Le Liban nie vouloir importer du pétrole iranien

Des manifestants ont coupé la circulation à Nabatieh, dans le Sud du Liban, pour protester contre les conditions de vie difficiles, alors que la crise économique et politique s'aggrave dans le pays. (Photo fournie)
Des manifestants ont coupé la circulation à Nabatieh, dans le Sud du Liban, pour protester contre les conditions de vie difficiles, alors que la crise économique et politique s'aggrave dans le pays. (Photo fournie)
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Publié le Dimanche 27 juin 2021

Le Liban nie vouloir importer du pétrole iranien

  • Un tweet de l'ambassade d'Iran alimente les rumeurs après que le Hezbollah ait été accusé de «coup de force»
  • L'ancien député Ahmad Fatfat a affirmé que «l'Iran veut garder le Liban comme une carte en main pour l'utiliser plus tard»

BEYROUTH : Les autorités libanaises ont rejeté les allusions selon lesquelles le pays envisage d'importer du pétrole d'Iran alors que le pays sombre dans une grave crise énergétique et monétaire.

Le ministère libanais de l'Énergie a déclaré samedi qu'il n'avait reçu aucune demande d’«autorisation, qu'elle soit officielle ou privée, pour importer du pétrole iranien».

La réaction officielle libanaise faisait suite à un tweet de l'ambassade iranienne à Beyrouth insinuant que «l'arrivée des pétroliers iraniens n'a pas besoin de l'attention de l'ambassadeur américain».

L'ambassade a également averti l'émissaire américain de ne pas intervenir «dans les relations fraternelles entre les peuples iranien et libanais».

Une photo d'un pétrolier en mer était jointe au tweet.

Le tweet a multiplié les spéculations sur l'arrivée imminente d'un pétrolier iranien dans le port de Beyrouth. Ces spéculations faisaient suite à une déclaration du Hezbollah au gouvernement libanais lui proposant de se tourner vers l’Iran pour importer du pétrole afin de mettre fin à la pénurie de carburants que connaît le pays.

Vendredi, l'ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea, a déclaré à une chaîne de télévision locale que l'importation du fioul d'Iran «n'est pas du tout une solution pratique».

Elle a de plus ajouté : «Ce que l'Iran recherche, c'est une sorte d'État dépendant qu'il peut utiliser pour mener à bien son programme. Il existe sûrement de bien meilleures solutions que de se tourner vers l'Iran».

Elle a en outre signalé : «Les États-Unis ont toujours été aux côtés du peuple libanais, mais l'Iran considère le Liban comme un État qui pourrait l'aider à mettre en œuvre son programme».

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a révélé que son parti «travaillait en coulisse afin de mettre en œuvre un plan visant à acheter du pétrole à Téhéran et à le payer en livres libanaises».

Il a même proposé que deux raffineries de pétrole soient construites au nord et au sud du Liban.

La proposition du Hezbollah a provoqué une colère généralisée. L'ancien député Ahmad Fatfat a affirmé que «l'Iran veut garder le Liban comme une carte en main pour l'utiliser plus tard».

Il a indiqué que l'effondrement économique du Liban a permis au Hezbollah de «mettre la main sur tous les secteurs», tandis que son allié le Mouvement patriotique libre (MPL, le parti du président Michel Aoun NDLR) «a remis toutes les cartes à ce parti en échange d’obtenir le pouvoir».

L'analyste politique Assaad Béchara a déclaré à Arab News que l'insistance de Nasrallah à importer du pétrole d'Iran «est une mesure populiste qui vise à montrer que l'Iran est prêt à aider le Liban alors que le reste du monde ne bouge pas».

Cependant, il s'est demandé si les entreprises libanaises du secteur privé seront prêtes à prendre le risque pour faire face aux sanctions internationales en important du pétrole iranien.

«Les files d'attente dans les stations-service de Téhéran sont plus longues que les files d'attente à Beyrouth», a ajouté Béchara.

