Le port de Beyrouth entame une lente reprise

Les équipes libanaises sont aidées par 400 soldats français, qui ont également fourni 150 véhicules (Photo, AP).
Les équipes libanaises sont aidées par 400 soldats français, qui ont également fourni 150 véhicules (Photo, AP).
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Publié le Vendredi 28 août 2020

Le port de Beyrouth entame une lente reprise

  • 7800 tonnes de gravats ont jusqu'à présent été déplacées par son équipe, mais elles n'ont pas encore été retirées du port
  • La directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay a visité les sites du patrimoine touchés et a promis une assistance

BEYROUTH: Le vice-président de l'Association des industriels libanais Ziad Bekdash, a déclaré jeudi que      « 90% » des exportations libanaises transitent à nouveau par le port de Beyrouth, moins d'un mois après l'explosion dévastatrice qui a détruit d'immenses zones du port et les quartiers résidentiels avoisinants. Il a rendu hommage a l'administration portuaire et l'armée libanaise d'avoir permis la reprise des opérations d'exportation.

Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont affirmé pour leur part qu'il n'y avait plus de restes partiels à soumettre pour comparaison par le département des enquêtes scientifiques à la suite de l'explosion, mais que trois personnes étaient toujours portées disparues.

Le colonel Youssef Haidar, commandant du régiment de travaux lourds de l'armée libanaise, qui est chargé d'enlever les débris du port, a déclaré: « La zone dans laquelle nous effectuons les travaux est divisée en deux: une zone verte, où des gravats sont en cours de déblaiement, et une zone rouge, qui est la zone d'enquête, donc nous n'y touchons pas. Il n'y a plus de parties du corps ou de personnes disparues dans la zone verte. Nous ne savons pas s'il y a quelque chose dans la zone rouge. »

Haidar a estimé qu'environ 7800 tonnes de gravats ont jusqu'à présent été déplacées par son équipe, mais elles n'ont pas encore été retirées du port, car le ministère de l'Environnement et l'Union européenne mènent actuellement une étude sur la meilleure façon de gérer cette décharge.

Néanmoins, les routes à l'intérieur du port sont désormais dégagées, a-t-il déclaré, et environ 10 tonnes de marchandises sont déjà inventoriées par les douanes et renvoyées à leurs propriétaires. « Le port fonctionne actuellement à 30% de sa capacité, et cela devrait passer à 45% d'ici la semaine prochaine », a déclaré Haidar.

Haidar et son équipe ont été aidés par 400 soldats français, qui ont également fourni 150 véhicules. La semaine prochaine, 80 soldats italiens devraient arriver, ainsi que d'autres véhicules, pour aider à nettoyer la zone verte.

Audrey Azoulay

Conjointement, dans le cadre des efforts internationaux visant à reconstruire les écoles endommagées à Beyrouth, la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a inspecté un certain nombre d’écoles dans les districts de Gemmayzeh et Achrafieh. Elle a également inspecté des édifices patrimoniaux détruits ou gravement endommagés par l'explosion.

Azoulay a déclaré que près de 85 000 étudiants au Liban avaient été affectés par les dégâts causés par l'explosion, à un moment où le secteur de l'éducation connaissait déjà des difficultés en raison de la pandémie COVID-19.

Elle a souligné que la reconstruction des écoles est une priorité. « L'UNESCO coopérera avec les autorités locales pour élaborer un plan et obtenir un financement pour reconstruire les écoles touchées par l'explosion », a-t-elle déclaré. « Nous soutiendrons le secteur éducatif en général. »

Dans un communiqué publié par le bureau des médias de l'UNESCO, Azoulay a déclaré: « Le peuple libanais peut compter sur le soutien de l'UNESCO pour mobiliser tous les acteurs et aider à préserver la vie culturelle riche et le patrimoine de Beyrouth. Je veillerai à ce que l’éducation et la culture soient au cœur des efforts de reconstruction et qu’une attention particulière soit accordée aux plus vulnérables. »

Azoulay a rencontré le président libanais Michel Aoun et - selon le bureau des médias du président- a souligné l’importance de contribuer à la reconstruction des sites patrimoniaux endommagés, afin de protéger l’histoire culturelle de la capitale et que l’UNESCO coopérera au processus de reconstruction. « Il y a un grand besoin pour la communauté internationale de soutenir le Liban, non seulement dans l'aspect humanitaire, mais aussi dans l'aspect développemental », a déclaré Aoun dans un communiqué. « Le Liban ne pourra pas se redresser sans le soutien de la communauté internationale. »

 


Bahreïn dénonce une "agression flagrante" après des frappes iraniennes

Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
Des véhicules circulent sur une route dans la capitale du Bahreïn, Manama, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Bahreïn affirme avoir intercepté sept missiles tirés lors de frappes iraniennes visant son territoire et le Koweït, qu’il qualifie d’attaque contre sa souveraineté
  • Téhéran a revendiqué des tirs de missiles en représailles à des frappes américaines, ciblant notamment une base aérienne au Koweït et un site militaire américain à Bahreïn

MANAMA: Bahreïn, déjà ciblé en début de semaine, a dénoncé samedi les frappes menées par l'Iran contre son territoire et le Koweït voisin, disant avoir intercepté sept missiles.

"Le ministère des Affaires étrangères condamne fermement ces nouvelles attaques", a-t-il écrit dans un communiqué. "Cette agression flagrante constitue une violation manifeste de la souveraineté des deux pays", a-t-il ajouté.

Les Gardiens de la Révolution iraniens avaient dit dans la nuit avoir tiré, en représailles à des frappes américaines, des missiles balistiques vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.