans les rues de Khartoum et de ses banlieues « Le peuple veut la chute du régime ».  

Autour, des haut-parleurs crachotaient des chants entendus lors de la « révolution » de 2019 qui avait forcé l'armée à mettre un point final à 30 années de règne sans partage d'Omar el-Béchir -- et avait fait plus de 250 morts dont les proches attendent toujours justice.  

« Test » pour le pouvoir   

Alors que la communauté internationale et les défenseurs des droits humains n'ont cessé de dénoncer une répression menée à balles réelles, Volker Perthes, l'émissaire de l'ONU au Soudan, a appelé dès mercredi à éviter « l'effusion de sang et les arrestations arbitraires ».  

Ces nouveaux défilés, a-t-il ajouté, sont un « test » pour Khartoum, dont une bonne part de l'aide internationale est toujours suspendue, de même que ses activités au sein de l'Union africaine.  

En prévision de la mobilisation, M. Hamdok avait rencontré les haut-gradés de la police, les appelant à protéger les manifestants.  

Revenu à son poste, l'homme qui doit encore a promis de relancer une transition vers la démocratie qui bat de l'aile depuis des mois avec le général Burhane, qui s'est renommé à la tête des autorités de transition après le coup d'Etat -- qu'il appelle une « rectification du cours de la révolution ».  

L'un des fers de lance de la révolte anti-Béchir, l'Association des professionnels soudanais, a dénoncé un « suicide politique » de M. Hamdok tandis que 12 de ses 17 ministres partisans d'un pouvoir civil ont annoncé avoir démissionné en signe de désaccord à son retour auprès de Burhane.  

Dans un entretien mercredi avec des médias locaux, M. Hamdok a affirmé avoir agi pour « faire cesser l'effusion de sang » et « ne pas perdre les acquis des deux années écoulées » depuis la fin de la dictature Béchir. 


Liban: frappes israéliennes près de Beyrouth et dans le sud, au moins six morts

Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington. (AFP)
Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington. (AFP)
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  • Un correspondant de l'AFP a vu une ambulance sur le lieu et des passants rassemblés sur cette autoroute côtière qui relie Beyrouth au sud du pays
  • Dans le même temps, l'armée israélienne dit avoir intercepté un "aéronef ennemi" en provenance du Liban, pour la première fois en plus de 24 heures, alors que le Hezbollah pro-iranien n'avait pas revendiqué d'attaques contre Israël depuis lundi soir

BEYROUTH: Une frappe a touché mercredi les environs de Beyrouth, Israël poursuivant ses raids également dans le sud du Liban où six personnes ont été tuées, au moment où se tiennent des pourparlers entre les deux pays à Washington.

Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), la frappe a visé une voiture sur la route de Khaldé, au sud de la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu une ambulance sur le lieu et des passants rassemblés sur cette autoroute côtière qui relie Beyrouth au sud du pays.

Dans le même temps, l'armée israélienne dit avoir intercepté un "aéronef ennemi" en provenance du Liban, pour la première fois en plus de 24 heures, alors que le Hezbollah pro-iranien n'avait pas revendiqué d'attaques contre Israël depuis lundi soir.

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avait averti mardi que l'armée frapperait la banlieue sud de la capitale, bastion du Hezbollah, si ce dernier visait son territoire.

L'Ani a par ailleurs fait état de frappes sans avertissement sur une vingtaine de localités dans le sud du pays mercredi, l'armée israélienne adressant des ordres d'évacuation aux habitants de plusieurs villages.

Quatre ressortissants syriens et deux Palestiniens ont été tués près de la ville millénaire de Tyr, a précisé une source médicale à l'AFP.

Mardi, l'armée israélienne avait affirmé que des membres du Hezbollah pro-iranien se cachaient dans le quartier chrétien de la ville jusque là épargné.


