A Srebrenica, l'apaisement face à la reconnaissance du «mal»

«Ce qui me fait le plus mal est qu’ils nient le génocide. Ils disent que ça ne s’est pas produit. Mais ces pierres tombales le prouvent. Ils ne sont pas venus seuls se coucher ici. Ils ont été tués». (Photo, AFP)
«Ce qui me fait le plus mal est qu’ils nient le génocide. Ils disent que ça ne s’est pas produit. Mais ces pierres tombales le prouvent. Ils ne sont pas venus seuls se coucher ici. Ils ont été tués». (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

A Srebrenica, l'apaisement face à la reconnaissance du «mal»

  • Pour de nombreux Serbes de Bosnie, le général Mladic est un «héros» qui n'a fait que défendre les intérêts du peuple serbe
  • Les survivants bosniaques voient ce «déni» comme le parachèvement des massacres eux-mêmes

SREBRENICA: "Le mal a été reconnu". À Srebrenica, où des milliers d'hommes et d'adolescents musulmans ont péri en 1995 aux mains des forces serbes de Bosnie, des survivants et familles de victimes se disaient soulagés mardi après la condamnation définitive de leur ancien chef militaire, le général Ratko Mladic.

Plus d'un quart de siècle après la guerre, des familles rassemblées au "Centre mémorial du génocide" ont écouté en silence la retransmission sur un écran géant du verdict rendu par la justice internationale à la Haye (Pays-Bas).

Devant les milliers de stèles blanches alignées parfaitement, des mères de Srebrenica ont entendu l'ancien soldat presque octogénaire être condamné à passer sa vie derrière les barreaux pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pendant la guerre de Bosnie, qui fit 100 000 morts entre 1992 et 1995.

Nedzad Avdic, 43 ans, a survécu au massacre dans l'enclave censée être "protégée" par l'ONU, où plus de 8 000 Bosniaques ont été tués en juillet 1995 - le pire massacre sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale. Son père n'a pas eu cette chance. 

"Pour moi, ce n’est pas la sentence de Mladic qui est importante mais le verdict", dit-il. "Il ne laissera plus aucun espace, à personne, pour nier le génocide. Le mal a été appelé le mal et j'espère que des responsables politiques serbes vont enfin accepter ces faits".

Mais il n'est pas sûr qu'il soit entendu. Pour de nombreux Serbes de Bosnie, le général Mladic est un "héros" qui n'a fait que défendre les intérêts du peuple serbe. Une partie de la communauté minimise, voire nie les exactions commises durant la guerre – à Srebrenica, mais aussi durant le siège de Sarajevo ou dans les camps de détention de Prijedor.

Dès l'énoncé du verdict, les responsables de la Republika Srpska, l'entité serbe du pays divisé, ont dénoncé une justice internationale partiale dépourvue de "la moindre crédibilité".

«Les tombes le prouvent»

"Ils essayent de créer un mythe sur le génocide de Srebrenica qui ne s'est jamais produit", a affirmé Milorad Dodik, chef politique des Serbes de Bosnie. "Ce verdict a propulsé le général Mladic au rang de légende car les Serbes savent que sans lui, notre peuple aurait souffert beaucoup plus", a-t-il asséné.

Les survivants bosniaques voient ce "déni" comme le parachèvement des massacres eux-mêmes, tout comme le principal obstacle à l'apaisement des relations dans le pays fracturé selon des lignes communautaires.

Munevera Kabeljic, 69 ans, venue s'incliner les tombes de son mari et de ses fils de 17 et 20 ans, s'insurge contre le révisionnisme.

"Ce qui me fait le plus mal est qu’ils nient le génocide. Ils disent que ça ne s’est pas produit. Mais ces pierres tombales le prouvent. Ils ne sont pas venus seuls se coucher ici. Ils ont été tués", dit-elle.

Malgré tout, des veuves ont ressenti un certain soulagement de voir la page Mladic se tourner. 

"Nous, les mères, nous avons quand même retrouvé une sérénité après 26 ans", soupire Nedziba Salihovic, 67 ans, dont le fils, le mari et le frère ont été tués dans le massacre.

