Le roi Abdallah forme une commission pour encadrer le «bond qualitatif» dans le système politique jordanien

Le roi Abdallah a chargé la nouvelle commission d'élaborer un ensemble de lois qui lanceront des réformes visant à remanier le système politique. (Fichier/AFP)
Le roi Abdallah a chargé la nouvelle commission d'élaborer un ensemble de lois qui lanceront des réformes visant à remanier le système politique. (Fichier/AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 10 juin 2021

Le roi Abdallah forme une commission pour encadrer le «bond qualitatif» dans le système politique jordanien

  • Cet organisme composé de 92 membres, présenté jeudi, proposera des lois «modernes» sur les élections et les partis politiques, ainsi que des améliorations du système décisionnel jordanien
  • «Ce qui cette commission différente, c'est la profonde conviction de l'État que la réforme est devenue une nécessité et une affaire urgente qui ne peut être reportée», estime l’ancien député Jamil Nimri

AMMAN: Le roi Abdallah II de Jordanie a nommé l'ancien Premier ministre Samir Rifaï à la tête d'une puissante commission, chargée de refondre le système politique du Royaume.

Cet organisme composé de 92 membres, qui a été présenté jeudi, proposera des lois «modernes» sur les élections et les partis politiques, ainsi que des améliorations du système décisionnel jordanien.

Dans sa lettre à Rifaï, le roi a demandé à la commission d'élaborer les lois qui lanceront les réformes, et d'examiner les amendements constitutionnels adéquats.

Le résultat final devrait être un «cadre concis et intégré», visant à améliorer le système politique du pays, et à accroître la participation du peuple au processus décisionnel, précisait la lettre.

La commission proposera des amendements législatifs pour améliorer le fonctionnement du Parlement, et assurer la participation et l’engagement effectifs des femmes et des jeunes en politique.

«Nous sommes déterminés à effectuer un bond qualitatif dans la vie politique et parlementaire», a déclaré le roi Abdallah dans sa lettre, dont Arab News a vu une copie.

Le roi a également demandé à la commission d'utiliser ses «documents de réflexion» comme documents d'orientation dans leur volonté de rédiger une «feuille de route pour l'avenir».

Le roi Abdallah a émis sept documents de réflexion abordant divers sujets et opinions, notamment des mécanismes visant à améliorer le système politique jordanien, ainsi que le processus de démocratisation et l'éducation.

L'ancien député Jamil Nimri, qui a été nommé membre de la commission, a expliqué que le groupe représentait l'ensemble de la sphère politique: des personnalités de gauche, des centristes, des islamistes, des libéraux et des conservateurs.

Lorsqu'on lui a demandé en quoi cette commission nouvellement formée serait différente des comités similaires formés dans le passé, et avec la même mission, Nimri, situé à gauche de l’échiquier politique, a déclaré: «Ce qui la rend différente cette fois, c'est la profonde conviction de l'État que la réforme est devenue une nécessité et une affaire urgente qui ne peut être reportée.»

Au cours des manifestations du printemps arabe, un comité de dialogue national et un comité constitutionnel avaient été formés en Jordanie pour lancer un dialogue national sur les réformes politiques.

Ils avaient proposé des recommandations et des mécanismes pour améliorer le système politique du Royaume.

«Le problème avec ces comités est qu'ils étaient composés de personnalités conservatrices, et n'ont par conséquent pas réussi à mettre en place les réformes attendues», a déclaré Nimri.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.