Droits humains: Chine et Canada s'affrontent à l'ONU

La Chine avait déjà été épinglée dans une précédente déclaration par des dizaines de pays pour la situation des Ouïghours et d'autres minorités dans le Xinjiang. (Photo, AFP)
La Chine avait déjà été épinglée dans une précédente déclaration par des dizaines de pays pour la situation des Ouïghours et d'autres minorités dans le Xinjiang. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 23 juin 2021

Droits humains: Chine et Canada s'affrontent à l'ONU

  • La déclaration conjointe «envoie un message important aux autorités chinoises, à savoir qu'elles ne peuvent pas échapper au contrôle international», a réagi Agnès Callamard
  • La Chine a également lu une déclaration conjointe au nom de la Russie, du Bélarus, de la Corée du Nord, du Venezuela, de l'Iran, de la Syrie et du Sri Lanka

GENÈVE: Le Canada, soutenu par une quarantaine de pays, a dénoncé mardi à l'ONU la situation des droits humains dans la région chinoise du Xinjiang tandis que Pékin a répliqué en demandant une enquête sur les violations des droits des autochtones canadiens.

La déclaration conjointe sur la Chine, lue par le Canada devant le Conseil des droits de l'Homme, au nom d'une quarantaine de pays, était attendue depuis quelques jours par de nombreux diplomates et ONG à Genève, laissant le temps à Pékin de préparer sa défense.

"Nous sommes gravement préoccupés par la situation des droits humains dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang", a déclaré l'ambassadrice du Canada auprès de l'ONU, Leslie Norton.

"Des rapports crédibles indiquent que plus d'un million de personnes ont été arbitrairement détenues au Xinjiang et qu'il existe une surveillance généralisée visant de manière disproportionnée les Ouïghours et les membres d'autres minorités, ainsi que des restrictions aux libertés fondamentales et à la culture ouïghoure."

Pékin dément ce chiffre et parle de "centres de formation professionnelle" pour soutenir l'emploi et combattre l'extrémisme religieux.

"Il existe également des rapports faisant état de torture ou de peines ou de traitements cruels, inhumains et dégradants, de stérilisation forcée, de violence sexuelle et sexiste, et de séparation forcée des enfants de leurs parents par les autorités", a dit Mme Norton.

Cette déclaration "envoie un message important aux autorités chinoises, à savoir qu'elles ne peuvent pas échapper au contrôle international", a réagi Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty international, appelant les membres du Conseil à mettre en place un mécanisme d'enquête international indépendant.

«Accès sans entrave au Xinjiang»

La déclaration, signée par une quarantaine de pays, dont les États-Unis et la France, demande à la Chine de donner "un accès immédiat, significatif et sans entrave au Xinjiang aux observateurs indépendants, y compris la Haute-Commissaire", et de "mettre fin à la détention arbitraire des Ouïghours et des membres d'autres minorités musulmanes".

"Enfin, nous restons profondément préoccupés par la détérioration des libertés fondamentales à Hong Kong dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale et par la situation des droits humains au Tibet", a indiqué Mme Norton.

La Chine avait déjà été épinglée dans une précédente déclaration par des dizaines de pays pour la situation des Ouïghours et d'autres minorités dans le Xinjiang. 

Répliquant d'avance au Canada, un représentant chinois a lu, juste avant l'ambassadrice canadienne, une déclaration conjointe - au nom de la Russie, du Bélarus, de la Corée du Nord, du Venezuela, de l'Iran, de la Syrie et du Sri Lanka selon l'ONU - portant sur les "graves violations des droits humains dont sont victimes les populations autochtones au Canada".

La déclaration évoque la récente découverte des restes de 215 enfants près d'un ancien pensionnat autochtone géré par l'Église catholique l'Ouest canadien. Et demande une enquête sur tous les cas "où des crimes ont été commis contre les populations autochtones", en indiquant qu'"entre les années 1830 et 1990, plus de 150 000 enfants autochtones du Canada auraient été arrachés de force à leurs parents".

