L'Iran augmentera sa production de pétrole après la levée des sanctions américaines

Les marchés pétroliers surveillent de près les pourparlers car la suppression des sanctions pourrait déclencher un afflux de pétrole iranien sur les marchés. Cependant, les experts estiment que cela ne perturbera pas le marché. (Médias sociaux)
Les marchés pétroliers surveillent de près les pourparlers car la suppression des sanctions pourrait déclencher un afflux de pétrole iranien sur les marchés. Cependant, les experts estiment que cela ne perturbera pas le marché. (Médias sociaux)
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Publié le Jeudi 10 juin 2021

L'Iran augmentera sa production de pétrole après la levée des sanctions américaines

  • Téhéran s'efforce d'augmenter sa production de brut à plus de 4 millions de barils par jour
  • «La production pétrolière quotidienne moyenne de l'Iran après la mise en œuvre de l'accord de 2015 était de 3,38 millions de barils par jour et nous prévoyons de revenir à ce niveau si les sanctions sont levées»

DUBAΪ: L'Iran prévoit une augmentation rapide de sa production de pétrole, a déclaré mercredi dernier un haut responsable du ministère du Pétrole, alors que les pourparlers se poursuivent entre Téhéran et six grandes puissances pour lever les sanctions américaines qui l'ont contraint à pomper bien en-deçà de sa capacité depuis 2018.

L'Iran et les six puissances sont en pourparlers depuis le mois d’avril afin de relancer un accord nucléaire qui date de 2015 et dont l'ancien président américain Donald Trump est sorti il y a trois ans, imposant de nouvelles sanctions qui ont durement frappé l'économie iranienne, réduisant fortement ses capitales exportations de pétrole.

«Si les sanctions sont levées, la majeure partie de la production de brut du pays sera rétablie d'ici à un mois», déclare Farrokh Alikhani, directeur de la production de la National Iranian Oil Company (Nioc), sur le site Internet Shana du ministère du Pétrole.

«Une planification minutieuse a été mise en place pour que la production de pétrole revienne aux niveaux d'avant les sanctions à des intervalles d'une semaine, d’un mois et de trois mois», précise-t-il.

Cependant, Washington a déclaré mardi dernier que, même si l'accord nucléaire était relancé, des centaines de sanctions américaines contre Téhéran resteraient en place. Cela pourrait signifier que l'offre supplémentaire de pétrole iranien ne sera pas réintroduite de sitôt sur le marché du brut.

En bref

L'Iran est sorti d'années d'isolement économique en 2016, lorsque les puissances mondiales ont levé les sanctions internationales qui paralysaient Téhéran en échange de son respect de l'accord de 2015, qui visait à réfréner ses ambitions nucléaires.

L'Iran prévoit de restaurer la production de pétrole aux niveaux d'avant les sanctions à des intervalles d'une semaine, d’un mois et de trois mois.

L'Iran est sorti d'années d'isolement économique en 2016, lorsque les puissances mondiales ont levé les sanctions internationales qui paralysait Téhéran en échange de son respect de l'accord de 2015, qui visait à réfréner ses ambitions nucléaires.

Les exportations de pétrole de Téhéran sont passées à 2 millions de barils par jour (bpj) en 2016 et ont atteint un pic de 2,8 millions de bpj avant que les sanctions ne soient réimposées en 2018 par Trump.

L'Iran ne publie pas de chiffres pour les exportations actuelles, mais certaines sociétés de surveillance de l'énergie les ont estimées à environ 700 000 bpj en avril et à 600 000 en mai.

Alikhani affirme que l'Iran espère augmenter encore sa production «à plus de 4 millions de barils par jour lors de la prochaine étape».

«La production pétrolière quotidienne moyenne de l'Iran après la mise en œuvre de l'accord de 2015 était de 3,38 millions de barils par jour et nous prévoyons de revenir à ce niveau si les sanctions sont levées», ajoute Alikhani.

Les marchés pétroliers surveillent de près les pourparlers, car la suppression des sanctions pourrait déclencher un afflux de pétrole iranien sur les marchés.

Cependant, un rapport de Forbes indique que le retour progressif des exportations iraniennes ne devrait pas perturber les équilibres pétroliers mondiaux, étant donné le rythme rapide de la reprise de la demande.

