La bataille du Nil: Quelles seront les répercussions sur l'Égypte lorsque l'Éthiopie remplira le réservoir du Gerd?

Ci-dessus, le projet du Grand barrage de la renaissance éthiopienne (Gerd) le 11 juillet 2020 (Maxar Technologies/AFP)
Ci-dessus, le projet du Grand barrage de la renaissance éthiopienne (Gerd) le 11 juillet 2020 (Maxar Technologies/AFP)
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Publié le Dimanche 27 juin 2021

La bataille du Nil: Quelles seront les répercussions sur l'Égypte lorsque l'Éthiopie remplira le réservoir du Gerd?

Ci-dessus, le projet du Grand barrage de la renaissance éthiopienne (Gerd) le 11 juillet 2020 (Maxar Technologies/AFP)
  • La question immédiate et cruciale est de savoir à quelle vitesse l'Éthiopie remplira le réservoir
  • À moins que les trois pays ne parviennent rapidement à un accord, l'Égypte et le Soudan ne peuvent rien faire d'autre qu'attendre, et voir si leurs pires craintes vont se réaliser

LONDRES: Il y a déjà plus de dix ans, l'Éthiopie a communiqué par surprise qu'elle prévoyait de construire le plus grand barrage d'Afrique sur le Nil Bleu, source de la majeure partie de l'eau douce de l'Égypte. 

À cette époque, alors que l’Égypte était secouée par des bouleversements sociaux et politiques, les travaux du barrage ont débuté presque immédiatement. 

Depuis, cette perspective a surgi comme une menace existentielle pour l'Égypte, pays créé par les eaux et totalement dépendant d’elles, sources de vie, coulant des hauts plateaux éthiopiens depuis des temps immémoriaux. 

Aujourd’hui, cette perspective est en passe de devenir une réalité. La construction du très controversé Grand barrage de la renaissance éthiopienne (Gerd) est presque terminée, et avec les pluies estivales attendues, le remplissage de son réservoir est sur le point de commencer concrètement. 

Rien n'est plus important pour l'Égypte que le Nil, qui fait partie de l’Histoire, de l'économie, et de l’esprit profond de ce pays qui est, comme l'a souligné l'historien grec du Vᵉ siècle Hérodote, «le don du Nil».  

Les débats qui ont fait rage au cours de la dernière décennie, et l'échec de l'Éthiopie, de l'Égypte et du Soudan à parvenir à un accord tripartite sur la façon de remplir et d’exploiter ce vaste barrage hydroélectrique, font désormais partie du passé. La question immédiate et cruciale est de savoir à quelle vitesse l'Éthiopie remplira le réservoir. 

Une fois plein, le réservoir du Gerd contiendra 74 milliards de m3 (BCM) d'eau, soit près de la moitié des 55 BCM que l'Égypte reçoit actuellement du Nil chaque année. Remplissez-le trop rapidement, dit Le Caire, et l'Égypte sera privée d'eau, dévastant son secteur agricole vital, perturbant son économie, la laissant à court de nourriture, et condamnant des millions de personnes au chômage. Le Caire craint également que, si le niveau d'eau du lac Nasser venait à baisser de manière importante, la quantité d'électricité produite par les turbines hydroélectriques du haut barrage d'Assouan se retrouverait considérablement réduite. 

L'Égypte a exigé que l'Éthiopie remplisse progressivement le réservoir sur une durée de douze ans, voire de vingt ans, selon la quantité de précipitations annuelles. 

L'Éthiopie, quant à elle, semble être sur la bonne voie pour remplir rapidement le réservoir. Elle cherche désespérément à remplir le réservoir du Gerd le plus rapidement possible, ce qui lui permettrait notamment un retour sur investissement de 4 milliards de dollars (1 dollar = 0,84 euro) d'ici à cinq ou sept ans, selon le volume des pluies saisonnières. 

Le Soudan devrait bénéficier de l'électricité bon marché qui y sera produite, et reconnaît que le Gerd a le potentiel de mettre fin au cycle annuel d'inondations dévastatrices détruisant des vies et limitant son potentiel agricole. 

Le stockage en amont de grandes quantités d'eau pourrait également aider à alléger les souffrances lors des années sans pluie: l'Éthiopie a été frappée par des sécheresses nuisibles. 

Néanmoins, faute d'accord avec l'Éthiopie sur l'exploitation du Gerd, le Soudan ne peut rien tenir pour acquis, et s'inquiète de l'impact possible sur son propre barrage hydroélectrique.  

Le Soudan paierait également un prix élevé si le barrage subissait une défaillance catastrophique. 

Le Caire insiste: la décision de l'Éthiopie de prendre le contrôle du fleuve va à l'encontre des droits exclusifs accordés à l'Égypte sur les eaux du Nil. L’Éthiopie, déterminée à accélérer son développement et à devenir un acteur régional important, affirme que de tels accords remontant à la période coloniale n'ont plus de valeur aujourd’hui. 

