Les Ethiopiens aux urnes sur fond de famine au Tigré

Les gens font la queue pour voter avant l'ouverture des bureaux de vote à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 21 juin 2021, lors des élections législatives et régionales en Éthiopie (AFP)
Les gens font la queue pour voter avant l'ouverture des bureaux de vote à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 21 juin 2021, lors des élections législatives et régionales en Éthiopie (AFP)
Short Url
Publié le Lundi 21 juin 2021

Les Ethiopiens aux urnes sur fond de famine au Tigré

  • En Ethiopie, les députés élisent le Premier ministre, qui dirige le gouvernement, ainsi que le président, dont la position est honorifique
  • La majorité de ces zones, touchées par des violences ou des insurrections armées ou bien connaissant des problèmes logistiques, voteront le 6 septembre

ADDIS ABEBA : Les Ethiopiens ont commencé à voter lundi matin pour une élection repoussée par deux fois et scrutée à l'étranger, sur fond de doutes sur sa crédibilité et de famine dans la région en guerre du Tigré (Nord).

Il s'agit du premier test électoral pour le Premier ministre Abiy Ahmed, 44 ans, qui avait promis à son arrivée au pouvoir en 2018 d'incarner un renouveau démocratique dans le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique, rompant ainsi avec ses prédécesseurs.

A Addis Abeba et dans la ville de Bahir Dar (nord-ouest), capitale de la région Amhara, les bureaux de vote ont ouvert avec un léger retard sur l'heure initialement prévue (06H00 locales - 03H00 GMT).

"Je vote parce que je veux voir mon pays se transformer. Cette élection est différente. On peut choisir entre différents partis politiques. Dans le passé, il n'y en avait qu'un", a déclaré à l'AFP Milyon Gebregziabher, 45 ans, employé dans une agence de voyages rencontré devant le bureau de vote du quartier d'Aware, à Addis Abeba.

"Je pense que cette élection est plus démocratique que la dernière. C'est pour cela que je suis venue aujourd'hui", a renchéri Yordanos Berhanu, une comptable de 26 ans. "En tant que jeune Ethiopienne, j'ai de l'espoir pour l'avenir de mon pays et je pense que voter y contribue".

M. Abiy, lauréat 2019 du prix Nobel de la paix, qui avait fait libérer des milliers de prisonniers et encouragé le retour d'opposants en exil, avait également promis que ces élections législatives et régionales seraient les plus démocratiques que l'Ethiopie ait jamais connues.

"Oui l'Ethiopie va gagner ! Bonne chance à tous !", a posté sur Twitter le jeune dirigeant après une rencontre ce week-end avec des partis d'opposition à Addis Abeba.

Masques et désinfectant

Le Parti de la Prospérité, son mouvement, qui compte le plus grand nombre de candidats pour le Parlement fédéral, est le grand favori pour remporter une majorité et former un gouvernement.

En Ethiopie, les députés élisent le Premier ministre, qui dirige le gouvernement, ainsi que le président, dont la position est honorifique. 

Dans les bureaux de vote où des posters rappellent aux électeurs la marche à suivre, ces derniers sont invités à placer un bulletin dans chacune des deux urnes: violette pour les législatives, verte pour les régionales. Ces élections mobilisent 40 partis et 9500 candidats.

Les assesseurs vaporisent de désinfectant les mains des électeurs dont la majorité de ceux croisés par l'AFP portaient un masque.

"Je suis très heureux. Nous avons voté pour qui nous voulions, donc c'est historique. Peu importe qui gagne, nous voulons la paix et nous devrions maintenir la paix", a estimé Mirkuz Gashaw, 25 ans, à la recherche d'un emploi dans la ville de Bahir Dar.

Au cours du week-end, la sécurité a été renforcée à Addis Abeba, et des soldats ont été déployés "à tous les coins du pays", qui compte 110 millions d'habitants, a affirmé le bureau du Premier ministre. 

D'abord prévues en août 2020, ces élections ont été reportées à deux reprises, en raison de la pandémie de coronavirus puis de difficultés logistiques et sécuritaires.

Quelque 38 millions d'électeurs sont enregistrés mais beaucoup d'entre eux ne se rendront pas aux urnes lundi, le vote n'ayant pas lieu dans un cinquième des 547 circonscriptions du pays.

La majorité de ces zones, touchées par des violences ou des insurrections armées ou bien connaissant des problèmes logistiques, voteront le 6 septembre.  

Guerre au Tigré

Mais aucune date n'a été fixée pour les 38 circonscriptions du Tigré. Dans cette région, où le gouvernement mène depuis novembre une opération militaire, des atrocités ont été documentées et au moins 350 000 personnes sont désormais menacées par la famine selon l'ONU.

Après sept mois d'un conflit qui se voulait bref, la guerre continue, écornant l'image pacificatrice du Premier ministre, et ternissant un scrutin qu'il voulait être le témoignage de sa volonté démocratique.

Dans certaines circonscriptions, notamment dans la région Oromia, la plus peuplée du pays, des partis d'opposition boycottent le scrutin pour protester contre l'emprisonnement de leurs dirigeants ou pour dénoncer son manque de crédibilité.

