Au moins 11 morts dans l'effondrement de l'immeuble en Floride, les questions s'accumulent

L'enquête pour connaître les causes exactes de la tragédie durera probablement des mois. (Photo, AFP)
L'enquête pour connaître les causes exactes de la tragédie durera probablement des mois. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 29 juin 2021

Au moins 11 morts dans l'effondrement de l'immeuble en Floride, les questions s'accumulent

  • 150 personnes sont toujours portées disparues, parmi lesquelles des dizaines de Latino-Américains
  • «Nous devons chercher dans un énorme amas de gravats d'une façon méthodique et stratégique», le bâtiment n'est pas tombé à la verticale mais «dans toutes les directions»

SURFSIDE: Au moins onze personnes sont mortes dans l'effondrement d'un immeuble près de Miami il y a cinq jours, les recherches se poursuivant pour retrouver 150 personnes portées disparues dans les décombres tandis que les questions se faisaient de plus en plus pressantes sur les causes de la tragédie.

"Ces dernières heures, les secouristes ont retrouvé une autre victime. Le nombre confirmé de morts est de 11", a annoncé Daniella Levine Cava, maire du comté de Miami-Dade, lors d'une conférence de presse.

150 personnes sont toujours portées disparues, parmi lesquelles des dizaines de Latino-Américains originaires d'Argentine, de Colombie, du Paraguay, du Chili et de l'Uruguay.

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Deux grandes grues sont utilisées pour retirer prudemment les débris. (Photo, AFP)

Les opérations de secours continuent "sans relâche", "24 heures sur 24", a précisé la maire.

Des proches et des voisins des victimes et disparus ont participé à une veillée sur la plage située à proximité, roses blanches à la main tandis que s'élevait de la fumée d'encens au son d'un gong.

A l'aide notamment de petits bâtons lumineux certains ont écrit "Hope" (Espoir) sur le sable.

Des centaines de secouristes du comté de Miami-Dade, appuyés par des renforts venus de tout l'Etat de Floride et même d'Israël et du Mexique, s'activent pour tenter de retrouver d'éventuels survivants à Surfside, dans le sud-est des Etats-Unis. C'est là que le bâtiment de douze étages Champlain Towers s'est effondré dans un nuage de poussière jeudi avant l'aube.

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Un rapport portant sur l'état de l'immeuble avait noté dès 2018 des "dommages structurels majeurs", ainsi que des "fissures" dans le sous-sol du bâtiment. (Photo, AFP)

Deux grandes grues sont utilisées pour retirer prudemment les débris. Les pompiers qui travaillent dans la chaleur et l'humidité sont épaulés par des technologies de recherches par l'image et par le son pour localiser des poches d'air avec des personnes potentiellement toujours en vie, même si l'espoir s'amenuise à mesure que les jours passent.

"Nous devons chercher dans un énorme amas de gravats d'une façon méthodique et stratégique", a expliqué Maggie Castro, membre de l'unité de recherches et de secours des pompiers de Miami-Dade.

Le bâtiment n'est pas tombé à la verticale mais "dans toutes les directions", a-t-elle précisé.

Enquête poussée

"Il y aura une enquête poussée et complète sur les raisons qui ont conduit à cette tragédie", a assuré Daniella Levine Cava.

Pour les familles, qui attendent dans l'angoisse et ont érigé un mémorial de fortune devant le site, le besoin d'explications se fait de plus en plus urgent.

"Les immeubles ne s'effondrent pas comme ça en Amérique", a lancé dimanche lors d'une conférence de presse Charles Burkett, maire de Surfside.

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L'attention s'est aussi portée sur une autre étude conduite en 2020, qui a montré que le Champlain Towers, construit en 1981, avait subi un affaissement d'environ 2 millimètres par an entre 1993 et 1999. (Photo, AFP)

Un rapport portant sur l'état de l'immeuble avait noté dès 2018 des "dommages structurels majeurs", ainsi que des "fissures" dans le sous-sol du bâtiment, selon des documents publiés vendredi soir par la ville de Surfside.

