Les États-Unis frappent des milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie

Des drones iraniens lors d'un exercice de combat à Semnan, en Iran. Le recours aux drone, sur le modèle des attaques menées par les milices yéménites houthis, pro-Iran, contre l'Arabie saoudite, constitue selon les experts le signe d'une escalade en Irak. (Photo, AFP)
Des drones iraniens lors d'un exercice de combat à Semnan, en Iran. Le recours aux drone, sur le modèle des attaques menées par les milices yéménites houthis, pro-Iran, contre l'Arabie saoudite, constitue selon les experts le signe d'une escalade en Irak. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 28 juin 2021

Les États-Unis frappent des milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie

  • Depuis le début de l'année, plus de quarante attaques ont visé les intérêts US en Irak, où sont déployés des GI's dans le cadre d'une coalition internationale contre Daech
  • « Les cibles sont les installations utilisées par des milices pro-Iran pour lancer des attaques à l'aide de drones », affirme le Pentagone

WASHINGTON : Les Etats-Unis ont frappé dimanche des milices soutenues par l'Iran à la frontière irako-syrienne, tuant au moins cinq personnes, en riposte à la multiplication des attaques de drones contre leurs intérêts en Irak.

"Sur ordre du président Biden, les forces militaires des Etats-Unis ont mené des frappes aériennes défensives de précision contre des installations utilisées par des milices soutenues par l'Iran dans la région de la frontière Irak-Syrie", a indiqué le porte-parole du Pentagone John Kirby dans un communiqué.

Ces frappes ont visé des centres opérationnels et des dépôts d'armes situés dans deux endroits en Syrie et dans un endroit en Irak, selon le Pentagone.

Au moins cinq combattants irakiens pro-iraniens ont été tués et plusieurs autres blessés dans ces attaques, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation non gouvernementale basée à Londres, qui s'appuie sur un vaste réseau de sources en Syrie.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, un enfant a été tué et au moins trois personnes blessées.

Il s'agit de la seconde opération de ce genre menée contre des milices pro-iraniennes en Syrie par les Etats-Unis depuis l'arrivée au pouvoir du président Joe Biden en janvier. Une frappe dans l'est de la Syrie a tué en février plus d'une vingtaine de combattants, selon l'OSDH.

"Les cibles ont été sélectionnées car ces installations sont utilisées par des milices soutenues par l'Iran qui sont impliquées dans des attaques à l'aide de véhicules aériens non-habités (UAV - drones) contre des personnels et des installations américaines en Irak", a ajouté le porte-parole du Pentagone. Parmi les milices visées, les Kataëb Hezbollah et les Kataëb Sayyed al-Shouhada.

Les intérêts américains en Irak ont été la cible d'attaques répétées ces derniers mois. Les Etats-Unis accusent systématiquement les factions pro-Iran d'en être responsables.

Depuis le début de l'année, plus de quarante attaques ont visé les intérêts des Etats-Unis dans le pays, où sont déployés 2500 soldats américains dans le cadre d'une coalition internationale de lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique.

L'utilisation nouvelle des drones est un casse-tête pour la coalition car ces engins volants peuvent échapper aux batteries de défense C-RAM, installées par l'armée américaine pour défendre ses troupes contre les attaques de roquettes.

Un drone "chargé de TNT", selon les autorités kurdes, s'est ainsi écrasé en avril sur le QG de la coalition à l'aéroport d'Erbil (nord). Un "drone piégé" s'est également écrasé en mai sur la base aérienne irakienne d'Aïn al-Assad (ouest) abritant des Américains.

Et début juin, trois drones ont visé l'aéroport de Bagdad, où sont aussi déployés des soldats américains, et cinq roquettes ont été tirées sur une base aérienne où opèrent des entreprises américaines.

Le recours à cette technique, sur le modèle des attaques menées par les milices terroristes yéménites houthis, pro-Iran, contre l'Arabie saoudite, constitue selon les experts le signe d'une escalade en Irak.

Preuve que Washington s'inquiète de ce nouveau développement, le gouvernement américain a annoncé début juin offrir jusqu'à trois millions de dollars pour des informations sur ces attaques.

Les frappes de dimanche constituent "une action nécessaire, appropriée et délibérée pour limiter le risque d'escalade, mais aussi pour envoyer un message de dissuasion clair et sans ambiguïté", a indiqué le porte-parole du Pentagone.

Le gouvernement irakien a du mal à faire face aux milices idéologiquement alignées avec l'Iran qui sont accusées de tirs de roquettes contre les forces américaines et d'implication dans le meurtre de militants pacifiques pro-démocratie.

Plus tôt en juin, l'Irak a libéré le commandant de la milice alignée sur l'Iran, Qasem Mousleh, qui avait été arrêté en mai pour des accusations liées au terrorisme, après que les autorités eurent trouvé des preuves insuffisantes contre lui.

L'Iran est sous le coup d'une série de sanctions économiques américaines à cause de son programme nucléaire. La République islamique est également accusée par les Etats-Unis de violations des droits humains et de soutien au terrorisme.

Les frappes américaines interviennent au moment où plusieurs pays tentent de faire revenir les Etats-Unis au sein de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015, dont l'ancien président américain Donald Trump avait unilatéralement retiré son pays en 2018.


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.