L'Agence internationale de l'énergie, l'organisme de surveillance de l'énergie pour les économies développées, situé à Paris, ne s'inquiète pas non plus pour l'Iran. Dans son dernier rapport mensuel sur le pétrole, elle souligne: «La croissance de l'offre prévue pour le reste de l'année est loin de correspondre à nos estimations, qui prévoyaient une demande nettement plus forte au-delà du deuxième trimestre.»

 


Le FMI approuve une hausse des réserves de ses pays membres

«Elle aidera particulièrement nos pays membres les plus vulnérables qui s'emploient à surmonter les effets de la crise» sanitaire, a déclaré Georgieva. (Photo, AFP)
«Elle aidera particulièrement nos pays membres les plus vulnérables qui s'emploient à surmonter les effets de la crise» sanitaire, a déclaré Georgieva. (Photo, AFP)
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  • Le programme, qui avait déjà été approuvé par le conseil d'administration du FMI mi-juillet, sera mis en oeuvre le 23 août
  • Pour les pays pauvres, l'intérêt est aussi de se procurer des devises fortes sans avoir à verser des taux d'intérêt substantiels

WASHINGTON: Le conseil des gouverneurs du Fonds monétaire international a donné son feu vert lundi à l'augmentation des réserves de ses pays membres à hauteur de 650 milliards de dollars, dernière étape dans l'approbation de cette initiative devant permettre d'accroître les liquidités des pays les plus vulnérables.

"Il s'agit d'une décision historique: la plus importante allocation de DTS (droits de tirages spéciaux, NDRL) de l'histoire du FMI et une bouffée d'oxygène pour l'économie mondiale en cette période de crise sans précédent", a commenté la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, dans un communiqué.

"Cette allocation de DTS profitera à tous les pays membres, répondra au besoin mondial de réserves à long terme, stimulera la confiance et renforcera la résilience et la stabilité de l'économie mondiale", a-t-elle assuré. 

"Elle aidera particulièrement nos pays membres les plus vulnérables qui s'emploient à surmonter les effets de la crise" sanitaire, a ajouté Mme Georgieva.

Le programme, qui avait déjà été approuvé par le conseil d'administration du FMI mi-juillet, sera mis en oeuvre le 23 août. 

Les DTS nouvellement émis seront attribués aux pays membres proportionnellement à leur quote-part au FMI, a précisé l'institution.

Les pays émergents et les pays en développement doivent en recevoir environ 275 milliards de dollars. 

Mais "nous poursuivrons également des échanges actifs avec nos pays membres afin de déterminer les options viables d'un transfert volontaire des DTS des pays plus riches aux pays plus pauvres et plus vulnérables pour les aider à se remettre de la pandémie et à réaliser une croissance résiliente et pérenne", a indiqué Mme Georgieva.

Transparence 

Les pays riches pourraient par exemple transférer leurs DTS en utilisant ceux qui leur sont dévolus pour financer le Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance du FMI, ce qui accroîtrait l'offre de prêts aux pays à faible revenu, a relevé le FMI.

L'ONG Oxfam s'est félicitée de l'adoption de cette initiative. 

"Les nouveaux DTS vont apporter aux pays en développement en difficulté des liquidités dont ils ont vraiment besoin sans alourdir le fardeau de leur dette", a réagi Nadia Daar, responsable de l'organisation à Washington, dans un communiqué. 

Il est "inconcevable" que les pays riches ne réallouent pas d'une façon ou d'une autre une part de leurs DTS, "au moins 100 milliards de dollars comme le G7 l'a décidé" lors d'un sommet mi-juin, a noté la représentante d'Oxfam.

Il est aussi nécessaire que les gouvernements "travaillent en toute transparence et en collaboration avec la société civile" pour que les DTS soient utilisés à bon escient, a-t-elle aussi estimé.

Créés en 1969, les DTS (SDR en anglais) ne sont pas une monnaie et n'ont pas d'existence matérielle.

Leur valeur repose sur un panier de cinq grandes monnaies internationales, le dollar, l'euro, la livre, le renminbi ou yuan, et le yen.

Une fois émis, les DTS peuvent être utilisés soit en monnaie de réserve qui permet de stabiliser la valeur de la monnaie intérieure, soit convertis dans des monnaies plus fortes afin de financer des investissements. 

Pour les pays pauvres, l'intérêt est aussi de se procurer des devises fortes sans avoir à verser des taux d'intérêt substantiels.


