L'ONU somme Israël « d’arrêter immédiatement » la construction de colonies

De jeunes colons juifs construisent une structure à Givat Eviatar, un nouvel avant-poste de colons israéliens, près du village palestinien de Beita en Cisjordanie, le 23 juin 2021. (Photo, Reuters/Amir Cohen)
De jeunes colons juifs construisent une structure à Givat Eviatar, un nouvel avant-poste de colons israéliens, près du village palestinien de Beita en Cisjordanie, le 23 juin 2021. (Photo, Reuters/Amir Cohen)
Des enfants de colons juifs sont assis autour d'un feu à Givat Eviatar, un nouvel avant-poste de colons israéliens, près du village palestinien de Beita en Cisjordanie, le 23 juin 2021. (Photo, Reuters /Amir Cohen)
Des enfants de colons juifs sont assis autour d'un feu à Givat Eviatar, un nouvel avant-poste de colons israéliens, près du village palestinien de Beita en Cisjordanie, le 23 juin 2021. (Photo, Reuters /Amir Cohen)
Des colons juifs se rassemblent à Givat Eviatar, un nouvel avant-poste de colons israéliens, près du village palestinien de Beita en Cisjordanie, le 23 juin 2021. (Photo, Reuters /Amir Cohen)
Des colons juifs se rassemblent à Givat Eviatar, un nouvel avant-poste de colons israéliens, près du village palestinien de Beita en Cisjordanie, le 23 juin 2021. (Photo, Reuters /Amir Cohen)
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Publié le Vendredi 09 juillet 2021

L'ONU somme Israël « d’arrêter immédiatement » la construction de colonies

  • Guterres et Wennesland ont également appelé les autorités israéliennes à mettre fin à la démolition des maisons et autres biens palestiniens
  • Les responsables onusiens ont évoqué la nécessité de mettre en oeuvre une résolution du Conseil de sécurité de 2016 qui affirme que les colonies n'ont «aucune validité juridique»

NATIONS UNIES : Les Nations Unies ont accusé jeudi Israël d'avoir violé de manière flagrante le droit international en étendant les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, affirmant que les colonies sont illégales et exhortant le nouveau gouvernement du pays à arrêter immédiatement leur expansion. 

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et l'envoyé de l'ONU au Moyen-Orient Tor Wennesland ont évoqué la nécessité de mettre en oeuvre une résolution du Conseil de sécurité de 2016 qui affirme que les colonies n'ont «aucune validité juridique». Elle exige l'arrêt de leur expansion en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, des territoires que les Palestiniens veulent inclure dans leur futur État.

Wennesland a déclaré dans un briefing au conseil sur le rapport de 12 pages de Guterres qu'il était «profondément inquiet» de l'approbation par Israël d'un plan visant à ajouter 540 logements à la colonie de Har Homa à Jérusalem-Est ainsi que l'établissement d'avant-postes de colonies. Il a affirmé que ceci est «aussi illégal en vertu de la loi israélienne».

«Je souligne à nouveau, sans équivoque, que les colonies israéliennes constituent une violation flagrante des résolutions des Nations Unies et du droit international», a indiqué l'envoyé de l'ONU. «Elles constituent un obstacle majeur à la réalisation d'une solution à deux États et d'une paix juste, durable et globale».

«L'avancement de toutes les activités de colonisation doit cesser immédiatement", a déclaré Wennesland.

Israël conteste que ses colonies soient illégales.

Guterres et Wennesland ont également appelé les autorités israéliennes à mettre fin à la démolition des maisons et autres biens palestiniens et au déplacement des Palestiniens, un autre dossier chaud, «et à approuver des plans qui permettront à ces communautés de construire légalement et de répondre à leurs besoins de développement».

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Des manifestants palestiniens organisent une manifestation nocturne contre les colonies israéliennes à Beita, en Cisjordanie, le 22 juin 2021. (Photo, Reuters /Mohamad Torokman)

La résolution de décembre 2016, sur laquelle les États-Unis se sont abstenus au cours des dernières semaines de l'administration Obama, a également appelé à des mesures immédiates pour empêcher tous les actes de violence contre les civils et a exhorté Israël et les Palestiniens à faire preuve de retenue et à s'abstenir de tout acte de provocation, d'incitation et de déclarations incendiaires.