"Nous devons être contentes parce que c'est la perpétuité. Il sera en prison jusqu’à la fin de ses jours, comme je dois être seule jusqu’à la fin de mes jours, en attendant de retrouver au paradis mon fils, mon mari, mon frère et bien d’autres êtres chers".


Le Canada en deuil après une rare tuerie qui a fait neuf morts

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  • L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain
  • D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé

MONTREAL: Le Canada est "en deuil", a déclaré mercredi le Premier ministre Mark Carney au lendemain d'une tuerie qui a fait neuf morts et une trentaine de blessés dans une petite ville isolée de l'ouest du pays, où une personne a ouvert le feu dans un collège-lycée.

"Nous surmonterons cette épreuve. Nous en tirerons des leçons", a également promis le Premier ministre, appelant les Canadiens au "rassemblement" dans un pays sous le choc, peu habitué aux tueries de ce type contrairement au voisin américain.

Les drapeaux des édifices gouvernementaux seront mis en berne pendant une semaine.

L'attaque s'est déroulée à Tumbler Ridge, petite ville isolée de 2.300 habitants au pied des Montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique, à plusieurs heures de route de tout centre urbain.

D'après la première "alerte" envoyée mardi par la police aux habitants, le suspect a été décrit "comme étant une femme brune portant une robe". Mais les autorités n'ont pas confirmé.

Le suspect, dont le genre fait l'objet de spéculations, serait mort après "une blessure qu'il se serait infligée", selon la police.

Ken Floyd, un responsable de la police canadienne, est resté prudent mais a indiqué que le tireur était bien la personne mentionnée dans l'alerte.

Vingt-sept personnes ont également été blessées, dont deux grièvement, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada dans un communiqué.

"Horreur" 

Nina Krieger, ministre de le Sécurité publique de la province, a évoqué "l'une des pires tueries de masse de l'histoire" du Canada.

"Nous allons nous rassembler et faire en sorte d'être à l'écoute de ceux qui veulent parler" après cette "grande tragédie", a déclaré Darryl Krakowka, le maire de Tumbler Ridge, auprès de la chaîne publique CBC.

Mark Carney n'a pas prévu d'aller sur place mais le ministre canadien de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, et le Premier ministre de la province David Eby se rendent mercredi au chevet de la ville.

La famille royale britannique s'est dite "profondément choquée et attristée" par ce drame, dans un communiqué du roi Charles III, également chef d'Etat du Canada.

"L'horreur a frappé (...). Pensées aux familles des victimes, aux blessés et à toute la communauté éducative. La France se tient aux côtés des Canadiens", a affirmé le président français Emmanuel Macron sur X.

C'est la seconde tuerie en Colombie-Britannique en moins d'un an. En avril 2025, un homme avait tué 11 personnes à Vancouver, en fonçant avec son camion sur une foule qui célébrait un festival culturel philippin.

Ce type d'attaque est exceptionnel dans les écoles canadiennes. Elle frappe une ville connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique.

"Mon plus jeune enfant vient tout juste de sortir du lycée (...). Ma fille aînée travaille à 300 mètres de l'école. Il s'en est fallu de peu", a raconté mardi soir à l'AFP Trent Ernst, journaliste local et ancien enseignant suppléant au lycée de Tumbler Ridge.

"Des fusillades dans des écoles au Canada, c'était une toutes les quelques années (...). Mais quand ça se produit dans votre ville, les choses déraillent complètement", a-t-il ajouté.

"Scène épouvantable" 

Darian Quist, élève dans l'établissement, a expliqué à CBC qu'il se trouvait en cours de mécanique quand on leur a annoncé le confinement de l'école.

"Nous avons pris des tables et barricadé les portes pendant plus de deux heures" jusqu'à l'arrivée de la police, a-t-il raconté.

La première alerte en début d'après-midi concernait un tireur dans l'école. Arrivées sur place, les forces de l'ordre ont d'abord découvert six corps, sans compter le suspect.

Une septième personne blessée par balle est décédée durant son transport à l'hôpital.

Par la suite, la police "a identifié un second lieu (...) lié à l'assaut, où deux autres victimes ont été retrouvées mortes dans une résidence", selon un communiqué.

