Le chef de la diplomatie turque en visite en France

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. (AFP)
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. (AFP)
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Publié le Dimanche 06 juin 2021

Le chef de la diplomatie turque en visite en France

  • Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, rencontrera son homologue français Jean-Yves Le Drian pour discuter «des relations bilatérales, ainsi qu'entre la Turquie et l'Union européenne» et des questions «régionales et internationales»
  • La visite intervient à un moment où Ankara cherche à normaliser ses relations avec Paris après des mois de tensions sur plusieurs dossiers qui opposent les deux pays comme la Libye, la Syrie, la Méditerranée orientale

ANKARA : Le ministre turc des Affaires étrangères sera dimanche et lundi en France, marquant une première visite de haut niveau après des mois de tensions entre les deux pays et au moment où Ankara cherche à normaliser ses relations avec Paris.

Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, rencontrera son homologue français Jean-Yves Le Drian pour discuter "des relations bilatérales, ainsi qu'entre la Turquie et l'Union européenne" et des questions "régionales et internationales", a annoncé le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La visite intervient à un moment où Ankara cherche à normaliser ses relations avec Paris après des mois de tensions sur plusieurs dossiers qui opposent les deux pays comme la Libye, la Syrie, la Méditerranée orientale ou encore l'offensive de Paris contre l'influence turque sur l'islam en France.

En octobre dernier, le chef de l'Etat turc Recep Tayyip Erdogan avait mis en cause la "santé mentale" du président français Emmanuel Macron, l'accusant de mener une "campagne de haine" contre l'islam, parce qu'il avait défendu le droit de caricaturer le prophète Mahomet et pour son discours contre le "séparatisme" islamiste en France.

En signe d'apaisement, les deux chefs d'Etat se sont entretenus en mars dernier par visioconférence.

Ankara multiplie depuis le début de l'année les gestes envers ses alliés occidentaux et régionaux pour sortir de son isolement croissant sur les scènes régionale et internationale.


Haine en ligne: jugements pour menaces contre l'ex-journaliste Nicolas Hénin

Le journaliste français et ancien otage en Syrie Nicolas Henin lors d’une conférence de presse au siège du journal Le Point le 6 septembre 2014 à Paris. (Alain Jocard / AFP)
Le journaliste français et ancien otage en Syrie Nicolas Henin lors d’une conférence de presse au siège du journal Le Point le 6 septembre 2014 à Paris. (Alain Jocard / AFP)
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  • Nicolas Hénin, qui fut l'otage de l'organisation État islamique pendant dix mois en Syrie en 2013-2014, avait porté plainte début 2019 contre X pour menaces, menaces de morts et harcèlement moral en ligne
  • Ces menaces étaient apparues alors que M. Hénin avait appelé à signaler à Twitter et à la plateforme Pharos (chargée de la lutte contre les contenus illicites sur internet) des tweets publiés par le père d'une victime des attentats du 13-Novembre

PARIS : Cinq personnes seront jugées en avril à Paris pour s'être acharnées en ligne contre l'ancien journaliste Nicolas Hénin, qui avait signalé le compte Twitter du père d'une victime du Bataclan qui appelait à fusiller les jihadistes à leur retour en France, a indiqué dimanche une source proche du dossier.

Ces cinq personnes, trois hommes et deux femmes, sont convoquées le 20 avril pour répondre de menaces et harcèlement, selon cette source qui confirmait une information du Journal du Dimanche (JDD).

Nicolas Hénin, qui fut l'otage de l'organisation État islamique pendant dix mois en Syrie en 2013-2014, avait porté plainte début 2019 contre X pour menaces, menaces de morts et harcèlement moral en ligne.

"J'appelle à ce que vous vous fassiez égorger", "c'est lui qui mérite l'exécution", "on aurait dû te laisser crever chez Daesh", affirmaient certains des milliers de messages ciblant le journaliste, désormais spécialisé dans le conseil sur la lutte contre le terrorisme et la radicalisation islamiste.

Ces menaces étaient apparues alors que M. Hénin avait appelé à signaler à Twitter et à la plateforme Pharos (chargée de la lutte contre les contenus illicites sur internet) des tweets publiés par le père d'une victime des attentats du 13-Novembre, Patrick Jardin, à propos du retour envisagé à l'époque de plusieurs dizaines de jihadistes français détenus par les Kurdes.