"L'imperméabilisation sous les abords de la piscine et la voie d'accès pour les véhicules (...) a dépassé sa durée de vie et doit donc être complètement retirée et remplacée", avait écrit dans ce document l'expert Frank Morabito, réclamant des réparations "dans un délai convenable" sans toutefois relever de risque d'effondrement.

Des travaux de mise aux normes du bâtiment estimés à près de 12 millions de dollars devaient débuter peu avant la catastrophe et le toit était en réparation, selon plusieurs responsables.

Un représentant d'une société de piscine, qui s'était rendu dans le bâtiment 36 heures avant l'accident, a expliqué au Miami Herald avoir vu des fissures dans le béton au niveau du garage ainsi que des barres d'armature très corrodées sous la piscine.

"Il y avait de l'eau stagnante partout dans le garage", a-t-il affirmé sous couvert d'anonymat, photos à l'appui.

Faiblesse au bas de la structure

Les images d'une vidéo de surveillance montrant l'écroulement semblent indiquer une faiblesse en bas de la structure, au niveau du parking ou des premiers étages, selon des experts interrogés par le New York Times.

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Des proches et des voisins des victimes et disparus ont participé à une veillée sur la plage située à proximité, roses blanches à la main tandis que s'élevait de la fumée d'encens au son d'un gong. (Photo, AFP)

Une résidente de Champlain Towers aurait par ailleurs aperçu depuis son balcon la formation d'un trou près de la piscine, selon son mari qui était au téléphone avec elle, rapporte le journal.

La maire du comté de Miami-Dade a assuré que la ville n'était pas au courant de cette étude mais qu'un audit de l'immeuble et de l'ensemble des bâtiments, construits il y a plus de 40 ans, allait être réalisé dans les 30 prochains jours.

L'attention s'est aussi portée sur une autre étude conduite en 2020, qui a montré que le Champlain Towers, construit en 1981, avait subi un affaissement d'environ 2 millimètres par an entre 1993 et 1999.

Dans un communiqué conjoint avec son université, l'auteur du rapport a toutefois précisé que l'affaissement des sols ne causerait pas seul l'effondrement d'un immeuble.

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Pour les familles, qui attendent dans l'angoisse et ont érigé un mémorial de fortune devant le site, le besoin d'explications se fait de plus en plus urgent. (Photo, AFP)

Un bâtiment construit à la même période que le Champlain Towers et par les mêmes architectes est sous haute surveillance.

"Nous ne tirons pas la sonnette d'alarme tout de suite", a indiqué dimanche le maire de Surfside à CNN.

"Quand quelqu'un vous demande si son immeuble est sans danger et que vous ne pouvez pas répondre à cette question, c'est un problème", a-t-il poursuivi, précisant que des solutions de relogement seraient proposées aux habitants et que des ingénieurs procédaient à une évaluation du bâtiment.

L'enquête pour connaître les causes exactes de la tragédie durera probablement des mois.


L'Iran a présenté une nouvelle proposition aux Etats-Unis via le Pakistan (média d'Etat)

A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
A man rides his motorcycle past a billboard depicting Iran’s Supreme Leader Mojtaba Khamenei, in Tehran on April 24, 2026. (AFP/File Photo)
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  • L’Iran a soumis une nouvelle proposition de négociation visant à relancer le dialogue avec les États-Unis pour mettre fin au conflit
  • Le Pakistan joue un rôle de médiateur dans ces discussions, qui restent bloquées malgré les efforts diplomatiques

TEHERAN: L'Iran a présenté une nouvelle offre en vue de la reprise des négociations avec les Etats-Unis, actuellement au point mort, pour mettre fin durablement à la guerre, a annoncé l'agence officielle iranienne Irna.

"La République islamique a transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les Etats-Unis", selon l'agence, qui n'a pas donné plus de détails.


