Un expert de l'ONU appuie une enquête sur les assassinats de 1988 en Iran, et le rôle joué par Raïssi

Une femme sympathisante d'Ebrahim Raïssi arborant sa photo lors d'un rassemblement pour la célébration de sa victoire à l'élection présidentielle, à Téhéran. (Photo, Reuters)
Une femme sympathisante d'Ebrahim Raïssi arborant sa photo lors d'un rassemblement pour la célébration de sa victoire à l'élection présidentielle, à Téhéran. (Photo, Reuters)
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Publié le Mardi 29 juin 2021

Un expert de l'ONU appuie une enquête sur les assassinats de 1988 en Iran, et le rôle joué par Raïssi

  • Rehman s’est dit préoccupé par les informations selon lesquelles certaines «fosses communes» sont en train d’être détruites dans une volonté d’étouffer l’affaire des assassinats politiques de 1988
  • Raïssi fait l'objet de sanctions américaines pour son passé, qui inclut notamment sa supervision, avec trois autres juges, des assassinats massifs de prisonniers politiques en 1988

GENÈVE: L'enquêteur de l'ONU sur les droits humains en Iran a demandé une enquête indépendante sur les allégations d'exécutions ordonnées par l'État iranien de milliers de prisonniers politiques en 1988, et sur le rôle joué par le président élu Ebrahim Raïssi, lorsqu’il était procureur adjoint de Téhéran.

Javaid Rehman, dans une interview accordée à Reuters lundi, a déclaré qu'au fil des ans, son bureau avait rassemblé des témoignages et des preuves. Il s’est dit prêt à les communiquer, si le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, ou un autre organisme mettait en place une enquête équitable.

Il a affirmé être préoccupé par les informations selon lesquelles certaines «fosses communes» seraient en train d’être détruites, dans une volonté d’étouffer les exécutions d’opposants. 

«Je pense qu'il est temps, maintenant que M. Raïssi est le président iranien, que nous commencions à enquêter sur ce qui s'est passé en 1988, pour comprendre le rôle des différents protagonistes», a déclaré Rehman depuis Londres, où il enseigne le droit islamique et le droit international.

Une enquête serait dans l'intérêt de l'Iran, et pourrait rendre justice aux familles, selon lui: «Si ce n’est pas le cas, nous aurons de très sérieuses inquiétudes concernant ce président, et le rôle qu'il a joué historiquement dans ces exécutions.»

Raïssi, un juge intransigeant, fait l'objet de sanctions américaines pour son passé, qui inclut notamment sa supervision, avec trois autres juges, des assassinats massifs de prisonniers politiques en 1988. Amnesty International a évalué le nombre d'exécutions à environ 5 000, affirmant dans un rapport de 2018 que «le nombre réel pourrait être plus élevé».

Raïssi, confronté à ses accusations a pris la parole devant les journalistes. «Si un juge, un procureur a défendu la sécurité du peuple, il devrait être félicité…Je suis fier d'avoir défendu les droits humains dans toutes les fonctions que j’ai occupées jusqu'à présent.»

Rehman, l’enquêteur de l’ONU, a expliqué être entré en contact avec l’Iran. «Nous craignons qu'il existe à nouveau une politique visant à détruire réellement les tombes, ou qu'il puisse y avoir une opération visant à détruire des preuves de fosses communes», a-t-il expliqué.

«Je ferai campagne pour que justice soit faite», a-t-il ajouté.

Raïssi succédera à Hassan Rohani le 3 août, après avoir remporté une élection présidentielle marquée par l'apathie des électeurs face aux difficultés économiques et aux restrictions politiques.

Rehman, se référant au scrutin, a dénoncé ce qu'il a qualifié de «stratégies délibérées et manipulatrices adoptées pour exclure les candidats modérés, et assurer le succès d'un candidat particulier».