Les stocks de semi-conducteurs à un «plus bas historique, selon le patron d'Infineon

Les composants de puissance jouent un rôle essentiel dans l’efficacité énergétique des équipements électriques. (Photo, AFP)
Les composants de puissance jouent un rôle essentiel dans l’efficacité énergétique des équipements électriques. (Photo, AFP)
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  • Dans le secteur automobile, premier débouché d'Infineon, la demande de composants est très forte pour alimenter le boom des véhicules électriques
  • D'avril à juin, le chiffre d'affaires d'Infineon a grappillé 1% de croissance sur le précédent trimestre, à 2,72 milliards d'euros

FRANCFORT: Le fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon a fait état mardi de stocks à leur "plus bas historique", estimant que la pénurie de puces devrait se prolonger jusqu'en 2022.

"Les stocks sont au plus bas, nos puces passent directement de la production aux utilisateurs finaux", a déclaré Reinhard Ploss, président du directoire d'Infineon dans un communiqué.

Le groupe allemand figure parmi les plus grands fabricants mondiaux de puces électroniques, un secteur touché par un déséquilibre inédit entre une demande au plus haut et une offre insuffisante, notamment en raison de perturbations liées à la crise du Covid-19.

Dans son usine en Malaisie employant 8.000 personnes, dans l’État de Malacca, Infineon a dû interrompre la production pendant vingt jours en juin à cause de mesures de confinement locales.

Le manque à produire s'est par conséquent élevé entre "400 et 500 millions" de semi-conducteurs dans ce centre qui les teste et les emballe, a indiqué M. Ploss lors d'une conférence téléphonique. 

La production sur ce site sera à nouveau rétablie "d'ici fin août", a-t-il ajouté.

A Austin, au Texas, un site de production a été touché par une tempête cet hiver mais la production, qui en a souffert, a désormais retrouvé son niveau habituel.

Les récentes crues dévastatrices dans plusieurs régions de l'ouest de Allemagne ont aussi eu un impact sur la chaîne de production, a expliqué M. Ploss.

Les capacités de production du Munichois sont freinées au moment où les carnets de commandes sont pleins au point de représenter deux années de ventes, alimentés par l'appétit des consommateurs pour les produits électroniques.

Cela prendra "jusqu'en 2022" pour "retrouver un équilibre offre-demande", a estimé M. Ploss lors d'une conférence téléphonique avec des analystes.

Près des deux tiers des entreprises industrielles en Allemagne signalent à ce jour des problèmes de livraisons de produits semi-finis qui vont entraver la production, selon une enquête trimestrielle de l'institut munichois IFO publiée lundi. 

D'avril à juillet, la proportion d'entreprises concernées est passée de 45,0 à 63,8%. La pénurie affecte particulièrement les équipementiers électriques (84,4%) ainsi que les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs (83,4%), ajoute l'IFO.

Dans le secteur automobile, premier débouché d'Infineon, la demande de composants est très forte pour alimenter le boom des véhicules électriques.

Mais les constructeurs se trouvent en concurrence avec d'autres industries gourmandes en puces - ordinateurs, smartphones, objets connectés - qui captent une bonne part de l'offre.

D'avril à juin, le chiffre d'affaires d'Infineon a grappillé 1% de croissance sur le précédent trimestre, à 2,72 milliards d'euros.  

Le groupe a par ailleurs annoncé que son nouveau site de Villach, en Autriche, est prêt à commencer la production de composants de puissance sur tranches de 300 mm, qui peuvent accueillir un plus grand nombre de puces. 

La capacité installée du site, de 25% au départ, passera "à 100% d'ici 4 à 5 ans", a expliqué Jochen Hanebeck, directeur des opérations d'Infineon. 

Les composants de puissance jouent un rôle essentiel dans l’efficacité énergétique des équipements électriques.


Automobile: Stellantis affiche une rentabilité record et accélère son électrification

Stellantis vise désormais une marge opérationnelle autour de 10% sur l'année 2021, alors qu'il visait entre 5,5 et 7,5% au début de l'année. (Photo, AFP)
Stellantis vise désormais une marge opérationnelle autour de 10% sur l'année 2021, alors qu'il visait entre 5,5 et 7,5% au début de l'année. (Photo, AFP)
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  • Le chiffre d'affaires, de 75,3 milliards d'euros, est en hausse de 46% par rapport au premier semestre 2020, quand le marché était paralysé par la crise
  • Les marques premium de Stellantis seront parmi les premières à prendre le virage 100% électrique, face à Jaguar qui prévoit la grande bascule en 2025 et Volvo en 2030

PARIS: Le groupe automobile Stellantis, né début 2021 de la fusion du français PSA et de l'italo-américain Fiat-Chrysler (FCA), a fortement rebondi au premier semestre, affichant une rentabilité record malgré la pénurie de semi-conducteurs.