Plus récemment, le 2 mars, l'Égypte et le Soudan ont signé un accord de coopération militaire, ce que certains commentateurs ont interprété comme une évolution inquiétante.  

À la fin du mois de mars, le président égyptien a semblé faire monter encore les enchères. «L'eau de l'Égypte est une ligne rouge», a-t-il déclaré. «Personne ne peut prendre une seule goutte d'eau à notre pays.» 

Pourtant, le barrage est désormais bel et bien une réalité, et l'Éthiopie s'est engagée à poursuivre le remplissage du réservoir au cours de la prochaine saison des pluies. À moins que les trois pays ne parviennent rapidement à un accord, l'Égypte et le Soudan ne peuvent rien faire d'autre qu'attendre, et voir si leurs pires craintes vont se réaliser. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'armée israélienne dit avoir porté un «coup dur» aux capacités de commandement iraniennes

Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, une centaine d'avions de combat ont "attaqué des dizaines de postes de commandement opérationnels du régime" dans la région de Téhéran. (AFP)
Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, une centaine d'avions de combat ont "attaqué des dizaines de postes de commandement opérationnels du régime" dans la région de Téhéran. (AFP)
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  • Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, une centaine d'avions de combat ont "attaqué des dizaines de postes de commandement opérationnels du régime" dans la région de Téhéran
  • Certains postes appartenaient aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, aux Renseignements, ou encore à la Sécurité intérieure, a-t-il indiqué

JERUSALEM: L'armée israélienne a affirmé dimanche soir avoir porté un "coup dur" aux capacités de commandement militaire et sécuritaire de l'Iran au cours des "dernières heures".

Selon le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l'armée, une centaine d'avions de combat ont "attaqué des dizaines de postes de commandement opérationnels du régime" dans la région de Téhéran.

Certains postes appartenaient aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, aux Renseignements, ou encore à la Sécurité intérieure, a-t-il indiqué.

"La vague de frappes achevée porte un coup dur aux capacités de commandement et de contrôle du régime terroriste", a-t-il estimé dans un communiqué.

L'armée a "détruit" certains des postes de commandement visés, a encore dit le général Defrin, sans en préciser le nombre.

Dans un autre communiqué, l'armée a affirmé avoir "mené plus de 30 frappes contre le dispositif de missiles balistiques iranien et les systèmes de défense aérienne" afin de "réduire au minimum les tirs" vers Israël.


Des explosions entendues au-dessus de Tel-Aviv 

Une personne a été tuée en Israël depuis que l'Iran a commencé à lancer des missiles sur le pays en réponse à une vague d'attaques américano-israéliennes contre la République islamique samedi matin. (AFP)
Une personne a été tuée en Israël depuis que l'Iran a commencé à lancer des missiles sur le pays en réponse à une vague d'attaques américano-israéliennes contre la République islamique samedi matin. (AFP)
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  • Une douzaine d'explosions provenant de systèmes de défense aérienne interceptant des missiles ont résonné dans le ciel de Tel-Aviv, selon la journaliste
  • Une personne a été tuée en Israël depuis que l'Iran a commencé à lancer des missiles sur le pays en réponse à une vague d'attaques américano-israéliennes contre la République islamique samedi matin

TEL-AVIV: Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti et des explosions ont été entendues dimanche au-dessus de la ville de Tel-Aviv, alors que l'Iran mène des frappes sur Israël, a rapporté une journaliste de l'AFP.

Une douzaine d'explosions provenant de systèmes de défense aérienne interceptant des missiles ont résonné dans le ciel de Tel-Aviv, selon la journaliste.

Une personne a été tuée en Israël depuis que l'Iran a commencé à lancer des missiles sur le pays en réponse à une vague d'attaques américano-israéliennes contre la République islamique samedi matin.

 


Le prince héritier et le président américain évoquent l’escalade régionale lors d’un entretien téléphonique

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu samedi un appel téléphonique du président américain Donald Trump. (SPA/Archives)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu samedi un appel téléphonique du président américain Donald Trump. (SPA/Archives)
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  • Les États-Unis condamnent les attaques de missiles contre l’Arabie saoudite et réaffirment leur soutien au Royaume

RIYAD : Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu samedi un appel téléphonique du président américain Donald Trump, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Trump a exprimé la condamnation par Washington des attaques de missiles flagrantes visant le Royaume, lesquelles ont été interceptées par les défenses aériennes saoudiennes.

Il a affirmé le soutien des États-Unis au Royaume et leur appui à toutes les mesures prises par celui-ci pour faire face à ces violations iraniennes qui compromettent la sécurité et la stabilité de la région, a ajouté la SPA.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com