Au G7, la guerre des saucisses entre Macron et Johnson

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron participent à une réunion bilatérale lors du sommet du G7 à Carbis Bay, Cornwall, le 12 juin 2021 (Photo, AFP)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron participent à une réunion bilatérale lors du sommet du G7 à Carbis Bay, Cornwall, le 12 juin 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 13 juin 2021

Au G7, la guerre des saucisses entre Macron et Johnson

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron participent à une réunion bilatérale lors du sommet du G7 à Carbis Bay, Cornwall, le 12 juin 2021 (Photo, AFP)
  • Le gouvernement britannique s'inquiète particulièrement de l'entrée en vigueur en juillet de règles empêchant l'envoi en Irlande du Nord de viande réfrigérée et voudrait selon la presse britannique la reporter de manière unilatérale
  • Signe de l'ambiance entre Londres et Bruxelles après le Brexit, selon une source européenne, les Britanniques ont refusé que soit dressé le drapeau européen dans les salles du G7

CARBIS BAY: Saucisse anglaise contre saucisse de Toulouse: Londres a demandé dimanche « du respect » aux Européens après un entretien d'Emmanuel Macron avec Boris Johnson en marge du G7 qui a donné lieu à un échange difficile sur les conséquences du Brexit en Irlande du Nord.  

L'entente entre grandes puissances lors de leur sommet en Angleterre a été plombée par les divergences entre Londres et les Européens sur les nouveaux contrôles imposés à certains échanges entre la Grande-Bretagne et l'Irlande du Nord, de l'autre côté de la mer d'Irlande, perturbant les échanges et provoquant la colère des unionistes, qui défendent le maintien de la province au sein du Royaume-Uni.  

Le gouvernement britannique s'inquiète particulièrement de l'entrée en vigueur en juillet de règles empêchant l'envoi en Irlande du Nord de viande réfrigérée et voudrait selon la presse britannique la reporter de manière unilatérale.  

Après des discussions infructueuses à Londres mercredi, Boris Johnson a évoqué le sujet samedi matin lors d'une série d'entretiens avec le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel, et les chefs de l'UE Ursula von der Leyen et Charles Michel.  

Selon l'entourage du président français, le Premier ministre britannique lui a dit: « A Toulouse, il y a des saucisses, non ? Et bien c'est comme si les saucisses ne pouvaient plus être vendues sur les marchés parisiens ».   

« Macron a été étonné, et lui a dit ‘qu'il n'était pas convenable de comparer des situations qui n'étaient pas comparables’ car Toulouse faisait partie du même ‘territoire’ alors que ce n'est pas le cas de l'Irlande puisqu'il y a une mer entre eux », a précisé la même source.  

« La discussion était tendue », a-t-elle précisé. « On s'attendait à parler des enjeux du G7 il n'a été question que de la saucisse de Toulouse, ce que le président a trouvé dommage ».  

Selon le Times et le Telegraph, le président français aurait rejeté la comparaison du dirigeant britannique en expliquant que « Paris et Toulouse font partie du même pays ».  

Cela aurait rendu furieux Boris Johnson et aurait entraîné sa menace, formulée à la télévision britannique, d'invoquer l'article 16 du « protocole nord-irlandais » permettant de passer outre certaines dispositions du texte.  

« Insultant »   

Sur Sky News, le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a lui critiqué les « très hauts responsables de l'UE qui parlent de l'Irlande du Nord comme si c'était un pays distinct du Royaume-Uni, ce n'est pas seulement insultant, cela a des effets concrets sur les communautés ».  

« Vous vous imaginez ce que si passerait si on parlait de la Catalogne, de la partie flamande de la Belgique, d'un Land allemand, de l'Italie du Nord, de la Corse pour la France comme de pays différents? Il faut un peu de respect », a-t-il dénoncé.  

Londres accuse Bruxelles d'adopter une « approche trop puriste » sur l'application du protocole nord-irlandais. Face à ces tentatives d'assouplir les règles unilatéralement, l'UE a signifié qu'elle n'hésiterait pas à prendre des mesures de rétorsion, comme des droits de douanes ciblés.   

Signe de l'ambiance entre Londres et Bruxelles après le Brexit, selon une source européenne, les Britanniques ont refusé que soit dressé le drapeau européen dans les salles du G7.     

Les mesures adoptées pour l'Irlande du Nord sont censées préserver la paix dans la province en évitant le retour d'une frontière dure avec la république d'Irlande voisine, membre de l'UE. Elles ont provoqué des remous politiques et même de violents heurts début avril, que certains craignent de voir se répéter lors des marches traditionnellement organisées en juillet par les unionistes orangistes.  

Le nouveau chef de file du principal parti unioniste nord-irlandais (DUP), Edwin Poots, a indiqué avoir écrit à Emmanuel Macron pour lui envoyer une copie de l'accord du Vendredi Saint signé en 1998 pour mettre fin à trois décennies de violences sanglantes entre loyalistes et républicains, qui avaient fait quelque 3.500 morts.  

Il a qualifié d'« insultante » la « suggestion par Emmanuel Macron que l'Irlande du Nord ne fait pas partie du Royaume-Uni ».  

« Cela démontre l'ignorance au cœur de l'UE, aveugle aux dégâts causés par le protocole sur l'accord » de paix, a-t-il dénoncé, réitérant son appel à y mettre fin. 


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
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  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
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  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.