Téhéran active ses défenses aériennes, Trump prêt à ignorer le Congrès

Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Des véhicules passent devant un immense panneau d’affichage indiquant « Le détroit d’Ormuz reste fermé » sur la place de la Révolution à Téhéran, le 28 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Téhéran a activé sa défense antiaérienne malgré un cessez-le-feu fragile, tandis que Washington affirme que la limite légale des 60 jours pour autoriser la guerre ne s’applique plus, ce qui suscite des tensions politiques
  • Le conflit et le blocage du détroit d’Ormuz provoquent une flambée des prix du pétrole et une crise énergétique mondiale, avec des risques économiques majeurs

TEHERAN: Téhéran a activé jeudi soir ses systèmes de défense antiaérienne contre des drones et des petits avions, à l'approche des 60 jours du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, date limite après laquelle Donald Trump doit théoriquement demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre.

Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorera cette obligation qui incombe au président américain en principe vendredi, et que les démocrates se retrouvent impuissants à faire respecter.

Les Etats-Unis et Israël ont déclenché une guerre contre l'Iran le 28 février, et instauré un cessez-le-feu depuis le 8 avril, en dépit duquel le bras de fer entre entre Téhéran et Washington se poursuit, propulsant les cours des hydrocarbures à des sommets inédits depuis quatre ans.

Selon la Constitution américaine, seul le Congrès a le pouvoir de déclarer la guerre. Une loi adoptée en 1973 permet cependant au président de déclencher une intervention militaire limitée pour répondre à une situation d'urgence, à condition, s'il engage des troupes américaines plus de 60 jours, qu'il obtienne une autorisation du pouvoir législatif.

Vendredi représente donc la date limite, mais le ministre de la Défense, Pete Hegseth, a argué jeudi qu'en raison du cessez-le-feu "l'horloge des 60 jours est suspendue".

"Les hostilités qui ont commencé le samedi 28 février sont terminées", a ajouté à l'AFP un haut responsable de l'administration américaine. "Il n'y a pas eu d'échanges de tirs entre les forces armées américaines et l'Iran depuis le mardi 7 avril".

Washington impose un blocus des ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, faisant s'envoler les prix du pétrole.

Un haut responsable américain a évoqué une possible prolongation de cette mesure "pendant des mois".

Face à la perspective d'un enlisement du conflit, le Brent, la référence mondiale du pétrole brut, a brièvement dépassé jeudi les 126 dollars, un sommet depuis début 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Vendredi, il gagnait 0,59% à 111,05 dollars vers 05H00 GMT.

- "Défaite honteuse" -

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé jeudi que les Etats-Unis avaient subi une "défaite honteuse" face à l'Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian a lui dénoncé le blocus américain comme un "prolongement des opérations militaires".

A Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, contre des drones et des aéronefs dont la provenance n'a pas été communiquée.

"Le bruit de la défense antiaérienne a cessé après environ 20 minutes d'activité et de riposte contre de petits aéronefs", ont indiqué les agences Tasnim et Fars précisant que Téhéran se trouvait de nouveau dans une "situation normale".

La guerre a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Malgré la trêve et de premières discussions le 11 avril à Islamabad, la diplomatie semble dans l'impasse.

Pendant que les négociations piétinent, les répercussions du blocage d'Ormuz se font chaque jour un peu plus sentir pour l'économie mondiale, entre pénuries rampantes, poussées d'inflation et révisions à la baisse de la croissance.

"Le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire", a jugé le patron de l'Agence internationale de l'énergie, Fatih Birol.

- "Au bord du gouffre" -

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres s'est aussi alarmé de l'"étranglement" de l'économie planétaire en raison de la paralysie du détroit.

"C'est à présent le temps du dialogue, de solutions qui nous éloignent du bord du gouffre et de mesures capables d'ouvrir une voie vers la paix", a-t-il plaidé dans un message sur X.

Sur le front libanais, de nouvelles frappes israéliennes sur le sud du pays ont fait au moins dix-sept morts jeudi.

L'ambassade américaine à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, considérant le Liban "à un tournant". "Son peuple a l'occasion historique de reprendre en main son pays et de forger son avenir", a-t-elle estimé sur X.

