Veolia renforce sa présence au Moyen-Orient face aux défis de la sécurité hydrique

Un avion survole une unité mobile de traitement de l'eau contaminée par les PFAS, fournie par Veolia, à son arrivée à l'EuroAirport, à Bartenheim, dans l'est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
Un avion survole une unité mobile de traitement de l'eau contaminée par les PFAS, fournie par Veolia, à son arrivée à l'EuroAirport, à Bartenheim, dans l'est de la France, le 4 septembre 2025. (AFP)
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Veolia renforce sa présence au Moyen-Orient face aux défis de la sécurité hydrique

Veolia renforce sa présence au Moyen-Orient face aux défis de la sécurité hydrique
  • Près de 200 millions d'euros de contrats à Oman et aux Émirats arabes unis, pour une capacité totale de 490 000 m³/jour
  • Les technologies de Veolia équipent 18 % de la capacité mondiale de dessalement

DUBAÏ: Face à la raréfaction des ressources hydriques et à la hausse des besoins en eau potable, le dessalement s'impose comme un levier stratégique pour les pays du Moyen-Orient. Mais cette technologie, particulièrement énergivore, doit relever un double défi : augmenter les capacités de production tout en réduisant son empreinte environnementale. De nouveaux projets à Oman et aux Émirats arabes unis, auxquels participe Veolia, illustrent les évolutions technologiques en cours.

Représentant près de 200 millions d'euros de contrats et une capacité cumulée de 490 000 m³ d'eau par jour, ces projets concernent deux installations aux enjeux distincts. Aux Émirats arabes unis, Veolia assurera la conception technologique de l'usine de dessalement d'Al Hamriyah, tandis qu'à Oman, le groupe prendra en charge, pendant cinq ans, l'exploitation et l'optimisation des performances de l'installation d'Al Asilah.

Aux Émirats arabes unis, le projet d'Al Hamriyah prévoit une capacité de production de 410 000 m³ par jour, destinée à approvisionner environ 1,4 million de personnes en eau potable. L'un des principaux enjeux concerne sa consommation énergétique, qui devrait atteindre 2,75 kWh par mètre cube d'eau produit. Ce niveau constitue, selon Veolia, un nouveau record pour une installation de dessalement de cette envergure.

Cette performance repose sur l'intégration de plusieurs technologies de prétraitement et de reminéralisation, notamment la flottation à air dissous, les filtres sous pression à double média et les filtres à calcaire. Leur combinaison vise à optimiser les différentes étapes du traitement et à réduire les besoins énergétiques de l'installation.

À Oman, le projet d'Al Asilah met davantage l'accent sur l'optimisation opérationnelle et la diversification énergétique. D'une capacité de 80 000 m³ par jour, l'usine fournit de l'eau potable à environ 200 000 habitants. Elle dispose déjà d'une ferme solaire destinée à diversifier son mix énergétique. Dans le cadre de son nouveau contrat de cinq ans, Veolia prévoit le déploiement de ses solutions numériques Smart Connectors et Hubgrade pour améliorer le suivi des équipements, surveiller leurs performances et optimiser leur consommation électrique.

Cette dynamique traduit une évolution plus large du secteur : la performance des installations ne se mesure plus uniquement à leur capacité de production, mais également à leur efficacité énergétique et à leur impact environnemental. L'amélioration des systèmes d'osmose inverse, le recours à l'intelligence artificielle et la digitalisation des opérations ouvrent notamment de nouvelles perspectives pour optimiser les procédés de dessalement.

« Le dessalement est l'un des piliers de la sécurité hydrique au Moyen-Orient. Les dizaines d'usines équipées des technologies de Veolia dans la région illustrent comment l'innovation de pointe, l'expertise locale et un mix énergétique diversifié permettent de produire de l'eau potable de manière efficace et compétitive », souligne Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia.

Elle précise que ces nouveaux contrats s'inscrivent dans la stratégie du groupe visant à doubler sa capacité mondiale de dessalement exploitée d'ici à 2030.

Les avancées technologiques réalisées depuis les années 1980 ont permis de réduire de 80 % la consommation énergétique nécessaire au dessalement et de 90 % le coût de production d'un mètre cube d'eau, d'après les chiffres du groupe.

La transition écologique du secteur ne se limite toutefois pas à la consommation électrique. La réduction de l'utilisation des produits chimiques, l'amélioration de la dispersion des saumures — les rejets concentrés en sel issus du dessalement — et le recours à une électricité décarbonée constituent également des axes de progrès.

La question de l'intégration des énergies renouvelables demeure particulièrement importante dans une région où la sécurisation de l'approvisionnement en eau doit s'accompagner d'une gestion plus durable des ressources énergétiques.

Le Moyen-Orient représente à cet égard un marché stratégique. Présent dans la région depuis plus de 30 ans, Veolia exploite déjà plusieurs installations de dessalement. Aux Émirats arabes unis, ses références comprennent notamment les usines de Hassyan à Dubaï, Mirfa 2 à Abou Dhabi, Umm Al Quwain et Fujairah. À Oman, le groupe exploite quatre grandes installations, dont celle de Sur, qui contribue à l'approvisionnement en eau potable de près de 2,5 millions d'habitants.

Au-delà de la région, Veolia intervient dans le traitement de quelque 13 millions de m³ d'eau par jour, à travers plus de 2 300 sites répartis dans 108 pays. Dans le dessalement, parmi ses projets emblématiques figurant l'usine de Sydney en Australie, mise en service en 2007, ainsi que celle de Sur à Oman, mise en service la même année puis agrandie en 2014.

18 % de la capacité mondiale installée de dessalement a été construite grâce aux technologies et à l'expertise de Veolia. Le groupe exploite actuellement une capacité de dessalement de 1,4 million de m³ par jour et ambitionne de doubler cette capacité d'ici à 2030.

Au-delà de ces objectifs industriels, les projets d'Al Hamriyah et d'Al Asilah illustrent les enjeux auxquels la filière devra répondre dans les prochaines années : produire davantage d'eau potable, maîtriser les coûts énergétiques et limiter les impacts environnementaux des installations. Dans une région particulièrement exposée au stress hydrique, l'avenir du dessalement dépendra ainsi autant des progrès technologiques que de sa capacité à s'inscrire dans une transition énergétique durable.