Avant le G7, Biden et Johnson célèbrent leur alliance malgré les divergences sur l'Irlande du Nord

Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à droite) et le président américain Joe Biden réagissent lors d'une réunion bilatérale à Carbis Bay, Cornwall, le 10 juin 2021 (Photo, AFP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à droite) et le président américain Joe Biden réagissent lors d'une réunion bilatérale à Carbis Bay, Cornwall, le 10 juin 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 10 juin 2021

Avant le G7, Biden et Johnson célèbrent leur alliance malgré les divergences sur l'Irlande du Nord

Le Premier ministre britannique Boris Johnson (à droite) et le président américain Joe Biden réagissent lors d'une réunion bilatérale à Carbis Bay, Cornwall, le 10 juin 2021 (Photo, AFP)
  • Signe de l'importance accordée à la relation avec l'allié britannique, Joe Biden a démarré son voyage par une rencontre d'une heure et demie avec le Premier ministre Boris Johnson à Carbis Bay
  • Joe Biden et Boris Johnson se sont mis d'accord sur une nouvelle « Charte de l'Atlantique » conçue sur le modèle de la celle signée par Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt il y a 80 ans

CARBIS BAY: Pour leur première rencontre en face à face, Joe Biden et Boris Johnson ont mis en avant jeudi l'alliance historique entre leurs pays, mettant de côté les divergences liées aux tensions post-Brexit en Irlande du Nord. 

Le premier déplacement à l'étranger du président américain doit marquer le « retour » des Etats-Unis après le mandat de Donald Trump, a souligné Joe Biden à l'orée d'une intense tournée européenne qui l'emmènera à Bruxelles pour des sommets avec l'Otan et l'Union européenne, puis à Genève pour une rencontre avec Vladimir Poutine. 

Signe de l'importance accordée à la relation avec l'allié britannique, il a démarré son voyage par une rencontre d'une heure et demie avec le Premier ministre Boris Johnson à Carbis Bay, station balnéaire du sud-ouest de l'Angleterre qui accueille de vendredi à dimanche les dirigeants du G7. 

Les deux hommes se sont affichés marchant le long de la côte pittoresque des Cornouailles, main dans la main avec leurs épouses respectives, Jill Biden vêtue d'une veste portant l'inscription LOVE, et Carrie Johnson. Les deux femmes ont ensuite fait un crochet sur la plage avec le jeune fils du couple Johnson, Wilfred, un an. 

Joe Biden et Boris Johnson se sont mis d'accord sur une nouvelle « Charte de l'Atlantique » conçue sur le modèle de la celle signée par Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt il y a 80 ans, pour réaffirmer les valeurs démocratiques communes et prendre en compte les nouveaux défis comme les cyberattaques ou la crise climatique. 

« Nous avons réaffirmé la relation spéciale, je ne le dis pas à la légère, la relation spéciale entre nos peuples », a souligné le président américain à la presse, tandis que Boris Johnson a qualifié la rencontre de « bouffée d'air frais ».  

Pas de « leçon »  

En public, ils ont donc mis de côté les tensions politiques liées aux dispositions commerciales post-Brexit en Irlande du Nord. Joe Biden, fier de ses origines irlandaises, n'apprécie pas les tentatives de Londres de revenir sur le « protocole nord-irlandais », qui évite le retour d'une frontière avec l'Irlande mais perturbe les approvisionnements entre la Grande-Bretagne et la province nord-irlandaise. 

« Nous voulons nous assurer de conserver l'équilibre du processus de paix. Il y a absolument un terrain d'entente et je suis optimiste que nous y arriverons », a ainsi assuré Boris Johnson. 

L'accord dit du Vendredi saint de 1998, obtenu avec l'implication de l'ancien président américain Bill Clinton, avait mis un terme aux violences entre républicains catholiques et unionistes protestants qui avaient fait quelque 3.500 morts en 30 ans de conflit en Irlande du Nord. 

« Les progrès (enregistrés depuis l'accord) doivent être protégés », a expliqué un responsable américain: « l'idée n'est pas d'entrer en confrontation ou de se poser en adversaire, il n'est pas venu donner de leçon ». 

En privé, l'administration Biden semble se montrer plus sévère: selon le quotidien britannique The Times, la plus haute diplomate américaine en poste en Grande Bretagne, Yael Lempert, a accusé Londres d' »attiser » par son attitude les tensions en Irlande du Nord. 

Accusée par Londres de « purisme » juridique et de manquer de pragmatisme, l'Union européenne a averti mercredi, lors d'une réunion infructueuse, qu'elle réagirait fermement faute de respect des engagements pris. 

« Rien n'est renégociable », a martelé le président français Emmanuel Macron jeudi à Paris. Si « on ne sait pas respecter » un accord, « alors ça veut dire que plus rien n'est respectable ». 

Samedi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen, Charles Michel doivent en discuter avec Boris Johnson. 

Partage des doses 

Au-delà de ce sujet épineux, si les accents populistes de « BoJo » lui ont valu des comparaisons avec Donald Trump, fervent partisan du Brexit, le dirigeant conservateur est beaucoup plus en phase avec l'administration de Joe Biden sur les grands sujets internationaux comme la crise climatique ou les défis posés par la Chine et la Russie. 

Lors du sommet des pays riches, qui s'annonce dominé par la pandémie, le premier en personne en deux ans, le président américain, critiqué pour avoir tardé à partager des vaccins avec le reste du monde, va mettre sur la table la promesse « historique » que les Etats-Unis vont acheter 500 millions de doses de vaccins contre la Covid-19 de Pfizer/BioNTech pour les donner à d'autres pays, dont 200 millions cette année. 

Emmanuel Macron souhaite lui que le G7 endosse l'objectif de 60% d'Africains vaccinés d'ici à fin mars 2022, appelant les laboratoires pharmaceutiques à donner aux pays pauvres 10% des doses. 

La lutte contre le réchauffement climatique sera l'autre priorité du sommet, avant la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26) prévue en novembre en Ecosse. 

Après le G7, Joe Biden rendra visite dimanche à la reine Elizabeth II au château de Windsor puis participera à Bruxelles au sommet de l'Otan avant un autre sommet avec l'UE. Son long déplacement en Europe s'achèvera mercredi prochain à Genève par sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine. 


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.