Le fonds souverain russe se débarrasse de ses dollars

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Publié le Vendredi 04 juin 2021

Le fonds souverain russe se débarrasse de ses dollars

Le président Joe Biden (g) et le président Vladimir Poutine (d) tiendront leur premier sommet le 16 juin à Genève, a annoncé la Maison Blanche le 25 mai 2021, ouvrant la voie à un nouveau chapitre des relations tendues entre les États-Unis et la Russie. (Pavel Golovkin, Eric Baradat/AFP/Pool)
  • Le Kremlin s'efforce depuis des années de détacher l'économie russe de la monnaie américaine qui la rend plus vulnérable aux sanctions
  • Cette annonce survient avant le sommet qui doit réunir pour la première fois le 16 juin les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine, sur fond de fortes tensions entre les deux pays

SAINT-PETERSBOURG : Le fonds national souverain (FNS) russe va liquider tous ses actifs en dollars d'ici un mois, sur fond de menace de nouvelles sanctions américaines, a déclaré jeudi le ministre des Finances Anton Silouanov.

"Nous avons, comme la Banque centrale, pris la décision de réduire les investissements du FNS en dollars", a-t-il déclaré, cité par les agences russes, lors du forum économique de Saint-Pétersbourg.

Il a indiqué que ce fonds souverain - dans lequel sont versés notamment les revenus issus des ventes de pétrole à l'étranger - avait actuellement 35% de ses actifs en dollars et 35% en euros.

Le ministre a affirmé que les actifs en dollars seraient remplacés par des euros, de l'or (pour la première fois) et des yuan chinois "assez rapidement, d'ici un mois".

A terme, la structure serait de 40% d'euros, 30% de yuan, 20% d'or, 5% de livres et 5% de yen.

Le Kremlin s'efforce depuis des années de détacher l'économie russe de la monnaie américaine, incontournable dans le commerce mondial mais qui rend la Russie plus vulnérable aux sanctions américaines.

Le premier vice-Premier ministre Andreï Belooussov a pour sa part déclaré que "c'est une décision sensée, elle est liée, entre autres, aux menaces de sanctions que nous avons reçues des dirigeants américains", tout en assurant que cela n'aurait aucun impact sur le taux de change.

Cette annonce survient avant le sommet qui doit réunir pour la première fois le 16 juin les présidents Joe Biden et Vladimir Poutine, sur fond de fortes tensions entre les deux pays.

Selon une note publiée jeudi par la banque ING, cette décision revient à vendre quelque 40 milliards de dollars pour ce fonds doté en tout de près de 186 milliards de dollars.

"Cela va être fait de manière interne entre le gouvernement et la banque centrale. A l'avenir l'accumulation de devises étrangères va se poursuivre", précise ING, suggérant que cela relève davantage de l'annonce politique.

"Je pense que cela a l'air d'un coup de publicité, ou d'une frappe préventive dans l'hypothèse de nouvelles sanctions américaines à venir", a estimé pour sa part sur Twitter l'économiste Timothy Ash.


Chine: net ralentissement de la croissance au 3e trimestre à 4,9%

Cette photo aérienne prise le 11 octobre 2021 montre des conteneurs empilés dans le port de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine. (Photo, AFP)
Cette photo aérienne prise le 11 octobre 2021 montre des conteneurs empilés dans le port de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine. (Photo, AFP)
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  • D'un trimestre à l'autre, la croissance du géant asiatique progresse de 0,2% seulement, un rythme bien inférieur à celui de la période avril-juin (1,3%)
  • Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance d'au moins 6% cette année

PEKIN : La Chine a annoncé lundi un net tassement de sa croissance économique au troisième trimestre (+4,9% sur un an), du fait notamment de la crise de l'immobilier et des pénuries d'électricité qui pèsent sur les chaînes d'approvisionnement.

Au deuxième trimestre 2021, le produit intérieur brut (PIB) du pays avait enregistré une hausse de 7,9% sur un an, après un rebond sur la période janvier-mars (18,3%).

Ce ralentissement était largement anticipé. Un groupe d'analystes sondés par l'AFP tablait toutefois sur une décélération moins prononcée (5%).

D'un trimestre à l'autre, la croissance du géant asiatique progresse de 0,2% seulement, un rythme bien inférieur à celui de la période avril-juin (1,3%).