"Au Canada, nous avons eu une 'commission Vérité et réconciliation'. Où est la commission de vérité et réconciliation de la Chine ? Où est leur vérité ?", a fustigé le Premier ministre canadien Justin Trudeau, en référence à cette commission nationale d'enquête, qui avait conclu à un véritable "génocide culturel" de la part du Canada envers les autochtones

"Le chemin de la réconciliation est long, mais nous le suivons. La Chine ne reconnaît même pas qu'il y a un problème" au Xinjiang, a-t-il tancé, lors d'un point presse.

Le représentant du Bélarus a pour sa part lu une autre déclaration conjointe, "au nom de 64 pays", apportant son soutien à la Chine et soulignant qu'Hong Kong, le Xinjiang et le Tibet sont des "affaires internes chinoises".


Face à l'hiver et au variant Omicron, Biden lance l'offensive sanitaire, et politique

Joe Biden a appelé les Américains à surmonter leurs divisions pour lutter contre la Covid-19 à Bethesda, Maryland, le 2 décembre 2021. (Photo, AFP)
Joe Biden a appelé les Américains à surmonter leurs divisions pour lutter contre la Covid-19 à Bethesda, Maryland, le 2 décembre 2021. (Photo, AFP)
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  • Joe Biden tente déjà d'imposer la vaccination dans les entreprises publiques et privées, mais rencontre une vive opposition de nombreux républicains
  • A l'intérieur des frontières, l'administration Biden prolonge jusqu'au 18 mars l'obligation de porter le masque dans les transports en commun, qui devait expirer en janvier

WASHINGTON: Joe Biden a appelé jeudi les Américains à surmonter leurs divisions pour lutter contre la Covid-19, au moment où l'arrivée de l'hiver et du nouveau variant Omicron menacent de relancer la pandémie, et de fragiliser un peu plus le président américain. 

"Je sais que la Covid-19 a été un sujet de division dans ce pays" et que c'est "devenu un sujet partisan, ce qui est un triste (...) constat. Cela ne devrait pas être le cas", a-t-il dit lors d'un discours devant la principale agence fédérale de recherche médicale, les National Institutes of Health (NIH). 

"Alors que nous entrons dans l'hiver et que nous sommes confrontés au défi de ce nouveau variant, c'est le moment, je l'espère, d'essayer de surmonter ces divisions", a dit le démocrate de 79 ans. 

"Nous sortons le grand jeu", a assuré jeudi sa porte-parole Jen Psaki. Mais dans les faits, la Maison Blanche n'a dévoilé aucune annonce spectaculaire, et surtout, s'est bien gardée de prendre des mesures contraignantes ou restrictives pour les citoyens américains. 

Joe Biden tente déjà d'imposer la vaccination dans les entreprises publiques et privées, mais rencontre une vive opposition de nombreux républicains, et bute sur les procédures judiciaires lancées contre ces mesures contraignantes. 

Le sujet menace jusqu'à la stabilité budgétaire de la première puissance mondiale. 

Une poignée de républicains, pour beaucoup souvent des proches de Donald Trump, menacent de bloquer une loi de finances permettant d'éviter la paralysie (shutdown) des services fédéraux américains. Leur argument: le texte contribuerait à financer la mise en place des obligations vaccinales, auxquelles ils s'opposent. 

Tests et vaccins 

Le point peut-être le plus saillant des mesures présentées jeudi est le renforcement des exigences pour les voyageurs internationaux. 

A partir "du début de semaine prochaine", il leur faudra, en plus d'être vaccinés, présenter un test négatif réalisé dans la journée précédant le départ au lieu de trois jours auparavant. 

A l'intérieur des frontières, l'administration Biden prolonge jusqu'au 18 mars l'obligation de porter le masque dans les transports en commun, qui devait expirer en janvier. 

La Maison Blanche annonce aussi que les tests réalisés à domicile seront remboursés par les assurances santé privées -- selon des modalités qui restent à définir -- et que le nombre de tests distribués gratuitement sera doublé, à 50 millions. 

Joe Biden veut aussi lancer "des centaines" de cliniques de vaccination "familiales".  

Alors que moins de 60% des Américains de tous âges sont pleinement vaccinés, il doit convaincre ceux qui ne le sont pas de sauter le pas, mais aussi persuader ceux qui le sont de recevoir une dose de rappel, tout en encourageant les parents à faire vacciner leurs enfants à partir de l'âge de 5 ans. 

L'enjeu politique est immense pour le démocrate, à un an environ d'élections législatives de mi-mandat. 

