Téhéran dénonce le blocage de sites de médias iraniens ou proches par Washington

Le ministère américain de la Justice a déclaré avoir saisi 33 sites Web de médias contrôlés par le gouvernement iranien. (AFP)
Le ministère américain de la Justice a déclaré avoir saisi 33 sites Web de médias contrôlés par le gouvernement iranien. (AFP)
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Publié le Mercredi 23 juin 2021

Téhéran dénonce le blocage de sites de médias iraniens ou proches par Washington

  • Le département américain de la Justice a annoncé plus tôt avoir bloqué 33 sites de médias contrôlés par Téhéran et trois sites irakiens des brigades du Hezbollah
  • Téhéran a aussitôt dénoncé ces blocages par la voix de Mahmoud Vaezi, directeur de cabinet du président iranien : "ce que les Etats-Unis ont fait est contre le principe de la liberté d'expression dont ils (les Américains) ont toujours été fiers

TEHERAN : Téhéran a dénoncé mercredi le blocage par Washington de l'accès à plusieurs sites internet de médias iraniens ou proches, y voyant une action contraire à la liberté d'expression et "non constructive" en plein pourparlers pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien.

Le département américain de la Justice a annoncé plus tôt avoir bloqué 33 sites de médias contrôlés par Téhéran et trois sites irakiens des brigades du Hezbollah (milice chiite pro-iranienne), qui étaient hébergés selon lui sur des domaines appartenant aux Etats-Unis.

"Conformément à des décisions de justice, les Etats-Unis ont pris le contrôle de 33 sites utilisés par l'Union iranienne de radio et de télévision islamique (IRTVU) et trois sites web exploités par le Hezbollah, en violation des sanctions américaines" contre l'Iran, a indiqué le département dans un communiqué.   

Il n'a cependant pas dévoilé l'identité des entreprises américaines propriétaires des domaines hébergeant ces sites, et n'a pas expliqué comment elles avaient pu procéder, en violation des sanctions.

Téhéran a aussitôt dénoncé ces blocages par la voix de Mahmoud Vaezi, directeur de cabinet du président iranien : "ce que les Etats-Unis ont fait est contre le principe de la liberté d'expression dont ils (les Américains) ont toujours été fiers. Cela signifie restreindre la liberté d'expression en utilisant des outils pour empêcher que des points de vue différents ne se reflètent dans l'opinion publique", a déclaré M. Vaezi à des journalistes.

"Nous utilisons tous les moyens juridiques et internationaux pour (...) condamner (...) cette politique erronée des Etats-Unis", a-t-il ajouté, estimant que cette décision de blocage était "non constructive au moment où négociations autour de l'accord sur le nucléaire (étaient) en cours".

Les sites des chaînes d'information en arabe Al-Alam et en anglais Press-TV, qui appartiennent au réseau de la télévision d'Etat Irib, affichaient dès mardi tous le même message indiquant que "le gouvernement américain (avait) pris le contrôle" du site. Le message était accompagné des sceaux de la police fédérale et du ministère du Commerce.

Sites à nouveau accessibles 

Cette action intervient dans le cadre de l'exercice de l'autorité présidentielle face à une menace extraordinaire, selon un des articles de loi cités dans le message.

Le site de la chaîne des rebelles yéménite Houthis (soutenus par Téhéran), al-Masirah, était aussi bloqué avec le même message. 

Sur le site de l'aile politique des Houthis, al-Masirah a condamné "un acte de piraterie et la confiscation des droits d'auteurs" par les Etats-Unis qui intervient "sans justification et sans avertissement".

La chaîne a toutefois créé un nouveau site internet qui était opérationnel mardi soir. 

Plusieurs sites internet irakiens, parmi lesquels celui des brigades du Hezbollah en Irak, n'étaient plus accessibles mardi et seul s'affichait un message du "ministère américain du Commerce". 

En octobre 2020 déjà, ce site ainsi que celui d'al-Ettejah, la télévision des brigades du Hezbollah, avaient subi le même sort. De même que le site d'al-Noujaba, l'autre grande faction pro-Iran d'Irak.

Ces deux factions, composées de combattants irakiens mais entraînés, financés et armés par l'Iran, opèrent à la fois en Irak mais aussi en Syrie aux côtés du régime de Bachar al-Assad et du Hezbollah libanais.