«Il y a eu des arrestations, et des journalistes ont été empêchés de poser des questions spécifiques sur les antécédents du candidat à la présidence M. Raïssi. Il y a eu également des intimidations à l'égard de toute question soulevée concernant le rôle qu’il avait antérieurement joué», a-t-il ajouté.

L'Iran n'a jamais reconnu que des exécutions de masse avaient eu lieu sous l'ayatollah Rouhollah Khomeini, le dirigeant révolutionnaire décédé en 1989.

«L'ampleur des exécutions qui ont été relatées laisse supposer que cela faisait partie d'une politique qui a été poursuivie…Ce n'était pas le fait d’une seule personne», a également indiqué Rehman.

Il a enfin affirmé qu'il n'y avait eu «aucune véritable enquête» sur l’assassinat de manifestants en novembre 2019, dans le contexte des troubles politiques les plus sanglants depuis la révolution islamique de 1979.

«Même selon des estimations prudentes, nous pouvons dire que plus de 300 personnes ont été tuées arbitrairement, de manière extrajudiciaire, personne n'ayant été tenu responsable et aucune indemnisation n’ayant été accordée», a-t-il déclaré.

«Il existe une impunité généralisée et systémique dans le pays pour les violations flagrantes des droits humains, historiquement, tant dans le passé que dans le présent.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.


Le prince héritier saoudien rencontre le président de la FIFA pour renforcer la coopération sportive

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors de sa rencontre avec le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah, samedi. (Photo SPA)
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  • Les discussions portent sur le développement du football et les partenariats internationaux
  • Le Royaume renforce ses liens avec la FIFA dans le cadre d’investissements sportifs majeurs

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a rencontré le président de la FIFA Gianni Infantino à Djeddah samedi, des discussions axées sur le renforcement de la coopération et l’élargissement des opportunités dans le développement du football.

La réunion a permis de passer en revue la collaboration en cours entre le Royaume et la FIFA, ainsi que les perspectives de croissance du sport, tant au niveau de la base que du football professionnel, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Ces dernières années, l’Arabie saoudite a intensifié son engagement avec la FIFA dans le cadre d’une stratégie plus large visant à se positionner comme un pôle sportif mondial, avec d’importants investissements dans les infrastructures, la formation des talents et l’organisation de grands événements internationaux dans le cadre de la Vision 2030.

Le Royaume a accueilli une série de tournois régionaux et internationaux et a travaillé étroitement avec la FIFA sur des initiatives visant à élargir la pratique du football et sa croissance commerciale au Moyen-Orient. Riyad est également perçue comme cherchant à jouer un rôle accru dans le football mondial, notamment avec des ambitions potentielles d’accueil de grandes compétitions.

La réunion s’est tenue en présence du ministre des Sports Abdulaziz ben Turki Al-Faisal et du président de la Fédération saoudienne de football, Yasser Al-Misehal. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth après la destruction d'un pont

Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
Une photographie montre un immeuble effondré sur le site d’une frappe aérienne israélienne nocturne dans le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 3 avril 2026. L’armée israélienne a déclaré, le 3 avril, avoir frappé plus de 3 500 cibles à travers le Liban au cours du mois écoulé depuis le début des combats avec le Hezbollah soutenu par l’Iran. (AFP)
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  • L’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth et détruit des ponts stratégiques au Liban, visant à affaiblir le Hezbollah et isoler le sud du pays
  • Le conflit s’intensifie : des Casques bleus ont été blessés, le bilan humain s’alourdit et les frappes provoquent destructions massives et déplacements de population

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth samedi à l'aube, affirmant frapper des infrastructures du Hezbollah après avoir détruit un pont sur le fleuve Litani dans l'est du Liban.

Trois Casques bleus ont par ailleurs été blessés vendredi dans une explosion à l'intérieur d'une installation de l'ONU près d'El Adeisse (sud), la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) précisant que ces soldats, dont deux ont été grièvement blessés, sont de nationalité indonésienne.