Ken Floyd a décrit une "scène épouvantable" à l'arrivée des forces de l'ordre.

Si les tueries sont moins fréquentes au Canada qu'aux États-Unis, les statistiques sur la dernière décennie témoignent d'une augmentation constante des crimes commis avec des armes à feu.

En 2020, le Canada avait interdit 1.500 modèles d'armes d'assaut en réaction à la tuerie la plus meurtrière de son histoire, qui avait fait 22 morts dans la province de Nouvelle-Écosse (est).


Israël avance «vers une annexion de facto» de la Cisjordanie, dénonce Berlin

L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères. (AFP)
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  • L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto"
  • "Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies"

BERLIN: L'aval donné par le cabinet de sécurité israélien à des mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie constitue "une étape supplémentaire vers une annexion de facto", a dénoncé mercredi le ministère allemand des Affaires étrangères.

"Israël demeure puissance occupante en Cisjordanie, et en tant que puissance occupante, il est contraire au droit international d'y construire des colonies", a déclaré lors d'un point presse régulier un porte-parole du ministère, alors que les nouvelles mesures rendent plus faciles les achats de terres pour les colons israéliens.


L'UE doit éliminer les entraves qui l'empêchent d'être un "géant mondial", dit von der Leyen

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, assiste à un débat sur les mesures urgentes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’UE, approfondir le marché unique et réduire le coût de la vie, au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 11 février 2026. (AFP)
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  • Ursula von der Leyen appelle l’UE à éliminer les obstacles internes au marché unique, notamment la fragmentation du secteur financier, afin de renforcer la compétitivité, faciliter l’accès aux capitaux et faire de l’Europe un « vrai géant mondial »
  • Elle défend la simplification réglementaire, la poursuite des accords de libre-échange et propose un nouveau statut paneuropéen pour les entreprises (« EU Inc »), tout en ouvrant la voie à des coopérations renforcées et en relançant le débat sur une « pré

STRASBOURG: L'Europe doit "éliminer les entraves" internes à sa compétitivité, si elle veut devenir "un vrai géant mondial", a plaidé mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen devant le Parlement européen, à la veille d'un sommet de l'UE.

Citant l'exemple de la fragmentation "sous stéroïdes" du secteur financier européen, la dirigeante a appelé à parachever au plus vite l'intégration du marché unique, en éliminant "un par un" les obstacles qui nuisent à l'activité économique au sein de l'UE.

"Nos entreprises ont besoin de capitaux dès maintenant. Nous devons le faire cette année", a-t-elle lancé aux eurodéputés réunis à Strasbourg, appelant également à poursuivre la conclusion d'accords de libre-échange et la "simplification" réglementaire pour libérer le potentiel de croissance de l'économie.

Les dirigeants des 27 se réunissent jeudi au château d'Alden Biesen en Belgique pour un sommet consacré à la compétitivité de l'économie européenne.

Plusieurs d'entre eux, dont Ursula von der Leyen, le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz participeront en outre à un sommet mercredi à Anvers avec des responsables de l'industrie européenne.

Parmi les sujets qui seront au menu de de ces réunions figure l'instauration d'une "préférence européenne", une mesure de soutien au "Made in Europe" qui consiste à obliger les entreprises bénéficiant de fonds publics à se fournir majoritairement en composants fabriqués en Europe.

La présidente de la Commission, qui avait défendu lundi cette mesure chère à la France, mais critiquée par d'autres pays, a assuré qu'il n'était pas question d'imposer une solution "toute faite" à l'ensemble de l'UE.

La responsable a par ailleurs ouvert la porte à des "coopérations renforcées" en matière de compétitivité, c'est-à-dire des réformes qui seraient menées dans certains pays volontaires, plutôt qu'à l'échelle des 27, comme le permettent les traités européens dans certains domaines.

Enfin, elle a confirmé que la Commission présenterait en mars un projet de création d'un nouveau statut juridique paneuropéen pour les entreprises, baptisé "EU Inc".

Ce statut, également appelé le "28e régime", leur permettrait d'exercer leurs activités dans l'ensemble de l'UE sans formalités supplémentaires ni surcoûts administratifs.