Pays arabes et du Golfe condamnent les récentes attaques iraniennes contre le Koweït et Bahreïn

Le Golfe et les pays arabes condamnent les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn. Des bateaux passent devant les tours du Koweït, sur le front de mer le long du Golfe, à Salimiyah, le 2 juin 2026. (AFP)
Le Golfe et les pays arabes condamnent les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn. Des bateaux passent devant les tours du Koweït, sur le front de mer le long du Golfe, à Salimiyah, le 2 juin 2026. (AFP)
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  • Les Émirats arabes unis ont fermement condamné les attaques iraniennes contre le Koweït et Bahreïn
  • Bader Al-Asaker, chef du bureau privé du prince héritier d'Arabie saoudite, a déclaré dans un post sur X.com : "Ô Dieu, protège notre peuple au Koweït et à Bahreïn et préserve notre Golfe de tout mal"


DUBAI : Les pays du Golfe et les pays arabes ont condamné les nouvelles attaques iraniennes visant le Koweït et Bahreïn plus tôt dans la journée de mercredi.

Le ministère des Affaires étrangères d'Arabie saoudite a exprimé la condamnation et la dénonciation les plus fermes du Royaume à l'égard des attaques répétées et odieuses de l'Iran contre le Koweït et le Bahreïn.

Dans un communiqué, le ministère a déclaré que le Royaume réitère son rejet catégorique de ces attaques qui portent atteinte à la souveraineté des États frères et qui constituent une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies.
Le bureau de Mohammed bin Salman d'Arabie saoudite a réagi par un post quelques heures après les attaques de l'Iran qui ont visé Bahreïn et le Koweït.

Bader Al-Asaker, chef du bureau privé du prince héritier d'Arabie saoudite, a déclaré dans un post sur X.com : "Ô Dieu, protège notre peuple au Koweït et à Bahreïn et préserve notre Golfe de tout mal".

Le Qatar, par le biais d'un communiqué du ministère des affaires étrangères, a déclaré qu'il "rejetait totalement le fait de viser des cibles civiles et des installations vitales, et soulignait la nécessité d'épargner à la région les conséquences d'attaques injustifiées et d'œuvrer à la désescalade afin de rétablir la sécurité et la stabilité régionales et internationales".

Doha a également réitéré son entière solidarité et son soutien au Koweït et à Bahreïn pour "toutes les mesures qu'ils prennent pour préserver leur souveraineté et leur sécurité".

Le ministère des affaires étrangères des Émirats arabes unis a également condamné fermement les attaques iraniennes contre le Koweït et le Bahreïn. Dans un communiqué, le ministère affirme que ces attaques constituent une violation flagrante de la souveraineté des deux pays et une infraction au droit international.

Anwar Gargash, conseiller présidentiel des Émirats arabes unis, a appelé à une position ferme et unifiée du Golfe contre l'agression iranienne répétée.

"Face à l'agression iranienne répétée contre l'État frère du Koweït et le Royaume de Bahreïn, le Golfe doit adopter une position ferme, unifiée et cohérente", a écrit Anwar Gargash sur X.

"Aucun État du Golfe ne devrait être laissé seul face à la cible, car la sécurité des États arabes du Golfe est interconnectée, leurs intérêts sont partagés et leur destin est commun.

Le ministère des affaires étrangères du Koweït a condamné le ciblage de Bahreïn par l'Iran, déclarant qu'il s'agissait d'une "escalade dangereuse qui constitue une violation flagrante des règles du droit international et une menace pour la sécurité et la stabilité de la région".

L'Égypte a fermement condamné ce qu'elle a qualifié d'"odieuse attaque iranienne" qui "constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Koweït et représente une escalade dangereuse menaçant la sécurité et la stabilité de la région du Golfe et de l'ensemble de la zone".

La Jordanie, dans une déclaration de son ministère des affaires étrangères, a condamné les "attaques iraniennes brutales qui ont visé des installations civiles et vitales" au Koweït et à Bahreïn, ajoutant que ces attaques constituaient une violation "flagrante" de leur souveraineté.

Le Conseil de coopération du Golfe a également condamné les attaques continues de l'Iran contre le Bahreïn et le Koweït, les qualifiant de "politique hostile inacceptable".

Le CCG a déclaré que les frappes contre des cibles civiles et des missions diplomatiques représentaient une escalade dangereuse et sans précédent.