Le site de la chaîne télévisée d'opposition du Bahreïn, LuaLua TV, était aussi bloqué. La chaîne, qui a des bureaux à Londres et à Beyrouth, a fustigé une "prise de contrôle illégale" de son site internet. 

Les autorités bahreïnies accusent les groupes contrôlant la chaîne d'être proches du régime iranien.

Après le blocage, Press TV et Al-Alam sont passées à des domaines ".IR" et leurs sites web étaient accessibles mercredi, selon l'agence officielle IRNA. Elles sont toujours présentes sur les médias sociaux, principalement sur Twitter, et leur diffusion est ininterrompue.

L'Iran est sous le coup d'une série de sanctions économiques américaines pour son programme d'enrichissement nucléaire soupçonné par Washington d'avoir des visées militaires. La République islamique est également accusée de violations des droits de l'Homme et de soutien au terrorisme.


Chef de la diplomatie française : il faut donner à l’armée libanaise les « moyens » de désarmer le Hezbollah

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient un point presse à la résidence de l’ambassadeur de France (résidence des Pins) à Beyrouth, le 6 février 2026. (AFP)
Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tient un point presse à la résidence de l’ambassadeur de France (résidence des Pins) à Beyrouth, le 6 février 2026. (AFP)
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  • La France appelle à renforcer l’armée libanaise pour lui permettre de désarmer le Hezbollah et restaurer le monopole de l’État sur les armes
  • Paris prépare une conférence de soutien à l’armée libanaise le 5 mars, alors que la deuxième phase du désarmement doit débuter au sud du pays

BEYROUTH: Il faut donner à l'armée libanaise les moyens de désarmer le Hezbollah pro-iranien, a affirmé à l'AFP le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, attendu vendredi à Beyrouth dans le cadre d'une tournée régionale.

"La vision de la France au Liban, c'est celle d'un État fort, souverain, disposant du monopole des armes (...). La première étape pour accomplir cette mission, c'est de donner aux forces armées libanaises les moyens de poursuivre le travail de désarmement du Hezbollah", a déclaré le ministre.

Jean-Noël Barrot a indiqué se rendre à Beyrouth "pour préparer la conférence consacrée au soutien aux forces armées libanaises" que Paris accueille le 5 mars.

Seul groupe libanais armé, le Hezbollah est sorti affaibli de sa dernière guerre avec Israël, qui a pris fin en novembre 2024.

Conformément à l'accord de cessez-le-feu, l'armée libanaise a annoncé début janvier avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, qui couvre la région entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, une trentaine de kilomètres plus au nord.

"Le gouvernement libanais a pris ses responsabilités en engageant et en menant jusqu'à son terme la première phase de ce plan de désarmement", a souligné Jean-Noël Barrot.

"C'est la deuxième phase qui doit désormais s'ouvrir et le plan associé à cette deuxième phase doit être présenté dans les prochains jours, et en tout état de cause avant que la conférence ne se tienne", a-t-il poursuivi.

La deuxième phase du plan concerne le secteur entre le Litani et le fleuve Awali, à une quarantaine de km au sud de Beyrouth. Le Hezbollah affirme refuser de remettre ses armes au nord du Litani.

Le ministre français des Affaires étrangères doit rencontrer vendredi les principaux responsables libanais à Beyrouth, dernière étape d'une tournée qui l'a mené en Syrie et en Irak.


Des attaques de colons en Cisjordanie provoquent des déplacements record depuis octobre 2023

Une photographie montre des drapeaux israéliens et un drapeau du conseil de Gush Etzion sur le nouvel avant-poste de colons israéliens « Yatziv », construit en périphérie de la ville palestinienne de Beit Sahur, en Cisjordanie occupée par Israël. (Archives/AFP)
Une photographie montre des drapeaux israéliens et un drapeau du conseil de Gush Etzion sur le nouvel avant-poste de colons israéliens « Yatziv », construit en périphérie de la ville palestinienne de Beit Sahur, en Cisjordanie occupée par Israël. (Archives/AFP)
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  • Près de 700 Palestiniens ont été déplacés en janvier 2025 en Cisjordanie occupée en raison des violences et du harcèlement de colons israéliens, un niveau inédit depuis le début de la guerre à Gaza, selon l’ONU
  • L’ONU et des ONG dénoncent une impunité systémique, accusant les colons d’agir avec le soutien ou la passivité des autorités israéliennes, dans un contexte d’expansion continue des colonies jugées illégales par le droit international

RAMALLAH, TERRITOIRES PALESTINIENS: Les violences et le harcèlement exercés par des colons israéliens en Cisjordanie occupée ont déplacé près de 700 Palestiniens en janvier, a indiqué l'ONU jeudi, un niveau inédit depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023.