Les opérations menées au Liban par Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, ont fait plus de 2.500 morts et plus d'un million de déplacés depuis début mars, selon les autorités.


L'accord entre l'UE et le Mercosur entre en vigueur, de façon provisoire

Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
Un policier français se tient à côté de tracteurs stationnés alors que des agriculteurs participent à une manifestation contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le jour d’un vote sur une saisine des tribunaux, à Strasbourg le 21 janvier 2026. (AFP)
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  • L’accord UE–Mercosur entre en vigueur provisoirement, créant une vaste zone de libre-échange de plus de 700 millions de consommateurs avec baisse des droits de douane sur plusieurs produits
  • Soutenu par certains pays pour dynamiser l’économie, il est vivement critiqué notamment en France pour les risques de concurrence déloyale envers les agriculteurs européens

BRUXELLES: Il est vivement dénoncé par la France et le monde agricole mais plébiscité par Bruxelles, l'Espagne et l'Allemagne: l'accord commercial entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur entre en vigueur vendredi, de façon provisoire.

Ce traité, fruit de plus de 25 ans de tractations ardues, va créer l'une des plus grandes zones de libre-échange au monde, avec plus de 700 millions de consommateurs.

Les premières conséquences de son application sont immédiates, d'après Bruxelles.

Dès vendredi, les droits de douanes sur les voitures, produits pharmaceutiques ou le vin, que l'UE exporte vers l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay seront "supprimés ou considérablement réduits".

"C'est une grande journée", a salué le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, qualifiant cet accord d'"historique".

"C'est en réalité une journée bien sombre", rétorque l'eurodéputée française Manon Aubry à l'AFP. Les agriculteurs européens "vont se confronter à une concurrence déloyale de centaines de milliers de tonnes de denrées agricoles qui vont inonder le marché européen, avec des normes sanitaires et environnementales au rabais", alerte l'élue de gauche radicale, très investie sur ce dossier.

- Les tracteurs à Bruxelles -

Cet accord commercial a fait l'objet d'innombrables rebondissements depuis les premières négociations, lancées à la fin des années 1990.

Et pour cause: les deux camps sont fondamentalement divisés quant à ses effets.

Pour ses partisans, Berlin et Madrid en tête, ce texte va permettre de relancer l'économie européenne, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

Pour ses détracteurs, le risque est au contraire de bousculer l'agriculture européenne avec des produits importés moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants. On retrouve ici la France, la Pologne, et de nombreux agriculteurs.

Dans l'espoir d'amadouer ce camp-ci, Bruxelles a enchaîné les concessions ces derniers mois, dont des garanties renforcées pour les produits les plus sensibles.

Mais rien n'y a fait.

Equipés de tracteurs, fumigènes et drapeaux, les agriculteurs sont venus crier leur colère jusque dans les rues de Bruxelles et de Strasbourg, devant le Parlement européen.

Et le traité de libre-échange, qui facilite l'entrée en Europe de bœuf, sucre, riz, miel et soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui inquiètent les filières concernées, a finalement été signé mi-janvier.

- Diversifier les partenariats -

Le Parlement européen a dans la foulée saisi la justice pour vérifier la légalité de l'accord.

En attendant cette décision de la Cour de justice de l'UE, d'ici peut-être plus d'un an, la Commission a décidé d'appliquer cet accord de façon provisoire, ce qu'elle est en droit de faire.

Une décision là encore critiquée par la France - son président Emmanuel Macron a parlé d'une "mauvaise surprise" - et les agriculteurs.

Au sein des cortèges du monde agricole, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souvent cristallisé les critiques, se faisant vilipender nommément.

Celle-ci rétorque que l'UE n'a d'autre choix que de diversifier ses partenariats commerciaux face au retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Elle a donc aussi scellé un accord commercial avec l'Inde fin janvier et avec l'Australie en mars.

Pour marquer l'entrée en vigueur de celui du Mercosur vendredi, la cheffe de l'exécutif européen échangera, aux côtés du président du Conseil européen, Antonio Costa, par visioconférence, avec les dirigeants des pays du Mercosur.