"Les incertitudes liées à la conjoncture mondiale s'accentuent, tandis que la reprise intérieure reste instable et inégale", a relevé le Bureau national des statistiques (BNS).

Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB de la Chine est toujours scruté de près compte tenu du poids du pays dans l'économie mondiale.

Désormais quasi débarrassée du Covid-19, la Chine voit sa reprise menacée par la forte hausse du coût des matières premières, en particulier du charbon, dont le pays est très dépendant pour alimenter ses centrales électriques.

Résultat: les centrales tournent au ralenti, malgré une forte demande, et l'électricité est rationnée, ce qui a fait bondir les coûts de production pour les entreprises.

Autre point d'inquiétude pour les économistes: les déboires d'Evergrande et une éventuelle faillite de ce géant de l'immobilier.

Ce secteur, qui est traditionnellement l'une des locomotives de l'économie chinoise, a joué un rôle clé pour la reprise post-pandémie. 

Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance d'au moins 6% cette année.

Le Fonds monétaire international (FMI) table quant à lui sur une hausse de 8% du PIB de la seconde économie mondiale.


Facebook prévoit de créer 10 000 emplois en Europe pour construire le «métavers»

L'annonce de Facebook survient dans un contexte tendu pour l'entreprise californienne, qui a besoin de redorer son blason alors qu'elle est régulièrement accusée d'ignorer les impacts sociaux négatifs de ses activités. (Photo, AFP)
L'annonce de Facebook survient dans un contexte tendu pour l'entreprise californienne, qui a besoin de redorer son blason alors qu'elle est régulièrement accusée d'ignorer les impacts sociaux négatifs de ses activités. (Photo, AFP)
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  • Le «métavers», contraction de méta-univers, est une sorte de doublure numérique du monde physique, accessible via internet
  • Grâce notamment à la réalité virtuelle et augmentée, il devrait permettre de démultiplier les interactions humaines, en les libérant des contraintes physiques, via internet

PARIS : Facebook prévoit d'embaucher 10 000 personnes d'ici à cinq ans dans l'Union européenne pour travailler sur le "métavers", le monde parallèle numérique qui est le graal de Mark Zuckerberg, le fondateur et patron du géant américain des réseaux sociaux.

"Cet investissement est un vote de confiance dans la force de l'industrie technologique européenne et le potentiel des talents technologiques européens" ont indiqué dans un article de blog le Britannique Nick Clegg et l'Espagnol Javier Olivan, deux des plus hauts responsables du groupe qui compte aujourd'hui plus de 63 000 salariés.

Aucun détail précis n'est donné sur les pays où seront localisés les futurs emplois, ni sur le type d'emploi concernés.

"Le besoin d'ingénieurs hautement spécialisés est l'une des priorités les plus urgentes de Facebook", se contentent-ils de souligner.

Le "métavers", contraction de méta-univers ("metaverse" en anglais), est une sorte de doublure numérique du monde physique, accessible via internet. 

Grâce notamment à la réalité virtuelle et augmentée, il devrait permettre de démultiplier les interactions humaines, en les libérant des contraintes physiques, via internet.

Il pourrait par exemple offrir la possibilité de danser dans une boîte de nuit avec des personnes situées à des milliers de kilomètres, mais aussi d'acheter ou de vendre des biens ou services numériques, dont beaucoup restent encore à inventer.

"La qualité essentielle du métavers sera la présence - le sentiment de vraiment être là avec les gens", expliquait Mark Zuckerberg en juillet sur son profil Facebook.

Il ne s'agit pas simplement de créer "une nouvelle expérience formidable", mais aussi "une vague économique qui pourrait créer des opportunités pour les gens dans le monde entier", avait-il également expliqué dans une interview vidéo lors du salon Vivatech en juin. 

L'annonce de Facebook survient dans un contexte tendu pour l'entreprise californienne, qui a besoin de redorer son blason alors qu'elle est régulièrement accusée d'ignorer les impacts sociaux négatifs de ses activités.

La dernière salve est venue début octobre de la lanceuse d'alerte Frances Haugen, une ancienne employée de Facebook, qui accuse le groupe américain de pousser les adolescents à utiliser toujours plus ses plateformes, au risque de provoquer une addiction.