Au moins 694 Palestiniens ont été contraints de quitter leur domicile le mois dernier, selon des chiffres de l'agence humanitaire des Nations unies (Ocha), qui compile des données provenant de diverses agences onusiennes.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a déclaré fin janvier que la violence des colons était devenue un motif clé des déplacements forcés en Cisjordanie.

Les chiffres particulièrement élevés de janvier s'expliquent en partie par le déplacement de la population entière d'un village d'agriculteurs dans la vallée du Jourdain, Ras Ein al-Auja, dont les 130 familles sont parties après des mois de harcèlement.

"Ce qui se passe aujourd'hui, c'est l'effondrement total de la communauté à cause des attaques continues et répétées des colons, jour et nuit, depuis deux ans", avait déclaré à l'AFP en janvier Farhan Jahaleen, un habitant de ce village bédouin.

Des colons israéliens en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, s'installent sur des terres agricoles utilisées par les Palestiniens et leur en refusent progressivement l'accès, selon un rapport de 2025 de l'ONG israélienne anti-colonisation La Paix Maintenant.

Pour contraindre les Palestiniens à partir, les colons recourent au harcèlement, à l'intimidation et à la violence, "avec le soutien du gouvernement et de l'armée israélienne", selon cette ONG.

"Personne ne met la pression sur Israël ou sur les autorités israéliennes pour arrêter cela, et les colons le ressentent: ils ont le sentiment d'une impunité totale, qu'ils sont libres de continuer", a déclaré Allegra Pacheco, directrice du West Bank Protection Consortium, un groupe d'ONG œuvrant pour soutenir les Palestiniens face aux déplacements.

"Tous les regards sont tournés vers Gaza lorsqu'on parle de la Palestine, alors que nous assistons à un nettoyage ethnique en cours en Cisjordanie et que personne n'y prête attention", a-t-elle déclaré à l'AFP.

L'expansion de la colonisation juive en Cisjordanie est considérée par l'ONU, avec la poursuite des violences, comme l'un des principaux obstacles à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie, aux côtés de plus de 500.000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international.


Gaza: 400 tonnes d'aide alimentaire envoyées par la France arrivent en Egypte

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
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  • L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber
  • Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza

PORT-SAID: Un porte-conteneur transportant près de 400 tonnes d'aide alimentaire envoyée par la France à Gaza est arrivé mercredi sur les côtes égyptiennes, ont annoncé le gouverneur de Port-Saïd et l'ambassade française en Egypte.

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich, la ville la plus proche du territoire palestinien, dans le nord de l'Egypte.

L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber.

Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza.

L'aide est destinée à "plus de 42.000 enfants âgés de 6 mois à 2 ans", a indiqué l'ambassade française dans un communiqué, sans dire quand la marchandise devait arriver à Gaza.

M. Habachi a assuré dans un communiqué de son bureau que "toutes les dispositions ont été prises pour garantir le passage fluide" du convoi humanitaire français vers Gaza.

"Il est impératif qu'Israël supprime tous les obstacles entravant la capacité de l'ONU et des ONG à acheminer l'aide humanitaire de manière indépendante et neutre dans l'ensemble de la bande de Gaza", a indiqué l'ambassade.

Affrété par la fondation de l'armateur français CMA CGM, le paquebot Tokyo qui transporte l'aide était parti du Havre mi-janvier, selon l'ambassade.

Le point de passage de Rafah --le seul entre Gaza et le monde extérieur qui ne passe pas par Israël-- a rouvert cette semaine au compte-gouttes.

Les autorités israéliennes, qui l'avaient fermé en mai 2024, n'ont pas accepté pour l'heure l'ouverture totale réclamée par les organisations humanitaires pour permettre une entrée massive de l'aide internationale.

Jusqu'à présent, quelques dizaines de Palestiniens l'ont emprunté dans les deux sens, essentiellement des malades ou des blessés évacués vers l'Egypte et accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de violer les termes de l'accord de cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Mercredi, des bombardements israéliens ont fait 23 morts dans le territoire palestinien, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Après le cessez-le-feu, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l'ONU basé à Rome, avait déclaré que la famine était terminée à Gaza, mais avait alerté sur des niveaux élevés d'insécurité alimentaire.