Certains observateurs ont questionné la crédibilité du scrutin, notamment les Etats-Unis, inquiets de l'exclusion d'un si grand nombre d'électeurs et de la détention de responsables d'opposition.

Le scrutin sera observé de près par les voisins et rivaux de l'Ethiopie, comme le Soudan et l'Egypte, opposés au "Grand barrage de la renaissance", titanesque projet hydroélectrique sur le Nil Bleu qui menace, selon eux, leur approvisionnement en eau.

Les bureaux de vote doivent fermer à 18H00 (15H00 GMT).

 


Cinq Italiens décédés dans un accident de plongée aux Maldives

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs. (AFP)
Short Url
  • Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé
  • Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué

MALE: Cinq Italiens sont décédés dans un accident de plongée aux Maldives, sans que les circonstances précises soient connues, a annoncé jeudi le ministère italien des Affaires étrangères, les forces de sécurité sur place ayant retrouvé un corps.

L'archipel est une destination de vacances de luxe, avec ses plages de sable blanc et ses complexes hôteliers isolés, prisée des plongeurs.

Des responsables locaux ont déclaré qu'il s'agissait du plus grave accident de plongée survenu dans ce pays composé de 1.192 minuscules îles coralliennes dispersées sur quelque 800 kilomètres le long de l'équateur, dans l'océan Indien.

"A la suite d'un accident survenu lors d'une sortie de plongée sous-marine, cinq ressortissants italiens ont trouvé la mort (...) aux Maldives. Les plongeurs auraient perdu la vie alors qu'ils tentaient d'explorer des grottes situées à 50 mètres de profondeur", précise le ministère, en soulignant que les autorités locales menaient une enquête.

Les cinq Italiens ne sont pas revenus d'une plongée en grotte profonde sur l'atoll de Vaavu, situé au sud de la capitale, Malé.

Des avions et des vedettes rapides ont été déployés pour une vaste opération de recherche jeudi après-midi, a précisé la Force de défense nationale des Maldives (MNDF) dans un communiqué.

"Un corps a été retrouvé", annonce le communiqué. Il a "été découvert à l'intérieur d'une grotte en profondeur (...) On pense que les quatre autres plongeurs se trouvent également dans cette même grotte, qui descend jusqu'à environ 60 mètres", précise-t-il.

Les MNDF ont aussi précisé qu'un navire des garde-côtes se trouvait dans la zone pour coordonner les opérations de recherche tout au long de la nuit. D'autres plongeurs des garde-côtes ont été envoyés en renfort pour participer aux recherches.

Selon la police, les conditions météorologiques étaient mauvaises à Vaavu jeudi et un avertissement avait été émis pour les bateaux de passagers et les pêcheurs.

Une touriste britannique est décédée en décembre lors d'une plongée, et son mari, bouleversé, est mort quelques jours plus tard après être tombé malade.

En juin, un touriste japonais de 26 ans a disparu après une expédition de plongée près de la capitale.

Selon les médias locaux, au moins 112 touristes sont morts dans des incidents liés à la mer dans l'archipel au cours des six dernières années, dont 42 victimes d'accidents de plongée ou de plongée avec tuba.

 


Détroit d'Ormuz: Téhéran annonce laisser passer des navires chinois depuis mercredi

L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran"
  • Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique"

TEHERAN: L'Iran a annoncé jeudi que ses forces navales avaient autorisé depuis la veille le passage de plusieurs navires chinois dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Le passage d'un certain nombre de navires chinois dans le détroit d'Ormuz a été rendu possible conformément aux protocoles de gestion du détroit mis en place par l'Iran", ont indiqué jeudi dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran.

Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont-ils spécifié.

Cette autorisation donnée à plusieurs navires chinois a également été annoncée par des médias officiels iraniens.

La télévision d’État iranienne a notamment précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit d'Ormuz, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.

Le blocage iranien de cette voie maritime par laquelle transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole perturbe les marchés mondiaux et confère à Téhéran un levier stratégique.

Les Etats-Unis ont quant à eux imposé leur propre blocus des ports iraniens malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump, en visite jeudi en Chine, a discuté du détroit d'Ormuz avec son homologue Xi Jinping.

Selon un extrait d'une interview à la chaîne Fox News, Donald Trump a déclaré que M. Xi lui avait assuré que Pékin n'enverrait pas d'équipement militaire à l'Iran et était prêt à aider à la réouverture du détroit d'Ormuz.

La Chine est le principal pays importateur du pétrole iranien.


De nouvelles négociations entre Israël et le Liban s'ouvrent à Washington 

Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration. (AFP)
Short Url
  • A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours
  • Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels

WASHINGTON: Israël et le Liban ont lancé jeudi à Washington une nouvelle session de discussions pour parvenir à un rapprochement, selon des diplomates, au moment où un cessez-le-feu arrive à expiration.

Ce troisième cycle de discussions, qui doit durer deux jours, a débuté peu après 09H00 locales (13H00 GMT) au département d'Etat, d'après un diplomate proche du dossier.

A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.

Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.

Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.

En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.

Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.