Dans leur message, Nick Clegg et Javier Olivan rendent un hommage appuyé au rôle joué par l'Europe dans la régulation contre les excès d'internet.

"Les décideurs européens ouvrent la voie en aidant à intégrer les valeurs européennes telles que la liberté d'expression, la vie privée, la transparence et les droits des individus dans le fonctionnement quotidien d'internet", soulignent-ils.

L'Europe "a un rôle important à jouer dans l'élaboration des nouvelles règles d'internet", soulignent-ils.

«Aucune entreprise ne possédera le métavers»

Ils répètent par ailleurs que Facebook ne cherche pas avec le "métavers" à construire un nouvel univers fermé, à l'image de son réseau social.

"Aucune entreprise ne possédera ni n'exploitera le métavers", affirment-ils. 

"Comme Internet, sa caractéristique principale sera son ouverture et son interopérabilité. Pour lui donner vie, la collaboration et la coopération seront nécessaires entre les entreprises, les développeurs, les créateurs et les décideurs politiques", estiment-ils.

Facebook est déjà l'un des leader mondiaux de la réalité virtuelle avec son casque Oculus, issu de l'entreprise du même nom rachetée en 2014 pour 2 milliards de dollars. 

En septembre, Facebook a annoncé qu'il avait nommé au poste de directeur technologique Andrew Bosworth, dirigeant de Facebook Reality Labs et à ce titre un de ses spécialistes du "métavers".

Le géant américain n'est pas le seul à parier sur ce monde virtuel. 

Epic Games, l'entreprise derrière Fortnite, a indiqué qu'une partie du milliard de dollars levés cette année auprès d'investisseurs institutionnels, dont Sony, serait consacrée au "métavers".

Sur Decentraland, une plateforme en ligne considérée comme l'un des précurseurs du "métavers", il est désormais possible de décrocher un job de croupier dans un casino virtuel.


Ineos va investir plus de 2 milliards d'euros dans la production d'hydrogène vert

Le milliardaire Jim Ratcliffe, propriétaire du groupe Ineos, à Londres en 2014. (Photo, AFP)
Le milliardaire Jim Ratcliffe, propriétaire du groupe Ineos, à Londres en 2014. (Photo, AFP)
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  • La première unité construite sera une usine d'électrolyseurs de 20 MW pour produire de l'hydrogène propre par électrolyse de l'eau, alimenté par une électricité zéro carbone, en Norvège
  • En Allemagne, Ineos prévoit de construire un électrolyseur de 100 MW pour produire de l'hydrogène vert sur son site de Cologne

LONDRES : Le groupe britannique Ineos du milliardaire Jim Ratcliffe a annoncé lundi investir plus de 2 milliards d'euros dans la production d'hydrogène vert, une énergie propre clé pour décarboner le secteur industriel.


"Il s'agira du plus gros investissement jamais réalisé en Europe dans des projets d'électrolyse visant à produire de l'hydrogène vert", a annoncé dans un communiqué Ineos, précisant que sa filiale Inovyn est déjà le plus grand opérateur européen d'électrolyse.


Dans le cadre de cet investissement, des usines seront construites en Norvège, en Allemagne et en Belgique au cours des 10 prochaines années. Des investissements sont également prévus au Royaume-Uni et en France.


La première unité construite sera une usine d'électrolyseurs de 20 MW pour produire de l'hydrogène propre par électrolyse de l'eau, alimenté par une électricité zéro carbone, en Norvège.


En Allemagne, Ineos prévoit de construire un électrolyseur de 100 MW pour produire de l'hydrogène vert sur son site de Cologne. 


"L'Europe réclame davantage d'investissements dans l'hydrogène vert et l'annonce d'Ineos aujourd'hui montre notre détermination à jouer un rôle de premier plan dans ce nouveau carburant important", a déclaré M. Ratcliffe dans un communiqué.


L'hydrogène dit "vert" est produit par électrolyse de l'eau en utilisant de l'électricité d'origine renouvelable (éolienne, solaire ou hydroélectrique).


Il est vu comme l'un des meilleurs atouts pour décarboner les industries lourdes qui participent au réchauffement climatique, car il brûle beaucoup plus proprement que les carburants fossiles et ne libère que de la vapeur d'eau.