Les tentatives visant à renforcer l'influence iranienne sur le Liban ont lieu alors que le pays connaît un effondrement financier qui s'aggrave de jour en jour, le taux de change a en effet atteint samedi 18000 LL pour 1$.

Pendant ce temps-là, les disputes entre les alliés du Hezbollah, le MPL et le Mouvement Amal, se sont poursuivies au sujet de la formation du gouvernement.

Au moment où la valeur de la livre libanaise n’arrête pas de s’éffondrer, les manifestants sont descendus dans la rue pour protester contre «l'État inconscient qui tue son propre peuple».

Les routes ont été bloquées dans toutes les régions et les magasins des marchés populaires fermés car leurs propriétaires ne savaient plus comment fixer les prix de leurs marchandises. Plus tard dans la journée, l'armée libanaise a rouvert certaines routes bloquées.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.

 

 


BBC World Questions au Maroc : la jeunesse féminine au cœur du changement

Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
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  • Une édition spéciale de BBC World Questions réunira à Marrakech des jeunes femmes engagées pour débattre des évolutions sociales, des droits des femmes et de la réforme du droit de la famille au Maroc
  • Au cœur des échanges : des questions de société telles que le mariage des mineures et les libertés individuelles

DUBAI: La BBC World Service organisera le 10 juin à Marrakech une édition spéciale de son émission de débat international BBC World Questions, centrée sur la place des femmes dans une société en pleine évolution.

À l’heure où une nouvelle génération porte des revendications en faveur du changement, les questions liées aux droits des femmes, à la foi et à la réforme du droit de la famille occupent une place croissante dans le débat public. Cette émission entend donner la parole aux jeunes Marocaines et mettre en lumière leurs aspirations, leurs préoccupations et leur vision de l’avenir.

Animée par le journaliste Jonny Dymond, l’émission réunira un panel de personnalités engagées dans les questions d’égalité et de participation des femmes à la vie publique. Parmi les intervenantes figurent la rappeuse et chanteuse Frizzy, connue pour son implication dans la campagne pour l’égalité des femmes « The Time Has Come », Meryem Redouane, responsable de la section féminine de la Fédération islamique internationale des organisations étudiantes (IIFSO), Kaoutar Rias, étudiante à l’École nationale d’architecture de Tétouan et membre du Conseil national du renouveau étudiant (OREMA), ainsi que Yousra Salhi, créatrice de contenu numérique féministe et militante pour les droits des femmes.

Les discussions porteront notamment sur le mariage des mineures, la polygamie, les règles d’héritage, le harcèlement sexuel, ainsi que les questions de liberté individuelle et de pudeur. Fidèle au format de BBC World Questions, le public présent jouera un rôle central en posant directement ses questions aux intervenantes.

Gwenan Roberts, responsable des commandes éditoriales au BBC World Service, s’est félicitée de la tenue de cette édition à Marrakech. « Nous sommes ravis de venir à Marrakech et impatients d’entendre directement notre panel et notre public sur la manière dont les femmes marocaines perçoivent leur place dans la société et les évolutions culturelles en cours », a-t-elle déclaré.

L’événement se tiendra au centre Les Étoiles de Jemaa el-Fna à Marrakech et est organisé en partenariat avec BBC News Arabic et la Fondation Ali Zaoua. L’enregistrement sera diffusé à l’échelle mondiale à la radio, à la télévision et sur les plateformes numériques de la BBC.

Pour Gwenan Roberts, rédactrice en chef des commandes à BBC World Service, cette édition représente une occasion unique d’entendre directement les jeunes Marocaines sur leur place dans la société et sur les transformations culturelles qui traversent actuellement le pays.

L’émission sera diffusée pour la première fois sur BBC World Service Radio le 13 juin avant d’être mise à disposition en ligne, sur BBC Sounds et sur les principales plateformes de podcasts. Une version télévisée sera également proposée à partir du 20 juin sur les chaînes et plateformes numériques de la BBC.

 


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.