Cette résolution a également appelé toutes les parties à entamer des négociations sur les questions de statut final et à intensifier les efforts diplomatiques internationaux et régionaux pour aider à mettre fin au conflit israélo-palestinien qui date de plusieurs décennies et à parvenir à une solution à deux États où Israéliens et Palestiniens peuvent vivre côte à côte en paix.

Guterres et Wennesland rappellent avec insistance que quatre ans et demi après l'adoption de la résolution, aucune de ces demandes n'a été satisfaite. 

Wennesland a signalé que la période comprise entre mars et juin couverte par le rapport «a vu une augmentation alarmante du niveau de violence entre Israéliens et Palestiniens, notamment des hostilités entre Israël et les factions à Gaza à une échelle et une intensité inégalées depuis des années».

Il a soutenu que la cessation des hostilités après la guerre de 11 jours du mois dernier à Gaza «reste très fragile», ajoutant que les Nations Unies travaillent en étroite collaboration avec Israël, les Palestiniens et leurs partenaires, dont l'Égypte, «de manière à consolider un cessez-le-feu, qui permet l'entrée d'urgences de l'aide humanitaire ainsi que la stabilisation de la situation à Gaza».

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Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré que plus de quatre ans se sont écoulés depuis que le Conseil de sécurité a approuvé sa résolution, mais aucune des demandes n'a été satisfaite. (photo, Reuters)

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a exigé un assouplissement significatif du blocus israélien. Israël a répliqué qu'il ne tolérerait pas des attaques même relativement mineures depuis Gaza, en particulier le lancement des ballons incendiaires, qui ont déclenché des frappes aériennes israéliennes la semaine dernière.

«J'exhorte toutes les parties à s'abstenir de mesures unilatérales et de provocations, à prendre des mesures pour réduire les tensions et à permettre à ces efforts de réussir», a insisté Wennesland au conseil. «Chacun doit faire sa part pour faciliter les discussions en cours afin de stabiliser la situation sur le terrain et éviter une nouvelle escalade dévastatrice à Gaza».

Wennesland a de plus appelé toutes les factions palestiniennes à «faire de sérieux efforts pour assurer la réunification de Gaza et de la Cisjordanie sous un gouvernement national unique, légitime et démocratique», affirmant que Gaza doit rester une partie d'un État palestinien et d'une solution à deux États.

Au cours de la période de mars à juin, Guterres a révélé que 295 Palestiniens, dont 42 femmes et 73 enfants, ont été tués par les forces de sécurité israéliennes et 10149 ont été blessés lors de manifestations, d'affrontements, d'opérations de recherche et d'arrestation, de frappes aériennes, de bombardements et d'autres incidents à Gaza, en Cisjordanie ainsi qu’à Jérusalem-Est.

Le secrétaire général de l'ONU a aussi signalé que 90 membres des forces de sécurité israéliennes et 857 civils israéliens ont été blessés par des Palestiniens au cours de la même période lors d'affrontements, d'incidents au cours desquels des pierres et des bombes incendiaires ont été lancées, des tirs aveugles de roquettes et de mortiers ainsi que d'autres incidents.

La guerre de Gaza a été la pire escalade des hostilités depuis 2014, avec des groupes armés palestiniens tirant plus de 4 000 roquettes et projectiles vers Israël et les forces israéliennes effectuant plus de 1 500 frappes aériennes, terrestres et maritimes à travers la bande de Gaza, souligné Guterres, citant des sources israéliennes. Pendant ce conflit, 259 Palestiniens ont été tués, dont 66 enfants et 41 femmes, tandis que neuf Israéliens, dont deux enfants, ont été tués ainsi que trois étrangers. Des centaines d'Israéliens ont été également blessés.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les discussions entre le Liban et Israël à Washington vont se poursuivre vendredi

Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
Un barbier coupe les cheveux d'un client dans son salon, endommagé par des frappes militaires israéliennes, dans le village de Srifa, au sud du Liban, le 24 juin 2026. (Photo : Fadel Itani / AFP)
  • Les pourparlers entre Israël et le Liban, sous médiation américaine à Washington, se poursuivront vendredi afin de tenter de parvenir à un accord
  • Malgré les négociations, les tensions persistent : le Hezbollah accuse Israël d'avoir violé le cessez-le-feu après une frappe meurtrière, tandis qu'Israël affirme avoir ciblé des combattants du mouvement

WASHINGTON: La cinquième session de pourparlers entre Israël et le Liban sous médiation américaine censée se terminer jeudi va finalement se poursuivre vendredi à Washington, a annoncé le département d'Etat américain.

"Les discussions entre Israël et le Liban sont toujours en cours alors que nous continuons à les faciliter. Les deux parties reprendront demain à 9h00 (13h00 GMT) pour continuer leur travail en vue d'un accord", a déclaré le département d'Etat à l'AFP jeudi.

Le Hezbollah pro-iranien a de nouveau accusé jeudi Israël de "violation flagrante" du cessez-le-feu après qu'une frappe de drone a fait trois morts. L'armée israélienne a affirmé avoir tué des combattants de la formation chiite.

Le protocole d'accord irano-américain signé le 17 juin prévoit la cessation des hostilités, y compris au Liban. L'Iran a imposé que cette question soit incluse dans le protocole d'accord.


Le Hezbollah accuse Israël de nouvelle «violation» de la trêve après une frappe meurtrière dans le sud du Liban

Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens. (FADEL ITANI / AFP)
  • Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations"
  • L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane

BEYROUTH: Le Hezbollah a accusé Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu mercredi, après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du Liban, au lendemain de la mort de deux autres personnes tuées par des tirs israéliens.

"Pour la deuxième fois en moins de 48 heures, l'armée ennemie israélienne a délibérément visé des citoyens libanais qui inspectaient leurs maisons" près de la localité de Kfar Roummane, a déclaré le groupe soutenu par l'Iran dans un communiqué.

Le Hezbollah "réitère que les actions de l'ennemi constituent une violation flagrante du cessez-le-feu auquel il a adhéré jusqu'à présent, et qu'il surveille et documente ces violations".

L'Agence nationale d'information (ANI), agence officielle libanaise, a rapporté que "deux personnes ont été tuées" lorsqu'un drone israélien a visé leur véhicule près de la localité de Kfar Roummane.

L'armée israélienne avait indiqué plus tôt avoir visé "deux terroristes armés du Hezbollah dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher", près de la ville de Nabatieh, "qui représentaient une menace", affirmant qu'elle "continuerait d'agir pour éliminer les menaces immédiates".

Elle a ensuite précisé avoir également visé "un véhicule transportant des suspects (...) traversant la zone de sécurité dans le secteur de la crête d'Ali al-Taher, représentant une menace pour les soldats (israéliens)".

Le Pakistan et le Qatar — médiateurs dans le conflit impliquant l'Iran — ont annoncé lundi que Téhéran et Washington avaient convenu de mettre en place une cellule préventive afin de limiter les flambées de violence au Liban.

Cette décision fait suite à des pourparlers en Suisse visant à mettre fin au conflit plus large au Moyen-Orient, un dossier que Téhéran lie à l'arrêt du conflit parallèle au Liban.

Si les violences au Liban ont reflué ces derniers jours, le ministre israélien de la Défense a insisté sur le fait que ses troupes présentes dans le sud du pays voisin n'allaient pas se retirer.

"Nous avons annoncé que, dans tous les cas, nous ne nous retirerons pas et qu'à l'heure actuelle (...) il n'y a aucune exigence américaine pour qu'Israël se retire du Liban", a dit M. Katz lors d'une interview à Tel-Aviv.

Sous la pression des Etats-Unis, des responsables libanais ont entamé en avril des pourparlers directs avec Israël à Washington, les autorités libanaises cherchant à dissocier ces négociations de l'accord entre les États-Unis et l'Iran.

