Éthiopie: 30 000 enfants risquent de mourir de faim au Tigré, selon l'Unicef

Enfants entourant une charrette tirée par un âne au bord de la rivière Atbarah dans la région agricole de Fashaqa al-Sughra de l'État soudanais de Gedaref, une zone revendiquée à la fois par le Soudan et l'Éthiopie. (Ashraf Shazly / AFP)
Enfants entourant une charrette tirée par un âne au bord de la rivière Atbarah dans la région agricole de Fashaqa al-Sughra de l'État soudanais de Gedaref, une zone revendiquée à la fois par le Soudan et l'Éthiopie. (Ashraf Shazly / AFP)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

Éthiopie: 30 000 enfants risquent de mourir de faim au Tigré, selon l'Unicef

Enfants entourant une charrette tirée par un âne au bord de la rivière Atbarah dans la région agricole de Fashaqa al-Sughra de l'État soudanais de Gedaref, une zone revendiquée à la fois par le Soudan et l'Éthiopie. (Ashraf Shazly / AFP)
  • "Sans accès humanitaire pour augmenter notre aide, quelque 30.000 enfants souffrant d'une sévère malnutrition dans ces zones extrêmement peu accessibles courent un grand risque de mourir", a déclaré à Genève James Elder, porte-parole de l’Unicef
  • Les combats depuis novembre au Tigré ont perturbé les récoltes dans une région déjà en situation d'insécurité alimentaire

GENÈVE : Des dizaines de milliers d'enfants souffrant de malnutrition risquent de mourir dans la région éthiopienne du Tigré (Nord), désormais touchée par la famine et où l'aide humanitaire peine à arriver, ont mis en garde vendredi les Nations unies.

"Sans accès humanitaire pour augmenter notre aide, quelque 30.000 enfants souffrant d'une sévère malnutrition dans ces zones extrêmement peu accessibles courent un grand risque de mourir", a déclaré à Genève James Elder, porte-parole du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

Les combats depuis novembre au Tigré ont perturbé les récoltes dans une région déjà en situation d'insécurité alimentaire.

Les agences humanitaires de l'ONU ont prévenu jeudi que des millions de personnes y avaient besoin d'aide alimentaire, dont 350.000 sont menacées de famine, et ont dénoncé le blocage de l'aide par des "groupes armés", sans les identifier individuellement.

Le conflit au Tigré met aux prises les forces des anciennes autorités régionales - issues du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF) - et l'armée fédérale éthiopienne, épaulée par des troupes des autorités régionales voisines de l'Amhara, ainsi que par l'armée érythréenne.

Jeudi, Mark Lowcock, chef des opérations humanitaires des Nations unies a estimé que "la famine sévit actuellement au Tigré", soulignant que le nombre de personnes confrontées à des conditions de famine "n'a jamais été aussi élevé ailleurs dans le monde depuis que 250.000 Somaliens ont perdu la vie en 2011".

Les organisations humanitaires internationales se plaignent depuis des mois d'être empêchés d'accéder à de larges zones du Tigré par les forces éthiopiennes et leurs alliées érythréennes. Ces dernières ont également été accusées de piller l'aide humanitaire.

"Nous ne nous pouvons pas aller du tout" dans un quart de la zone où l'aide du PAM semble nécessaire, a expliqué vendredi, Tommy Thompson, coordinateur de l'urgence au Programme alimentaire mondial (PAM) depuis l'Ethiopie lors d'un briefing par vidéo organisé à Genève.

"Personne n'est allé dans beaucoup de ces endroits et c'est là que nous pensons que les gens meurent", a-t-il ajouté.

"Refoulées par les belligérants" 

En plus d'un accès à ces zones, il a lancé un appel urgent à un financement supplémentaire des opérations d'aide et à l'arrêt des hostilités, soulignant le danger encouru par le personnel humanitaire dans les endroits où il parvient à se rendre.

"Neuf humanitaires ont déjà été tués", a-t-il rappelé, ajoutant que les travailleurs humanitaires font face à une hostilité croissante aux points de contrôle.

En outre, souvent "nous fournissons de l'aide (...) pour qu'au final les bénéficiaires se la fassent voler violemment".

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a "des équipes prêtes, des cliniques mobiles (...) capables de nourrir, de fournir des soins", mais "nos équipes sont refoulées par les belligérants", a expliqué une porte-parole de l'OMS, Margaret Harris, aux journalistes.

"Les enfants dénutris sont plus susceptibles de contracter de nombreuses maladies infectieuses et d'en mourir, telles que pneumonies, diarrhée, paludisme ou  rougeole", a-t-elle rappelé, "tout les ingrédients d'une situation explosive sont là".

Les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont lancé jeudi un appel pressant à l'action pour lutter contre la menace de famine, à la veille d'un sommet des dirigeants du G7 au Royaume-Uni.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, lauréat du prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée fédérale au Tigré en novembre 2020 pour arrêter et désarmer les dirigeants du TPLF, parti à l'époque au pouvoir dans cette région du Nord du pays et qui défiait le gouvernement central.

Il avait promis une campagne rapide, mais presque six mois après la prise de la capitale régionale, Mekele, par l'armée fédérale, des combats se poursuivent au Tigré et la situation humanitaire se dégrade.

 

 


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.