Erdogan décrit un premier entretien «très productif et sincère» avec Biden

«Je dois dire que nous avons eu un entretien très productif et sincère». (Photo, AFP)
«Je dois dire que nous avons eu un entretien très productif et sincère». (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 15 juin 2021

Erdogan décrit un premier entretien «très productif et sincère» avec Biden

  • Les relations turco-américaines se sont détériorées depuis que Joe Biden a succédé en janvier à la Maison Blanche à Donald Trump
  • Plusieurs sujets de désaccord entre Ankara et Washington ont distendu leurs relations

BRUXELLES: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé lundi avoir eu un entretien "très productif et sincère" avec son homologue américain Joe Biden qu'il a rencontré pour la première fois, en marge d'un sommet de l'Otan à Bruxelles.

"Je dois dire que nous avons eu un entretien très productif et sincère", a déclaré M. Erdogan lors d'une conférence de presse à Bruxelles, ajoutant qu'"aucun problème dans les relations entre la Turquie et les États-Unis n'est insurmontable".

Plusieurs sujets de désaccord entre Ankara et Washington ont distendu leurs relations : de l'achat par la Turquie du système de défense antiaérienne russe S-400 au soutien américain aux milices kurdes syriennes, en passant par le refus américain d'extrader le prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'avoir orchestré le coup d'État de 2016 contre M. Erdogan.

En réaction à la livraison en 2019 à la Turquie de la première batterie du système de défense antiaérienne russe S-400, les États-Unis avaient exclu Ankara du programme de fabrication de l'avion furtif F-35, faisant valoir que les missiles russes pourraient en percer les secrets technologiques et étaient incompatibles avec les dispositifs de l'Otan.

La Turquie ne cesse depuis de demander à Washington de la réintégrer à ce programme, affirmant que le déploiement des S-400 n'aurait aucun impact sur les systèmes de défense de l'Otan.

"Au sujet des S-400 j'ai réitéré notre position au président" américain, a-t-il dit.

"Nous avons convenu d'activer nos canaux de dialogue d'une manière efficace et régulière digne de deux alliés et partenaires stratégiques et nous avons souligné la nécessité de dynamiser les mécanismes existants de coopération et de consultation régionale", a-t-il ajouté.

M. Erdogan a en outre indiqué avoir évoqué avec son homologue américain les modalités d'un éventuel maintien des forces turques présentes en Afghanistan après le retrait américain de ce pays prévu en septembre.

"Si on demande à la Turquie de quitter l'Afghanistan, un soutien américain diplomatique, logistique et financier serait très important", a-t-il dit, ajoutant être en contact sur ce dossier avec d'autres pays comme le Pakistan et la Hongrie. 

"Et évidemment il n'est pas possible d’ignorer la réalité talibane. Nous pourrions poursuivre les pourparlers avec eux par divers moyens", a poursuivi le chef d'État turc.

Les relations turco-américaines se sont détériorées depuis que Joe Biden a succédé en janvier à la Maison Blanche à Donald Trump, allié de M. Erdogan. M. Biden a notamment reconnu le génocide arménien sous l'empire ottoman pendant la Première guerre mondiale, suscitant la colère d'Ankara.

M. Erdogan s'est en outre entretenu à Bruxelles avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis au moment où les relations entre Ankara et Grèce sont traversées par des vives tensions autour de l'exploitation de gisements d'hydrocarbures en Méditerranée.

M. Erdogan a indiqué avoir demandé au dirigeant grec de "ne pas impliquer des parties tierces" dans ce contentieux, une allusion à l'Union européenne qui soutient les revendications grecques.

"S'il y a un problème, vous pouvez facilement m'appeler sur la ligne directe et moi je ferai de même. Les problèmes peuvent être réglés entre les deux dirigeants", a-t-il affirmé.

À Athènes, une source gouvernementale grecque a indiqué que la rencontre entre MM. Erdogan et Mitsotakis "avait eu lieu dans un bon climat" et que "l'amélioration des relations entre les deux pays se ferait étape par étape".

Toutefois, les deux pays voisins "continuent d'avoir de grandes différences concernant surtout la délimitation des zones maritimes" en Méditerranée orientale, a souligné cette source proche des services du Premier ministre grec.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.