"Fusillons-les (...) comme Leclerc a fait fusiller les Français de la Waffen SS", "tuons aussi leurs enfants d'ailleurs", avait publié M. Jardin sur le réseau social, qui avait fini par bloquer son compte.

Sur un nouveau compte, ce dernier avait ensuite traité M. Hénin de "petit journaleux délateur gauchiasse" et obtenu le soutien de plusieurs figures du Rassemblement national.

Faute de réponse de Twitter à ses requêtes, le parquet de Paris avait classé sa plainte en 2020. Mais l'avocat du journaliste, Me Eric Morain, avait fait un recours permettant de relancer l'enquête.

Twitter a alors accédé aux réquisitions et identifié une trentaine de comptes, sur lesquels cinq ont été retenus par le pôle national de lutte contre la haine en ligne, mis en place en janvier 2021.

"On peut dire qu'il n'y en a pas assez, on peut regretter que le parquet n'ait pas retenu plus de comptes", a réagi auprès de l'AFP Me Morain. "Mais l'important, c'est le message. Chaque nouvelle affaire est une pierre supplémentaire de l'édifice contre la haine en ligne", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Patrick Jardin, partie civile au procès des attentats du 13-Novembre, témoignera mardi.


En Corse, un atelier de fabrication de munitions dissimulé dans un conteneur

Cet atelier a pu être identifié dans le cadre d'une enquête menée par la police judiciaire, après l'ouverture d'une information judiciaire pour importation, fabrication et détention d’armes. (AFP)
Cet atelier a pu être identifié dans le cadre d'une enquête menée par la police judiciaire, après l'ouverture d'une information judiciaire pour importation, fabrication et détention d’armes. (AFP)
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  • Il s’agit d’une découverte inédite au regard de la qualité de la dissimulation de l’atelier, du nombre des machines de confection retrouvé et du volume d’armes et de munitions stocké
  • Les enquêteurs devront désormais déterminer si cet arsenal avait vocation à être revendu, a encore précisé le parquet

AJACCIO: Un atelier "inédit" de fabrication de munitions et d’assemblage d’armes à feu a été découvert dans un conteneur accessible uniquement par un passage enterré dans la région de Saint-Florent (Haute-Corse), a annoncé dimanche le parquet de Bastia.

Le propriétaire de cet atelier a été mis en examen et placé en détention provisoire. 

"A l’intérieur, les services de police ont notamment découvert plusieurs presses à munitions, machines à usiner des pièces métalliques, une cinquantaine d’armes de poing et d’armes longues et plusieurs milliers de munitions", a détaillé le procureur de la République de Bastia, Arnaud Viornery, dans un communiqué.

"Il s’agit d’une découverte inédite au regard de la qualité de la dissimulation de l’atelier, du nombre des machines de confection retrouvé et du volume d’armes et de munitions stocké", a-t-il insisté.

Cet atelier a pu être identifié dans le cadre d'une enquête menée par la police judiciaire, après l'ouverture d'une information judiciaire pour importation, fabrication et détention d’armes. 

Les enquêteurs devront désormais déterminer si cet arsenal avait vocation à être revendu, a encore précisé le parquet.


Marine Le Pen à la rencontre d'Orban, sur les pas de Zemmour

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d'un événement à Budapest le 23 octobre, pour commémorer le 65e anniversaire du soulèvement hongrois contre l'occupation soviétique le 23 octobre 2021. (Attila Kisbenedek / AFP)
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d'un événement à Budapest le 23 octobre, pour commémorer le 65e anniversaire du soulèvement hongrois contre l'occupation soviétique le 23 octobre 2021. (Attila Kisbenedek / AFP)
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  • Ce déplacement à l'étranger vise, pour Marine Le Pen, à tenter de reprendre du terrain sur le polémiste Zemmour, qui la talonne dans les sondages bien que toujours pas déclaré
  • Marine Le Pen veut «rappeler qu'elle existe, étant donné que ces deux figures de l'extrême droite sont déjà allées en Hongrie», note l'historien Nicolas Lebourg

PARIS : Un mois après son rival Éric Zemmour, Marine Le Pen rencontre mardi à Budapest le dirigeant ultraconservateur hongrois Viktor Orban, une manière de montrer qu'elle compte en Europe, et dans son camp, à six mois de la présidentielle.

