Erdogan avertit que la Turquie pourrait cibler un camp de réfugiés en Irak

Un réfugié kurde se tient devant son magasin, dans le camp de réfugiés de Makhmour, à Erbil, dans le nord de l’Irak, le 29 octobre 2009 (Fichier/AFP)
Un réfugié kurde se tient devant son magasin, dans le camp de réfugiés de Makhmour, à Erbil, dans le nord de l’Irak, le 29 octobre 2009 (Fichier/AFP)
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Publié le Mercredi 02 juin 2021

Erdogan avertit que la Turquie pourrait cibler un camp de réfugiés en Irak

  • En 2021, les forces turques ont intensifié leurs attaques contre les bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l’Irak
  • Erdogan a déclaré que Makhmour, un camp qui accueille des milliers de réfugiés turcs depuis plus de vingt ans, était un «incubateur» pour les militants kurdes, et qu’il fallait s’y attaquer

ANKARA: Le président Tayyip Erdogan a averti l’Irak que la Turquie «nettoiera» un camp de réfugiés qui, selon lui, sert de refuge aux militants kurdes, menaçant ainsi d’étendre sa longue campagne militaire à l’intérieur du territoire irakien. 

Au cours de l’année écoulée, les forces turques ont intensifié leurs attaques contre les bases du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l’Irak, concentrant leur puissance de feu et leurs incursions principalement sur une bande de territoire d’environ 30 km à l’intérieur de l’Irak. 

Mais Erdogan a déclaré que Makhmour, un camp situé à 180 km au sud de la frontière turque, et qui accueille des milliers de réfugiés turcs depuis plus de vingt ans, était un «incubateur» pour les militants kurdes, et qu’il fallait s’y attaquer. 

«Si les Nations unies ne le nettoient pas, nous le ferons en tant que membre de l’ONU», a affirmé Erdogan, ajoutant qu’Ankara estimait que Makhmour représentait une menace aussi importante que le bastion du PKK dans les montagnes de Qandil, plus au nord. 

«Jusqu’à quand sommes-nous censés être patients à ce sujet?», s’est-il interrogé, lors d’une interview accordée mardi soir à la télévision d’État turque TRT. 

Un haut fonctionnaire irakien a indiqué à Reuters que la Turquie s’était plainte la semaine dernière auprès de Bagdad des «activités terroristes menées par le PKK depuis leur camp de Makhmour contre la Turquie». 

Les commandants de la sécurité et les responsables locaux ont examiné la plainte turque, et ont dit au gouvernement que le camp de Makhmour était contrôlé par des combattants du PKK, qui interdisaient l’accès aux forces gouvernementales, selon le fonctionnaire. Un porte-parole du gouvernement irakien n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. 

Le camp a été établi dans les années 1990, quand des milliers de Kurdes de Turquie ont traversé la frontière, dans un mouvement qu’Ankara estime avoir été délibérément provoqué par le PKK. 

Le PKK, désigné comme une organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne, mène depuis 1984 une insurrection contre l’État dans le sud-est de la Turquie, essentiellement kurde. Plus de 40 000 personnes ont été tuées dans ce conflit. 

L’année dernière, Makhmour a été ciblé par des frappes aériennes turques, bien qu’aucune victime n’ait été signalée à l’époque. Toutefois, un haut fonctionnaire turc a affirmé qu’il s'agissait désormais d’une priorité pour Ankara. 

«Le camp de Makhmour est utilisé comme l’un des centres logistiques dans les attaques contre la Turquie ou les forces armées turques», explique le fonctionnaire. «Il est maintenant temps qu’il soit débarrassé du PKK.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com