Joe Biden n'arrive pas à capitaliser sur le rebond économique aux Etats-Unis, pas plus qu'il ne parvient à susciter l'enthousiasme avec de gigantesques plans d'investissement. 

Ses adversaires républicains n'ont de cesse de lui rappeler que le coronavirus continue de tuer des centaines d'Américains chaque jour depuis son élection. 

Alors qu'avant l'été une large majorité d'Américains faisaient confiance au président démocrate pour affronter la pandémie lors de son élection, ils sont désormais moins de 50% dans ce cas, selon les derniers sondages. 

La Maison Blanche dispose d'un nombre limité de leviers en raison des compétences très étendues des Etats américains. 

Il en reste toutefois un, qu'il serait très risqué politiquement d'actionner: mettre en place des exigences de test ou de vaccins pour les trajets en avion à l'intérieur des Etats-Unis, sur le modèle de ce qui est exigé des voyageurs arrivant de l'étranger. 

"Rien n'est exclu, y compris pour les trajets domestiques", a toutefois assuré jeudi Jen Psaki. 


Nez qui coule, mal de tête: ça pourrait bien être Omicron ...

Des voyageurs font la queue à un comptoir d'enregistrement à l'aéroport international OR Tambo de Johannesburg, le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)
Des voyageurs font la queue à un comptoir d'enregistrement à l'aéroport international OR Tambo de Johannesburg, le 27 novembre 2021. (Photo, AFP)
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  • «J'ai cru qu'elles avaient un rhume», dit Julia, 41 ans, en décrivant les symptômes apparus chez ses deux filles âgés de 8 et 6 ans
  • De nombreuses inconnues planent encore sur le variant qui compte un nombre inhabituel de mutations et représente quand même «un risque très élevé», selon l'OMS

JOHANNESBURG: Un nez qui coule, un mal de tête, pas de quoi fouetter un chat. Pourtant ces habitants de Johannesburg se sont tous révélés positifs à la Covid-19 et font vraisemblablement partie des nouveaux malades du variant Omicron. 

Dans la plupart des cas, le virus a voyagé par le corps de leurs enfants, avant de s'attaquer au système immunitaire de parents souvent vaccinés. En Afrique du Sud, près des trois quarts des nouvelles contaminations sont désormais dues à la forme mutante du coronavirus.  

« J'ai cru qu'elles avaient un rhume », dit Julia, 41 ans, en décrivant les symptômes apparus chez ses deux filles âgés de 8 et 6 ans.  

Elles sont tombées malades juste après l'annonce de la découverte d'Omicron par une équipe de chercheurs sud-africains, qui a déclenché une panique mondiale.  

Rapidement, Julia commence elle aussi à ressentir un petit mal de gorge, un léger vertige. « Les filles, ensuite moi: j'ai su que je l'avais », raconte la consultante en publicité. Et ce, malgré les deux doses de vaccin reçues en août.  

Les résultats du test en main, elle n'en revient toujours pas: « les symptômes sont si incroyablement faibles », dit-elle. « Je sens les odeurs normalement, je n'ai pas perdu le goût », deux symptômes jusqu'ici caractéristiques de la maladie.  

En deux jours, ses enfants ont été rétablies. Elle, de son côté, continue à prendre du paracétamol. Loin de l'interminable épreuve en dents de scie parfois décrite par les malades du Covid au cours des précédentes vagues de pandémie. 

Même scenario pour Jessica Willmore, 38 ans. Deux enfants apparemment grippés. En fait, une Covid.  

« On se sent déjà assez en forme pour plonger dans la piscine », dit cette Britannique, après seulement quelques jours de maladie.  

Déjà vu 

De nombreuses inconnues planent encore sur le variant qui compte un nombre inhabituel de mutations et représente quand même « un risque très élevé », selon l'OMS. Les scientifiques planchent en priorité sur son potentiel de propagation et sa résistance aux vaccins.  

Mais les premiers cas observés par plusieurs médecins sur le terrain, semblent montrer une version relativement légère de la maladie. Officiellement pays africain le plus touché par le virus, l'Afrique du Sud compte près de trois millions de cas et plus de 89 800 décès. 