«Être reçue par un chef de gouvernement en exercice donne un signe de respectabilité» à la candidate du Rassemblement national (RN), explique à l'AFP le politologue Jean-Yves Camus.

Ce déplacement à l'étranger vise, pour Marine Le Pen, à tenter de reprendre du terrain sur le polémiste Zemmour, qui la talonne dans les sondages bien que toujours pas déclaré.

Elle aura droit à une conférence de presse commune avec le dirigeant hongrois, quand son rival -et candidat non déclaré- s'était contenté d'un entretien privé le 24 septembre à Budapest, en marge d'une réunion de la droite conservatrice et identitaire, tout comme sa nièce Marion Maréchal.

- «Regonfler son image» -

Marine Le Pen veut «rappeler qu'elle existe, étant donné que ces deux figures de l'extrême droite sont déjà allées en Hongrie», note l'historien Nicolas Lebourg.

En s'affichant aux côtés de Viktor Orban, aux positions tranchées sur l'immigration et les personnes LGBT+, elle entend en outre donner des gages à la frange la plus radicale de ses électeurs, déboussolée par son discours «dédiabolisé».

Le candidate du RN a «besoin de regonfler son image à elle, de dire à cet électorat tenté par Eric Zemmour que question autoritarisme, elle a aussi quelques galons», commente M. Lebourg, auteur avec M. Camus d'un essai sur «Les droites extrêmes en Europe» (Seuil, 2015).

Dans la même optique, elle a rencontré vendredi à Bruxelles le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, en conflit avec Bruxelles sur l'indépendance de la justice et la primauté du droit européen. L'occasion pour elle de dénoncer «le chantage inacceptable» de la Commission européenne envers Varsovie.

La veille, Viktor Orban avait de même fustigé «une chasse aux sorcières».

Mme Le Pen et M. Orban partagent des conceptions proches de l'Europe.

La première défend «une Europe des nations» et des coopérations depuis qu'elle a renoncé, en 2017, à quitter l'UE (Frexit) et l'euro, tandis que le second, en dépit de ses conflits réguliers avec Bruxelles sur l'Etat de droit, exclut de sortir de l'Union.

 

Autre point commun, la lutte contre l'immigration. Marine Le Pen a récemment présenté un projet de référendum à ce sujet, sur la même ligne que ce que défend Viktor Orban, farouchement opposé à l'accueil de réfugiés musulmans au nom de «l'identité culturelle de l'Europe».

- Vers une alliance souverainiste? -

Pourtant, pendant longtemps, Viktor Orban ne voulait pas s'afficher avec la chef de l'extrême-droite française.

«Sa position a considérablement changé depuis que son parti, le Fidesz, a quitté le groupe PPE (droite) au Parlement européen» en mars 2021, et se retrouve plus isolé, souligne Eszter Petronella Soos, politologue hongroise spécialiste de la France.

«Avant, il ne pouvait pas se le permettre», car le RN fait partie du groupe Identité et Démocratie (ID) mais depuis ce divorce, «M. Orban est plus ouvert et essaie de bâtir une nouvelle alliance à droite de la droite».

Cette rencontre à Budapest a été convenue, selon Marine Le Pen, après la publication, en juillet, d'une «déclaration commune» entre la candidate du RN et une quinzaine d'alliés en Europe, dont M. Orban, en vue d'une alliance au Parlement européen pour «réformer l'Europe».

Si ce large groupe souverainiste voit le jour, «l'idée est qu'il puisse talonner le groupe PPE pour que le rapport de force entre les deux droites, classique et nationaliste-populiste, soit le plus favorable aux nationalistes», analyse Jean-Yves Camus.

Mais «ce serait étonnant que les choses se décoincent» rapidement en faveur d'un groupe commun au RN et au Fidesz, selon M. Lebourg, alors que des divergences demeurent sur le plan économique et les questions sociétales.