Liban: blocages de routes à la veille d'une hausse des prix des carburants

Des manifestants brûlent des pneus pour bloquer une route principale dans le centre de la capitale libanaise Beyrouth le 26 juin 2021, alors qu'ils protestent contre les conditions de vie difficiles au milieu de la crise économique et politique actuelle. (Photo, AFP)
Des manifestants brûlent des pneus pour bloquer une route principale dans le centre de la capitale libanaise Beyrouth le 26 juin 2021, alors qu'ils protestent contre les conditions de vie difficiles au milieu de la crise économique et politique actuelle. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 28 juin 2021

Liban: blocages de routes à la veille d'une hausse des prix des carburants

  • Cette montée de la grogne sociale intervient à la veille d'une hausse prévue des prix des carburants à la suite d'une décision du gouvernement de réduire les subventions sur les dérivés pétroliers
  • Les manifestants sont également excédés par les coupures de courant draconiennes, dépassant parfois 21 heures par jour, et les rationnements imposés par les générateurs de quartiers en raison des pénuries de fioul

BEYROUTH: Des manifestants en colère ont bloqué lundi plusieurs axes routiers et incendié des pneus et des bennes d'ordures dans plusieurs régions libanaises pour protester contre de graves pénuries d'essence et de courant dans ce pays englué dans une crise inédite.

Cette montée de la grogne sociale intervient à la veille d'une hausse prévue des prix des carburants à la suite d'une décision du gouvernement de réduire les subventions sur les dérivés pétroliers.   

Les manifestants sont également excédés par les coupures de courant draconiennes, dépassant parfois 21 heures par jour, et les rationnements imposés par les générateurs de quartiers en raison des pénuries de fioul ayant causé lundi des dysfonctionnements dans certains hôpitaux et un arrêt de l'activité au siège de la Sûreté générale à Beyrouth, selon les médias locaux. 

Selon un correspondant de l'AFP, les principaux axes routiers de la capitale étaient bloqués en début de soirée par des manifestants en colère. 

Des routes ont également été bloquées au nord et au sud-est de Beyrouth, d'après l'agence nationale de l'information ANI.

A Nabatieh (sud), les manifestants ont garé leurs voitures au milieu d'une grande artère, selon la même source.

Face à la dégradation de la situation, le président libanais, Michel Aoun, a convoqué le Conseil supérieur de la défense à une réunion mardi consacrée à "la situation sécuritaire".

Samedi, une vingtaine de personnes ont été blessées dans des manifestations nocturnes dans la ville de Tripoli (nord), sur fond d'un nouveau décrochage de la monnaie nationale.

Depuis le début de la crise à l'automne 2019, l'une des pires au monde depuis 1850 selon la Banque mondiale, la livre libanaise a perdu plus de 95% de sa valeur face au dollar.

Si le taux officiel, observé depuis plus de deux décennies, est toujours fixé à 1 507 livres pour un dollar, le billet vert s'échange à plus de 17 000 livres sur le marché noir. 

Lundi soir, la direction générale du Pétrole au ministère de l'Energie a annoncé qu'une nouvelle grille des prix des carburants serait en vigueur mardi selon un taux de change de 3.900 livres pour un dollar, contre 1 500 auparavant.

Le pays connaît une explosion du chômage et de l'inflation, qui ont accéléré une paupérisation à grande échelle, la moitié de la population vivant désormais sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU.

Le pays est par ailleurs sans nouveau gouvernement depuis plus de dix mois.

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.