Donovan Rothner, 42 ans, est positif et ne présente aucun symptôme. S'il n'avait pas une opération chirurgicale prévue bientôt, nécéssitant un test préalable, il ignorerait même être contaminé. « J'aurais pu mettre beaucoup de gens en danger », dit-il à la fois surpris et soulagé.  

Devant un centre de tests d'un quartier d'affaires, la file s'allonge avec un air de déjà vu. Plus d'une cinquantaine de personnes attendent sous le soleil d'été austral. Certains sont cas contact, d'autres veulent juste se débarrasser d'un doute. Aucun n'a vraiment l'air mal en point. 

Darienne Hallas, 40 ans, ne s'est pas sentie au mieux de sa forme cette semaine. Et les tests positifs de quelques collègues de bureau l'ont convaincue d'en faire un à son tour.  

Mais elle n'est pas très inquiète: « Des personnes récemment positives, qui avaient déjà eu la Covid, m'ont raconté se sentir nettement moins mal que la première fois ». Selon les spécialistes, les cas de réinfections semblent être plus fréquents avec Omicron.  

Teagan Paxman, 33 ans, reste serein lui aussi. « Même si je l'ai, c'est pas trop grave, je suis vacciné ». 

« On n'en a pas encore fini avec ce virus, il y a des tas de variants », est convaincu Mohamed Maalin, un ingénieur de 42 ans. « La meilleure chose à faire est d'apprendre à vivre avec », dit-il avec philosophie.  

philosophie.  


Omicron: 2 000 personnes en quarantaine après deux cas dans une école suisse

Des personnes font la queue devant un centre de test Covid installé dans une rue de la capitale suisse Berne le 17 septembre 2021. (AFP)
Des personnes font la queue devant un centre de test Covid installé dans une rue de la capitale suisse Berne le 17 septembre 2021. (AFP)
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  • La quarantaine est de 10 jours et élèves comme enseignants du campus de la Châtaigneraie, situé près de Genève, devront faire un test PCR
  • Leurs familles devront elles aussi être dépistées pour rechercher le variant Omicron signalé pour la première fois en Afrique australe fin novembre et détecté depuis dans plusieurs dizaines de pays

GENEVE: Quelque 2 000 personnes dont 1 600 enfants ont été placées en quarantaine après la découverte de deux cas du variant Omicron sur l'un des campus de la très réputée Ecole internationale de Genève, ont indiqué les autorités sanitaires suisses jeudi.

"Ces deux cas sont en lien étroit intrafamilial avec une personne positive de retour de voyage d'Afrique du sud", ont indiqué les services de santé du canton de Vaud - où se trouve le campus - et celui de Genève dans un communiqué commun.

Selon les autorités, "il s'agit de la première mesure de cette ampleur" depuis la présence avérée d'Omicron - mais encore réduite à une poignée de cas - en Suisse cette semaine.

"Nous n'avons encore jamais observé de contamination sur les territoires genevois ou vaudois. Cet élément nous impose aujourd'hui, par principe de précaution, de décider de mesures fortes", précisent les autorités.

"Il est indispensable de freiner l'introduction du variant sur notre territoire. Lorsqu'identifié, il est également indispensable de réduire le plus possible la transmission en Suisse", ajoutent-elles.

La quarantaine est de 10 jours et élèves comme enseignants du campus de la Châtaigneraie, situé près de Genève, devront faire un test PCR. Ce campus accueille école primaire et secondaire.

Leurs familles devront elles aussi être dépistées pour rechercher le variant Omicron signalé pour la première fois en Afrique australe fin novembre et détecté depuis dans plusieurs dizaines de pays.

Les scientifiques savent encore peu de choses  sur ce variant, en termes de contagiosité ou de sévérité, mais un nombre inhabituellement élevé de mutations sur une partie cruciale du virus inquiète.

L'Ecole internationale de Genève (Ecolint) a été fondée en 1924 par des fonctionnaires du Bureau international du travail et de la Société des Nations.

C'est l'un des établissements les plus prestigieux de la région, qui se targue d'un enseignement taillé sur mesure et centré sur les valeurs humaines. Les frais scolaires s'y échelonnent d'un peu plus de 20.000 à plus de 35.000 francs (33.600 euros) par an.

Elle compte au total quelque 4.450 élèves, selon son site internet, notamment les enfants des fonctionnaires des nombreuses agences de l'ONU présentes à Genève.