Quelques jours plus tôt, trois autres Casques bleus indonésiens avaient perdu la vie, également dans le sud du pays, où Israël et le Hezbollah s'affrontent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars lorsque le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

Israël pilonne depuis le pays, disant viser le mouvement islamiste, et a entamé une invasion terrestre dans le sud. Ces opérations ont tué 1.368 personnes, dont 125 enfants, selon le dernier bilan officiel, et fait plus d'un million de déplacés.

Tôt samedi, l'armée israélienne a annoncé sur les réseaux sociaux avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah à Beyrouth", une journaliste de l'AFP ayant fait état d'au moins deux bombardements dans la banlieue sud de la ville, avec de puissantes explosions et des panaches de fumée.

- Ponts ciblés -

Dans ce conflit, l'armée israélienne vise aussi les ponts enjambant le fleuve Litani, afin de couper une partie du sud du Liban du reste du pays, selon des experts militaires.

Dernière attaque de ce type en date, "des avions de guerre israéliens ont visé vendredi le pont qui relie Sohmor à Machghara, entraînant sa destruction", a indiqué l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne avait auparavant averti que "pour empêcher le transfert de renforts et d'équipements militaires" du mouvement pro-iranien, elle allait cibler deux ponts. Le second a aussi été touché, d'après les médias libanais.

Israël a déjà détruit cinq ponts sur le Litani, situé à 30 km au nord de la frontière, région où il veut instaurer ce qu'il présente comme une "zone de sécurité".

Egalement à Sohmor, deux personnes ont été tuées et 15 autres blessées dans une frappe israélienne survenue "alors que des fidèles quittaient la mosquée de la ville" après la prière du vendredi, selon le ministère libanais de la Santé.

Concernant les trois Casques bleus indonésiens blessés, l'origine de l'explosion dont ils ont été victimes est inconnue.

L'armée israélienne a accusé le Hezbollah d'avoir tiré une roquette.

Quant à leurs trois compatriotes tués quelques jours plus tôt, l'un a été victime dimanche d'un tir d'un char israélien, et deux autres d'une explosion le lendemain qui pourrait être due à une mine, selon une source sécuritaire de l'ONU.

Israël a nié toute responsabilité dans les faits de lundi, assurant qu'aucune de ses troupes n'était présente dans la zone.

- "Pas notre guerre" -

Vendredi après-midi, des frappes avaient déjà visé la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, l'armée israélienne disant cibler "des infrastructures terroristes".

Non loin des ces zones, des Libanais chrétiens ont assisté à l'office du Vendredi saint. Dans l'église Saint-Maron de Chiyah, un quartier de la banlieue sud, Hala Farah, 62 ans, raconte n'avoir jamais manqué aucune fête religieuse.

"Depuis que j'ai 15 ans, il y a la guerre" au Liban, "on est toujours là", dit-elle à l'AFP avant de rentrer dans une église comble.

Patricia Haddad, 32 ans, confie être "habituée, malheureusement". "Nous sommes contre la guerre: ce n'est pas notre guerre, c'est une guerre contre le Hezbollah, pas contre les chrétiens ni le pays", dit la jeune femme.

Alors que l'ONU et les autorités libanaises ont mis en garde contre une nouvelle occupation du sud du Liban, plusieurs frappes ont visé vendredi la région de Tyr, selon l'agence Ani.

Les troupes israéliennes ont également "détruit", ajoute l'agence, les dernières habitations restantes dans plusieurs villages frontaliers, déjà largement rasés lors de la précédente guerre en 2024.

En parallèle, le Hezbollah a annoncé une série d'attaques contre des cibles israéliennes sur le sol libanais et de l'autre côté de la frontière.

L'Iran et ses groupes affiliés "pourraient avoir l'intention de cibler des universités" au Liban, a averti l'ambassade américaine à Beyrouth, quelques jours après des menaces des Gardiens de la Révolution iraniens contre les établissements américains au Moyen-Orient.