Alors que FCA était en retard dans le virage de l'électrique, son directeur général, Carlos Tavares, a décidé d'accélérer la transition. L'Europe veut bannir les véhicules à essence d'ici 2035.

Stellantis compte investir au total 30 milliards d'euros d'ici 2025 dans l'électrification de ses gammes, mais aussi dans les logiciels, pour lesquels il va présenter ses plans à l'automne.

Au total, 11 nouveaux véhicules électriques devraient être dévoilés au cours des deux prochaines années. Et les marques DS, Lancia, que le groupe souhaite relancer, et Alfa Romeo deviendront 100% électriques à partir de 2024, 2026 et 2027, respectivement.

Les marques premium de Stellantis seront parmi les premières à prendre le virage 100% électrique, face à Jaguar qui prévoit la grande bascule en 2025 et Volvo en 2030.

Le groupe a annoncé mardi un bénéfice net de 5,9 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année, alors que FCA avait enregistré de très lourdes pertes début 2020, avant la fusion.

"Nous signons un excellent départ pour Stellantis, avec une performance éblouissante en Amérique du Nord mais aussi en Europe, nos deux moteurs", s'est félicité Carlos Tavares devant les analystes financiers. 

Le chiffre d'affaires, de 75,3 milliards d'euros, est en hausse de 46% par rapport au premier semestre 2020, quand le marché était paralysé par la crise. 

Sa marge opérationnelle de 11,4% du chiffre d'affaires est "une marge record pour les deux groupes originels", selon son directeur financier Richard Palmer. 

Carlos Tavares a adapté au nouveau géant la recette choc qu'il avait appliquée chez Peugeot-Citroën, revoyant la production, privilégiant les modèles les plus rentables et une politique de prix sévère. Pour ses premiers résultats, le groupe franco-italo-américain s'est placé devant ses concurrents: le numéro deux mondial Volkswagen a enregistré une marge de 8,8%, tandis que Nissan a atteint 4,5% au dernier trimestre, Hyundai 6,2% et Renault 2,8%. 

Seuls les constructeurs premium font mieux, avec Daimler à 12,2% et BMW à 13%. Toyota et General Motors doivent encore annoncer leurs résultats.

Objectifs relevés

Stellantis a présenté des chiffres solides sur le marché nord-américain, avec des bonnes ventes de ses pickups Ram et de ses Jeep hybrides. 

En Europe, le premier marché du groupe, les Peugeot 2008 et les nouvelles Citroën C4, les Opel Mokka et Fiat 500 électriques dopent les ventes.

Maserati revient dans le vert avec près de 11 000 véhicules vendus et un petit bénéfice de 29 millions d'euros.

Les actions du groupe ont brillé en Bourse mardi, prenant à 17H autour de 4% aux bourses de Paris, Milan et New York.

Les synergies entre FCA et PSA ont été "mises en place plus vite que prévu" pour un total d'1,3 milliard d'euros au premier semestre, selon le directeur financier, notamment sur les coûts de recherche et développement.

Stellantis vise désormais une marge opérationnelle autour de 10% sur l'année 2021, alors qu'il visait entre 5,5 et 7,5% au début de l'année.

Une telle hypothèse exclut d'éventuels nouveaux confinements, ou un renforcement de la crise des semi-conducteurs.

Le groupe franco-italo-américain est touché de plein fouet par cette pénurie de pièces électroniques: avec la mise à l'arrêt de plusieurs usines à travers le monde, elle l'a empêché de produire 700 000 véhicules, pour un total de 3,2 millions sortis de ses usines au premier semestre. 

Mais la crise ne devrait pas "empirer", selon Richard Palmer. Le troisième trimestre devrait être "semblable" au deuxième, soit une perte estimée de 500 000 véhicules, et la situation devrait ensuite s'améliorer.

L'industrie automobile compte sur l'ouverture de nouvelles capacités de production en Asie pour résoudre cette crise qui freine sa reprise depuis la fin de l'année 2020. 

D'autres problèmes d'approvisionnement vont continuer à représenter un "challenge" pour l'industrie, a souligné M. Palmer: les surcoûts sur le marché des matières premières comme l'acier, l'aluminium ou le cuivre ont représenté 750 millions d'euros au premier semestre et devraient se renforcer au second.