Le président libanais Joseph Aoun a souligné mercredi que "les négociations à Washington sont distinctes de ce qui a découlé des réunions en Suisse" entre les Etats-Unis et l'Iran.


Rubio poursuit à Bahreïn sa tournée pour rassurer les alliés de Washington dans le Golfe

  • Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays
  • Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG)

MANAMA: Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio est jeudi à Bahreïn, poursuivant sa tournée destinée à rassurer les pays du Golfe sur la volonté des Etats-Unis de protéger leurs intérêts dans les discussions avec l'Iran.

Mercredi au Koweït, le secrétaire d'Etat américain avait assuré que les Etats-Unis entendaient "discuter avec eux de chaque décision prise concernant" les négociations en cours avec Téhéran.

Les pays du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Ils accueillent des bases militaires américaines et ont été visés par des missiles et drones iraniens en représailles.

Avant son étape au Koweït, Marco Rubio avait assuré depuis Abou Dhabi le président émirati de l'engagement de Washington en faveur de la sécurité de son pays. Il a ensuite rallié Bahreïn pour une réunion jeudi du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

En parallèle, des discussions sur une réconciliation entre les pays du Golfe et l'Iran sont prévues en Arabie saoudite, à une date encore indéterminée, a indiqué à l'AFP un diplomate.

Trump refuse tout péage 

L'Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole pour mettre fin aux hostilités, ouvrant la voie à 60 jours de négociations en vue d'un règlement durable.

Une réunion technique avec la délégation iranienne est prévue les 29 ou 30 juin en Suisse, a précisé Marco Rubio.

Mais de nombreuses divergences subsistent, comme le nucléaire ou le détroit d'Ormuz. Et les critiques se multiplient aux Etats-Unis sur les concessions accordées par Donald Trump, soucieux de mettre un terme au plus vite à cette guerre impopulaire.

La Maison Blanche a dû demander aux parlementaires américains une rallonge budgétaire de près de 88 milliards de dollars, notamment pour reconstituer ses stocks de munitions après la guerre.

Le protocole d'accord a "la valeur d'une déclaration de défaite pour l'Amérique", s'est prévalu mercredi le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Si le texte prévoit une réouverture du détroit d'Ormuz, après des mois de blocage qui ont fait flamber les cours de l'or noir, l'Iran a dit vouloir imposer des frais de service, assurant que cette voie maritime stratégique ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre.

"AUCUN PEAGE, AUCUN FRAIS D'ASSURANCE ET AUCUN AUTRE FRAIS" ne sera accepté par Washington, a tonné Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Aucun pays autre que l'Iran ne soutient l'imposition de frais pour son passage, a assuré pour sa part Marc Rubio.

Pour l'heure, les cours du baril de pétrole Brent continuent leur décrue. Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, est brièvement retombé jeudi sous son niveau d'avant-guerre. Durant le conflit, la flambée des cours du brut avaient provoqué une poussée d'inflation mondiale et des pénuries de carburant dans certains pays.

Sur le volet nucléaire, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a assuré mercredi que des inspections en Iran auraient bien lieu, sans fixer de date.

Téhéran a toujours nié vouloir se doter de la bombe atomique, mais campe sur son droit à une filière civile complète.

"Comme le phénix" 

Sur le Liban, dont l'Iran a imposé l'inclusion dans le protocole d'accord, Mohammad Bagher Ghalibaf a estimé que la fin de la guerre y était "aussi importante" que la fin des hostilités dans son propre pays.

Or le Hezbollah libanais a accusé mercredi Israël d'une nouvelle "violation" du cessez-le-feu après qu'un drone israélien a fait deux morts dans le sud du pays. Deux autres personnes avaient été tuées par des tirs israéliens la veille.

L'Iran a par ailleurs accusé jeudi l'Otan, de "complicité" dans la guerre déclenchée contre lui par les Etats-Unis et Israël, reprochant notamment à l'Italie et à la Roumanie d'avoir permis à des avions américains d'utiliser leurs bases pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale", a écrit sur X le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.