Jasem Mohamed Albudaiwi, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe, a déclaré dans un communiqué que l'agression iranienne en cours contre le Koweït et le Bahreïn "révèle la détermination du régime iranien à poursuivre des politiques hostiles rejetées qui sapent la sécurité et la stabilité des pays de la région et menacent la paix régionale et internationale".

Les actions de l'Iran, a-t-il ajouté, "requièrent une position internationale ferme pour mettre fin à ces pratiques agressives dangereuses de l'Iran".

Mercredi, l'Iran a revendiqué les nouveaux attentats visant des installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, notamment le quartier général de la cinquième flotte américaine.

Le Koweït a déclaré plus tôt qu'il avait suspendu les vols à l'aéroport international du Koweït après que son bâtiment ait subi des "dommages matériels importants" en raison de "l'agression criminelle iranienne".

Kuwait Airways a repris ses vols depuis le terminal 4 de l'aéroport mercredi après-midi après que les autorités aient évalué les dommages subis par l'installation.


L'armée américaine affirme avoir repoussé des attaques de missiles et drones iraniens dans le Golfe

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  • L'attaque a visé "des installations civiles et vitales, notamment l'aéroport international du Koweït, faisant un mort et des blessés, ainsi que des dégâts dans des installations vitales, dont des missions diplomatiques"
  • L'armée américaine a pour sa part affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et avoir répliqué en bombardant au sol une île iranienne

WASHINGTON: Une personne a été tuée et plusieurs blessées au Koweït dans des attaques menées à l'aube par l'Iran, a indiqué le ministère koweïtien des Affaires étrangères.

L'attaque a visé "des installations civiles et vitales, notamment l'aéroport international du Koweït, faisant un mort et des blessés, ainsi que des dégâts dans des installations vitales, dont des missions diplomatiques", a dit le ministère dans un communiqué condamnant les "agressions iraniennes".

"La sécurité de l'État du Koweït, sa souveraineté ainsi que la sûreté de ses citoyens et des résidents sur son territoire constituent une ligne rouge", a-t-il ajouté.

L'armée américaine a pour sa part affirmé mardi avoir repoussé plusieurs attaques iraniennes, par missiles et drones, contre ses bases et ses alliés dans la région, et avoir répliqué en bombardant au sol une île iranienne.

"L'Iran a lancé plusieurs missiles balistiques vers des pays de la région, mais tous ont raté leur cible", a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué sur X, ajoutant qu'aucun membre de l'armée n'avait été blessé.

"Deux missiles iraniens tirés vers le Koweït sont tombés avant d'atteindre le territoire ou se sont désintégrés en vol, et trois missiles lancés contre Bahreïn ont été immédiatement interceptés par les défenses aériennes américaines et bahreïniennes", a précisé le Centcom.

Avant cela, l'armée américaine avait "abattu trois drones" d'attaque "lancés par l'Iran contre des marins civils qui circulaient légitimement dans les eaux régionales", a encore déclaré l'armée américaine.

En réponse, le Centcom dit avoir "mené des frappes de légitime défense" sur des cibles au sol sur l'île iranienne de Qeshm, dans le détroit d'Ormuz.

Le Corps des Gardien de la Révolution, cités par les médias iraniens, a affirmé que les Etats-Unis ont visé une tour de télécommunication sur l'île et qu'en représailles, ils ont visé une base militaire américaine dans un pays de la région ainsi que le siège de la 5e flotte américaine, à Bahreïn.

Cette dernière affirmation a été démentie par le Centcom. "Toutes les attaques iraniennes contre les forces américaines ont échoué", a écrit le Centcom sur X.

Un peu plus tôt, le Koweït avait affirmé intercepter des "attaques de drones et missiles hostiles".

Le Centcom a ensuite déclaré avoir intercepté "plusieurs drones." "Une nouvelle vague de drones iraniens tentant d'attaquer les forces américaines au Koweït n'a pas atteint les cibles visées cette nuit," a déclaré le commandement américain sur X.